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CATÉCHISME DE LÉON XIII

 

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

DE LÉON XIII

EXTRAITS DES ENCYCLIQUES, LETTRES

ET ALLOCUTIONS DE SA SAINTETÉ

RÉUINIS ET DISPOSÉS EN LEÇONS CATÉCHISTIQUES

PAR

G. CERCEAU, S. J.

Si les Catholiques nous écoutent, comme ils le doivent,
ils sauront exactement quels sont les devoirs de chacun,
en théorie comme en pratique.
(Ency. IMMORTALE DEI.)

 

 

PARIS
ANCIENNE MAISON GAUME
X. RONDELET ET CIE, ÉDITEURS
14, RUE DE L'ABBAYE, 14

1901


LEÇON PRÉLIMINAIRE

Ego sum Pastor bonus. (Joan., x, 13.)

 

1. -- Quel doit être l'objet de la sollicitude du Pontife Romain, en vertu de son ministère pastoral et suprême?

Ce que réclame de Nous Notre Ministère pastoral et suprême, c'est que, avec la volonté de Dieu, Nous fassion continuellement en sorte que rien n'échappe à notre sollicitude, de manière que la Chrétienté ne souffre aucun dommage, mais au contraire se développe et prospère chaque jour davantage. Car l'Église du Christ est la colonne et le fondement de la Vérité. C'est pourquoi sa plus particulière fonction est de dissiper continuellement les ténèbres et détruire les erreurs, d'apporter aux esprits des hommes une lumière toujours plus claire. Accomplir toutes ces choses est devenu Notre oeuvre et Notre devoir, puisque le ministère suprême de l'Église Nous a été conféré par l'investiture divine, et qu'il Nous est dit dans l'apôtre Saint-Pierre: "Fortifie tes frères". Ainsi confiant en Dieu, Nous accomplissons et accomplirons Notre oeuvre tant que le Tout-Puissant nous conservera la vie.

(L. aux Evêques d'Autriche.) C.

2. -- Quel but s'est proposé Léon XIII, dès le commencement de son Pontificat?

Puisqu'il a plu au Seigneur dans ses jugements insondables de Nous confier comme Chef de l'Église ce pouvoir surhumain et providentiel que Jésus-Christ a voulu donner au Pontificat Romain pour le bien de la famille humaine, il est de Notre devoir de maintenir intacts et inviolables tous Nos droits... Nous sentons également le devoir qui Nous incombe de continuer à faire toujours mieux connaître et aimer l'Église, à en répandre, comme Nous le pouvons, les influences bienfaisantes sur l'univers et à lui concilier le respect et la vénération de tous. C'est à atteindre ce but si noble que Nous consacrerons Nos forces et tous les moments de Notre existence.

(Disc. au Sacré Collège, 2 mars 1880.)

3. -- Pourquoi Léon XIII s'est-il appliqué d'une manière spéciale à faire connaître aux hommes les enseignements de l'Église catholique?

Nous avons cru, dès le commencement de Notre Pontificat, que Notre tâche toute spéciale était de montrer aux hommes les grands trésors de la doctrine catholique, soit parce que beaucoup ne la connaissent pas, soit parce que d'autres la dénaturent, la calomnient et la combattent, et surtout parce que Nous sommes convaincus que de cette doctrine bien entendue et fidèlement pratiquée résulterait infailliblement la plus heureuse et la plus complète solution des grands problèmes qui agitent la société humaine, et le remède efficace à tant de maux qui la tourmentent.

(Disc. au Sacré Collège, 2 mars 1890.)

4. -- Ces enseignements donnés par le Vicaire de Jésus-Christ ne répondent-ils pas aux besoins et aux secrètes aspirations des peuples?

(a). Au milieu de tant de désillusions et d'un si profond bouleversement d'idées et de moeurs l'instinct même du salut commun avertit les peuples de se serrer de plus en plus étroitement autour de l'Église, qui a dans ses mains le ministère du salut, d'adhérer fermement à cette pierre fondamentale, hors de laquelle la justice et l'ordre social ne sauraient avoir de base.

(Disc. au Sacré Collège, 3 mars 1892.)

(b). Au milieu des plus déplorables erreurs du siècle, il semble que les esprits d'un grand nombre s'ouvrent à la sainte doctrine; malgré toutes les détestables menées de ceux qui travaillent à semer l'impiété, on voit que dans l'intelligence et dans le coeur des peuples, le respect de la foi divine reste profondément enraciné. Aussi, les peuples se tournent-ils avec empressement et confiance, inquiets de l'état si incertain des choses, vers le Siège Apostolique Romain, institution divine dont surtout il faut attendre le salut de la société.

(Disc. au pèlerinage allemand, 9 mai 1893.)

5. -- Montrez comment tous les regards se tournent aujourd'hui avec confiance vers la Chaire Apostolique.

(a). Assurément, toutes ces démonstrations, ces manifestations de joie multipliées à l'occasion du cinquantième anniversaire de Notre sacerdoce, Nous ont été très chères et très agréables, mais ce que Nous y avons le plus apprécié, c'est l'expression des sentiments du coeur, et le témoignage tout spontané d'une religion qui ne se dément pas. C'est là, en effet, la signification de ce concert universel d'hommages; il proclame hautement que de tous les points du monde, les esprits et les coeurs sont tournés vers le Vicaire de Jésus-Christ; qu'en dépit de tous les maux qui l'assiègent, c'est vers la Chaire Apostolique, comme vers l'intarissable et incorruptible source de la vie, que se fixe le regard confiant des hommes, et que sur tous les rivages où règne le nom catholique, il y a, pour rendre à l'Église romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Églises, l'honneur et le respect qui lui sont dus, la même ardeur de zèle et le même unanime accord.

Dans cette disposition des âmes s'empressent avec une ardeur inaccoutumée, pour entourer d'honneur et de respect le Pontife romain, il Nous semble reconnaître un signe de la volonté de Celui qui sait souvent, et qui le peut seul, faire naître des plus petites causes le principe des plus grands biens. Il est certain que la Providence de Dieu semble avoir voulu, au milieu de tant d'erreurs de la pensée, réveiller la foi, et donner occasion au peuple chrétien de reprendre les préoccupations de la vie surnaturelle.

(E. Exeunte anno.) C.

(b). Le concert de félicitations publiques, qui a marqué d'une manière si éclatante l'année tout entière de Notre jubilé épiscopal... a eu principalement ce fruit, sujet de grande joie pour Notre âme, de faire briller dans l'union des volontés et l'accord des sentiments, l'unité de l'Église et son admirable cohésion avec le Pontife suprême. On eût dit, en ces jours, que, perdant tout autre souvenir, l'univers catholique n'avait plus de pensées et de regards que pour le Vatican. Ambassades de princes, affluence de pèlerins, lettres empreintes d'amour filial, cérémonies augustes, tout proclamait hautement que, lorsqu'il s'agit d'honorer le Siège Apostolique, il n'y a plus dans l'Église qu'un coeur et qu'une âme. Et ces manifestations Nous ont été d'autant plus agréables, qu'elles rentraient pleinement dans Nos vues, et répondaient pleinement à Nos efforts. Car, guidé par la connaissance des temps et la conscience de Notre devoir, ce que Nous Nous sommes constamment proposé, et ce que Nous avons infatigablement poursuivi, de paroles et d'actes, dans tout le cours de Notre Pontificat, ç'a été de Nous rattacher plus étroitement les peuples, et de mettre en évidence cette vérité, que l'influence du Pontife Romain est salutaire à tous égards.

(E. Praeclara gratulationis.) C.

(c). Si, dans cette dureté des temps, la situation du Pontife Romain rappelle les douleurs du Christ sur le calvaire, il semble toutefois qu'il revoie l'honneur exprimé par cette autre parole divine: "Lorsque j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi (Et ego si exaltatus fuero a terra omnia traham ad me ipsum (Joan., XII, 32).)".

Il est consolant et juste d'ailleurs de constater avec quelle ardeur grandissante de jour en jour, les peuples se tournent vers le Siège Apostolique, et quel torrent de bienfaits découle chaque jour sur le monde entier de cette confiance universelle.

(Disc. au pèlerinage hollandais, 12 mai 1893.)

6. -- Les Catholiques doivent-ils obéir à tous les enseignements contenus dans les Encycliques?

Les Lettres encycliques que nous avons déjà écrites durant Notre Pontificat contiennent de nombreux enseignements que les Catholiques doivent suivre et auxquels ils doivent obéir. Liberté humaine, principaux devoirs des chrétiens, pouvoir civil, constitution chrétienne des États, Nous avons touché à tous ces points dans Nos écrits et dans Nos discours, Nous appuyant sur les principes tirés tant de la doctrine évangélique que de la raison. Ceux donc qui veulent être des citoyens honnêtes et s'acquitter de leurs devoirs comme la foi l'exige trouveront facilement dans Nos Lettress la règle de l'honnèteté.

(E. Longinqua Oceani.) F.

7. -- Pourquoi et comment les Catholiques doivent-ils se soumettre aux enseignements et aux prescriptions du Siège Apostolique?

(a). Nous devons avertir tous ceux que la profession de la foi romaine assujettit au Siège Apostolique, comme elle les tient unis à Jésus-Christ, de redouter les périls qui s'aggravent de toutes parts, et de veiller à ne point perdre par négligence et inertie ce suprême bienfait de Dieu. Pour cela, qu'ils s'inspirent des enseignements que Nous avons adressés Nous-même aux nations catholiques, et en général et en particulier, et qu'ils y puisent, suivant les circonstances, des principes pour leurs sentiments et des règles pour leur conduite. Pardessus tout, qu'ils se fassent une loi souveraine de se plier sans réserve et sans défiance, de grand coeur et d'une volonté prompte, à tous les enseignements, à toutes les prescriptions de l'Église.

(E. Praeclara gratulationis.) M.

(b). Voulant maintenir de plus en plus étroite la concorde entre tout le troupeau catholique et son Pasteur suprême, Nous vous engageons ici, avec une affection toute particulière, Vénérables Frères, et Nous vous exhortons chaleureusement à enflammer de l'amour de la religion, par votre zèle sacerdotal et votre vigilance pastorale, les fidèles qui vous ont été confiés, afin qu'ils s'attachent de plus en plus étroitement à cette Chaire de vérité et de justice, qu'ils acceptent toute sa doctrine avec la plus profonde soumission d'esprit et de volonté, et qu'ils rejettent enfin absolument toutes les opinions, même les plus répandues, qu'ils sauront être contraires aux enseignements de l'Église. Sur ce sujet, les Pontifes romains, Nos Prédécesseurs, et en particulier Pie IX, de sainte mémoire, surtout dans le concile du Vatican, ayant sans cesse devant les yeux ces paroles de saint Paul: "Veilez à ce que personne ne vous trompe par le moyen de la philosophie ou d'un vain artifice qui serait suivant la tradition des hommes ou suivant les éléments du monde, et non suivant Jésus-Christ (Videte ne quis vos decipiat per philosophiam et inanem fallaciam secundum traditionem hominum, secundem elementa mundi, et non secundum Christum (ad Coloss., II, 8)", ne négligèrent pas, toutes les fois que ce fut nécessaire, de réprouver les erreurs qui faisaient irruption et de les frapper des censures apostoliques. Nous aussi, marchant sur les traces de Nos Prédécesseurs, Nous confirmons et Nous renouvelons toutes ces condamnations du haut de ce Siège Apostolique de vérité, et Nous demandons vivement en même temps au Père des lumières de faire que tous les fidèles, entièrement unis dans un même sentiment et une même croyance, pensent et parlent absolument comme Nous.

(E. Inscrutabili.) M.


Transcription P.O. Schenker, © by Editions Immaculata, CH-9050 Appenzell (Suisse)