Des archives Immaculata:


Mis DE LA FRANQUERIE

LA MISSION DIVINE

DE LA FRANCE

La vérité vous délivrera.
Saint JEAN.

A qui veut régénérer une Société quelconque en décadence,
on prescrit avec raison de la ramener à ses origines.
LÉON XIII (Rerum novarum, 15 mai 1891)

De parti de l'ordre, capable de rétablir
la tranquillité au milieu de la perturbation des choses,
il n'y a qu'un: Le parti de ceux
qui veulent Dieu, le parti de Dieu.
PIE X. Encycl.. (E. Supremi, 4 oct. 1903)

Il faut pour que la France soit sauvée,
que Dieu y rentre en maître pour que
j'y puisse régner en roi.
Comte de CHAMBORD.

Bien comprise, la fidélité à la Monarchie
est un hommage rendu à la majesté divine.
(Rde Mère CAMILLE DE SOYECOURT, carmélite.)


AU SACRE-CŒUR, ROI DE FRANCE.

A NOTRE-DAME, REINE DE FRANCE.

A SAINT MICHEL, ANGE GARDIEN DE LA FRANCE
ET DU ROI.

A JEANNE LA PUCELLE,
MARTYRE POUR LA FRANCE ET POUR LE ROI
ET HÉRAUT DE LA ROYAUTÉ UNIVERSELLE DU CHRIST.

A SAINTE THÉRÈSE DE L'ENFANT JÉSUS,
PATRONNE SECONDAIRE DE LA FRANCE.

A SAINT LOUIS, ROI DE FRANCE
ET A TOUS LES SAINTS PROTECTEURS DE LA FRANCE.

AU GRAND ROI
QUE DIEU VA RÉVÉLER
DONT LE RÈGNE
ASSURERA LE TRIOMPHE DU SACRE-CŒUR
ET DU
CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

St Michel
Sauvez la France!


Nihil obstat: Parisiis, 1a die Martii 1926, D. Lallement.
Imprimatur: Parisiis, 2a Martii 1926, E. ADAM, Vic. général.
Imprimatur pour les parties ajoutées dans cette 5e édition: Auch, le 27 octobre 1955. N. LALAGUE, Vic. général.


AVANT-PROPOS

CINQUIÈME ÉDITION

Le Christ, comme Dieu et même comme Homme uni à la Personne Divine, a droit de régner sur le monde. Il est libre de choisir ses instruments pour établir sa Royauté. Si donc Il a choisi la France et ses rois, qu'on le veuille ou non, il faut bien s'incliner. Mais pour accepter, il convient que cette mission soit prouvée.

Trop nombreux affirment: "Gesta Dei per Francos" qui établiraient difficilement la vérité de ce glorieux adage. Il nous a donc paru plus opportun que jamais -- en présence de l'anarchie spirituelle, intellectuelle et morale du monde moderne -- d'exposer brièvement cette mission providentielle de la France qui a valu à notre pays d'être, au dire de Jeanne d'Arc, "le plus beau Royaume après celui du Ciel".

Il faut que les Français connaissent cette mission et en pénètrent l'exceptionnelle grandeur afin qu'ils puissent être les dociles instruments de la Providence dans l'exécution des desseins divins sur le monde et, par l'élan de leur dévouement et de leur amour envers Dieu se montrent dignes de cette mission qui est la clé de voûte de l'Histoire de France, l'explication de son passé et le garant de son avenir; mission qui constitue, après celle du peuple d'Israël, le privilège le plus glorieux et le plus transcendant qui ait jamais été accordé à aucun peuple: promouvoir la Chrétienté et assurer le triomphe de la Royauté du Christ sur le monde. Non fecit taliter omni nationi...

Il importe également que les autres peuples et leurs Gouvernements se convainquent de la réalité de cette mission divine de la France -- tant de fois affirmée solennellement par Dieu à la Pucelle et par tant de papes, au nom du Christ. Alors seulement ils s'inclineront devant la volonté divine et reconnaîtront cette primauté du Roi et de la France sur tous les autres Souverains et Etats comme voulue et établie par Dieu, en vue du bien commun des peuples, afin que triomphe la Royauté Universelle du Christ, seule garante de la paix générale et de la prospérité dans la charité et l'amour ici-bas, et de la béatitude éternelle en vue de laquelle les hommes ont été créés.

Certains diront que l'auteur de cette étude fait le jeu d'un parti politique ou d'un nationalisme intransigeant, étroit et condamnable. Il s'y refuse et se situe sur un plan infiniment supérieur à toutes ces contingences humaines, sur le seul plan solide, celui de la volonté de Dieu, tant de fois affirmée. Car la seule réalité qui importe et compte, la seule qui doive dicter tous les actes des Etats comme des individus est cette volonté divine devant laquelle, tôt ou tard, de gré ou de force, il faudra bien s'incliner.

Le seul problème à résoudre est donc le suivant:

Oui ou non, Dieu a-t-Il voulu et affirmé que le Roi et la France -- inséparables l'un de l'autre -- ont une mission divine à remplir dans le monde, que la France est, par excellence, le Royaume de Dieu, et le Roi de France Son Lieutenant, en vue d'assurer le triomphe de la Royauté universelle du Christ?

Ce livre -- basé sur les documents irréfutables -- n'a pas d'autre but que d'apporter la réponse affirmative à cette question, résumée par ces deux fulgurantes et solennelles déclarations du pape Grégoire IX, écrivant à Saint Louis:

"Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la Foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, LE ROYAUME DE FRANCE EST LE ROYAUME DE DIEU; LES ENNEMIS DE LA FRANCE SONT LES ENNEMIS DU CHRIST";

et de la Pucelle, proclamant au nom de Dieu:

"Vous ne tiendrez pas le Royaume de France, de Dieu le Roi du Ciel... mais le tiendra le Roi Charles, VRAI HERITIER, CAR DIEU LE ROI DU CIEL LE VEUT.
Gentil Dauphin, vous SEREZ LIEUTENANT DU ROI DES CIEUX QUI EST ROI DE FRANCE.
TOUS CEUX QUI GUERROIENT AU SAINT ROYAUME DE FRANCE, GUERROIENT CONTRE LE ROI JÉSUS, ROI DU CIEL ET DE TOUT LE MONDE."

Puisse cette étude éclairer les âmes et les intelligences et contribuer ainsi à l'accomplissement des desseins d'infinie miséricorde de Dieu sur le monde: à savoir, grâce à l'action concertée du Souverain Pontife et du Roi de France, l'instauration et le triomphe du règne conjoint du Sacré Coeur et du Coeur Immaculé de Marie.

15, 22, 25 août 1955.


LIVRE I

LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE

"Chaque Nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu'elle doit accomplir" a dit Joseph de Maistre. Celle de la France est d'exécuter les gestes de Dieu, "Gesta Dei per Francos".

Et le grand Philosophe d'ajouter. "Le châtiment des Français sort de toutes les règles ordinaires et la protection accordée à la France en sort aussi; mais ces deux prodiges réunis se multiplient l'un par l'autre, et présentent un des spectacles les plus étonnants que l'œil humain ait jamais contemplés (Considérations sur la France, ch. II, p. 8 et p. 27.).

Strabon, le grand Géographe de l'Antiquité, semble l'avoir pressenti quand il écrit de la Gaule: "Personne ne pourrait douter, en contemplant cette œuvre de la providence, qu'elle n'ait disposé ainsi ce pays avec intention et non au hasard."

En effet, Dieu a toujours préparé ses voies. De toute éternité, dans Sa prescience des événements, il avait jeté son dévolu sur notre pays et choisi notre peuple pour succéder au peuple Juif et remplir, pendant l'ère chrétienne, la mission divine qui avait été assignée à ce dernier sous l'Ancien Testament.

Cette mission a été et demeure la plus glorieuse, assurément, de toutes celles qu'Il a jamais confiées à une nation. Aussi, parce que cette mission -- en raison même de son importance -- fera encourir fatalement à la France les assauts répétés de l'Enfer déchaîné, va-t-Il, dans Sa prescience des événements, lui donner un protecteur d'autant plus puissant que les attaques infernales seront plus farouches, Il choisit alors le plus puissant et le premier de tous les Anges, le Chef de toutes les Milices Célestes, le grand vainqueur de Satan: Saint Michel, qui est associé à toutes les grandes pages de notre Histoire, inspira personnellement notre Jeanne d'Arc et lui déclara: "Je suis Michel, le Protecteur de la France."(*)

(*) Voir: de la Franquerie: "Mémoire pour le renouvellement de la Consécration de la France à Saint Michel", préfacé par S. Exc. Monseigneur de la Villerabel, Evêque d'Annecy.

Déjà, les peuplades de la Gaule croyaient à l'immortalité de l'âme et méprisaient la mort et, bien avant la naissance du Christ, avaient le culte de la Vierge qui devait enfanter le Sauveur du Monde, culte que Notre-Dame de Chartres a continué en le christianisant.

Dans la lutte engagée entre Vercingétorix et César -- cinquante ans avant l'avènement du christianisme -- ne peut-on voir encore l'un des signes de la prédestination de notre pays, dont le jeune chef inflige à Rome -- c'est-à-dire au paganisme officiel -- la sanglante défaite de Gergovie? Ephémère victoire, sans doute, puisque l'héroïque chef gaulois est vaincu en définitive et que, magnanimement pour sauver son peuple des représailles romaines, il s'offre en holocauste, est traîné en esclave derrière le char de César et est égorgé à Rome dans cette prison Mamertine où, un siècle plus tard, le premier Vicaire du Christ, Saint Pierre, sera crucifié.

Autre marque de la prédestination de notre Pays: le seul être qui ait volontairement apporté un soulagement matériel au Divin Maître au cours de sa Passion, Véronique, n'était-elle pas une Gauloise, originaire de Bazas? Le premier converti du Sacré Cœur, qui fut aussi le premier à oser proclamer la divinité du Sauveur, Longin, n'était-il pas Gaulois lui aussi? N'est-il pas logique, puisque notre Patrie a une mission divine à remplir, que Dieu ait voulu que ce soit une femme de chez nous qui transmit au monde entier l'image de sa Sainte Face et qu'un soldat de notre Pays ouvrit son Cœur adorable d'où devaient jaillir tous les trésors de grâce, d'amour et de résurrection qui, depuis lors, ne cessent d'embraser les âmes droites et qui doivent les irradier davantage encore à l'approche des derniers temps.

Ajoutons encore qu'en mourant, Notre Seigneur regardait du côté de l'Occident, et que, le jour de son Ascension glorieuse en montant au ciel, Son regard se portait toujours du même côté, comme s'Il avait voulu unir dans un même geste d'amour suprême Rome et notre France, Son Église et Son Royaume de prédilection (Voir les recherches de Saint Ignace de Loyola par les Bollandistes).

Enfin, les premiers Evangélistes qui apportent à la Gaule "la bonne Nouvelle" sont Madeleine, Marthe et Lazare. Lazare, image de la résurrection de la France. Madeleine, la grande pécheresse, mais l'âme au grand repentir et au grand amour qui symbolise à l'avance notre France pécheresse d'aujourd'hui, et notre France repentante et amoureuse de demain; Madeleine, que le Christ a sauvée d'un regard et pour laquelle Il eut une toute particulière et tendre affection. En donnant à notre Pays Ses amis de dilection, le Sauveur pour la première fois lui donnait Son Cœur.

De son côté, la Vierge Immaculée voulut également manifester avec éclat l'amour dont Son Cœur débordait pour notre Pays: A ces Amis de dilection que Son Fils envoie en Gaule, Elle confie ce qu'Elle a de plus sacré au monde, le corps de Sa Mère, Sainte Anne, pour qu'ils le déposent dans notre sol, pour bien montrer qu'Elle considérait que notre Peuple était plus capable qu'aucun autre de La remplacer sur terre pour entourer cette tombe si chère de respect, de vénération et d'amour.

Puis, si l'on en croit le Martyrologe Romain, le Pape Saint Clément envoie dans notre pays Denys de l'Aéropage, converti par Saint Paul et qui a assisté la Vierge à ses derniers moments. Denys s'installe à Lutèce et fait de nombreuses conversions.

Après plusieurs arrestations et supplices, il est décapité avec quelques autres Chrétiens, sur la Colline de Mars, appelée depuis lors Mons Martyrum ou Montmartre (a l'endroit même où a été édifié le Sacré-Cœur), et enseveli à Saint-Denis. Ses restes furent, de tous temps, l'objet d'une vénération particulière, et il y a bien peu d'événements de notre Histoire auxquels l'Abbaye de Saint-Denis ne soit mêlée. La Basilique est le sanctuaire où sont enterrés tous nos Rois et où est déposée la vieille Bannière qui nous a si souvent conduits à la victoire au cri de "Mont-joye Saint-Denis". Aussi n'est-on pas surpris de voir un Allemand, l'auteur de "la Mystique divine, magique et diabolique" (Voir Santo. "Les crimes allemands". -- "La chaine infernale et ses 33 anneaux".) s'écrier:

"Détruisez la basilique de Saint-Denis: dispersez au vent les ossements de leurs Rois; abattez, réduisez en cendres cette Basilique de Reims, où fut sacré Klodowig, où prit naissance l'Empire des Francs, faux frères des nobles Germains; incendiez cette Cathédrale". Il avait bien compris, le misérable, ce que sont Reims et Saint-Denis: les deux symboles de notre Histoire Nationale.

Il ne faisait, il est vrai, que continuer les traditions sauvages de sa race. Déjà, au début des invasions barbares, le général romain Cérialis disait très justement aux Gaulois:

"Les mêmes motifs de passer en Gaule subsistent toujours pour les Germains: l'amour des plaisirs, celui de l'argent, et le désir de changer de lieu. On les verra toujours, quittant leurs solitudes et leurs marécages, se jeter sur les Gaules si fertiles, pour asservir vos champs et vos personnes..." (P. Champion "Galerie des Rois", page 22.)

Cérialis avait dit vrai. Pendant plusieurs siècles, les tribus germaniques ne cessèrent de ravager la Gaule. C'était le temps où nos Evêques prenaient la tête de la résistance aux envahisseurs et méritèrent de s'appeler les défenseurs de la cité; le temps où les Monastères étaient les refuges de la civilisation et où les moines défrichaient non seulement le sol de notre France, mais son âme et y semaient à profusion toutes les vertus qui devaient y germer en une éclosion magnifique et nulle part égalée. Comment ne pas citer Saint Martin, le grand apôtre de nos campagnes et le fondateur de Ligugé...? Déjà, à cette époque, la foi rayonnait de la Gaule sur les autres Pays: Saint Patrick qui convertit l'Irlande n'était-il pas un disciple de l'Evêque de Tours...?

Au milieu du Ve Siècle, pour châtier le monde tombé dans l'arianisme, Dieu permit qu'Attila ravageât, avec ses Huns, les peuples hérétiques. Redoutable par son génie et par sa cruauté, il mit tout à feu et à sang sur son passage, égorgeant les populations terrifiées. Quand le châtiment eut été assez grand, Dieu suscita alors un autre Chef pour vaincre celui qui s'appelait justement "le fléau de Dieu" et sauver son Église: Mérovée, le Roi des Francs. Mérovée était païen, mais il avait l'âme généreuse et le cœur droit; il souffrait de voir les tortures des populations chrétiennes et résolut d'arrêter l'envahisseur. Il le rencontra aux Champs Catalauniques, non loin de Reims, où son petit-fils, Clovis, devait être baptisé et sacré. Il tailla en pièces les Huns qui s'enfuirent de l'autre côté du Rhin, laissant au vainqueur un immense butin. Mérovée avait sauvé le monde chrétien et magnifiquement inauguré les gestes de Dieu par les Francs. Aussi Dieu permit-il qu'il donnât son nom à la première branche de nos Rois.

***

Comme s'il voulait que notre Pays ne fut étranger à aucun des grands événements chrétiens, Dieu permit qu'il fut mêlé au triomphe de l'Eglise sur l'Empire Romain. L'homme choisi par le Christ pour être le sauveur de la chrétienté fut Constantin l'Empereur des Gaules. Et c'est sur notre sol, à la tête de ses légions, composées en partie d'hommes de chez nous que la croix lumineuse lui apparût avec cette fulgurante promesse de victoire; In hoc signo vinces! et qu'il se convertit (*)

(*) La tradition bourguignonne place l'apparition de la Croix dans la région de Paray-le-Monial (cf. le musée du Hiéron à Paray-le-Monial), d'autres disent que ce fut lorsqu'il traversait les Alpes.

"Quand le temps fut arrivé, que l'Empire Romain devait tomber en Occident, Dieu, qui livra aux Barbares une si belle partie de cet Empire, et celle où était Rome, devenue le Chef de la Religion, destina à la France des Rois qui devaient être les défenseurs de l'Eglise. Pour les convertir à la Foi, avec toute la belliqueuse Nation des Francs, Il suscita un Saint Rémi, homme apostolique, par lequel Il renouvela tous les miracles qu'on avait vus éclater dans la fondation des plus célèbres Eglises, comme le remarque Saint Rémi lui-même dans son testament.
Ce grand Saint et ce nouveau Samuel, appelé pour sacrer les Rois, sacra ceux de France, en la personne de Clovis, comme il dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l'Eglise et des pauvres", qui est le plus digne objet de la Royauté. Il les bénit et leurs successeurs, qu'il appelle toujours ses enfants, et priait Dieu, nuit et jour, qu'ils persévérassent dans la Foi: prière exaucée de Dieu avec une prérogative bien particulière, puisque la France est le seul Royaume de la Chrétienté qui n'a jamais vu sur le trône que des Rois enfants de l'Eglise (Bossuet: "Politique tirée de l'Ecriture Sainte" L. v. VII, art. 6, 14e prop.).

Le savant Cardinal Baronius écrit dans ses "Annales ecclésiastiques" (Caesar Baronius, Annales ecclesiastici, 1593-1607, tome IV, pages 420. Bibli. Nat. H. 106.):

"A la chute de l'Empire d'Occident, trois races de barbares occupaient les Gaules: les Goths, les Burgondes et les Francs.
Tout marchant à la dérive, la Divine Providence destina à survivre et à s'épanouir dans les âges futurs, le seul de ces peuples où devait s'épanouir aussi, au plus haut degré, le culte de la piété, de cette piété dont Childéric fut la fleur et Clovis le fruit (*)

(*) "Deproratis penitus rebus Divina Providentia factum est ut ejus tantum modo gentis regnum ad posteros feliciter propagaretur, penes quam cultus pietatis foret excellentius effulsurus, cujus in Childerico ut dictum est flores apparuerunt, in Clodoveo autem collecti sunt fructus."

Pour protéger son Eglise naissante contre les flots envahissants de l'hérésie (L'Arianisme.) et de la barbarie qui régnaient sur tous les trônes d'Orient et d'Occident...
... Dieu paraît avoir institué les Rois de France et les a fait s'élever sur les ruines des peuples non Catholiques disparus.
C'est pour cela que tous les peuples entachés d'hérésie... furent expulsés ou absorbés par les Francs, suivant la parole de Notre Seigneur: tout arbre que n'a point planté mon Père sera arraché".
C'est pour cela que le Royaume des Francs s'est épanoui dans une riche et luxuriante végétation arrosée par sa piété...
Tout cela est d'une évidence qui se touche du doigt.
... Il ne fallait rien moins qu'un tel Saint (Rémi), d'une telle vertu, d'une telle inspiration divine pour amener des ténèbres de la gentilité à la lumière de l'Evangile, la noble Nation des Francs et son très illustre Roi.
Comme il ne fallait rien moins qu'un tel Roi (Clovis), pour illustrer le premier de tous et à jamais, son royaume de l'impérissable éclat de la religion du Christ, pour entourer d'un amour sans défaillance, d'une protection perpétuelle, cette même religion du Christ".

C'est ce que reconnaissait le Pape Pélage II:

"Ce n'est pas en vain, ce n'est pas sans une admirable disposition que la Providence a placé la catholique France aux portes de l'Italie et non loin de Rome, c'est un rempart qu'Elle ménageait à toutes deux (Migne. -- Patrologiae cursus completus, patres latini, tome LXXII, page 706, Bibl. Nat. A, de 112 à 329.)".

Mission providentielle de la France, proclamée par Grégoire IX écrivant à Saint Louis (Labbe. -- Tome XI, p. 366 et 367. Lettre rappelée par Saint Pie X le 13 décembre 1908 lors de la béatification de Jeanne d'Arc (actes de Pie X, t. V, p. 204 et 205.)):

"De même qu'autrefois la tribu de Juda reçut d'en haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du Patriarche Jacob; de même le ROYAUME DE FRANCE EST AU-DESSUS DE TOUS LES AUTRES PEUPLES, COURONNÉ PAR DIEU LUI-MÊME DE PRÉROGATIVES EXTRAORDINAIRES.
LA TRIBU DE JUDA ÉTAIT LA FIGURE ANTICIPÉE DU ROYAUME DE FRANCE".

 

LE PACTE DE TOLBIAC

Trois grands Saints de France se trouvent participer à la Conversion de Clovis: Saint Rémi, dont nous allons voir les principaux miracles en faveur de ce prince et des Rois ses successeurs: Sainte Clotilde qui, par son exemple, a une grosse influence sur le Roi, son époux; et la patronne de Paris(*),

(*) "A sa mort en 512, Sainte Geneviève avait été inhumée, par ordre de la Reine (Sainte Clotilde), avec les membres de la famille royale... Tous nos souverains eurent en grande vénération la mémoire de la Patronne de Paris; beaucoup se plurent à enrichir son tombeau. En 1757, Louis XV fit construire, par Soufflot, sur un plan grandiose, une basilique nouvelle qui devait remplacer la vieille église mérovingienne.
On sait que la Révolution Française (cette entreprise satanique, disait Pie IX) fit brûler publiquement, puis jeter à la Seine, en novembre 1793, les reliques de Sainte Geneviève. La châsse fut envoyée à la Monnaie et un décret de la Convention transforma la basilique en Panthéon pour la sépulture des grands hommes. Marat fut l'un des premirs hôtes de l'église profanée.
Le gouvernement tutélaire de la Restauration rendit la basilique au culte de Sainte Geneviève... En 1885, la 3e République a de nouveau désaffecté la basilique et en a fait un Panthéon dans lequel, à côté de Voltaire et de Rousseau, elle a placé Zola le pornographe, le coeur du métèque Gambetta, complice de Bismarck, et les cendres de Jaurès le mauvais Français." (Commandant Dublaix: A. F., Chronique religieuse, 26 août 1925).

l'amie de la Reine, Sainte Geneviève qui 30 ans auparavant avait sauvé la ville des hordes d'Attila (451), et lui évita la famine au moment où, encore entre les mains des Romains, elle était assiégée par Clovis, dont elle avait préparé la conversion dès le règne de Childéric, sans être parvenue, malgré sa très grande influence, à amener ce dernier prince aux lumières de la foi; Sainte Geneviève qui voulait reconstruire un temple magnifique en l'honneur de Saint Denis.

Comme tout se tient dans notre Histoire de France! Il semble qu'un lien mystique unit tous ceux que Dieu a envoyés pour nous sauver miraculeusement; Saint Denis, qui aurait approché la mère du Sauveur, et Sainte Madeleine inspirent à notre pays un culte tout spécialement confiant à la Vierge qui, en retour, lui marque sa prédilection par ses nombreuses apparitions. Sainte Geneviève revivifie le culte de Saint Denis; Jeanne d'Arc -- que Dieu fait naître à Domrémy (c'est-a-dire la Maison de Rémi) -- renouvelle le pacte de Clovis et de Saint Rémi, et dépose en hommage ses armes à l'Abbaye de Saint-Denis, etc.... Comme si chacun d'eux voulait faire toucher du doigt au peuple de France, qu'il n'est qu'un des artisans du même édifice; qu'il ne fait que continuer l'œuvre du précédent missionnaire divin; et cela de par la volonté du Tout-Puissant!

Sur le point de succomber sous les forces ennemies à Tolbiac, Clovis invoque le Dieu de Clotilde, le Christ, et promet de se convertir au Catholicisme s'il est vainqueur. Il obtient une victoire éclatante contre les Allemands.

"C'est dans toute l'exaltation de sa victoire surnaturelle qu'il dicta, dans un magnifique élan de foi et de reconnaissance, le superbe décret, vibrant d'enthousiasme et d'amour, qui voue la France à jamais, aussi longtemps qu'elle existera au règne de Jésus-Christ, exigeant qu'il fut placé comme loi constitutionnelle du Royaume des Francs (De Maricourt et de la Morlière; "La vraie Histoire de France".)", la loi salique (Traduction de l'abbé Lemann d'après les Leges Salicae illustratae de Godefroy Wandelin (Anvers 1649).) que complétèrent ses successeurs et dont voici quelques passages:

"LA NATION DES FRANCS, ILLUSTRE, AYANT DIEU POUR FONDATEUR, FORTE SOUS LES ARMES, FERME DANS LES TRAITÉS DE PAIX, HARDIE, AGILE ET RUDE AU COMBAT, DEPUIS PEU CONVERTIE A LA FOI CATHOLIQUE, LIBRE D'HÉRÉSIE.
ELLE ÉTAIT ENCORE SOUS UNE CROYANCE BARBARE.
MAIS AVEC L'INSPIRATION DE DIEU, ELLE RECHERCHAIT LA CLÉ DE LA SCIENCE, SELON LA NATURE DE SES QUALITÉS, DÉSIRANT LA JUSTICE, GARDANT LA PIÉTÉ.
ALORS LA LOI SALIQUE FUT DICTÉE PAR LES CHEFS DE CETTE NATION QUI EN CE TEMPS COMMANDAIENT CHEZ ELLE...
PUIS LORSQUE AVEC L'AIDE DE DIEU, CLODWIGH LE CHEVELU, LE BEAU, L'ILLUSTRE ROI DES FRANCS EUT REÇU, LE PREMIER, LE BAPTÊME CATHOLIQUE, TOUT CE QUI DANS CE PACTE ÉTAIT JUGÉ PEU CONVENABLE FUT AMENDÉ AVEC CLARTÉ PAR LES ILLUSTRES ROIS CLODWIGH, CHILDEBERT ET CLOTAIRE.
ET AINSI FUT DRESSÉ CE DÉCRET:
VIVE LE CHRIST QUI AIME LES FRANCS!
QU'IL GARDE LEUR ROYAUME ET REMPLISSE LEURS CHEFS DES LUMIÈRES DE SA GRACE!
QU'IL PROTÈGE L'ARMÉE!
QU'IL LEUR ACCORDE DES SIGNES QUI ATTESTENT LEUR FOI, LEUR JOIE, LA PAIX, LA FÉLICITÉ!
QUE LE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST DIRIGE DANS LE CHEMIN DE PIÉTÉ CEUX QUI GOUVERNENT!
CAR CETTE NATION EST CELLE QUI, PETITE EN NOMBRE, MAIS BRAVE ET FORTE, SECOUA DE SA TÊTE LE DUR JOUG DES ROMAINS ET QUI, APRÈS AVOIR RECONNU LA SAINTETÉ DU BAPTÊME, ORNA SOMPTUEUSEMENT LES CORPS DES SAINTS MARTYRS QUE LES ROMAINS AVAIENT CONSUMÉS PAR LE FEU, MUTILÉS PAR LE FER, OU FAIT DÉCHIRER PAR LES BÊTES..."

Voilà notre première Constitution!

Elle repose sur l'Evangile! Deux phrases la résument:

VIVE LE CHRIST, QUI EST ROI DE FRANCE!
VIVE LE ROI DE FRANCE, QUI EST LIEUTENANT DU CHRIST!

Ainsi, "la France a eu ce bonheur inespéré, unique au monde, d'avoir la première bâti sa civilisation non pas sur une vérité philosophique ou religieuse quelconque, sur une vérité plus ou moins diminuée ou discutée, mais sur la vérité totale, intégrale, universelle, sur le catholicisme qui signifie "la religion universelle".
Qu'en est-il résulté?
C'est que la France a fondé une civilisation merveilleuse comme le monde n'en a jamais vu, qu'elle est devenue cet astre lumineux qui a couvert le monde de sa lumière, de sa chaleur et de ses bienfaits.
On dit "La civilisation française" et on a raison, mais cette civilisation n'est pas autre chose que la civilisation catholique, apostolique et romaine et elle n'est dite française que parce que c'est la France qui en a tenu le flambeau!
Aujourd'hui encore, dans tout l'Orient, malgré les Combes, les Clemenceau, les Briand, catholiques et français sont synonymes et tous les catholiques, fussent-ils espagnols, anglais ou italiens, etc.... sont désignés sou le nom générique de Francs!
Ah! la France avait pris pour base la pierre angulaire même de l'Eglise: le Christ; quoi d'étonnant qu'elle ait bénéficié de l'universalité du Christ et de l'Eglise?
Et voilà, pour le dire en passant, le véritable internationalisme de la France! Mais c'est celui de l'Evangile, non celui du Talmud ou de la libre pensée, celui de l'Eglise romaine, non celui de la synagogue de Jérusalem, du temple de la rue Cadet ou de l'Eglise de Genève! Mais cet internationalisme loin de détruire la personnalité de la France, la suppose! Comment le flambeau de la Vérité catholique rayonnera-t-il, si vous supprimez le porte-flambeau?" (Abbé Vial: "Jeanne d'Arc et la Monarchie", chapitre II, p. 26 et 27.)

 

LE BAPTISTÈRE DE REIMS

Le miracle auquel on ne veut plus croire existe à l'état permanent: c'est notre HISTOIRE. On peut dire avec l'Abbé Vial (Abbé vial, op. cit. page 62, sans oublier les apparitions de la rue du Bac et de Pellevoisin.) que "Lourdes, La Salette, Pontmain, Notre-Dame des Victoires, etc... ne sont que les avant-derniers anneaux d'une longue chaîne de miracles qui va du Baptistère de Reims, où est née la France, à la Basilique du Sacré-Cœur où elle ressuscitera, en passant par les cycles bénis de Saint Bernard, de Saint Louis, de Jeanne d'Arc, du Curé d'Ars"; nous ajouterons aussi de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

SAINT RÉMI ET LE BAPTISTÈRE DE REIMS SONT POUR LA FRANCE CE QUE MOÏSE ET LE SINAÏ FURENT POUR LE PEUPLE JUIF.

Le 19 décembre 1907, à l'Archevêque de Reims, Monseigneur Luçon, nouvellement promu Cardinal, Saint Pie X déclarait (Bulletin du Diocèse de Reims, 28 déc. 1907, p. 621.):

"Reims conserve la source baptismale d'où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C'était une heure ténébreuse pour l'Eglise de Jésus-Christ. Elle était d'un côté combattue par les Ariens, de l'autre assaillie par les Barbares; elle n'avait plus d'autre refuge que la prière pour invoquer l'heure de Dieu. Et l'heure de Dieu sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le baptême de Clovis marqua la naissance d'une grande nation: la tribu de Juda de l'ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu'elle fut fidèle à l'orthodoxie, tant qu'elle maintint l'alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu'elle se montra, non en paroles, mais en actes, la Fille aînée de l'Eglise."

Dans la nuit de Noël 496, à minuit, au jour anniversaire et à l'heure même de sa naissance, le Christ -- lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois -- voulut par un miracle éclatant affirmer la mission divine de notre Pays et de la Race Royale de Mérovée, au moment même où Saint Rémi va proclamer cette mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles divinement inspirées de Son ministre. A minuit, alors que le roi, la Reine et leur suite sont là, "SOUDAIN, raconte Hincmar, Archevêque de Reims (Migne. Patr. lat. Tome CXXV, p. 1159 et 1160. Hincmar. Vita Sancti Remigii, Cap. XXXVI et suivants. Bibl. Nat. A. 112 à 329.), UNE LUMIERE PLUS ÉCLATANTE QUE LE SOLEIL, INONDE L'EGLISE! LE VISAGE DE L'EVÊQUE EN EST IRRADIÉ! EN MÊME TEMPS RETENTIT UNE VOIX: "LA PAIX SOIT AVEC VOUS! C'EST MOI! N'AVEZ POINT PEUR! PERSÉVÉREZ EN MA DILECTION!"
Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l'atmosphère.
Le Roi, la Reine, toute l'assistance épouvantés, se jetèrent aux pieds de Saint Rémi qui les rassura et leur déclara que c'est le propre de Dieu d'étonner au commencement de ses visites et de réjouir à la fin.
Puis soudainement illuminé d'une vision d'avenir, la face rayonnante, l'oeil en feu, le nouveau Moïse s'adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage -- identique quant au sens -- de l'ancien Moïse à l'Ancien Peuple de Dieu:

"APPRENEZ (Migne. Patr. lat. CXXXV, p. 51 et suivantes Flodoard. Historia Ecclesiae Remensis. Lib. I, cap. XIII. Bibl. Nat. A. 112 à 329.), MON FILS, QUE LE ROYAUME DE FRANCE EST PRÉDESTINÉ PAR DIEU À LA DÉFENSE DE L'EGLISE ROMAINE QUI EST LA SEULE VÉRITABLE EGLISE DU CHRIST.
CE ROYAUME SERA UN JOUR GRAND ENTRE TOUS LES ROYAUMES.
ET IL EMBRASSERA TOUTES LES LIMITES DE L'EMPIRE ROMAIN!
ET IL SOUMETTRA TOUS LES PEUPLES À SON SCEPTRE!
IL DURERA JUSQU'À LA FIN DES TEMPS!
IL SERA VICTORIEUX ET PROSPÈRE TANT QU'IL SERA FIDELE À LA FOI ROMAINE.
MAIS IL SERA RUDEMENT CHATIÉ TOUTES LES FOIS QU'IL SERA INFIDÈLE À SA VOCATION."

Au IXe siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par Saint Rémi à la fin de son allocution:

"VERS LA FIN DES TEMPS, UN DESCENDANT DES ROIS DE FRANCE RÈGNERA SUR TOUT L'ANTIQUE EMPIRE ROMAIN.
IL SERA LE PLUS GRAND DES ROIS DE FRANCE ET LE DERNIER DE SA RACE.
APRÈS UN RÈGNE DES PLUS GLORIEUX, IL IRA À JERUSALEM, SUR LE MONT DES OLIVIERS, DÉPOSER SA COURONNE ET SON SCEPTRE, ET C'EST AINSI QUE FINIRA LE SAINT EMPIRE ROMAIN ET CHRÉTIEN. (Voir: "Bloc Catholique", mars-avril 1923, no 187, p. 51: Les Francs, peuple élu de Dieu, par le Marquis de la Vauzelle.)

Commentant cette mangifique vision d'avenir, l'Abbé Vial écrit:

"La prophétie comprend quatre points:

Et il ajoute en note:

"Bien remarquer que la prophétie est faite directement à la race, à la postérité, à la famille royale, «semini, generi regio, posteritati» comme si la race était aussi inséparable de la France que la France est inséparable de l'Eglise."

 

LA SAINTE AMPOULE

Un nouveau miracle devait se produire le jour même au Baptistère; laissons parler Hincmar. (Hincmar, "Vita Sancti Remigii", cap. XXXVIII (Migne t. 125, p. 1160).)

"Dès qu'on fut arrivé au baptistère, le clerc qui portait le chrême, séparé par la foule de l'officiant, ne put arriver à le rejoindre.
Le saint Chrême fit défaut.
Le Pontife alors lève au ciel ses yeux en larmes et supplie le Seigneur de le secourir en cette Nécessité pressante.
SOUDAIN APPARAIT, VOLTIGEANT À PORTÉE DE SA MAIN, AUX YEUX RAVIS ET ÉTONNÉS DE L'IMMENSE FOULE, UNE BLANCHE COLOMBE TENANT EN SON BEC UNE AMPOULE D'HUILE SAINTE DONT LE PARFUM D'UNE INEXPRIMABLE SUAVITÉ EMBAUMA TOUTE L'ASSISTANCE.
DÈS QUE LE PRÉLAT EUT REÇU L'AMPOULE, LA COLOMBE DISPARUT!"

C'est avec le saint chrême contenu dans cette ampoule, qu'ont été sacrés tous nos Rois.

(La sainte ampoule fut brisée en 1793 par le révolutionnaire Ruhl, mais:
"Un ecclésiastique et un magistrat de cette ville qui, dans ces temps affreux craignirent de compromettre un grand nombre de gens de bien, s'ils enlevaient ce précieux vase, avaient eu le soin d'en retirer une partie du baume qu'il contenait. Partagé entre cet eclésiastique et ce magistrat, ce baume a été gardé religieusement. En 1819, les parcelles en ont été réunies dans le tombeau de Saint Rémi, sous la garde du Curé de Saint-Rémi de Reims, et des preuves authentiques, constatées dans un procès-verbal, lequel a été déposé au greffe du Tribunal de Reims, ne laissent aucun doute sur la fidèle conservation de ce précieux monument du sacre de Clovis." Clausel de Coussergues. "Du Sacre des Rois de France", mai 1825, p. 127.)

Comme au baptême du Christ, c'est "le Saint Esprit qui par l'effet d'une grâce singulière apparut sous la forme d'une colombe et donna ce baume divin au pontife" (Cérémonial du Sacre des Rois de France. Prière à Saint Rémi.) voulant assister visiblement au sacre du premier de nos Rois pour marquer ainsi d'un signe sacré de toute spéciale prédilection notre Monarchie, consacrer tous nos Rois et imprimer sur leur front un caractère indélébile qui leur assurerait la primauté sur tous les autres Souverains de la terre; enfin les munir de ses sept dons pour qu'ils pussent accomplir leur mission providentielle dans le monde.

Ainsi, pour le Sacre de nos Rois, Dieu a voulu non d'une huile terrestre, mais d'une huile céleste afin que le Roi de France -- tout comme le Christ -- fut non pas fictivement mais très réellement et véritablement "l'oint" du Seigneur. Ce privilège UNIQUE était reconnu dans le monde entier. Dans toutes les cérémonies diplomatiques, en effet, l'ambassadeur du Roi de France avait le pas sur ceux de tous les autres Souverains parce que son Maître était "sacré d'une huile apportée du ciel" ainsi que le reconnaît un décret de la République de Venise daté de 1558. Hommage universel rendu au miracle de la Sainte Ampoule et reconnaissance éclatante de la prééminence du Roi Très Chrétien sur tous les autres princes de la terre.

Sur l'authenticité de tous ces faits, voir l'étude que nous avons publiée dans le «Bloc Anti-Révolutionnaire» n° de janvier-février 1933 sous le titre: «Dom Mabillon, défenseur des privilèges miraculeux des Rois de France».
Clausel de Coussergues: op. cit.
Abbé de Vertot. Dissertation sur la Sainte Ampoule. (Hist. de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, II, p. 619, 1736.)
Annales Benedict: toutes les études de Dom Mabillon sur ces questions.
Chanoine Dessailly: «L'authenticité du grand testament de saint Rémi», Dumoulin à Paris.

C'était pour commémorer toutes ces merveilles que le peuple, à chaque sacre ou dans chaque grande réjouissance publique, criait:

Noël! Noël! Vive le roi! Noël! Noël!

A l'occasion de son baptême et de son sacre, Clovis reçut des félicitations de nombreux évêques gaulois et étrangers; il est deux lettres qui, entre toutes, méritent d'être mentionnées, celle de Saint Avit, évêque de Vienne.

"Le Noël du Seigneur, écrit Saint Avit (Acta Sanctorum, 13 Octobris, Sanctus Remigius.), est aussi le Noël des Francs; vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né pour nous... Votre foi est notre victoire, et nous sommes les vainqueurs partout où vous combattez" (Cité par Zeller. -- Les Francs Mérovingiens: Clovis et ses fils p. 34.)

Et celle du Pape Anastase II: "Glorieux Fils, nous nous félicitons que votre avènement à la foi inaugure notre pontificat. Un si grand événement fait tressaillir de joie le siège de Pierre...
Que la joie de votre Père vous fasse croître dans les saintes œuvres. Comblez nos désirs, soyez notre couronne et que notre mère l'Eglise s'applaudisse des progrès du grand Roi qu'elle vient d'enfanter à Dieu.
Illustre et glorieux Fils, soyez sa gloire, SOYEZ POUR ELLE UNE COLONNE DE FER!
Nous louons Dieu, qui Vous a retiré de la puissance des ténèbres, pour faire d'un si grand Prince LE DÉFENSEUR DE SON EGLISE et opposer votre gloire aux attaques des pervers.
Continuez donc cher et glorieux Fils, afin que le Dieu tout-puissant entoure votre sérénité et votre royaume de sa protection et commande à ses anges de vous protéger dans toutes vos voies et vous donne la victoire sur tous vos ennemis" (Anast. II, ép. II ad Clod. tom. VI. Conc. col. 1282 cité par Bossuet: Politique tirée de l'Ecriture Sainte, tome I, livre VII. Page 529, ed. Delestre Boulage 1822, et par Zeller: op. cit. p. 38.)

 

LES ARMES DE FRANCE

Le Christ allait encore accomplir de nouveaux prodiges en faveur de Clovis:

"On lit... en auculnes escriptures qu'en ce temps avoit un hermite, prudhomme et de saincte vie qui habitoit en un bois près d'une fontaine, au lieu qui de présent est appelé Joye-en-Val, en la chastellenie de Poissy, près Paris: auquel hermite ladicte Clotilde, femme dudict Roy Clovis avoit grande fiance et pour sa saincteté le visitoit souvent et luy administroit ses nécessitez.
Et advint un jour que ledict hermite estant en oraison, un ange s'apparut à luy en luy disant qu'il feist raser les armes des trois croissans que ledict Clovis portoit en son escu (combien qu'aucuns disent que c'estoient trois crapeaux) et au lieu d'iceux portast un escu dont le champ fust d'azur, semé tout de fleurs de liz d'or, et luy dict que Dieu avoit ordonné que les Rois de France portâssent doresnavant telles armes.
Ledict hermite revela à la femme dudict Clovis son apparition; laquelle incontinant feit effacer lesdicts trois croissans ou crapeaux et y feit mettre lesdicts fleurs de liz et les envoya audict Clovis son mari qui, pour lors, estoit en guerre contre le Roy Audoc, sarrazin qui estoit venu d'Allemagne à grande multitude de gens, es parties de France et avoir son siège devant la place de Conflans Saincte Honorine, près Pontoise.
Clovis se combattit et eut victoire: et combien que la bataille commençast en la ville, toutefois fut achevée en la monteigne, en laquelle est à présent la tour de Montjoye.
Et là fut pris premièrement et nommé le cry des François et les armes, c'est à savoir Montjoye et depuis y a été adjousté Sainct Denis.
Et, en la révérence de la mission desdictes fleurs de liz, fut illec en la vallée fondée un monastère de religieux qui fut et encore est appelée l'abbaye de Joye-en-Val, pour la mission de la saincte Ampolle et desdictes fleurs de liz qui furent envoyées à ce grand roy Clovis, premier roy chrestien.
Enquoy appert avidemment que Dieu notre père et Sauveur a singulièrement aimé les Rois de France et les a voulu décorer et garnir de singulières grâces et préeminances pardessus tous autres rois et princes terriens et d'iceux faire les deffenseurs de la saincte Foy et Loy de Jésus-Christ"
(Nicolle Gilles: Histoirede France (1492).)

Et Guillaume de Nangis, dans la chronique de Saint Louis, explique ainsi la signification symbolique des armes de France:

"Puisque Notre Père Jhésus-Christ veut espécialement sur tous autres royaumes, enluminer le royaume de France de Foy, de Sapience et de Chevalerie, li Roys de France accoustumèrent en leurs armes à porter la fleur de liz paincte par trois fueillées (feuilles), ainsi come se ils deissent à tout le monde: Foi, Sapience et Chevalerie sont, par la provision et par la grâce de Dieu, plus habondamment dans nostre royaume que en ces aultres. Les deux fueillées qui sont oeles (ailes) signifient Sapience et Chevalerie qui gardent et défendent la tierce fueillée qui est au milieu de elles, plus longue et plus haute, par laquelle Foy est entendue et segneufiée, car elle est et doibt estre gouvernée par Sapience et deffendue par Chevalerie. Tant comme ces trois grâces de Dieu seront fermement et ordénement joinctes ensemble au royaume de France, li royaume sera fort et ferme, et se il avient, que elles soient ostées et desseurées (séparées), le royaume cherra (tombera) en désolaction et en destruiement" (Cité par Monseigneur Delassu. L'Esprit familial, p. 225, note 1.)

Les trois fleurs de lys du blason donné par Dieu à nos Rois ont d'autres significations plus belles encore que l'histoire, la science héraldique et les révélations nous enseignent: Charles V fixa définitivement à trois les fleurs de lys des armes de France qui souvent, étaient nombreuses et en semis. Il prit cette décision en l'honneur et pour représenter les trois personnes de la Sainte Trinité.

Voir l'acte d'enregistrement des lettres de fondation du Couvent et de la chapelle des Célestins de Limay (Seine-et-Oise) par le Roi Charles V, en l'honneur de la Sainte Trinité. -- L'original de la charte de fondation existe aux Archives Départementales de Seine-et-Oise et ce document a été publié intégralement par Antoine Becquet dans "l'Histoire des Célestins de France".

Elles représentent également la Sainte Famille et aussi le triangle symbolique manifesté à la vénérable Philomène de Sainte Colombe: le Christ, Sa Divine Mère et Saint Michel, les trois grands vainqueurs de Lucifer. (Voir: Comte de Place: "Problèmes héraldiques". Père Pie de Langogne: "Vie de la Vénérable Philomène de Sainte Colombe".)

LE TESTAMENT DE SAINT RÉMI

Le testament de Saint Rémi a une importance capitale pour nous Français; c'est une véritable vision d'avenir qui prend une autorité toute particulière du fait que le grand Pape Saint Hormisdas écrivit à Saint Rémi lorsqu'il l'institua en ces termes Légat pour toute la France (Migne, t. 125, p. 1168. Hincmar - Vita Sancti Remigii cap. LIV. Baronius, Annales Ecclesiastici -- Tome VI, p. 635.)

"Nous donnons tous nos pouvoirs pour tout le Royaume de notre cher Fils spirituel Clovis, que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute sa Nation, par un apostolat et des miracles dignes du temps des Apôtres."

 

LE SACRE DES ROIS DE FRANCE

Origine du Sacre des Rois
Considérations générales

Jésus-Christ, Roi des Rois, est le principe de toute Royauté, puisque tout pouvoir émane de Lui, comme Dieu; Il est le modèle parfait des Rois de la terre. Il est Roi par droit héréditaire, comme Fils de Dieu et sa Souveraineté est infinie, son pouvoir absolu. Il est Roi par le sacre, par l'onction: "Dieu Vous a oint d'une huile de joie au-dessus de ceux qui ont été sacrés comme Vous". (Ps. XLIV) et "c'est Dieu, son Père qui le consacre de sa propre main" personne n'étant digne de sacrer le Christ.

C'est la Royauté Universelle du Christ, c'est son sacre qui ont été l'occasion de la chute de Lucifer et des mauvais anges. C'est aussi cette Royauté et ce Sacre qui ont été pour Saint Michel et les bons anges l'occasion de leur victoire. Il est donc logique que Satan poursuive d'une haine inextinguible tous les oints du Seigneur dont le rôle est d'être des images du Christ-Roi, mais aussi, que ceux-ci jouissent de la spéciale protection de Saint Michel, le chef de toutes les milices célestes.

C'est par le Sacre du Verbe que Lucifer a été vaincu, c'est par celui des Rois et des Evêques -- représentants spirituels et temporels de la Royauté du Christ -- qu'il continuera de l'être. Aussi "Satan qui veut anéantir le bonheur de l'homme et qui tend par tous les moyens dont il dispose à détruire le règne de Dieu pour mettre le sien à sa place n'a pas trouvé de plus sûr moyen pour arriver à son but que de faire disparaître LE POUVOIR PONTIFICAL ET LE POUVOIR ROYAL: le pontife et le roi qui sont les deux colonnes de l'édifice social sont l'objet des attaques particulières et constantes de l'enfer; le pontife et le Roi qui sont les canaux des grâces spirituelles et temporelles dont le Seigneur veut combler les peuples; les témoins de Sa Providence à travers les âges; les deux fils de l'huile sainte qui sont devant le Seigneur de la terre (Apoc. XI). Satan s'efforce de les supprimer (Zach. IV, 14)". (42).

(42) Dans ce chapitre nous nous sommes inspiré de la remarquable étude "Dieu, la Royauté et le salut de la France", malheureusement épuisée.

Mais le Christ ne pouvait descendre que d'une Famille Royale, aussi Dieu le Père établit-il la Royauté sur Israël, comme étant la forme du Gouvernement "la plus naturelle, la plus parfaite et celle qui pouvait le mieux assurer la paix et la durée de l'Etat".

Non seulement Dieu établit la Royauté, mais il choisit la Race Royale qui devait donner naissance à son Fils: "Vous établirez celui que le Seigneur votre Dieu aura choisi du nombre de vos frères." Et Dieu fait choix de la Maison d'Isaïe. Mais avant de faire monter sur le trône cette maison il veut que les exemples et les fautes d'un Roi d'une autre race lui servent d'exemple, aussi ordonne-t-il au Grand Prêtre Samuel de sacrer Saül.

Pour bien montrer à quel point la grâce du sacre est efficace, Il choisit un simple pâtre sans instruction et sans intelligence:

"Samuel prit une petite fiole d'huile qu'il répandit sur la tête de Saül et il le baisa et lui dit: C'est le Seigneur qui par cette onction vous sacre prince sur son héritage." (I, Rois, X, 1).

Le sacre est le lien qui unit le Roi à Dieu et le canal par lequel la puissance, l'assistance et le rayonnement de la majesté divine se communiquent au Roi au moment où il devient l'oint du Seigneur "personne sainte et sacrée". (I Rois, IX, 15 à 17 et X, 1 etc...)

Samuel ajoute à Saül "En même temps l'esprit du Seigneur se saisira de vous et vous serez changé en un autre homme". (I Rois, X, 6).

Et le Live des Rois (I. ch. X, 9) constate "Dieu lui changea le cœur et lui en donna un autre."

Ainsi, "par l'onction Dieu créa en lui une personne morale douée d'une grande supériorité. De cet israélite simple, timide, irrésolu, Dieu fit un roi sage, prudent, plein de fermeté et d'énergie, capable de conduire dans sa voie la nation choisie" (43).

(43) "Dieu, la Royauté et le salut de la France", p. 54.

Et Samuel termine son allocution au nouveau Roi par cette recommandation: "Faits hardiment tout ce qui se trouvera à faire, parce que le Seigneur sera avec vous." (I Rois, X, 7).

Il n'est donc pas nécessaire que le Roi soit un homme de génie puisque Dieu supplée aux qualités qui lui manquent par la vertu du sacre. Aussi, Saül est-il vainqueur en toutes circonstances, réalisant cette grande prophétie d'Isaïe vraie pour tous les temples:

"LE JOUG TOMBERA EN POURRITURE EN PRÉSENCE DU SACRE" (X, 17).

Mais Saül s'étant arrogé les droits du sacerdoce, il est rejeté. Dieu donne l'ordre à Samuel "de prendre l'huile sainte et d'aller à Bethléem où Il s'est choisi un Roi parmi les enfants d'Isaïe (I Rois, XVI, 1): le plus jeune, David. Sacrez-le présentement car c'est lui que j'ai choisi". (I Rois, XVI, 12).

Ainsi, du vivant même de Saül, David est le seul Roi légitime, et pourtant il est inconnu de Tous, -- hors Dieu, le Grand Prêtre et sa Famille -- Roi caché que Dieu ne veut pas faire connaître encore afin de le préparer à sa mission future, et de la mettre à l'abri des ennemis jusqu'au jour fixé par Sa Providence pour l'accomplissement de cette mission (44).

(44) David est la préfiguration parfaite du grand Roi que Dieu va révéler et qui va monter sur le Trône de France. Roi qui, pour les mêmes raison, restera caché jusqu'au dernier moment.

Par le sacre Dieu constitue donc un homme son représentant officiel et le munit d'une armature divine pour défendre la société contre les attaques de l'enfer.

Après la mort de Saül, toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent:

"Nous sommes vos os et votre chair". (II, Rois, V, 1).

"Paroles remarquables qui rappellent celles qu'Adam applique à Eve: Voilà maintenant l'os de mes os, la chair de ma chair."

"Comme l'homme doit être uni à son épouse, ainsi le peuple doit être uni au Roi. Comme l'homme est le chef de la femme, ainsi le Roi est le chef et la tête du peuple et ne fait qu'un avec lui.

C'est par la tête que la bénédiction de Dieu descend sur le corps tout entier: par le Roi qu'elle descend sur la société. Ainsi, le Roi devient par le sacre la source et le canal des faveurs multiples de Dieu sur le peuple" (46).

(46) "Dieu, la Royauté et le salut de la France", pp. 74 et 75.

Cette étude sur le Sacre sous l'Ancien Testament n'était pas inutile pour mieux éclairer celle du Sacre de nos Rois, car les leçons qui s'en dégagent s'appliquent également à l'ère chrétienne.

SA SIGNIFICATION

"Le sacre de nos Rois est la cérémonie la plus solennelle que la religion ait établie pour rendre nos Monarques respectables", dit Alletz dans son Cérémonial du Sacre". Le sacre (47) est en France la consécration nécessaire de l'autorité royale. "Gentil Dauphi" disait Jeanne d'Arc à Charles VII, tant qu'il ne fut pas sacré (48).

L'éminent Bénédictin, Dom Besse, expose la signification du sacre dans une page magistrale, qu'il est impossible de ne pas reproduire:

"Le Roi prenait possession de son trône le jour du sacre. JÉSUS-CHRIST LUI CONFÉRAIT DANS LA BASILIQUE DE REIMS L'INVESTITURE DU ROYAUME. Il recevait du prélat consécrateur, avec le caractère royal, les aptitudes au gouvernement. Nous les appelons, dans la langue chrétienne, les grâces d'état. UN CARACTERE SACRÉ S'IMPRIMAIT SUR TOUTE SA PERSONNE, IL EN FAISAIT UN ÊTRE A PART, UN CONSACRÉ. Le Peuple Chrétien le prenait pour L'ÉLU DE DIEU, L'OINT DU SEIGNEUR; il voyait en Dieu la source des droits qui lui arrivaient par la naissance. De son côté, le Souveraint acceptait sa fonction comme un mandat. IL RÉGNAIT AU NOM DU TOUT-PUISSANT, EN VERTU D'UNE DÉLÉGATION OFFICIELLE.

Il y avait plus encore: un lien religieux se formait entre le Roi et son Royaume pour s'adjoindre à celui que le droit héréditaire avait déjà formé. Leur union devenait ainsi plus forte et plus féconde. LE ROI APPARTENAIT A LA FRANCE ET LA FRANCE APPARTENAIT AU ROI. Le Roi lui devait le service d'un Gouvernement ferme, sage et chrétien. La France lui donnait toute sa fidélité et son dévouement. L'EGLISE EN CONSACRANT CETTE UNION LUI DONNAIT UN NOUVEAU DROIT AU RESPECT PUBLIC, CEUX QUI AURAIT TENTÉ DE LE ROMPRE SE SERAIENT RENDUS COUPABLES D'UN SACRILEGE. LE SACRE FAISAIT DU PRINCE UN HOMME ECCLéSIASTIQUE, SA SOUVERAINTETé APPARAISSAIT COMME UNE FONCTION SAINTE (49).

(49) Dom Besse: "Eglise et Monarchie", ch. VIII, p. 240 et 255.

 

(À suivre)


Transcription P.O. Schenker, © by Éditions Immaculata, CH-9050 Appenzell (Suisse)