Des archives Immaculata:


L’hostie dans les airs darde des rayons étincelants

Cette histoire miraculeuse est tirée du numéro du mois d’avril 1900 de la revue „Le Messager du Saint Sacrament", annales qui étaient publiées par le bureau des Oeuvres Eucharistiques de Montréal:

C’était en 1453, sous le pontificat de Nicolas V; les États de Piémont et de Savoie étaient gouvernés par Louis de Savoie et Anne de Chypre, parents du Bienheureux Amédée. Dans un village près de la frontière, Exilles, au diocèse de Suze, un différend survint entre les Piémontais et les Français au sujet de plusieurs marchands qui avaient été arrêtés avec leur marchandise. Une rixe sanglante s’ensuivit et le village fut dévasté et livré au pillage. Au milieu du désordre, des voleurs pénétrèrent dans l’église et s’emparèrent de plusieurs objets du culte, et entre autres choses d’un ostensoir renfermant une Hostie consacrée. Le butin fut chargé avec d’autres marchandises sur le dos d’un mulet et les malfaiteurs s‘empressèrent de s’éloigner du lieu de leur crime.

Ils travesèrent sans obstacle Suze, Vigliano et Rivoli, Dieu voulant sans doute un théâtre plus grand et plus digne des merveilles qu’il allait opérer. Ils entrent à Turin: et voilà qu’à peine arrivé devant l’église Saint-Sylvestre, située au milieu de la ville, le mulet s’arrête sans qu’il soit possible par les cris et les coups de le faire avancer. Puis il tombe à genoux et au même moment la balle de marchandises s’entrouvre, l’ostensoir en sort et s’élève dans les airs où il demeure suspendu à une très grande hauteur, répandant tout autour des rayons plus brillants que le soleil.

Dans la foule que ce prodige eut bien vite attirée, se trouvait un saint prêtre, du nom de Barthélemy Coccono, qui s’empressa de donner avis de l’évènement à l’évêque, Mgr Louis Romagnano. S’étant bien assuré du prodige, l’évêque convoque aussitôt le clergé et, précédé de la croix, il se rend solennellement au lieu désigné. En arrivant il tombe à genoux pour prier; tous les assistans suivent son exemple, et peu à peu l’ostensoir descend et vient se reposer au milieu du clergé, tandis que l’Hostie sortie de la custode reste supendue dans l’air, dardant de toute part des rayons étincelants. L’évêque se fait alors apporter un calice et le tient avec le plus profond respect au-dessous de l’Hostie qui ne tarde pas à venir se poser sur les bords de la coupe.

Cette Hostie sainte fut transportée à l’église cathédrale au milieu de l’enthousiasme du peuple dont un prodige si éclatant venait de raviver la foi. Elle y fut conservée quelque temps, jusqu’à ce que vint de Rome l’ordre de la consommer.

Cette disparition de la sainte Hostie explique pourquoi, quand on rebâtit la cathrédrale en 1493, on ne s’occupa pas de reconstruire le tabernacle que les chanoines avaient fait en 1455 „pour conserver dans un lieu plus digne le Très Saint Sacrement du Corps du Seigneur trouvé miraculeusement."

Ne pouvant plus adresser leurs hommages directement à la sainte Hostie, les habitants de Turin volurent honorer le lieu où s’était accompli le miracle: une église fut bâtie; et en 1529, pour développer le culte du Très Saint Sacrement, on établit dans cette église la compagnie du Corpus Domini qui eut pour armes un calice surmonté d’une Hostie en mémoire du prodige.

C’est en 1609 que fut construite l’église actuellement dédidée au Très Saint Sacrament de miracle. Les Pères de l’Oratoire de Saint-Philippe en reçurent la garde en 1653; mais dès 1655, ils furent remplacés par une Société de théologiens qui a depuis lors veillé sur le sanctuaire.

Le témoignage unanime des hostoriens, les nombreux documents originaux conservés dans les archives de Turin, les monuments, les institutions et les fêtes qui ont pour but de perpétuer la mémoire du fait miraculeux, s’accordent pour confirmer la relation que nous venons de donner. En 1835, la Sacrée Congrégation des Rites a autorisé un office commémoratif du miracle, avec des Leçons porpres qui en renferment toute l’histoire.

(Ex: Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, Qué., Canada – JOL 1MO, Mars-Avril 1999, Page 15)


Transcription P.O. Schenker, © by Éditions Immaculata, CH-9050 Appenzell (Suisse)