DEUTSCH erstmals erschienen in "DAS ZEICHEN MARIENS", ab Jahrgang 1, Nr. 1, Mai 1967

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IMMACULATA-VERLAG

TRANSCRIPTION: EDITIONS IMMACULATA

 

LEBEN

MÉLANIES

des Hirtenmädchens von la Salette

VIE DE

MÉLANIE

Bergère de la Salette

 

VON IHR SELBST GESCHRIEBEN IM JAHRE 1900

IHRE KINDHEIT
(1831-1846)

EINFÜHRUNG VON LÉON BLOY

ÉCRITE PAR ELLE-MÊME EN 1900

SON ENFANCE
(1831-1846)

INTRODUCTION DE LÉON BLOY

 

(Übersetzung aus dem Französischen
von Paul O. Schenker.)

PARIS
MERCVRE DE FRANCE
MCMLIV

 
  On trouvera la fin de la biographie de Mélanie, et notamment la relation de l'Apparition de la Vierge, dans Celle qui pleure (Notre-Dame de la Salette), par Léon Bloy, aux Editions du Mercure de France.

Copyright 1918 by MERCVRE DE FRANCE
Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays.

 
 

A MA TRÈS CHÈRE FILLE
MADELEINE

Voici le livre que je te réservais depuis longtemps. Il est à peine de moi, puisque je n'en ai écrit que l'Introduction. Mais au-dessus de mes pages périssables et mourantes où j'ai mis pourtant tout mon coeur, tu verras l'âme, sublime et naïve comme le ciel, de cette Bergère du Paradis dont je me déclare le très humble présentateur.

Vouée par ta mère, avant ta naissance, à l'Immaculée Conception, Mélanie t'apprendra, mieux que je ne puis le faire, que la Sainte Vierge fut, en vérité, quand les monts et les abîmes n'étaient pas encore, l'Unique Elue pour être, un jour, l'Unique Ressource de Dieu, « le seul point de boue sans tache où le Rédempteur pût poser son pied sur la terre ».

Rien que cette pensée grandissant chaque jour en toi, te fera sainte, si tu le veux et - j'ose le dire - quand même tu ne le voudrais pas.

L'Immaculée Conception est ton gouffre particulier. Chacun a le sien. C'est l'abîme de lumière voulu pour toi et dont tu ne pourras jamais sortir, ô bienheureuse enfant de mes tourments.

 

Fête de saint Michel archange, 1911.
LÉON BLOY.

 
 

FRAGMENT D'UNE LETTRE DL MÉLANIE

Carmel House, 14 avril 1855.

Mes chers parents... Priez pour que je ne meure pas dans mon lit, comme cette bonne soeur, mais que l'on me coupe la tête, et que l'on me déchire tout le corps pour l'amour de mon Jésus. J'espère que cela arrivera bientôt; je ne puis pas m'empêcher de prier le bon Dieu pour que les bons protestants viennent me tailler en pièces ou me faire cuire dans un joli feu, et si après cela ils veulent me manger, je serai très contente parce que au moins j'aurai servi à quelque chose dans la vie de ce monde.

Je suis votre très respectueuse fille.

 

Marie de la Croix
Victime de Jésus, religieuse carmélite.

 
     

EINFÜHRUNG

I

INTRODUCTION

I

 

Ascende superius.

Ascende superius.

 
Von den Christen, die das Wunder von La Salette nicht verwerfen, könnte es sich keiner erlauben, ohne sich zum Heroismus der Lächerlichkeit zu erheben, von den zwei Zeugenkindern zu behaupten, daß sie etwas anderes waren als gebrechliche Werkzeuge. Parmi les chrétiens qui ne rejettent pas le miracle de la Salette, nul ne pourrait sans s'élever à l'héroïsme du ridicule, prétendre que les deux Enfants Témoins ont pu être autre chose que des instruments infirmes.  
Allüberall hält man es für unbestreitbar wahr, daß sie im Jahre 1846 kleine, sehr plumpe, wenn nicht gar schwachsinnige Bauernkinder waren, als solche auserwählt, um umso besser die Augenscheinlichkeit einer übernatürlichen Offenbarung aufscheinen zu lassen. Universellement on tient pour vérité indiscutable qu'ils étaient, en 1846, de petits paysans très grossiers, sinon imbéciles, choisis tels pour faire éclater d'autant mieux l'évidence d'une Révélation surnaturelle.  
Im allerbesten Falle würde man noch einen schwachen Schimmer Intelligenz Maximin zubilligen, welcher sein Geheimnis nicht veröffentlichte und infolgedessen bei weitem nicht so hinderlich war wie seine Gefährtin. Die Geschichtsschreiberin der ersten Pilgerjahre, Fräulein des Brulais, stellt ihn dar als einen kleinen Knaben von extremer Lebhaftigkeit, der manchmal über seine strikte Sendung als Erzähler hinaus ziemlich amüsante Ausfälle hat. Aber nichts, absolut nichts wird Melanie zugutgehalten. Tout au plus, à l'extrême rigueur, accorderait-on une lueur d'intelligence à Maximin qui ne publia pas son Secret et qui est, par conséquent, beaucoup moins gênant que sa compagne. L'historienne des premières années du pèlerinage, Mlle des Brulais, le représente comme un petit garçon d'une vivacité extrême, ayant parfois, en dehors de sa mission stricte de narrateur, des saillies assez amusantes. Mais rien, absolument rien n'est concédé à Mélanie.  
Sie ist "eine arme Unschuld, eine Schmollerin, eine Eigensinnige", unfähig, irgendetwas von den Antworten zu verstehen, die sehr oft außergewöhnlich sind und die ihr eingegeben werden. So sprach über sie dieses Fräulein des Brulais, gewiß eine vorzügliche Person, aber Lehrerin, wie man nur Lehrerin sein kann, und zwanzigmal unfähig, das Geheimnis dieser unerhörten Berufung zu erahnen. C'est «une pauvre innocente, une boudeuse, une entêtée», incapable de comprendre quoi que ce soit aux réponses, très souvent extraordinaires, qui lui sont inspirées. Ainsi parlait d'elle cette Mlle des Brulais, personne excellente, cela est certain, mais institutrice autant qu'on peut l'être et vingt fois incapable de soupçonner le mystère de cette vocation inouïe.  
Nach 65 Jahren wird die glorreiche, im Jahre 1904 gestorbene Melanie mehr denn je verunglimpft. Als das Thema der Idiotie nicht mehr haltbar war, hat man von Betrug, von Landstreicherei, von krimineller Auflehnung, von... schlechten Manieren gesprochen. Priester, Bischöfe selbst, die ihre liebeleeren Seelen dieser Jungfrau voller Wunder hätten anempfehlen müssen, haben sich im Gegenteil wild auf sie gestürzt, einige von ihnen so sehr, daß sie vor Wut dem Tod anheimfielen, indem sie so die einzigartige Wichtigkeit und die unvergleichliche Vorherbestimmung ihres Opfers kundtaten. Man trifft noch Geistliche, die man für achtbar halten könnte, welche allein schon durch den Namen Melanies bis zur Raserei aus dem Gleichgewicht gebracht werden. Man ist sogar versucht, sich zu fragen, ob die Zahl dieser Kranken nicht noch zugenommen hat. Après soixante-cinq ans, la glorieuse Mélanie, morte en 1904, est plus vilipendée que jamais. Quand le thème de l'idiotie n'a plus été tenable, on a parlé d'imposture, de vagabondage, de rébellion criminelle, de... mauvaises moeurs. Des prêtres, des évêques même, qui auraient dû recommander leurs âmes sans amour à cette vierge pleine de miracles, se sont, au contraire, acharnés contre elle, quelques-uns jusqu'à en mourir de rage ; rendant ainsi manifeste l'importance unique et la non pareille prédestination de leur victime. On voit encore des ecclésiastiques pouvant être crus respectables, que le nom seul de Mélanie déséquilibre jusqu'à la fureur. On est même tenté de se demander si le nombre de ces malades n'a pas augmenté.  
Wenn dereinst die Geschichte dieses Hirtenmädchens bekannt sein wird, wird man sich über die unglaublich hohe Zahl der Verleumder wundern, die halsstarrig waren bis zum Glaubensabfall einschließlich, der Verzweifelten bis zum krampfhaft verzerrten Tod, aus dem alleinigen Grunde des Daseins eines äußerst demütigen Mädchens, welches man weder verdammen noch ächten konnte, ohne ins Herz getroffen zu werden. Lorsque l'histoire de la Bergère sera connue, on s'étonnera du chiffre incroyable des calomniateurs, obstinés jusqu'à l'apostasie inclusivement; des désespérés, jusqu'à la mort dans les convulsions, par la seule cause de l'existence d'une très humble fille qu'on ne pouvait condamner ou proscrire sans être frappé au coeur.  
Diese mehr als ein halbes Jahrhundert mit einer erstaunlichen und unendlich wenig bekannten Falschheit versteckte Geschichte reiht sich unter diejenigen ein, die einem am meisten außer Fassung bringen, und unter die tragischsten. Ich sollte deren Autor sein, und ich werde es vielleicht eines Tages sein. Obwohl mir die unentbehrlichen Dokumente verweigert wurden, bin ich nichtsdestoweniger glücklicherweise in der Lage, die von ihr im Gehorsam gegenüber einem ihrer Beichtväter selber geschriebene Geschichte ihrer ersten Lebensjahre zu veröffentlichen. Cette histoire cachée plus d'un demi-siècle avec une étonnante perfidie et infiniment peu connue, est parmi les plus déconcertantes et les plus tragiques. Je devais en être l'auteur et je le serai peut-être un jour. Les indispensables documents m'ayant été refusés, je suis, néanmoins, par bonheur et par grâce insigne, en possession de publier l'histoire, écrite par elle-même, des premières années de sa vie, pour obéir à l'un de ses confesseurs.  

II.

II.

 
Melanie war damals 69 Jahre alt, und man bat sie, Französisch zu schreiben, was kein leichtes war. Nachdem sie mehr als 25 Jahre in verschiedenen Gegenden Italiens gelebt hatte und es sich gewohnt war, italienisch zu sprechen und zu denken, konnte ihr Bericht nichts anderes sein als eine sehr naive Übersetzung, voll von italienischen Ausdrücken. Wenn sie auch ebensoweit von der Kunst, zu schreiben, wie von der Absicht, irgendjemandem zu Gefallen zu sein, entfernt war, so ist ihre einfache Erzählung doch so außerordentlich, daß man mit Bestimmtheit sagen kann, daß es in der Geschichte aller Heiligen keine vergleichbare Autobiographie gibt. Die Autobiographie eines Kindes! Mélanie avait alors soixante-neuf ans et on lui demandait d'écrire en français, chose difficile. Ayant habité, plus de vingt-cinq ans, diverses contrées de l'Italie, habituée à parler et à penser en italien, son récit ne pouvait être qu'une traduction très naïve saturée d'italianismes involontaires. Aussi éloignée de l'art d'écrire que de l'intention d'être agréable à qui que ce fût, sa très simple narration est tellement extraordinaire qu'on peut dire avec assurance qu'il n'y a pas, dans l'histoire de tous les saints, une autobiographie comparable. L'autobiographie d'une enfant!  
Denn Mélanie wurde dazu wieder ein kleines Mädchen. Sie, die so groß und so stark in ihrem Briefwechsel als Frau ist, wenn sie die Welt betrachtet, unterbricht sich dann vollständig im Wissen, daß die Welt existiert. Sie weiß davon wirklich nichts, sie kann nichts dafür, daß sie nichts davon weiß. Sie ist dreijährig, sie ist vierjährig, ist zwölfjährig, und ohne es zu wollen, drückt sie sich aus, wie es ein Kind tun könnte, welches man in diesen verschiedenen Altersstufen ausfragte. Sie weiß nichts von menschlichen Gesetzen, von einer Menschengeschichte, von einem Ozean, von Dingen rund um sie. Sie weiß absolut nichts, außer von Jesus, einem Kinde wie sie, sichtbar für sie allein, und von der Notwendigkeit, sich ihm ähnlich zu machen durch das Leiden. Sie ist eingetaucht in eine leuchtende Unwissenheit. Car Mélanie est redevenue pour cela une petite enfant. Elle, si grande et si forte dans sa correspondance de femme, quand elle regarde le monde, s'interrompt alors complètement de savoir que le monde existe. Elle n'en sait rien vraiment, elle n'a que faire d'en rien savoir. Elle a trois ans, elle a quatre ans, elle a douze ans, et, sans le vouloir, elle s'exprime comme pourrait le faire une enfant qu'on interrogerait à ces différents âges. Elle ignore qu'il y a des lois humaines, une histoire humaine, un océan de choses autour d'elle. Elle ignore tout absolument, excepté Jésus enfant comme elle, visible pour elle seule et la nécessité de se configurer à lui par la souffrance. Elle est immergée dans une ignorance lumineuse.  
Als der Vikar der Pfarrei von Corps sich daran machte, sie im Katechismus zu unterweisen, erzählt sie, habe sie nichts davon verstanden, da die Wörter keinen Sinn für sie gehabt hätten. Der Buchstabe tötete sie. Lorsque le vicaire de la paroisse de Corps entreprit de lui enseigner le catéchisme, elle raconte qu'elle n'y comprenait rien, les mots n'ayant pas de sens pour elle. La Lettre la tuait.  
Man stelle sich eine Bewohnerin des Paradieses vor, die gezwungen wird, auf Erden zu leben, ein kleines Geschöpf, beschlagnahmt, widerrechtlich eingesperrt in den Abgründen des Lichtes, welches durch Eingießung die sublimste Theologie erhalten hat und zur gleichen Zeit einen ausdrücklichen Befehl, nichts zu sein, unterrichtet durch Jesus in Person, den sie fast jeden Tag in der Gestalt eines Kindes sah und den sie vertraulicherweise ihren "kleinen Bruder" nannte, von ihm - wie viele Male! - in die unvorstellbaren Paläste des Himmels entführt, stigmatisiert schon vom dritten Altersjahr an und, selbst ohne es zu wissen, so wie man atmet, die Wunder der größten Heiligen wirkend -, daß man sie sich vorstelle, diese kleine Berglerin der Dauphiné, kaum herabgestiegen von den Bergen der Liturgie der Himmel, ausgefragt über die Rudimente von einem gutbürgerlichen Priester, der ebenso entfernt ist von ihr, in Wirklichkeit, wie er es sein konnte von der Gluthitze dieses gewaltigen Sternes, noch kaum sichtbar, auf welchen sich, wie man versichert, seit Tausenden von Jahren unser Sonnensystem stürzt! Qu'on se représente une habitante du Paradis forcée de vivre sur terre, une petite créature, confisquée, séquestrée dans les gouffres de lumière; ayant reçu, par infusion, la théologie la plus sublime, en même temps qu'une injonction infinie de n'être rien; instruite par Jésus en personne qu'elle voyait, presque chaque jour, sous la forme d'un enfant et qu'elle nommait familièrement son «petit frère»; transférée par lui -- combien de fois! -- dans les palais inimaginables du ciel; stigmatisée dès l'âge de trois ans et, sans même le savoir, opérant, comme on respire, les miracles des plus grands saints; -- qu'on l'imagine, cette petite montagnarde du Dauphiné descendue à peine des montagnes de la Liturgie des cieux, interrogée sur les rudiments par un bonhomme de prêtre aussi éloigné d'elle, en réalité, qu'il pouvait l'être des fournaises de cette prodigieuse étoile, à peine visible encore, sur laquelle, depuis des milliers d'années, se précipite, assure-t-on, notre système solaire!...  
"Man schickte sie, Holz zu sammeln", sagt sie. Dann sah sie "die Erschaffung der unzähligen Engel, die Rebellion einer großen Zahl, die Erschaffung Adams und Evas und ihr Fall..." «On l'envoyait ramasser du bois», dit-elle. Alors elle voyait «la Création des Anges innombrables, la rébellion d'un grand nombre, la Création d'Adam et d'Eve et leur chute...»  
Was ist mit einem solchen Kinde zu tun? Sie war noch kaum geboren, und schon wurde sie von ihrer Mutter gehaßt. Dieser eigenartige, übertriebene, ungeheuerliche Haß, welchen die Erzählerin wohl aus Gehorsam gezwungen ist zu erwähnen, ihn aber gleichzeitig entschuldigend, dieser totale und plötzliche Widerwille gegenüber einem Mädchen, das schon vor ihrer Geburt herbeigewünscht wurde, war selber eine Art Wunder, erklärbar nur durch die Mutmaßung einer Art Voraussicht, welche diese Mutter von der übernatürlichen Bestimmung ihres Kindes gehabt haben konnte. Que faire d'une pareille enfant? Elle venait à peine de naître et déjà sa mère la haïssait. Cette haine étrange, hyperbolique, monstrueuse, que la narratrice par obéissance est bien forcée de mentionner tout en l'excusant; cette aversion totale et soudaine pour une fille désirée avant sa naissance, fut elle-même une sorte de prodige, explicable seulement par la conjecture d'une sorte de prévision qu'aurait eue cette mère de la destinée surnaturelle de son enfant.  
Unwissend und rudimentär wie eine Wilde, die sie war, mußte eine solche Ahnung, wenn sie existierte, sie betören, mit Entsetzen erfüllen, sie vor Schreck versteinern. Im dunkeln mußte sie vermuten, daß dieses Mädchen von ihrem Fleische empfangen und gezeugt, zu ihrer Verzweiflung von einem Teufel... Das ganze Leben Mélanies war eine Fortsetzung dieses Entsetzens und dieses Schreckens, und jetzt, da sie verschwunden war, dauerte dies fort nachdem die christliche Gesellschaft, ebenso wie ihre Mutter, ihr eine Rabenmutter war. Ignorante et rudimentaire comme une barbare qu'elle était, un tel pressentiment, s'il exista, dut l'affoler, l'accabler d'épouvante, la pétrir d'horreur. Obscurément, elle dut supposer cette fille de sa chair conçue et engendrée, pour son désespoir, de quelque démon... Toute la vie de Mélanie a été une continuation de cette épouvante et de cette horreur, et maintenant qu'elle a disparu, cela dure encore, la société chrétienne lui ayant été marâtre autant que sa mère.  
Man kann nichts Überwältigenderes lesen als von dem Schrei dieser mit drei Jahren Verlassenen, der ihr kleiner, leuchtender Bruder, welcher plötzlich erschien, eine Mama versprach. - "Eine Mama!" rief sie weinend aus, "ich habe also eine Mama!" Ihre Mutter hatte sie zur Tür hinausgeworfen wie all die vielen Male nachher, mitten in der Nacht, bei strömendem Regen! On ne peut rien lire de plus bouleversant que le cri de cette abandonnée de trois ans à qui son petit Frère lumineux, soudainement apparu, promettait une maman. -- «Une maman!» s'écria-t-elle en pleurant, «j'ai donc une maman!» Sa mère l'avait jetée à la porte, comme tant d'autres fois ensuite, au milieu de la nuit, par la pluie torrentielle!...  
Ich wiederhole, sie war damals drei Jahre alt und konnte kaum gehen. Sie schleppte sich in einen Wald und verbrachte dort ganze Nächte, Tage, ja Wochen, genährt nur von dem, was ihr ihr wunderbarer Bruder gab, ohne daß irgendjemand ihr begegnen noch sie erblicken konnte, nachdem sie unsichtbar und unberührbar geworden war und oft in jene "Wohnungen" getragen wurde, von welchen Paulus nicht zu sprechen wagte. Je le répète, elle avait alors trois ans et pouvait à peine marcher. Elle se traînait dans un bois et y passait des nuits, des jours, des semaines entières, nourrie seulement de ce que lui donnait son merveilleux Frère, sans que personne pût la rencontrer ni l'apercevoir, étant devenue invisible et intangible, transportée souvent dans les habitacles dont saint Paul n'osait pas parler.  
Wenn sie wieder beim väterlichen Haus erschien, war es nur, um da schreckliche Behandlungen von seiten ihrer Mutter zu erfahren, die nicht wollte, daß sie die Schwester ihrer Brüder sei, indem sie von diesen forderte, sie nur die Stumme, die Wölfin, die Wilde zu nennen und indem sie sie hinauswarf, sobald es ihr die Abwesenheit des Vaters erlaubte. Es brauchte ein tägliches Wunder, daß dieses kleine Mädchen nicht starb. Quand elle reparaissait à la maison paternelle, c'était pour y recevoir les traitements horribles de sa mère qui ne voulait pas qu'elle fût la soeur de ses frères, exigeant de ceux-ci qu'ils ne la nommassent que la Muette, la Louve, la Sauvage, et la rejetant dehors aussitôt que l'absence du père le lui permettait. Il fallut un miracle de tous les jours pour que cette petite fille ne mourût pas.  
Sie war ungefähr sechs Jahre alt, als man aus ihr, um sich ihrer zu entledigen, ein Hirtenmädchen im Dienste bei Fremden machte. Da begannen neue Wunder socher Natur, daß man sich wahrhaftig fragen kann, ob es je eine Heilige gegeben habe, die so konstant, so außerordentlicherweise begnadigt war. Es wird vielleicht genügen, die unerhörte Stelle zu erwähnen, wo sie von den Besuchen erzählt, die ihr die Tiere der Berge machten: Elle avait environ six ans lorsque, pour s'en débarrasser, on en fit une bergère en service chez des étrangers. Alors, commencèrent de nouveaux prodiges tels, en vérité, qu'on peut demander s'il y a jamais eu de sainte aussi constamment, aussi exceptionnellement favorisée. Il suffirait peut-être de signaler l'endroit inouï où elle raconte les visites que lui faisaient les bêtes de la montagne  
... Manchmal, besonders wenn der Schnee noch die Gipfel der Berge bedeckte, suchten die Wölfe, die Füchse, die Hasen etwas zum Fressen; dann verteilte ich ihnen mein Brot, und diese Tiere waren zufrieden; dann sprach ich ihnen vom lieben Gott... Hochwürden, es ist mir schwer, mich an das zu erinnern, was ich diesen Tieren sagte. Ich weiß, daß sie mich mehrere Male durch ihren Gehorsam mir gegenüber beschämten, mich, den Erdenwurm, von dem sie nichts erwarteten. Ich erzählte diesen Tieren ihre Erschaffung durch das allmächtige Wort unseres ewigen Gottes, wie es mich mein guter Bruder gelehrt hatte, und ich lud sie ein, überall ihre Nahrung zu suchen, ohne den Menschen Schaden zuzufügen, ihren Herren und Königen, weil sie geschaffen sind gemäß dem Bilde Gottes durch die Kräfte ihrer Seelen und weil sie auch noch die Abbilder Jesu Christi sind durch ihren Leib usw. usf. Zuerst kam alle Tage ein Wolf, und ich lehrte ihn, was ich konnte. Indes gefiel mir dies nicht sehr, weil er nicht, wie der Mensch, mit einer bewußten Liebe und interesselos lieben konnte. Er leistete mir Dienste in dem Sinne, daß ich manchmal große Schreie ausstoßen wollte, um alle Menschen der Erde einzuladen, unseren göttlichen Retter Jesus zu loben, zu lieben und zu verherrlichen, der uns unendlich geliebt hat, indem er sein Leben dahingab, um uns zu retten... ... Quelquefois, particulièrement quand la neige couvrait encore les cimes des montagnes, les loups, les renards, les lièvres cherchaient à manger; alors je leur distribuais mon pain et ces bêtes étaient contentes; puis je leur parlais du Bon Dieu... Mon très Révérend et très cher Père, il m'est difficile de me rappeler ce que je disais à ces bêtes. Je sais qu'elles m'ont fait honte plusieurs fois par leur obéissance à moi, ver de terre de qui elles n'attendaient rien. Je racontais à ces animaux leur création par la parole toute-puissante de notre Dieu éternel comme me l'avait enseignée mon bon Frère et je les engageais à chercher partout leur nourriture, sans causer de préjudice aux hommes, leurs maîtres et leurs rois parce qu'ils sont créés à l'image de Dieu par les puissances de leurs âmes et sont encore les images de Jésus-Christ par leurs corps, etc., etc. En premier lieu un loup venait tous les jours et je lui enseignais ce que je pouvais. Cependant cela ne me plaisait pas beaucoup parce qu'il ne pouvait, comme l'homme, aimer d'un amour de connaissance et désintéressé. Il me rendait service en ce sens que, parfois, j'aurais voulu pousser de hauts cris pour inviter tous les hommes de la terre à louer, aimer et glorifier notre divin Sauveur Jésus qui nous a infiniment aimés en donnant sa vie pour nous sauver...  
Bald nahm die Zahl der Wölfe, der Füchse, der Hasen zu; drei kleine Gemsböcklein, ein Schwarm von Vögeln kamen alle Tage, und dann, in Ermangelung von Menschen, zu denen ich vom lieben Gott hätte sprechen können, predigte die "Wölfin", und dann sang man das Lied: "Kostet, eifrige Seelen..." (Goûtez, âmes ferventes...). Alle gaben Zeichen großer Aufmerksamkeit und senkten den Kopf bei den allerheiligsten Namen JESUS und MARIA. Bientôt augmenta le nombre des loups, des renards, des lièvres; trois petits chamois, une nuée d'oiseaux venaient tous les jours, et alors, faute d'hommes à qui parler du Bon Dieu, la Louve leur prêchait, puis on chantait le cantique: «Goûtez, âmes ferventes...» Tous donnaient signe de grande attention et inclinaient la tête aux très saints Noms de JÉSUS et de MARIE.  
Die Wölfe kamen miteinander zur festgelegten Stunde; die Füchse kamen miteinander sowie die Hasen, die Gemsböcke und die Vögel. (Eine Schlange kam auch, wurde aber fortgeschickt.) Einmal angekommen, nahm ein jedes dieser Tiere den Platz ein, der ihm zugewiesen wurde, und horchte hin. Dann, sobald sie den Schluß hörten, der ungefähr folgender war: "Sit nomen Domini benedictum!", taten sie wie die Wilden; vor allem die Füchse trieben Schabernack mit ihre Mitbürgern, den Wölfen; sie bissen sie in die Ohren, in den Schwanz; sie schlugen mit ihren Tatzen die Hasen und machten, daß sie sich wälzten; sie zogen die kleinen Gemsböcklein rückwärts an ihren kleinen Schwänzchen usf. Sobald ich ihnen sagte, sie sollen sich zurückziehen, zogen sie davon... Les loups venaient ensemble à l'heure fixée; les renards venaient ensemble ainsi que les lièvres, les chamois et les oiseaux. (Un serpent vint aussi, mais fut renvoyé.) Une fois arrivé, chacun de ces animaux prenait la place qui lui avait été assignée et écoutait. Puis dès qu'ils entendaient la fin qui était à peu près celle-ci: «Sit nomen Domini benedictum!», ils faisaient les fous; surtout les renards faisaient des espiègleries à leurs confrères loups; ils les mordaient à l'oreille, à la queue; ils donnaient des tapes avec leurs pattes aux lièvres et les faisaient rouler; ils tiraient en arrière les petits chamois par leurs petites queues, etc. Dès que je leur disais de se retirer, tous partaient...  
Man würde glauben, die Fioretti zu lesen, aber wie viele andere Dinge noch! Ich widerstehe dem Wunsche nicht, ein ganz andersartiges Wunder zu zitieren, dessen biblischer Charakter mich sehr beeindruck hatte: On croirait lire les Fioretti, mais combien d'autres choses encore! Je ne résiste pas au désir de citer un miracle très différent dont le caractère biblique m'a fortement impressionné:  
"Eines Tages war ich etwas weit gegangen, um meine Kühe zu weiden, als gegen Nachmittag ein großer Sturm ausbrach. Die Donner grollten unaufhörlich, bald auf der einen Seite, bald auf der andern. Der Regen fiel in Strömen. Ich machte mich mit meinen Kühen auf den Weg nach dem Dorfe. Ich hätte ebenso viele Tausende von Millionen Lobes- und Liebesakte für meinen lieben Jesus machen wollen, als Regentropfen fielen. An einer gewissen Stelle angekommen, hielten meine Kühe an und wollten rückwärts kommen. Es war der Bach, der enormes Hochwasser hatte, da er zwischen zwei Bergen durchfloß, die ihm seine Wasser lieferten. In den Zeiten gewöhnlicher Regenfälle konnten die Personen, indem sie große Steine in den Bach rollten, ihn gut durchqueren, von einem Stein zum andern gehend, und die Kühe konnten auch hinüber, ohne große Gefahr, zu ertrinken. Aber an diesem Tage war es menschlich unmöglich. Das Wasser war sehr hoch, und es schoß mit Krach talabwärts, und et trug mit sich Steine, Felsen und Bäume, und dieses Wasser war schmutzig. Ich war sehr in Not. Ich sah, daß meine Tiere litten und aufgeschreckt waren. Ich wandte mich an meine Mama, und ich legte ihr meine Angst dar. Tatsächlich, die Kühe gehören nicht mir, und wenn ihnen irgendein Unglück zustieße, war ich es, die meinem lieben Gott Rechnung ablegen mußte. In einem Augenblick sehe ich meinen lieben Bruder bei mir, der mir sagt: "Meine Schwester, habe keine Angst, komm." Sogleich lasse ich meine Kühe umkehren zum tosenden Bach; dann gehe ich zum Wasser hin, und mein kleiner Bruder hebt seinen rechten Arm über den Sturzbach. Er machte darüber wie ein großes Kreuzzeichen, und sogleich blieb die Flut auf der Seite, von woher sie kam, abgeschnitten. Mein Bruder sagt mir: "Geh hinüber, meine Schwester." Ich sage ihm: "Warte, mein Bruder, daß ich schnell meine Kühe hinüberlasse; und du, mein Bruder, geh auch du hinüber, laß uns zusammen gehen." Und wir reichten uns die Hände. Wir gingen alle hinüber, und am andern Ufer angekommen, sah ich meinen lieben Bruder nicht mehr. Sobald der Wildbach abgeschnitten war, hielt der Lärm und Krach, den er machte, inne, um sogleich wieder zu beginnen, als wir traversiert hatten." Un jour, j'étais allée un peu loin pour faire paître mes vaches, quand, vers l'après-midi, se déchaîna une grande tempête: les tonnerres grondaient incessamment tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, la pluie tombait à torrents; je pris le chemin du village avec mes vaches; j'aurais voulu pouvoir faire autant de mille millions d'actes de louange et d'amour de mon cher Jésus qu'il tombait de gouttes d'eau. Arrivées à un certain endroit, mes vaches s'étaient arrêtées et voulaient revenir en arrière. C'était le ruisseau qui avait eu une crue énorme, étant situé entre deux montagnes qui lui donnaient leurs eaux. Dans les temps de pluies ordinaires, en faisant rouler des grosses pierres dans le ruisseau, les personnes pouvaient le passer, en allant d'une pierre à une autre; et les vaches pouvaient passer aussi sans grand danger de se noyer. Mais, ce jour-là, c'était humainement impossible. L'eau était très haute et elle descendait avec fracas, emmenant avec elle des pierres, des rochers et des arbres, et cette eau était bourbeuse. J'étais bien dans la peine. Je voyais que mes bêtes souffraient et étaient effrayées. Je m'adresse à ma maman, je lui expose ma crainte. De fait, mes vaches ne m'appartenaient pas, et s'il leur arrivait malheur, c'est moi qui devais en rendre compte à mon bon Dieu. En un instant je vois mon cher Frère près de moi qui me dit: «Ma soeur, n'ayez pas peur, venez.» Aussitôt je fais retourner mes vaches près du torrent en furie, puis je vais près de l'eau et mon petit Frère lève son bras droit sur le torrent. Il y fit comme un grand signe de croix et aussitôt le torrent resta coupé du côté où il descendait. Mon Frère me dit: «Passez, ma soeur.» Je lui dit: «Attendez, mon Frère, que je fasse vite passer mes vaches; et vous, mon Frère, passez aussi, passons ensemble.» Et nous nous donnâmes la main. Nous avons tous passé et arrivés à l'autre bord, je n'ai plus vu mon cher Frère. Dès que le torrent se coupa, le bruit et le fracas qu'il faisait s'arrêta tout à coup pour recommencer quand nous eûmes traversé.  
Ich habe es getagt, und es ist wichtig, dies nicht zu vergessen, Melanie schrieb diese Dinge gezwungenermaßen, im Gehorsam, ganz und gar widerwillig. Man muß daher das strikt Notwendige vermuten, d.h. das willentliche oder unwillentlich Weglassen einer Unzahl von analogen Tatsachen, welche von ihr vielleicht als nebensächlich oder einfach als Wiederholung und deshalb als nicht erwähnenswert erachtet wurden. Je l'ai dit et il importe de ne pas l'oublier, Mélanie écrivait ces choses, forcée par l'obéissance et tout à fait à contre-coeur. On doit donc supposer le strict nécessaire, c'est-à-dire l'omission volontaire ou involontaire d'une multitude de faits analogues pouvant être considérés par elle comme accessoires ou simplement itératifs et par conséquent négligeables.  
Übrigens gestattete ihr ihre unglaubliche Einfachhheit, die soweit ging, daß sie die Unterscheidung der Geschlechter - selbst als sie eine alte Frau geworden war - nicht kannte, eine Unwissenheit, die eine andere Art Wunder war - diese Einfachheit, die man engelhaft nennen könnte, gestattete ihr nicht immer, das Natürliche vom Übernatürlichen in den Dingen purer Zufälligkeit zu unterscheiden. Mit anderen Worten: sie konnte und mußte gewisse Wirkungen, die für andere Anlaß zu Bewunderung oder einer unsäglichen Bestürzung hätten sein können, als für sehr gewöhnlich erachten. D'ailleurs son incroyable simplicité qui a été jusqu'au point d'ignorer la différence des sexes, même lorsqu'elle était devenue une vieille femme -- ignorance qui était une autre sorte de miracle, -- cette simplicité, qu'on pourrait nommer angélique, ne lui permettait pas toujours de séparer le naturel du surnaturel dans les choses de pure contingence. En d'autres termes elle pouvait et devait croire très ordinaires certains effets qui, pour d'autres, eussent été l'occasion d'une admiration ou d'une stupeur indicibles.  
Sie schaute und fühlte in Gott. Sie war gezwungen, wenn man so sagen kann, durch Gott hindurchzugehen, eine dreifache Scheidewand von Licht zu durchbrechen, um bei den spürbaren Dingen anzukommen, für sie ebensowenig unterscheidbar wie die armseligen Möbelstücke des Landarbeiters, wenn er, geblendet von der großen Erntesonne, zurückkehrt. Dies ist besonders zu bemerken, wenn ihr Beichtvater sie nach den Einzelheiten gewisser wunderbarer Heilungen frägt, und vor allem wenn sie von ihren Stigmen sprechen soll, die sie indes für ein Vorzugsrecht aller Christen ohne Ausnahme hielt. "Wenn der liebe Gott alles macht, was er will, bin ich nicht die Ursache davon", sagt sie. Dies genügt ihr, ewig. Elle voyait et sentait en Dieu. Elle était forcée de passer, si on peut dire, à travers Dieu, de percer une triple cloison de lumière pour arriver aux choses sensibles, aussi peu discernables pour elle que les pauvres meubles du laboureur quand il revient ébloui du grand soleil de la moisson. Cela est particulièrement observable quand son confesseur lui demande le détail de certaines guérisons miraculeuses et surtout quand il lui faut parler de ses stigmates qu'elle paraît cependant avoir cru le privilège de tous les chrétiens sans exception. «Si le bon Dieu fait tout ce qu'il veut, je n'en suis pas la cause», dit-elle. Cela lui suffit, éternellement.  
Hier sind wir denn mehrere Milliarden von Wegstunden entfernt von der kleinen, unintelligenten und plumpen Bäuerin der Legende. Der Zweck dieser Niederschrift ist es, zu zeigen, was sie in Wirklichkeit war: ein Wunder der Heiligkeit unter dem Schein des Nichts, unwissend wie nur möglich in allem, was die Menschen lehren, und so weise, daß einem fürchtet in dem, was Gott allein lehren kann. Die berühmte Erscheinung, weit davon entfernt, für sie eine Neuigkeit zu sein, war die notwendige von Gott gewollte Ausmündung des ganzen innerlichen und zutiefst verborgenen Lebens eines kleinen Mädchens, welches die höchsten Gipfel der Mystik überstiegen hatte und das man für den Schmutz am Wege hielt. Nous voici donc à plusieurs milliards de lieues de la petite paysanne inintelligente et grossière de la légende. L'objet de la présente publication est de la montrer ce qu'elle fut en réalité: un prodige de sainteté sous les apparences du rien, ignorante autant qu'il se peut de tout ce que les hommes enseignent et savante à faire peur de ce que Dieu seul peut enseigner. La célèbre Apparition, loin d'être une nouveauté pour elle, fut l'aboutissement nécessaire, voulu de Dieu, de toute la vie intérieure et profondément cachée d'une petite enfant qui avait dépassé les plus hautes cimes de la vie mystique et qu'on croyait la boue des chemins.  

III.

III.

 
Jesus ist hervorgegangen aus Maria, wie Adam hervorging aus dem irdischen Paradies, um zu gehorchen und um zu leiden. Maria ist deshalb vorgebildet durch den "von Gott im Anfang gepflanzten Garten der Lust..." Das zweite Kapitel der Schöpfungsgeschichte ist absolut unverständlich, wenn man nicht an Maria denkt. Es ist wahr, daß alles unverständlich ist ohne sie. Aber wieviel mehr hier! Jésus est sorti de Marie comme Adam est sorti du Paradis terrestre, pour obéir et pour souffrir. Marie est donc figurée par le jardin de Volupté «planté par Dieu au commencement...» Le second chapitre de la Genèse est absolument incompréhensible si on ne pense pas à Marie. Il est vrai que tout est incompréhensible sans Elle. Mais combien plus ici!  
Dieser zur Betrübung oder zur Verzweiflung einer großen Zahl von Milliarden von Menschen seit dem Gehorsamsbruch verschlossene Garten, hortus conclusus, war das Ziel der "Generationen des Himmels und der Erde", gemäß dem außerordentlich geheimnisvollen Ausdruck der Heiligen Schrift. Ce jardin fermé depuis la Désobéissance, hortus conclusus, pour la tribulation ou le désespoir d'un grand nombre de milliards d'humains, était le terme des «générations du ciel et de la terre», selon l'expression énormément mystérieuse du Livre saint.  
Es war ein wunderbarer Garten, in dem es nie regnete. Ein Springbrunnen stieg auf von der Erde, um alles zu begießen, und ein Strom, der vor aller Geographie existierte, floß aus diesem Paradies, um sogleich vier große Flüsse zu bilden, deren Namen nach der Meinung der weisesten Ausleger Vorsicht, Mäßigkeit, Geistesschnelle, Fruchtbarkeit bedeuten oder zu bedeuten scheinen. Man muß glauben, daß diese vier Namen in einer Weise, die kein Mensch verstehen kann, die Berufung Mariens verhüllen: Königin, Jungfrau, Braut des Heiligen Geistes, Mutter Gottes. C'était un merveilleux jardin où il ne pleuvait jamais. Une fontaine montait de la terre pour tout arroser et un fleuve antérieur à toutes les géographies sortait de ce paradis pour devenir aussitôt quatre grands fleuves, dont les noms signifient ou paraissent signifier: Prudence, Tempérance, Vélocité de l'Esprit, Fécondité, au dire des interprètes les plus savants. Il faut croire que ces quatre noms enveloppent d'une manière que nul homme ne peut comprendre la Vocation de Marie: Reine, Vierge, Epouse de l'Esprit-Saint, Mère de DIEU.  
Bewunderungswürdige Binsenwahrheiten! Man kann nichts darüber hinaus sehen. Darüber, darunter, rechts und links, bis ins Unendliche, gibt es nichts zu erblicken. Wir haben gut wissen, daß Gott unsere einzige Bestimmung ist, welches Mittel aber ohne Maria, um nur einen solchen Gedanken zu bilden? Lieux communs adorables! On ne peut rien voir au delà. Au-dessus, au-dessous, à droite et à gauche, dans l'Infini, il n'y a rien à discerner. Nous avons beau savoir que Dieu est notre fin, quel moyen sans Marie de former seulement une telle pensée?  
Unser Geist kann Gott nur durch Maria empfangen, gleich wie der Sohn Gottes nur geboren werden konnte durch das Wirken des Heiligen Geistes in ihr. Das menschliche Wort gebricht hier dermaßen an Macht, daß alle Worte nur dazu angetan sind, Angst zu machen. Die Unbefleckte Empfängnis Mariens, welche uns von ihr unaussprechlich trennt, ist dennoch der einzige Berührungspunkt. Durch die Unbefleckte Empfängnis ist es, daß Gott seinen Fuß auf die Erde setzen konnte. Sie ist das einzige Tor, durch welches er aus dem Garten der Wollust, der seine Mutter ist, entwischen konnte und welches tausend Jahrhunderte der Gottseligkeit uns nicht verstehen machen könnten. Notre esprit ne peut recevoir Dieu que par Marie, de même que le Fils de Dieu n'a pu naître que par l'opération en Elle de l'Esprit-Saint. La parole humaine est ici d'une telle impuissance que tous les mots sont à faire peur. L'Immaculée Conception de Marie, qui nous sépare d'Elle indiciblement, est, tout de même, l'unique point de contact. C'est par l'Immaculée Conception que Dieu a pu poser son pied sur la terre. C'est la porte unique par laquelle il a pu s'évader du jardin de Volupté qui est sa Mère et que mille siècles de béatitude ne pourraient pas nous faire comprendre.  
Man müßte wissen, was Adam und Eva waren, was die Pflanzen und die Tiere dieses Gartens waren, was der Ungehorsam war und was er kostete. Man müßte so ziemlich alles vernichten, was die Menschen gedacht haben mochten seit 70 oder 80 Jahrhunderten, damit möglich würde, ich sage nicht die Augenscheinlichkeit, noch ferne Faßbarkeit, weniger noch vielleicht die Vorausahnung, sondern kaum etwas Ähnliches wie ein Herzpuls in Gegenwart dessen, daß, obwohl alles auf ewig verloren war, wie bei den verdammten Engeln, dennoch ein göttlicher Tropfen erhalten blieb, gerade das, was es brauchte, um Milliarden von Welten zu retten, und daß am Ende diese viel schönere Blume als die Unschuld, welche die Christen, ohne etwas davon zu verstehen, die Unbefleckte Empfängnis nennen, Maria selber, der erhabene, wiedergewonnene Garten, sich entfaltete. Il faudrait savoir ce que furent Adam et Eve, ce que furent les Plantes et les Animaux de ce Jardin, ce que fut la Désobéissance et ce qu'elle a coûté. Il faudrait assez anéantir tout ce que les hommes ont pu penser depuis soixante-dix ou quatre-vingts siècles pour que devînt possible, je ne dis pas l'évidence ni l'aperception lointaine, moins encore peut-être le pressentiment, mais à peine quelque chose de semblable à un battement de coeur en présence de ceci que, tout étant perdu à jamais comme chez les anges maudits, il y eut, quand même, une goutte de Sève divine conservée, juste ce qu'il fallait pour sauver des milliards de mondes et qu'à la fin s'épanouit cette Fleur plus belle que l'Innocence que les chrétiens nomment, sans y rien comprendre, l'Immaculée Conception, MARIE Elle-même, le jardin sublime récupéré.  
Gleichwohl, wage ich es auszusprechen? Es war noch nichts getan. Es war nötig, daß dieser Garten, der schon seit so langer Zeit durch den Ungehorsam des ersten Menschen verschlossen war, sich von selbst öffne, um den letzten der Menschen, einem Wurme gleich, auszustoßen, der alle andern wieder erkaufen sollte. Dazu genügte der Gehorsam Mariens nicht, ich fürchte mich, dies zu schreiben. Es brauchte, wieder hineingenommen in sie, die Sehnsucht und das Leid aller Jahrhunderte.

Pourtant, oserai-je le dire? rien n'était fait encore. Il fallait que ce jardin, depuis si longtemps fermé par la Désobéissance du premier Homme, s'ouvrît de lui-même pour expulser le dernier des hommes, semblable à un ver, qui devait racheter tous les autres. Pour cela l'obéissance de Marie ne suffisait pas, j'ai peur de l'écrire. Il fallait, résorbées en Elle, l'impatience et la douleur de tous les siècles.

 

 
Die Unbefleckte Empfängnis war nicht genug, um der Welt das Heil zu bringen. Die Sehnsucht und das Leid der Unbefleckten Empfängnis waren nötig. L'Immaculée Conception n'était pas assez pour procurer le Salut du monde. L'Impatience et la Douleur de l'Immaculée Conception étaient nécessaires.  
Wir können nichts verstehen, gewiß. Indes ist es möglich, sich eine Erde vorzustellen, die allen finsteren Mächten überlassen ist, ein trostloses Menschengeschlecht, das sich von Tag zu Tag vermehrt und sittlich bei jeder Generation mehr und mehr verdirbt. Trotz dieses Umstandes und durch all dieses hindurch ein kleiner Lichtstrahl, ein Lichtfaden, den nichts zerstören konnte, die Unbefleckte Empfängnis, die Zeitalter und die Völker durchdringend, bis zur wunderbaren Stunde, den größten Engeln unbekannt, in der sie sich als Maria voll der Gnade, ohne Erbsünde empfangen, unter dem Goldenen Tor erweisen wird. Wie sich ein solches Geschöpf ohne die endlose Begleitung der Klagelieder und der Trauer des ganzen Menschengeschlechtes vorstellen, von welchem sie die einzige lebendige Stamm-Mutter war? Nous ne pouvons rien comprendre, c'est entendu. Cependant il est possible d'imaginer une terre abandonnée à toutes les puissances ténébreuses, une race humaine désolée se multipliant de jour en jour et se pervertissant de plus en plus à chaque génération. Malgré cela et à travers tout cela, un tout petit rayon lumineux, un fil de lumière que rien ne pouvait détruire, l'Immaculée Conception perçant les âges et les peuples jusqu'à l'heure miraculeuse, inconnue des plus grands anges, où elle se manifesterait en Marie pleine de grâce, conçue sans la tache originelle sous la Porte d'Or. Comment se représenter une telle Créature sans le cortège infini des lamentations et des deuils de toute la Race humaine dont elle était l'unique Tige vivante?  
Man weiß durch die Überlieferung, daß unsere Mutter Eva während Jahrhunderten eine unendliche Buße für alle kommenden Nationen trug. Maria, ohne Sünde, sammelte die ganze Erbschaft dieser Buße und machte daraus, was sie konnte, d.h. ein Leiden, wie es kein Leiden mehr gibt auf Erden, das Leiden aller Generationen, aller Menschen, aller Herzen, aller Intellekte, das Leiden selbst der Teufel und der Verdammten, wie einige Seher sagen werden. Diese Unendlichkeit von Klagen und von Foltern in einer unendlichen Seele mußte eine Rückwirkung an angemessener Sehnsucht haben, der Erlösungssehnsucht streng entsprechend, welche die mystische Theologie der Zweiten Göttlichen Person beimißt. On sait par la Tradition que notre mère Eve porta pendant des siècles une pénitence infinie pour toutes les nations à venir. Marie sans péché recueillit tout l'héritage de cette pénitence et en fit ce qu'Elle pouvait, c'est-à-dire une Douleur comme il n'y a pas de douleur au monde, la douleur de toutes les générations, de tous les hommes, de tous les coeurs, de toutes les intelligences, la douleur même des démons et des réprouvés, diraient quelques visionnaires. Cette infinité de plaintes et de tortures dans une âme infinie dut avoir une répercussion d'impatience adéquate rigoureusement à l'impatience de Rédemption que la théologie mystique attribue à la Seconde Personne divine.  
Als am Tage der Verkündigung der Engel Gabriel kam, um an das Tor des verlorenen Paradieses zu klopfen, hätte dieses Tor sehr wohl sich nicht öffnen können. Es ging darum, den Sohn Gottes ins menschliche Fleisch und in den Tod zu senden. Aber die Sehnsucht war stärker, und das Tor öffnete sich auf diese Antwort der Schmerzhaften: Fiat mihi secundum verbum tuum. Arme Welt, du solltest keinen Tag länger leiden! Lorsqu'au jour de l'Annonciation, l'ange Gabriel vint frapper à la porte du Paradis perdu, cette porte aurait bien pu ne pas s'ouvrir. Il s'agissait d'envoyer le Fils de Dieu à la chair des hommes et à la mort. Mais l'impatience fut la plus forte et la porte s'ouvrit sur cette réponse de la Douloureuse: Fiat mihi secundum verbum tuum. Monde malheureux, tu ne souffriras pas un jour de plus!  

IV

IV

 
Ein Freund Gottes schrieb mir eines Tages diese Herrlichkeit: Un ami de Dieu m'a écrit, un jour, cette magnificence:  
"Du sprichst in Celle qui pleure (Jene, die weint) vom "scheinbaren" Bankrott der Erlösung. Und, tatsächlich, wenn man die Geschichte der christlichen Völker betrachtet... Wohlan! Nein, die Antwort ist einfach. Die Erlösung ist gänzlich, durchwegs, perfekt, absolut und offensichtlich gelungen, in einer Weise, die Gott und die Menschen ewig zufriedenstellt. Die Menschheit und die Schöpfung wurden mit Gott vereinigt, gemäß der ganzen Vollendung des göttlichen Willens. Und dieses vollendete und offensichtliche Gelingen der Erlösung ist die heilige Jungfrau.

«Tu parles, dans Celle qui pleure, de la faillite «apparente» de la Rédemption. Et, en effet, si on regarde l'histoire des peuples chrétiens... Eh bien! non, la réponse est simple. La Rédemption a pleinement, intégralement, parfaitement, absolument et manifestement réussi, de manière à satisfaire éternellement Dieu et les hommes. L'Humanité et la Création ont été unies à Dieu, selon toute la perfection du Désir divin. Et cette parfaite et manifeste réussite de la Rédemption, c'est la Sainte Vierge.

 
Dies ist der Grund, warum Gott sie brauchte. Es durfte nicht sein, daß sein Blut vergeblich fließe. Nach diesem konnte alles kommen: Verbrechen, Spaltungen, Lügen, Unzucht, Greuel - und selbst Unvollkommenheiten und Treulosigkeiten bei den Heiligen. Die Erlösung gelang auf Anhieb, ein für alle Male. Die Heilige Jungfrau entspricht allem, gleicht alles aus, ist mehr Wert als alles." «Voilà pourquoi Dieu avait besoin d'Elle. Il ne fallait pas que son Sang fût inutile. Après cela, tout peut venir crimes, schismes, mensonges, fornications, abominations -- et même imperfections et infidélités chez les saints. La Rédemption a réussi du premier coup, une fois pour toutes. La Sainte Vierge répond à tout, compense tout, vaut plus que tout.»  
Sie ist das integrale, absolute Christentum in seinem Glanze. Ohne Zweifel ist die Heilige Jungfrau so gesehen, so gedacht, undenkbar. Indes, sie weint in La Salette, jene, die von allen Geschlechtern selig gepriesen werden muß. Sie weint, wie sie allein weinen kann. Sie weint unendliche Tränen über alle diese aufgezählten Pflichtverletzungen und über eine jede von ihnen. Sie ist demnach davon betroffen im Schoße selbst ihrer Gottseligkeit. Der Verstand hört hier auf. Eine Seligkeit, die "leidet" und die weint! Ist es möglich, dies zu erfassen? C'est le christianisme intégral, absolu, dans sa splendeur. Sans doute la Sainte Vierge vue ainsi, pensée ainsi, est inimaginable. Cependant Elle pleure à la Salette, Celle que toutes les générations doivent appeler Bienheureuse. Elle pleure comme Elle seule peut pleurer. Elle pleure des larmes infinies sur toutes ces prévarications énumérées et sur chacune d'elles. Elle en est donc atteinte au sein même de sa Béatitude. La raison s'y perd. Une béatitude qui «souffre» et qui pleure! Est-il possible de le concevoir?  
- Wenn etwas Dir fehlt, o Maria, sag' es uns. Sag' es Deinen Armen. Sie allein sind reich genug, um es Dir zu geben. Du brauchst also mehr als alles, da man versichert, daß Dir alles gegeben wurde. Du bist die Mutter Desjenigen, den alle Leprakranken symbolisiert haben, von dem die Propheten gesagt haben, daß er ein Wurm und nicht ein Mensch sei, eine Schande, ein Verworfener, und dessen Apostel Auswurf genannt wurden. Deswegen ist Dein Platz gewaltig höher als jener der Engel. Was brauchst Du also noch mehr?  - Si quelque chose vous manque, ô Marie, dites-le nous. Dites-le à vos pauvres. Eux seuls sont assez riches pour vous le donner. Il vous faut donc plus que tout, puisqu'on assure que tout vous a été donné. Vous êtes la Mère de Celui que tous les lépreux ont symbolisé, dont les prophètes ont dit qu'il était un ver et non pas un homme, un opprobre, une abjection, et dont les apôtres ont été nommés des balayures. A cause de cela votre place est prodigieusement plus haut que celle des Anges. Que vous faut-il donc de plus?  
Ah! Nun hab' ich's gefunden. Die Schande des Wortes Gottes befriedigt Dich nicht. Du brauchst die Schande der Liebe! In einer Weise, wie sie kein Mensch erraten kann, brauchst Du die Leidenschaft des Heiligen Geistes, die jedes Geschöpf in einen Glutofen verwandeln muß. Bis jetzt herrschest Du nicht, Du vollendest diese Herrschaft des Vaters nicht, die nur Du selbst sein kannst und die Du wohl zu erwarten gezwungen bist, weil wir die Pflicht haben, sie jeden Tag zu erflehen. Man verlangt nur nach dem, was erhältlich ist. Ah! j'y suis maintenant. L'ignominie du Verbe ne vous contente pas. Il vous faut l'ignominie de l'Amour! En une manière qu'aucun homme ne peut deviner, il vous faut la Passion de l'EspritSaint, laquelle doit transformer toute créature en une fournaise. Jusque-là vous ne régnez pas, vous n'accomplissez pas ce Règne du Père qui ne peut être que vous-même et que vous êtes bien forcée d'attendre, puisque nous avons le devoir de le demander chaque jour. On ne demande que ce qui est à obtenir.  
Dein hl. Johannes, dem Gott mehr anvertraut zu haben scheint als den andern Menschen, hat er nicht gesagt, daß es Drei sind, die auf Erden Zeugnis ablegen: der Geist, das Wasser und das Blut, und daß diese Drei der Dreifaltigkeit entsprechen? Dies ist genau sein Text. Bedeuten diese nicht die drei der Erlösung unabdingbaren Fluten: die alte Wasserflut, die Blutflut, die noch nicht aufhört nach 19 Jahrhunderten, und die Feuerflut, die kommt, angekündigt von so vielen Vorboten? Votre saint Jean, à qui Dieu semble avoir parlé plus qu'aux autres hommes, n'a-t-il pas dit qu'il y en a Trois qui rendent témoignage sur terre: l'Esprit, l'Eau et le Sang, et que ces Trois correspondent à la Trinité? C'est exactement son texte. Est-ce que cela ne fait pas les trois déluges indispensables à la Rédemption: le vieux déluge de l'Eau, le déluge du Sang qui ne finit pas encore après dix-neuf siècles, et le déluge du Feu qui va venir, annoncé par tant de prodromes?  
Das Reich des Vaters in Reue darüber, die Menschen geschaffen zu haben, das Reich des Sohnes beauftragt mit dieser göttlichen Sühne und das Reich der universellen Liebe, durch welche alles erneuert werden soll. Ecce nova facio omnia. Aber auf welche Weise und zu welchem Preise? Du weißt es, zweifelsohne, nachdem du der "Sitz der Weisheit", die Weisheit selbst bist, und deshalb ist es, daß Du weinst. Le règne du Père se repentant d'avoir fait les hommes, le règne du Fils chargé de cette pénitence divine et le règne universel de l'Amour par qui tout doit être renouvelé. Ecce nova facio omnia. Mais de quelle manière et à quel prix? Vous le savez sans doute, étant le «Siège de la Sagesse», la Sagesse même et c'est pour cela que vous pleurez.  
Du weißt als einzige unter den Geschöpfen, daß es ganz im Tiefen des Himmels einen fürchterlichen Schacht gibt -- gerade dieser Springbrunnen, der aus der Erde mitten im Paradies entsprang --, das unendlich verborgene Reservoir Deiner Tränen, aus dem vielleicht bald die undenkliche und die unenthüllbare Schande des Heiligen Geistes, durch die Du schließlich triumphieren wirst, hervorgehen soll! Vous savez, seule parmi les créatures, qu'il y a, tout au fond du ciel, un Puits effrayant -- précisément cette fontaine qui jaillissait de la terre au milieu du Paradis, -- réservoir infiniment caché de vos Larmes d'où doivent sortir, bientôt peut-être, les insongeables et irrévélables ignominies du Paraclet par lesquelles vous triompherez enfin!  
Da bist Du nun schon bald 2000 Jahre die Mutter der Schmerzen; Du fühlst Dich gedrängt, die Braut des Leidens zu werden. Man sieht Dich, ganz in Tränen mit diesem Wunsch, auf den Bergen, mitten in den Felsen, über den von den armen Menschen bewohnten Feldern. Dein Antlitz, unfaßbar hehr und heilig, trieft von all den Tränen, die die Stolzen, die Reichen, die Fresser der Armen, die Mörder der Unschuldigen, die Schänder, die Unkeuschen nicht vergießen wollen... Voilà près de deux mille ans que vous êtes la Mère de Douleur, vous êtes pressée de devenir l'Epouse de Douleur. On vous voit, toute pleurante de ce désir, sur les montagnes, parmi les rochers, au-dessus des campagnes habitées par les pauvres gens. Votre Visage, incompréhensiblement sublime et sacré, ruisselle de toutes les larmes que ne veulent pas répandre les orgueilleux, les riches, les mangeurs de pauvres, les tueurs d'innocents, les sacrilèges, les impudiques...  
Im Jahre 1846, nachdem Du "den Arm Deines erzürnten Sohnes nicht mehr zurückhalten konntest", kamst Du, Deinen Schmerz dem einzigen Geschöpf anzuvertrauen, welches fähig war, Dich anzuhören und Dich zu verstehen, zu dieser demütigen Melanie, auserwählt von Dir, weil sie das häßlichste aller Geschöpfe zu sein schien, und Du hast ihr Dein Geheimnis anvertraut, welches allein zu tragen Du nicht mehr die Kraft hattest, Du, die Du ohne jede Hilfe den Sohn Gottes getragen. En 1846, «ne pouvant plus retenir le Bras de votre Fils» irrité, vous vîntes confier votre peine à la seule créature capable de vous écouter et de vous comprendre, à cette humble Mélanie choisie par vous parce qu'elle paraissait être la plus vile des créatures et vous lui confiâtes votre Secret que vous n'aviez plus la force de porter seule, vous qui aviez porté sans aucune aide le Fils de Dieu.  
12 Jahre später zeigtest Du Dich einem andern Hirtenmädchen, aber ohne ihm Deine großen Tränen zu zeigen, von welchen die Christen nichts wissen wollten, und auch ohne ihm dieses furchtbare Geheimnis anzuvertrauen, mit dessen Veröffentlichung und Verbreitung das erste von Dir - wie vergeblich! - beauftragt wurde; Lourdes, vorausgesehen, vorherverkündet durch Dich in La Salette, war eine noch heroischere Anstrengung, eine Verkleidung Deines Schmerzes, ähnlich der Verkleidung einer Mutter, die, den Tod im Herzen, Festtagskleider anziehen würde, um ihre Kinder zu beruhigen. Douze ans plus tard, vous vous manifestâtes à une autre bergère, mais sans lui montrer vos grandes larmes dont les chrétiens n'avaient pas voulu, ni sans lui confier ce Secret redoutable que la première avait été chargée par vous de divulguer et de répandre, -- combien en vain! Lourdes prévue, annoncée par vous à la Salette, était un effort plus héroïque, un travestissement de votre douleur, semblable au travestissement d'une mère qui, la mort au coeur, se mettrait en habits de fête pour rassurer ses enfants.  
Ein wenig mehr als 12 Jahre verflossen noch, und dann kam, was man "das furchtbare Jahr" nannte. Frankreich, zerstampft von rohen Menschen, verdrehte die Arme. Ein letztes Mal erschienst Du armen Kindern auf eine ganz rätselhafte Weise. Du rolltest am Himmel sonderbare Bilder Deiner selbst auf, begleitet von kurzen und stummen, geschriebenen Worten, die ebensosehr die äußerste Grenze der Bedrohung, wie die äußerste Grenze des Verzeihens bedeuten konnten. Un peu plus de douze ans s'écoulèrent encore et il y eut ce qu'on a nommé l'Année terrible. La France piétinée par des brutes se tordait les bras. Une dernière fois vous apparûtes à de pauvres enfants d'une manière tout énigmatique. Vous déroulâtes dans le ciel d'étranges images de vous-même, accompagnées de brèves et réticentes paroles écrites pouvant signifier aussi bien l'extrémité de la menace que l'extrémité du pardon.  
Und das ist alles. Man hat nichts mehr von Dir gehört'). Die christliche Welt, die durch dieses Schweigen aufgeschreckt sein sollte, hat ihren Niedergang fortgesetzt, La Salette verachtet. Lourdes ein Handelsplatz und ein Literaturthema geworden, Pontmain ein Bild der Frömmigkeit! Es ist ganz gewiß, daß Du keinen Glauben mehr findest bei Deinem Volke und daß Du bei ihm nichts mehr ausrichten kannst. Der Augenblick wäre also gekommen, zugrundzugehen. Et c'est tout. On n'a plus eu de vos nouvelles. Le monde chrétien, que ce silence devrait effrayer, a continué de descendre. La Salette méprisée, Lourdes devenue un lieu de négoce et un thème de littérature, Pontmain une image de piété! Il est bien clair que vous n'avez plus aucun crédit chez votre peuple et que vous ne pouvez plus rien pour lui. Le moment serait donc venu de périr.  
Nachdem das Heil der Massen unmöglich ist, wirst Du Dich wohl mit einigen Schmerzensseelen zufriedengeben müssen, die sich Deiner noch entsinnen und die nichts anderes verlangen, als gerettet zu werden. Ah! Sie sind nicht zahlreich und gehören nicht zu den Großen dieser Welt! Man kann sogar sagen, daß sie die demütigsten und verborgensten sind. Es ist Deiner würdig, aus ihnen das zu machen, was Du aus Melanie gemacht hast, in ihrer Kindheit zuerst, und dann bis zu ihrem Lebensende: Wunder des Leidens und Giganten der Größe. Sie werden so wie Teile Deiner selbst sein und werden mit Dir die Erlösung verwirklichen, die nur vollbracht werden kann durch Deinen Bräutigam, wenn die Christen genug tief gefallen sein werden, um ihm die unbekannte Schande zuzuerkennen. Puisque le salut de la multitude est impossible, il faudra bien vous contenter des quelques âmes douloureuses qui se souviennent encore de vous et qui ne demandent pas mieux que d'être sauvées. Ah! elles ne sont pas nombreuses et n'appartiennent pas aux grands de ce monde! On peut même dire qu'elles sont les plus humbles et les plus cachées. Il est digne de vous d'en faire ce que vous avez fait de Mélanie, dans son enfance d'abord, ensuite jusqu'à la fin de sa vie des prodiges de souffrance et des monstres de grandeur. Elles seront ainsi comme des parties de vous-même et réaliseront avec vous la Rédemption qui ne peut être consommée que par votre Epoux, lorsque les chrétiens seront tombés assez bas pour lui décerner l'Ignominie inconnue.  

V

V

 
Maria ist das irdische Paradies; ich werde es nie genug sagen. Aber was ist es denn, dieses irdische Paradies, und wo ist es? In Zeiten des Glaubens gab es Christen, die es suchten. Raymond Lulle scheint daran gedacht zu haben, und man erzählt, daß Christoph Kolumbus nicht verzweifelte, ihm bei den Antillen oder ein wenig weiter zu begegnen. Mélanie allein hat das irdische Paradies gefunden, wohlbekannt dennoch vor ihr, aber ohne genaue Benennung - wie man einen Schatz entdeckt, der unter den Füßen der ganzen Welt liegt -, und sie hat es als solches erkannt durch die Wirkung eines Wunders innerer Erleuchtung. Marie est le Paradis terrestre, je ne le dirai jamais assez. Mais qu'est-il donc, ce paradis terrestre et où est-il? Aux temps de foi, il y eut des chrétiens pour le chercher. Raymond Lulle paraît y avoir pensé et on raconté que Christophe Colomb ne désespérait pas de le rencontrer aux Antilles ou un peu plus loin. Mélanie seule a trouvé le Paradis terrestre, bien connu pourtant avant elle, mais sans dénomination précisé -- comme on découvre un trésor qui est sous les pieds de tout le monde -- et elle l'a reconnu tel par l'effet d'un miracle d'illumination intérieure.  
Das irdische Paradies ist das Leiden; und es gibt kein anderes. In Wirklichkeit ist der Mensch immer noch im Garten der Wollust, und seine Verweisung daraus ist nur scheinbar. Nur, seit dem Gehorsamsbruch hat er gesehen, daß er nackt ist, er hat die Erde und alles, was sich auf der Erde findet, nackt gesehen; er hat erkannt, daß das Leiden nichts anderes ist, als die völlig nackte Wollust. Unzählige Heilige mögen diese Vorahnung gehabt haben, aber nichts mehr als eine Vorahnung, weil die Ära des Absoluten noch nicht begonnen hatte. Le Paradis terrestre, c'est la Souffrance, et il n'y en a pas d'autre. En réalité l'homme est toujours dans le jardin de Volupté et son expulsion n'est qu'apparente. Seulement, depuis la Désobéissance, il s'est vu nu, il a vu nus la terre et tout ce qui est sur la terre, il a connu que la souffrance n'est autre chose que la volupté toute nue. Des saints innombrables ont pu avoir ce pressentiment, mais rien de plus qu'un pressentiment, parce que l'Ere de l'Absolu n'avait pas encore commencé.  
Sie war einem Hirtenmädchen vorbehalten, einem Kinde ohne jegliches menschliches Wissen, ohne irgendeine andere Erziehung als jene, die man in der Primarschule der Engel erhalten kann; es kam ihr allein zu, die Künderin und die Prophetin des Absoluten Christentums zu sein. Denn ihre Sendung liegt gänzlich hierin. Il était réservé à une pastourelle, à une enfant sans aucun savoir humain, sans aucune autre culture que celle qu'on peut recevoir à l'École primaire des Anges; il appartenait à elle seule d'être l'annonciatrice et la prophétesse du Christianisme Absolu. Car sa mission est là tout entière.  
Das bewunderungswürdige Mädchen kann nicht sprechen oder schreiben, ohne die Martyrer wiederherzustellen, die Zeit der Martyrer, in der man wußte, daß Gott nie zuviel von seinem Geschöpf verlangen kann. Es ist dies, wenn man so will, sogar die Grenze seiner Allmacht. Gott kann nicht zuviel verlangen. Kann er selbst genug fordern? Die moderne Neugierde hätte ein Betätigungsfeld hier. Aber, in dem durch die rückblickende Berufung Mélanies vorausgesetzten Zeitalter dachte man gemäß dem Evangelium, daß man, wenn man alles gegeben und alles verlassen hat, immer noch ein "unnützer Knecht" ist. L'admirable fille ne peut pas parler ou écrire sans restituer les Martyrs, le temps des martyrs où on savait que Dieu ne peut jamais trop demander à sa créature. C'est même, si on veut, la limite de sa Toute-Puissance. Dieu ne peut pas trop demander. Peut-il même demander assez? La curiosité moderne a de quoi s'exercer ici. Mais, à l'époque supposée par la vocation rétrospective de Mélanie, on pensait, selon l'Évangile, que quand on a tout donné et tout quitté, on est encore un «serviteur inutile».  
Durch ihr Verlangen Jesus Christus gleichgestaltet, hatten die Zeitgenossen des heiligen Irenäus und des heiligen Laurentius sogar die Begierde nach Torturen, und die leichte Andacht für eine große Zahl war, in Stücke gehauen zu werden. Diese Urchristen wußten nicht, daß es gute Reiche geben kann und daß man zur ewigen Glückseligkeit gelangen kann, ohne den Weg des Leidens gegangen zu sein. O bona Crux, diu desiderata; sollicite amata ... sagte der hl. Andreas, als er sich zur Hinrichtung begab, und es war dies eine fast alltägliche Parole. Ein guter Familienvater vermachte seinen Kindern die Folterbank, das siedende Öl, das geschmolzene Blei, die wilden Tiere, und es war dies ein sehr begehrtes Erbgut. Configurés à Jésus-Christ par leur désir, les contemporains de saint Irénée ou de saint Laurent avaient même la concupiscence des tortures; et la dévotion facile, pour un grand nombre, c'était d'être coupés en morceaux. Ces anciens chrétiens ignoraient qu'il peut y avoir de bons riches et qu'on peut arriver à la Gloire sans avoir cheminé dans la Douleur. O bona Crux, diu desiderata; sollicite amata... disait saint André allant au supplice, et c'était une parole bien ordinaire. Un bon père de famille léguait à ses enfants le chevalet, l'huile bouillante, le plomb fondu, les bêtes féroces, et c'était un héritage très envié.  
Es gibt in der Erzählung Mélanies eine gewisse Anzahl von Seiten, die betitelt sind mit La Bonne Année. (Das gute Jahr.) Der Literatur beraubt, konnte sie nichts Besseres finden, um das Jahr ihrer Kindheit zu bezeichnen, in welchem sie am meisten gelitten hat, jenes, das unmittelbar 1846 und der berühmten Erscheinung vorausging. Als gegen das Ende dieses "Guten Jahres" ihr Vater sie aus der schrecklichen Lage befreite, in der sie sich befand - bei einem gewalttätigen Mörder -, gereichte ihr dies nur zu Kummer, indem sie sich um etwas gebracht wähnte, und begehrte sogleich noch höhere Martern, die ihr ein wenig später in verschwenderischem Maße zuteil wurden, wie der Wolkenbruchregen den ausgedorrten Feldern. Il y a, dans le récit de Mélanie, un certain nombre de pages intitulées: La Bonne Année. Privée de littérature, elle n'a pu trouver mieux pour designer l'année de son enfance où elle a le plus souffert, celle qui précéda immédiatement 1846 et la célèbre Apparition. Lorsque, vers la fin de cette «bonne année», son père la retira de l'horrible condition où elle se trouvait chez un assassin tortionnaire, elle n'en eut que du chagrin, se jugeant frustrée et convoita aussitôt de plus hauts tourments qui lui furent prodigués un peu plus tard, comme la pluie torrentielle aux champs desséchés.  
Diese Kindheit Mélanies erinnert mich manchmal an jene Abrahams vor 5000 Jahren. Welch sonderbare Träumerei! Man ist, so scheint es, ganz am Ursprung der Zeiten. Man ist am Tag nach Babel, am 2. Tag nach der Sintflut. Man ist in Ur, in Chaldäa, unvorstellbare Stadt und Landschaft. Noch nichts von all dem, was man sich vorstellen kann, existierte. Und es hatte dort ein kleines Kind, auf dem die Zukunft der Welt lastete, ein einziges kleines Kind, welches man sich unmöglich als den übrigen ähnlich vorstellen kann. Cette enfance de Mélanie me fait penser quelquefois à celle d'Abraham, il y a cinq mille ans. Quelle étrange rêverie! On est, semble-t-il, tout à fait au fond des temps. On est au lendemain de Babel, au surlendemain du Déluge. On est à Ur, en Chaldée, ville et contrée inconcevables. Rien de ce qui peut être imaginé n'existait encore. Et il y avait là un petit enfant sur qui pesait l'avenir du monde, un unique petit enfant qu'il est impossible de se représenter semblable aux autres.  
Es ist schon erdrückend zu denken, daß jeder Mensch in seiner Eigenschaft als Abbild Gottes in sich zugleich den Stempel der Drei Personen trägt, das Paradies, das Fegfeuer und die Hölle, d.h. die ganze Sünde, die ganze Geschichte, alle Freude, alles Leid, alle Hoffnung, alle Fruchtbarkeit; aber dieses unerhörte Ganze, diese Milchstraße der Ehre und des Leids bleibt unbeachtet. Die Menschen wissen kaum, daß sie eine Seele haben, und sie wissen überhaupt nicht, was eine Seele ist. Was also denken von einem Kinde, das Gott solche Eindrücke spüren lassen konnte, weil es der von den Massen unendlich gesegnete Vater sein mußte: "Benedicam benedicentibus tibi et maledicam maledicentibus tibi; ich werde jene segnen, die dich segnen, und jene verfluchen, die dich verfluchen"? C'est déjà accablant de penser que tout homme, en sa qualité d'image de Dieu, porte en soi, en même temps que l'empreinte des Trois Personnes, le Paradis, le Purgatoire et l'Enfer, c'est-à-dire tout le Péché, toute l'Histoire, toute joie, tout douleur, toute espérance, toute fécondité; mais cet ensemble formidable, cette voie lactée de gloire et de peine est inaperçue. Les hommes savent à peine qu'ils ont une âme et ils ne savent pas du tout ce qu'est une âme. Que penser alors d'un enfant à qui Dieu a pu faire sentir de telles empreintes, parce qu'il devait être le Père infiniment béni des multitudes: «Benedicam benedicentibus tibi et maledicam maledicentibus tibi; je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront»?  
Etwas Ähnliches mußte für Mélanie vorgegangen sein, aber, im Gegensatz zu Abraham, der berufen war, das unzählige Volk Gottes zu zeugen, wurde Melanie berufen zur geistigen Mutterschaft der kleinen Zahl der Jünger des Endes aller Enden, der unendlich kleinen Zahl, die zudem jeden Tag noch kleiner zu werden scheint, jener, die glauben, daß das Evangelium unabänderlich, unberührbar ist, und daß es keine Zurechtbiegung des Heiligen Geistes gibt. Wie Abraham wurde ihr gesagt: "Verlasse dein Vaterland und deine Verwandtschaft und das Haus deines Vaters", und das einfache, kleine Mädchen, weit vor dem, wie man gemeinhin sagt, "Vernunftsalter", hörte es, wie es der Patriarch gehört hatte, d.h. im Absoluten, ohne die entfernteste Möglichkeit einer fragenden Stammelei. Quelque chose de tel a dû se passer pour Mélanie, mais, au contraire d'Abraham appelé à engendrer l'innombrable peuple de Dieu, Mélanie fut appelée à la maternité spirituelle du petit nombre des disciples de la fin des fins, du nombre infiniment petit et qui semble diminuer chaque jour, de ceux qui croient que l'Evangile est inaltérable, intangible, et qu'il n'y a pas d'accommodement avec l'Esprit-Saint. Comme à Abraham il lui fut dit: «Sors de ta patrie et de ta parenté et de la maison de ton père»; et la simple fillette, bien avant ce qu'on est convenu d'appeler «l'âge de raison», l'entendit comme le Patriarche l'avait entendu, c'est-à-dire dans l'Absolu, sans la plus lointaine possibilité d'un balbutiement interrogateur.  

VI

VI

 
Ich glaube, daß der wahre Name Mélanies MAGNIFIKAT ist. Alles, was sie tut, alles, was sie sagt, in ihrer Kindheit oder in ihrem Alter, hat das Aussehen einer Umschreibung dieses Hohenlieds der Immaculata: Je pense que le vrai nom de Mélanie, c'est MAGNIFICAT. Tout ce qu'elle fait, tout ce qu'elle dit, dans son enfance ou dans sa vieillesse, a l'air d'une paraphrase de ce Cantique de l'Immaculée:  
"Ihre Seele erhebt hoch den Herrn. -- Und in Gott, ihrem Heiland, jubelt ihr Geist. - Weil er auf die Demut seiner Magd geschaut hat und weil deswegen alle Geschlechter sie selig nennen. -- Denn Großes hat der Gewaltige an ihr getan und sein Name ist heilig. - Und sein Erbarmen währt von Geschlecht zu Geschlecht über jenen, welche ihn fürchten. - Macht hat er geübt mit seinem Arm, und zerstreut, die stolzen Herzens sind. -- Herrscher hat er vom Thron gestürzt, Niedrige aber erhoben. - Hungernde hat er mit Gütern erfüllt, Reiche gehen lassen mit leeren Händen. - Israels, seines Knechts, hat er sich angenommen, daß er seines Erbarmens gedenke. - Wie er zu unsern Vätern gesprochen - Abraham und seinen Nachkommen, durch alle Zeit." «Son âme magnifie le Seigneur. -- Et son esprit a exulté en Dieu son Sauveur. -- Parce qu'il a regardé l'humilité de sa servante et qu'à cause de cela toutes les générations la diront bienheureuse. -- Car Celui qui est puissant a fait en elle de grandes choses et son nom est saint. -- Et de générations on générations sa miséricorde est à ceux qui le craignent. -- Il a montré la puissance de son bras, il a dispersé les superbes en la pensée de leur coeur. -- Il a renversé de leur siège les puissants et il a exalté les humbles. -- Il a rempli de biens les affamés et il a renvoyé vides les riches. -- Il a pris en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de sa miséricorde. -- Ainsi qu'il l'avait dit à nos pères, à Abraham et à sa postérité, dans tous les siècles.»  
Ich weiß, daß es Leute geben wird, die es für unangebracht erachten, solcherweise die Worte der neuen Eva in einen anderen Mund als den ihren zu legen. Jedoch, es ist dies das, was die Kirche tut, wenn sie alle Gläubigen einlädt, die Vesper zu singen. Wir sind so sehr die Glieder Jesu Christi, selber Götter, nach dem Worte des Psalmisten, eigens und göttlich unterstrichen im Evangelium, daß es nicht eine heilige Aussage unter jenen gibt, die streng anwendbar sind auf die Gottheit, von der es nicht billig und heilsam wäre, sie mit Liebe und auf sich selbst angewandt, zu wiederholen. Es ist dies das ganze Geheimnis der katholischen Liturgie. Mit wieviel mehr Grund gebührt die sakrale Sprache nicht einigen außerordentlich bevorzugten Wesen, wie Mélanie, getrennt - man könnte nicht sagen, in welchem Maße - von den andern menschlichen Geschöpfen durch ihre prophetische und aspostolische Berufung! Je sais qu'il y aura des gens pour trouver énorme de placer ainsi les paroles de la nouvelle Eve dans une autre bouche que la sienne. Pourtant, c'est ce que fait l'Église quand elle convie tous les fidèles à chanter les vêpres. Nous sommes tellement les membres de Jésus-Christ, des Dieux nous-mêmes, selon la parole du psalmiste, expressément et divinement soulignée dans l'Evangile, qu'il n'y a pas une affirmation sainte parmi celles qui sont strictement applicables à la Divinité qu'il ne soit expédient et salutaire de répéter avec amour en se les appliquant à soi-même. C'est tout le secret de la Liturgie catholique. A combien plus forte raison le langage sacré n'appartient-il pas à quelques êtres extraordinairement privilégiés tels que Mélanie, séparés -- on ne saurait dire à quel point -- des autres créatures humaines par leur vocation prophétique et apostolique!  
Es gibt kein Wort im Magnifikat, das sich nicht genauestens ausrichet auf dieses Hirtenmädchen wie ein Stück Kleid, das man nach ihrer Größe angefertigt hätte. Man muß das lesen, was sie selber geschrieben hat, ich sage nicht, um zu verstehen, aber um das absolut unaussprechliche Mysterium der Durchdringung dieser dunklen Armut zu erahnen, die in der blendenden Mutter des Sohnes Gottes kaum existierte. Es geht diese so weit, daß es manchmal schwer hält, sie auseinanderzuhalten, zu wissen, welches jene ist, die spricht und jene, die schweigt, jene die weint und jene die weinen sieht, jene die droht und jene die fleht. Man sieht nur mehr einen Wirbel schmerzhaften Lichtes. Il n'y a pas un mot dans le Magnificat qui ne s'ajuste exactement à cette bergère comme une pièce d'un vêtement qu'on aurait fait à sa taille. Il faut lire ce qu'elle a écrit elle-même, je ne dis pas pour comprendre, mais pour entrevoir le mystère absolument ineffable de la compénétration de cette pauvresse obscure, existante à peine, en l'éblouissante Mère du Fils de Dieu. C'est au point qu'il est difficile parfois de les distinguer, de savoir quelle est celle qui parle et celle qui se tait, celle qui pleure et celle qui regarde pleurer, celle qui menace et celle qui prie. Il ne se voit plus qu'un tourbillon de lumière douloureuse.  
Sie erheben sich, sie jubeln in Gott. Es sind demütige Dienerinnen, die der Herr anschaut und welche die Generationen selig preisen. Welche Generationen? Alle jene, bestimmt, die seine Furcht gehabt haben oder haben können. Und siehe da, Hände, ausgestreckt nach allen Jahrhunderten und nach allen Himmeln! On magnifie, on exulte en Dieu, on est des servantes humbles que regarde le Seigneur et que les générations disent bienheureuses. Quelles générations? Toutes celles assurément qui ont eu ou qui pourront avoir sa crainte. Et voilà des mains tendues vers tous les siècles et vers tous les ciels!  
Seid ihr es, Könige Asiens oder Ägyptens, die diese Furcht hatten? Wären es nicht vielmehr einige der Herrscher Chinas oder Japans, dieser oder jener der unbekannten Prinzen des finstern Amerikas, wo man jedes Jahr Tausende von Menschen opferte, dreizehn Jahrhunderte noch nach der Hinschlachtung Kalvarias? Bist du es, kahler Cäsar, Vorläufer des Charlemangne à la barbe fleurie? Bist du es, eiserner Basilius, Schlächter der Bulgaren? Bist du es schließlich, Napoléon, größter aller Sieger, oder irgend jemand in der Million von Ebenbildern Gottes, niedergemetzelt wegen dir, die - für so kurze Zeit - die Füße deines Thrones stützten? Unmöglich, davon etwas zu wissen vor dem Allgemeinen Gericht. Est-ce vous, rois de l'Asie ou de l'Égypte qui avez eu cette crainte? Ne serait-ce pas plutôt quelques-uns des empereurs de la Chine ou du Japon, tel ou tel des princes inconnus de la ténébreuse Amérique où l'on sacrifiait, chaque année, des milliers d'hommes, treize siècles encore après l'immolation du Calvaire? Est-ce toi, chauve César, précurseur de Charlemagne à la barbe fleurie? Est-ce toi, Basile de fer, Tueur de Bulgares? Est-ce toi, enfin, Napoléon, le plus grand de tous les vainqueurs ou n'importe qui dans le million d'images de Dieu massacrées à cause de toi, qui calèrent -- pour si peu de temps -- les pieds de ton trône? Impossible d'en rien savoir avant le jugement universel.  
Die Gottesfurcht ist diese Perle des Evangeliums, die auf den Kontinenten oder auf dem Grunde der Meere rollt, die schließlich ein herrschaftlicher Händler findet, der alles verkauft hat, um sie zu besitzen. Sie ist diese Drachme von so geringem Wert, welche die sorgfältige Frau, die sie verloren hatte, wiederfindet mit so viel Freude, indem sie ihr ganzes Haus auskehrt - das ganze Universum - unter dem Müll und den Sonnen ... La Crainte de Dieu est cette perle de l'Evangile roulée sur les continents ou au fond des mers que rencontre enfin un magnifique marchand qui a tout vendu pour l'avoir. C'est cette Drachme de si peu de valeur que la Femme diligente qui l'a perdue retrouve avec tant de joie, en balayant toute sa maison -- l'univers entier -- parmi les ordures et les soleils...  
Und siehe nun, der Herr zeigt seinen Arm, den "schwerwiegenden Arm" von La Salette, um die Stolzen zu zerstreuen. Maria, die Allmächtige, die Omnipotentia supplex des heiligen Bernhard, die zweifellos und dennoch möchte, daß die Hoffärtigen verschont bleiben, hat beinahe keine Kraft mehr, ihn zurückzuhalten. So zählt sie, um ihr zu helfen, auf die Zeugen ihrer höchsten Not, die einzigen, die sie finden konnte, die beiden schwächsten Kinder, die es auf Erden gibt. Et voici que le Seigneur montre son Bras, le «bras pesant» de la Salette, pour dissiper les superbes. Marie, la toute-puissante, l'Omnipotentia supplex de Saint Bernard, qui voudrait sans doute, et quand même, que les superbes fussent épargnés, n'a presque plus la force de le retenir. Alors elle compte pour l'aider sur les témoins de sa détresse, les seuls qu'elle ait pu trouver, les deux enfants les plus faibles qu'il y ait au monde.  
Sie braucht vor allem Mélanie, hat sie sie doch schon vor langem auserwählt. Ist es also nötig, daß diese arme Kleine zermalmt werde anstelle aller Hoffärtigen? Vielleicht. Die Herrscherin, weil Sie es weiß, vermacht ihr die Kraft Ihres Herzens, Ihres eigenen, indem Sie ihr den Schlüssel Ihres Liedes anvertraut, dieses furchtbare Geheimnis, welches es der Aufbewahrerin erlaubte, bis ins Alter von 73 Jahren das ganze Gewicht des Himmels zu tragen. Elle a besoin surtout de Mélanie, l'ayant élue depuis très longtemps. Faudra-t-il donc que cette pauvre petite soit écrasée à la place de tous les superbes? Peut-être. La Souveraine, le sachant, lui transmet la force de son Coeur, à Elle, en lui confiant la clef de son Cantique, ce Secret formidable qui a permis à la dépositaire de soutenir, jusqu'à soixante-treize ans, tout le poids du Ciel.  
Nun aber sind schon bald sieben Jahre verflossen, seit sie starb, diese Lückenbüßerin der Stolzen. Es ist wohl nötig, daß sie von ihren Thronen gestürzt werden und daß die Demütigen wie sie erhöht werden. Es ist auch sehr wohl nötig, daß jene, die vor Hunger sterben, ihre Sättigung erhalten, und daß die Reichen, die sie so lange auffrassen, ihrerseits wissen, was das ist: das Geheul der Eingeweide. Es gibt heute eine ziemlich große Anzahl von Zeichen. Mais voilà bientôt sept ans qu'elle est morte, cette substituée aux superbes. Il faudra bien qu'ils soient jetés en bas de leurs sièges et que les humbles comme elle soient exaltés. Il faudra bien aussi que ceux qui meurent de faim obtiennent leur rassasiement et que les riches qui les dévorèrent si longtemps sachent à leur tour ce que c'est que le hurlement des intestins. Il y a, aujourd'hui, un assez grand nombre de signes.  
Was die Zukunft betrifft, die Zukunft seit Abraham, so sorgt der Name Israels genügsam dafür. Nur die Christen können reich sein. Sie haben die Taufe, die Beichte, die Eucharistie, die Firmung, die Letzte Ölung, die Ordensgelübde und die Ehe. Sie haben den Mantel der Jungfrau und den Schutz der Heiligen. Sie haben 19 Jahrhunderte gesegneter Erde und den wunderbaren Springbrunnen der Überlieferungen. Wenn sie das Herz Jesu durchdringen, ist es der Strom des göttlichen Blutes, der sie überschwemmt, um sie zu heiligen ... Pour ce qui est de l'Avenir, de l'avenir dès Abraham, le nom d'Israël y pourvoit suffisamment. Les chrétiens seuls peuvent être riches. Ils ont le Baptême, la Pénitence, l'Eucharistie, la Confirmation, l'Extrême-Onction, l'Ordre et le Mariage. Ils ont le Manteau de la Vierge et la protection des Saints. Ils ont dix-neuf siècles de terre bénie et la fontaine miraculeuse des Traditions. Quand ils percent le Coeur de Jésus, c'est le fleuve du Sang divin qui les inonde pour les sanctifier...  
Israel hat nichts als sein nie aufgegebenes Erstlingsrecht und die Verheißung eines gewissen Triumphes, obwohl auf unbestimmte Zeit vertagt. Das Geld, dessen symbolischer Besitzer es ist und um welches die geizigen Christen es beneiden, wenn sie es ihm nicht entreißen können, das Geld rollt ihm entegen wie eine Sturzflut von Dreck und Elend, die nach einem Schlund der Verzweiflung ruft. Israel fühlt sehr wohl, und mehr und mehr, daß sich nicht darin Gott findet, der ihm in der Wüste in der Rauchsäule und in der Feuersäule vorausging. Aber es hat sein Versprechen, daß nichts durchgestrichen wird, weil Derjenige, der es gemacht hat, "ohne Reue" ist. Was immer auch die "Treulosigkeit" dieses Volkes sein mag, das alle Völker überlebt hat, es hält in seinen Klauen die Urkunde des Heiligen Geistes, den Schuldschein seines Patriarchen, das Ehrenwort Gottes an Abraham, durch welches ihm der bessere Teil zugesichert ist, der ihm nicht genommen werden wird. Israël n'a rien que son droit d'aînesse jamais aboli et la promesse d'un triomphe certain quoique indéfiniment ajourné. L'Argent dont il est le symbolique détenteur et que les chrétiens sordides lui envient quand ils ne peuvent le lui arracher, l'argent roule vers lui comme un torrent de boue et de misère invoquant un gouffre de désespoir. Israël sent si bien, et de plus en plus, que ce n'est pas là le Dieu qui le précédait au désert dans la colonne de nuées et dans la colonne de feu. Mais il a sa promesse que rien ne rature parce que Celui qui l'a faite est «sans repentance». Quelle que soit la «perfidie» de ce peuple qui a survécu à tous les peuples, il tient dans ses griffes le chirographe de l'Esprit-Saint, la cédule de son Patriarche, la parole d'honneur de Dieu à Abraham par quoi lui est assurée la meilleure part qui ne lui sera pas ôtée.  
Dies ist die Tiefe des großen Vesper-Liedes der Unbefleckten Empfängnis, Tochter Abrahams; Mélanie, ihre Botschafterin am Abend der Welt, konnte nicht anders, als sich mit diesem vielleicht nur ihr verständlichen Wort identifizieren, mit dem Unsere Liebe Frau von der Transfixion, die Schmerzhafte Mutter des fleischgewordenen Wortes, ihr, wie ich es gesagt habe, den Schlüssel zum Abgrund anvertraut hat. Tel est le fond du grand Cantique vespéral de l'Immaculée Conception, fille d'Abraham. Mélanie, sa messagère au soir du monde, ne pouvait que s'identifier à cette Parole intelligible pour elle seule peut-être, Notre Dame de Transfixion, Mère douloureuse du Verbe incarné, lui ayant confié, comme je l'ai dit, la Clef de l'Abîme.  

VII

VII

 
Die Blendung ist all jenen verheißen, die - schon in Kenntnis des Geheimnisses von Melanie - die Erzählung der Jahre ihrer Kindheit lesen wollen, die bis zum heutigen Tage ein anderes, noch tieferes Geheimnis geblieben ist. L'éblouissement est promis à ceux qui, connaissant déjà le Secret de Mélanie, voudront lire le récit des années de son enfance demeuré, jusqu'à ce jour, un autre secret plus profond encore.  
Indes, eine große Schlichtheit des Herzens ist nötig. Es gab nie ein einfacheres Geschöpf als Mélanie. Ecce ancilla ... Sie ist einfach wie Maria in Nazareth, wenn eine solche Angleichung erlaubt sein kann. Sie haucht Gott und die Mutter Gottes mit der Harmlosigkeit einer jener unendlich reinen und lieblichen Pflanzen des Paradieses, deren Gärtnerin sie gewesen zu sein scheint. Sie ist wirklich auf Erden, wie wenn sie nicht auf ihr wäre, und ihr Klarblick, so oft außergewöhnlich, für die Dinge dieser Welt, ist eine Folge ihrer Schau der ewigen Güter. Begabt im höchsten Grade mit dem prophetischen Sinne, gibt es für sie keine Folge oder Verkettung von Vorstellungen. Die Begriffe Zeit und Ort sind ihr unnütz. Sie hat es nicht nötig zu verstehen. Sie weiß aus eingegossener Wissenschaft, ursprünglich, wie Adam und Eva vor ihrem Sündenfall. Cependant une grande simplicité de coeur est nécessaire. Il n'y a jamais eu de créature plus simple que Mélanie. Ecce ancilla... Elle est simple comme Marie à Nazareth, si un tel rapprochement peut être permis. Elle respire Dieu et la Mère de Dieu avec l'ingénuité d'une de ces plantes infiniment pures et suaves du Paradis, dont elle paraît avoir été la jardinière. Elle est vraiment sur la terre comme n'y étant pas et sa clairvoyance, extraordinaire si souvent, des choses de ce monde est une suite de sa vision des choses éternelles. Douée, au plus haut point, du sens prophétique, il n'y a pas pour elle succession ou enchaînement de concepts. Les notions de temps et de lieu lui sont inutiles. Elle n'a pas besoin de comprendre. Elle sait d'une science infuse, primordiale, comme Adam et Eve avant leur péché.  
Es ist wahr, daß sie, wie jeder von uns, unter dem Gesetze des Fallens steht. Aber durch die Wirkung einer außergwöhlichen Umkehrung ist es nach oben, daß sie fällt, vom ersten Tage an ... Il est vrai qu'elle est, ainsi que chacun de nous, sous la loi de la chute, mais par l'effet d'un renversement exceptionnel, c'est en haut qu'elle tombe, dès le premier jour...  
Um in ihr die Hände und Füße Adams zu heilen, durchbohrt Er sie ihr von ihrer ersten Jugend an; damit die anderen Geschöpfe nicht in ihr Herz eindringen, pflanzt Er darin den Speer Kalvarias; um ihr Haupt zu verschonen, schmückt Er es mit der schrecklichen Krone des Prätoriums. Bevor sie noch sprechen konnte, war es ihr gegeben, die Menschen nur durch das Blut Jesu Christi hindurch zu sehen. Pour guérir en elle les mains et les pieds d'Adam, Dieu les lui perce dès sa toute petite enfance; pour que les autres créatures ne pénètrent pas dans son coeur, il y plante la Lance du Calvaire; pour préserver sa tête, il la coiffe de l'effrayante Couronne du prétoire. Avant même de parler, elle ne pouvait voir les hommes qu'à travers le Sang de Jésus-Christ.  
Und es war so bis zu ihrem letzten Tag. Sie lebte so nahe bei Gott, und die Mutter Gottes hatte ihr einen solchen Platz gegeben, ganz nahe bei ihrem Thron; sie war so fern von uns allen, daß es ihr nicht möglich war, uns stufenweise aufzustellen, da es in ihren Augen gerade die höchste Pflichtverletzung war, die Lieblosigkeit abzustufen. Et ce fut ainsi jusqu'à son dernier jour. Elle vivait si près de Dieu et la Mère de Dieu lui avait donné une telle place tout près de son trône; elle était si loin de nous tous qu'il ne lui était pas possible de nous étager, la prévarication suprême à ses yeux devant être précisément d'étager le non-amour.  
Unfähig, anderswo als im Absoluten zu bestehen, eingepfercht und verschanzt im Absoluten des Absoluten, was hätte sie von der Kasuistik der Ehrerbietungen der Weltlichen verstehen können? Was konnte ihr eine Abstufung von Verbrechen oder von Tugenden bedeuten? Sie sah alle Menschen, Christen oder nicht, platt, kriechend wie Würmer, und Gott, wie er auf Erden nicht regiert. Sie sah vor allem die Priester-mit welch fürchterlicher Genauigkeit: Incapable de subsister ailleurs que dans l'Absolu, cantonnée et retranchée dans l'absolu de l'Absolu, qu'aurait-elle pu comprendre à la casuistique de la dévotion des mondains? Que pouvait signifier pour elle un escalier des crimes ou des vertus? Elle voyait tous les hommes, chrétiens ou non, aplatis, rampants comme des vermisseaux, et Dieu ne régnant pas sur la terre. Elle voyait surtout les prêtres -- avec quelle précision terrible  
"Ich verstand", sagt sie, "daß in der Priesterschaft die Reinheit des Geistes die Hüterin der Reinheit des Leibes ist, daß es keine Keuschheit des Leibes in Abwesenheit der steten Reinheit des Geistes gibt, und daß der Geist und die Sinne ihre Reinheit nicht bewahren werden, wenn sie nicht GEKREUZIGT sind mit Jesus Christus." - "Hilf mir, meine verkommenen Diener zu stützen", sagt ihr Jesus, nach einer Schreckensvision. «Je compris, dit-elle, que, dans le Clergé, la pureté de l'esprit est la gardienne de la pureté du corps, qu'il n'y a pas de chasteté du corps en l'absence de la constante pureté de l'esprit, et que l'esprit et les sens ne garderont pas leur pureté s'ils ne sont CRUCIFIÉS avec Jésus-Christ.» - «Aide-moi à supporter mes ministres déchus», lui dit Jésus, après une vision d'horreur.  
Das Leiden, enorm für sie, das geistige Elend und das Ungenügen des Klerus zu kennen, ist auf dem Grunde all dessen, was sie denkt, von allem, was sie sagt, von allem, was sie schreibt. Es ist ein inneres Schluchzen ohne Unterbrechung. Lesen Sie diese Seiten des "Guten Jahres", auf welchen sie mit so viel Freude erzählt, daß ihre Herrschaften sie vor Leblosigkeit sterben ließen, indem sie ihr nie zu essen gaben: "Es ist Gott, der will, daß ich sühne, durch den Hunger und den Durst, für den Luxus und die Liebe der Reichtümer einer großen Zahl der Mitglieder des Klerus." La souffrance, énorme pour elle, de connaître la misère spirituelle et l'insuffisance du Clergé, est au fond de tout ce qu'elle pense, de tout ce qu'elle dit, de tout ce qu'elle écrit. C'est un sanglot intérieur sans interruption. Lisez ces pages de la «Bonne Année» où elle raconte avec tant de joie que ses maîtres la laissaient mourir d'inanition, ne lui donnant jamais à manger: «C'est Dieu qui veut que j'expie, par la faim et la soif, le luxe et l'amour des richesses d'un grand nombre de membres du clergé.»  
Emitte Spiritum tuum et creabuntur, et renovabis faciem terrae. Was konnte sie erwarten oder verlangen, wenn nicht dies: den endgültigen Triumph des Heiligen Geistes, der die Erlösung in seiner Unbefleckten Braut, der Heiligsten Jungfrau, Mutter Gottes vollbringen muß; die endgültige Schöpfung und die Erneuerung aller Dinge? Emitte Spiritum tuum et creabuntur, et renovabis faciem terrae. Que pouvait-elle attendre ou demander sinon cela, le triomphe définitif de l'Esprit-Saint qui doit consommer la Rédemption en son Epouse Immaculée, la Très Sainte Vierge, Mère de Dieu; la Création définitive et le renouvellement de toutes choses?  
Bis dahin ist sie in Gegenwart des Nichts, weil alles, was unvollkommen ist, absolut Gottes unwürdig ist, und weil nichts getan ist, solange noch etwas zu erlangen ist. In diesem Sinne ist Melanie die Botschafterin der Sehnsucht und der Herzensangst der ganzen Welt. Jusque-là, elle est en présence du néant, puisque tout ce qui est imparfait est absolument indigne de Dieu et que rien n'est fait tant qu'il reste quelque chose à obtenir. En ce sens, Mélanie est la messagère de l'impatience et de l'angoisse universelle.  
Zweifellos hat ihr die Herrscherin eine Regel für die Apostel der Letzten Zeiten gegeben, die übrigens nie in Praxis gesetzt wurde, trotz des formellen Befehls von Leo XIII., dem es nicht gelang, daß man ihm diesbezüglich gehorchte. Aber diese Regel, anwendbar auf nur eine kleine Zahl, war gewiß dazu da zu warten, den Weg zu bereiten, zu bewirken, daß die vorgeblich christliche Welt nicht gänzlich verflucht werde und für einige Zeit noch ihren Bestand fortsetze, in Erwartung der Stunde, die keine Uhr anzeigen soll. Sans doute, la Souveraine lui a donné une Règle des Apôtres des Derniers Temps qui, d'ailleurs, ne fut jamais mise en pratique malgré l'ordre formel de Léon XIII qui ne put se faire obéir. Mais cette Règle, applicable seulement à un petit nombre, était certainement pour attendre, pour préparer la voie, pour faire que le monde prétendu chrétien ne fût pas tout à fait maudit et continuât de subsister quelque temps encore, en attendant l'heure que ne doit marquer aucune horloge.  
"Die Unbefleckte Empfängnis", hat mir eine von Gott einzigartig geliebte Person gesagt, "die Unbefleckte Empfängnis, auf eine attributive Weise betrachtet, ist eine einmalige Buße für das ganze Menschengeschlecht, eine absolut unerhörte Buße, an die niemand denkt, von der nie gesprochen wurde, es sei denn wie von einem glorwürdigen Vorzug jenseits jeden Ausdruckes und nicht anders." «L'Immaculée Conception», m'a dit une personne singulièrement aimée de Dieu, «l'Immaculée Conception, envisagée d'une manière attributive, est une pénitence unique pour tout le genre humain, une pénitence absolument inouïe à laquelle personne ne pense et dont il ne fut jamais parlé, sinon comme d'un privilège glorieux au delà de toute expression et non autrement.»  
Eva hat geweint, sagt man, während mehreren Jahrhunderten über die unzähligen Kinder, die sie verloren hatte; Rachel plorans filios suos et nolens consolari. Maria, die neue Eva, findet sie wieder, und in welchem Zustande! Daß man sich eine Mutter ohne Makel von mehreren Milliarden leprosen Kindern vorstelle, im Todeskampf, schluchzend in den Martern, dem verrufensten Tode geweiht, beschmutzt mit dem ekelhaftesten Kot; sie allein rein geblieben und Zuschauerin ihres Verderbens. Dies allerorts und in allen Jahrhunderten... Eve a pleuré, dit-on, plusieurs siècles sur les innombrables enfants qu'elle avait perdus, Rachel plorans filios suos et nolens consolari. Marie, la nouvelle Eve, les retrouve, et dans quel état! Qu'on se représente une Mère sans tache de plusieurs milliards d'enfants lépreux, agonisant, sanglotant dans les tortures, voués à la mort la plus infâme, souillés de la fange la plus immonde; Elle seule demeurée pure et spectatrice intémérée de leur perdition. Cela partout et dans tous les siècles...  
Es war jene unverständliche Marter nötig, um "die Himmel aufzubrechen", wie Isajas sagte, und um zu bewirken, daß der Erlöser daraus herniederstieg. Der Erlöser, herabgestiegen und hingeschlachtet, dies genügte noch nicht. Es war noch nötig, daß die elenden Kinder die Erlösung annehmen, und man sieht wohl, nach 19 Jahrhunderten, daß dies nicht minder schwierig war. Il a fallu cet incompréhensible tourment pour «rompre les cieux», comme disait Isaïe, et pour en faire descendre le Sauveur. Le Sauveur descendu et immolé, cela ne suffisait pas encore. Il fallait aussi que les misérables enfants acceptassent d'être sauvés et on voit bien, après dix-neuf siècles, que cela n'était pas moins difficile.  
Nun weiß Maria nicht mehr, was tun. Sie steigt ihrerseits hernieder. Sie kommt herab, ganz in Tränen, auf einen Berg und anvertraut ihren unermeßlichen Schmerz dem letzten der Geschöpfe, indem sie ihm sagt, es ihrem ganzen Volke mitzuteilen. Dies ist es, was die gehorsame Mélanie tun wollte und was die Minister Jesu Christi nicht erlaubt haben. Alors Marie ne sait plus que faire. Elle descend à son tour. Elle descend, tout en larmes, sur une montagne et confie son immense peine à la dernière des créatures, en lui disant de la raconter à tout son peuple. C'est ce que l'obéissante Mélanie a voulu faire et ce que les ministres de Jésus-Christ n'ont pas permis.  
Das todkranke christliche Universum hat sich erhoben von seiner Dunggrube, um sie daran zu hindern, indem es sie mit den schlimmsten Beleidigungen niederdrückte... Den schmerzhaften Mantel der Unbefleckten Empfängnis ausgebreitet über sie vom Kopf bis zu den Füßen, mußte sie in der unendlichen Bitterkeit der Abtreibung einer nicht wieder gutzumachenden Barmherzigkeit sterben, die Herrscherin in ihrer unendlichen Einsamkeit ihres Privilegiums zurücklassend, inmitten ihrer unzähligen Nachkommenschaft von Sterbenden oder von Verwesten. L'univers chrétien moribond s'est levé de son fumier pour l'en empêcher, l'accablant des pires outrages... Le manteau douloureux de l'Immaculée Conception étendu sur elle de la tête aux pieds, il lui a fallu mourir dans l'amertume infinie de l'avortement d'une miséricorde irréparable, laissant la Souveraine dans la solitude infinie de son Privilège, au milieu de sa progéniture innombrable de mourants ou de putréfiés.  
Heute gibt es keine mehr, wenn nicht einige arme, verstreute Seelen, leidende, ausgespien von der Welt, die nur mehr das Martyrium erwarten; eine verschwindend kleine Herde evangelischer und einfacher Seelen, auf denen der Schatten des hl. Petrus vorüberging und die die gegenwärtige Kirche der Katakomben ausmachen. Aujourd'hui, il n'y a plus rien, sinon quelques pauvres âmes dispersées, souffrantes, vomies par le monde, qui n'attendent plus que le martyre; un minuscule troupeau d'âmes évangéliques et simples sur qui l'ombre de saint Pierre a passé et qui constituent l'Eglise actuelle des Catacombes.  
Für sie ist es, daß Mélanie schrieb, und für sie allein ist es, daß diese demütigen Seiten von dem Hirtenmädchen veröffentlicht werden, welche von der Masse verschmäht werden. C'est pour elles que Mélanie écrivait et c'est pour elles seules que sont publiées ces humbles pages de la Bergère que dédaignera la multitude.  
"Ich will nicht mehr zur Schule kommen, weil man da zuviel Lärm macht. Ich habe Angst, daß mein Herz ihn höre", sagte diese Kind, welches der Schöpfer aller Welten unendlich über seinen Donner gesetzt hat. «Je ne veux plus venir à l'école, parce qu'on y fait trop de bruit. J'ai peur que mon coeur l'entende», disait cette enfant que le Créateur de tous les mondes a placée infiniment au-dessus de son tonnerre.  
Taillepetit-en-Périgord. Taillepetit-en-Périgord.  
Notre-Dame des Neiges - Oktav Mariä Himmelfahrt, 1911 Notre-Dame des Neiges - Octave de l'Assomption, 1911.  

LÉON BLOY.

LÉON BLOY.

 
     

Eigenhändige Niederschrift Mélanies
über ihre Jugendzeit
von 1831 bis 1846

Aus dem Französischen übersetzt
von Paul O. Schenker

 

   

D..., den 30. November 19001)

D..., le 30 novembre 19001).

 
Um meinem hochwürdigen Herrn und Beichtvater, Herrn X... zu gehorchen, welchen mir die heiligste Jungfrau gegeben hat, um meine arme Seele zu leiten und mich den Weg zu lehren, der in den Himmel führt, das Absterben mir selbst und allen vergänglichen Dingen, schreibe ich mein elendes Leben, welches wahrhaftig ein Gewebe von Sünden und Treulosigkeiten ist, wie man hiernach sehen wird. Pour obéir à mon très Révérend Père et confesseur, M. X..., que la très Sainte Vierge m'a donné pour diriger ma pauvre âme et m'enseigner la voie qui mène au ciel des cieux, la mort à moi-même et à toutes les choses transitoires, j'écris ma misérable vie qui est vraiment un tissu de péchés et d'infidélités, comme on le verra ci-après. 1
Wenn mir bis hierher der Gehorsam gegenüber meinem Beichtvater süß und lieb war, so scheint er mir heute schwer und hart; meine Hoffart sieht sich gedemütigt, weil ich verpflichtet bin, meine großen und unzähligen Treulosigkeiten und Undankbarkeit gegenüber dem Allerhöchsten, meinem Schöpfer, schriftlich niederzulegen, trotz der Gnaden, die über meine Seele zu gießen Er nicht aufgehört hat, ohne daß ich sie in irgendeiner Weise verdient hätte. Si jusqu'ici l'obéissance à mon confesseur m'a été douce et chère, aujourd'hui elle me paraît pesante et dure, ma superbe se voit humiliée, étant obligée de mettre par écrit mes grandes et innombrables infidélités et ingratitudes envers le Très-Haut mon Créateur, malgré les grâces qu'il n'a cessé de verser sur mon âme sans que je les eusse méritées en aucune manière. 2
Mein Vater war gebürtig von Corps, Kantonshauptort des Departements Isère, und hieß Pierre Calvat2). Er war einfacher Maurer und Langholzsäger, aber ein guter Christ. Meine Mutter, Julie Barnaud, war gebürtig von Séchilienne, einer kleinen Gemeinde des Kantons von Virile, gleichfalls im Departement Isère. Meine Eltern wohnten in Corps; sie waren sehr arm, und mein Vater, der gezwungen war, in der Ferne zu arbeiten, um seine Familie zu ernähren, verbrachte oft ganze Monate auswärts. Es war teils deswegen, daß ich, sobald ich arbeiten konnte, vor dem Alter von 7 Jahren, in den Dienst bei Arbeitgebern gestellt wurde. Mon père était natif de Corps, chef-lieu de canton du département de l'Isère, et s'appelait Pierre Calvat2). Il était simple maçon et scieur de long, mais bon chrétien. Ma mère, Julie Barnaud, était native de Séchilienne, petite commune du canton de Vizille, dans l'Isère également. Mes parents habitaient Corps; ils étaient très pauvres; et mon père étant obligé de travailler au loin pour nourrir sa famille passait souvent des mois entiers dehors. Ce fut en partie pour cela que je fus mise à servir chez des patrons aussitôt que je pus travailler, avant l'âge de sept ans. 3
Meine Eltern hatten 10 Kinder: 6 Knaben und 4 Mädchen. Sie hatten zuerst ein Mädchen, welches kurze Zeit nach seiner Geburt starb. Sie hatten alsdann zwei Knaben im Zeitraum von vier Jahren. Meine Mutter, welcher die Zeit lange währte in diesem Lande, wünschte sehr, ein kleines Mädchen zu besitzen, welches ihr Gesellschaft leisten würde, wenn sie ausging; sie erhielt es schließlich: ich wurde geboren am 7. November 18313). Bei der heiligen Taufe gab sie mir die Namen Virilese-Mélanie. Sie liebte mich sehr, aber es war dies nicht für lange Dauer. Meine Bosheiten, die andauernden Mißfälligkeiten, die ich ihr bereitete, waren Anlaß zu einigen Unruhen im Hause. Oh! wie ich schlecht bin und war! Es wäre die Geduld der Engel nötig gewesen, um mich zu ertragen. Mes parents eurent dix enfants, six garçons et quatre filles. Ils eurent d'abord une fille qui mourut peu de temps après sa naissance. Ils eurent ensuite deux garçons dans l'espace de quatre ans. Ma mère, à qui le temps durait beaucoup dans ce pays, désirait fort d'avoir une petite fille pour lui tenir compagnie quand elle sortait; enfin elle l'obtint: je naquis le 7 novembre 18313). Elle me donna au Saint Baptême les noms de Françoise-Mélanie. Elle m'aimait beaucoup, mais ce ne fut pas de longue durée. Mes méchancetés, les continuels déplaisirs que je lui donnais furent cause de quelques troubles dans la maison. Oh ! comme je suis et j'ai été mauvaise! Il aurait fallu la patience des anges pour me supporter. 4
Von Natur war meine Mutter sehr fröhlich; sie liebte die Unterhaltungen, die Tänze, die Lustspiele, und sie war immer eine von den ersten an allen Festen des Landes. Schon als ich fünf oder sechs Monate alt war, wollte sie mich zu den Abendanlässen tragen, wo es Belustigungen gab; aber ich schrie, ich weinte und zerriß ihre Kleider. Par nature ma mère était très gaie; elle aimait les divertissements, les danses, les comédies; et elle était toujours des premières à toutes les fêtes du pays. Dès que j'eus cinq ou six mois, elle voulut me porter dans les soirées où il y avait des amusements; mais je criais, je pleurais et déchirais ses habits. 5
Mein Vater war ernsthafter; er war vom ganzen Lande geliebt, er liebte die Arbeit und all seine Kinder gleich. Oft ermahnte er uns, in der heiligen Furcht Gottes zu leben, ehrlich und fügsam zu sein. Er unterließ es nie, jedesmal wenn er sich im Kreise der Familie befand, uns unser Gebet verrichten zu lassen, bevor er uns zu Bett brachte, und weil ich noch zu jung war, um mich selber auf den Knien zu halten, setzte er mich auf seine Knie und lehrte mich, das heilige Kreuzzeichen zu machen, legte mir dann ein Kruzifix in meine Hände, sprach mir vom lieben Gott und erklärte mir nach seiner Art das große Geheimnis der Erlösung, des Christus, der soviel leiden und dann sterben wollte, um uns die Türe des Paradieses zu öffnen. Diese Worte gefielen mir sehr; ich war, wie es scheint, sehr empfindsam; ich liebte den Christus; ich weinte; ich schaute ihn mit Zuneigung an; ich sprach zu ihm; ich befragte ihn; ich erhielt keine Antwort, und in meiner Unwisssenheit wollte ich sein Schweigen nachahmen. Alle diese Dinge meiner ersten Kindheit weiß ich, weil ich sie gehört habe von den Nachbarn und meiner Mutter, der ich immer ein Kreuz war. Mon père était plus sérieux, il était aimé de tout le pays; il aimait le travail et tous ses enfants également. Souvent il nous exhortait à vivre dans la sainte crainte de DIEU, à être honnêtes et dociles. Il ne manquait jamais, chaque fois qu'il se trouvait dans la famille, de nous faire faire notre prière avant de nous mettre au lit; et comme j'étais trop jeune encore pour me tenir à genoux, il m'asseyait sur ses genoux et m'apprenait à faire le signe de la sainte croix, puis me mettait un crucifix dans les mains, me parlait du bon DIEU et m'expliquait à sa manière le grand mystère de la Rédemption, le Christ qui avait voulu tant souffrir et puis mourir pour nous ouvrir la porte du Paradis. Ces paroles me plaisaient beaucoup; j'étais, à ce qu'il paraît, très sensible, j'aimais le Christ, je pleurais, je le regardais avec affection, je lui parlais, je le questionnais, je n'avais pas de réponse et, dans mon ignorance, je voulais imiter son silence. Toutes ces choses de ma première enfance, je les sus pour les avoir entendu dire par les voisins et par ma mère à qui je fus toujours une croix. 6
Ich erinnere mich, daß ich jedesmal weinte, wenn sie mich zu Festen, zu Lustspielen trug, sobald ich die Menschenmenge sah, und das Angesicht auf ihren Schultern verbarg, indem ich in einem Fort, sehr heftig weinte, solcher Art, daß ich die Anwesenden daran hinderte, das zu hören, was gesagt wurde, und meine Mutter mußte mich hinaustragen4). Welch große Geduld hatte sie mit mir, die ich ihr nur Überdruß gab! Zu Hause angekommen, fragte sie mich, warum ich weinte; ich antwortete ihr kurz, daß ich Angst hatte und daß ich es vorziehe, hier zu bleiben mit dem Kruzifix meines Vaters. Auf dies hin schalt sie mich, indem sie mich fragte, ob auch ich eine Frömmlerin sein wolle, wie meine Tante (Schwester meines Vaters). Ich antwortete ihr nicht und berichtigte mich auch nicht. Sie beklagte sich bei den Nachbarinnen über meinen Charakter. Jene rieten ihr, mich oft zu Versammlungen zu führen, um mich daran zu gewöhnen, die Menschen zu sehen und zu sprechen. So wurde getan, aber meine wilde Natur widerstand allen Versuchen. Ich sprach nur mit meinem Vater; wenn er mir sagte, daß es unsere Sünden seien, die Unseren Herrn Jesus Christus getötet haben, sagte ich ihm: "Oh!... nie will ich Sünden begehen, weil dies Ursache so vieler Leiden für meinen lieben Gott gewesen ist. Oh!... armer lieber Gott, ich will immer an Dich denken und will nie Dir mißfallen. Wenn ich ganz allein werde gehen können, werde ich tun wie Du getan; ich werde in die Einsamkeit gehen; ich werde an Dich denken, und dann, wenn ich groß sein werde, werde ich hingehen, den bösen Männern und den bösen Frauen zu sagen: Laßt mich sterben auf einem Kreuz, damit ich eure Sünden austilge, sonst werdet ihr nie ins Paradies eingehen." Diese Worte brachten meine Mutter vollends zur höchsten Erbitterung; sie konnte mich nicht mehr vor ihren Augen sehen; anstatt ihr Trost zu sein, war ich der Gegenstand all ihrer Schmerzen; sie gab mir den Beinamen die Stumme5): "Ich untersage", sagte sie, "meinen zwei Kindern, sie bei ihrem Namen zu rufen; ich verbiete es, daß man ihr zu essen gebe, und ich verbiete es, daß man auf sie achtgebe; haltet sie nicht mehr, laßt sie am Boden; weil sie ja alles tun will, was GOTT getan hat, so soll sie es tun. GOTT hatte es nicht nötig, daß man ihn hielt, als er klein war. GOTT schlief am Boden, er hat selbst um sein Brot gebetet, aber ich verbiete ihr, sei es jetzt oder sei es später, zu erbitten, was es auch immer sei." Ich schleppte mich deshalb wie ich konnte auf meinen Händen und meinen Knien, und ich verbrachte die Tage und manchmal ganze Nächte in einer Ecke oder unter einem Bette. Dort dachte ich an das Kind JESUS und an die heiligste Jungfrau und an die Leiden Unseres Herrn. Mehrere Monate vergingen so. Schließlich, nachdem meine Mutter gelangweilt war, mich unter einem Bett in einem Zimmer, ganz allein, bleiben zu sehen, verdiente ich das Strafgericht, am Abend aus dem Hause gejagt zu werden. Je me rappelle que chaque fois qu'elle me portait à des fêtes, à des comédies, aussitôt que je voyais la foule, je pleurais et me cachais la figure sur ses épaules tout en continuant de pleurer très fort, de sorte que j'empêchais les assistants d'entendre ce qui se disait et ma mère devait me porter dehors4). Quelle grande patience elle a eue avec moi qui ne lui donnais que des ennuis! Arrivée à la maison, elle me demandait pourquoi je pleurais; je lui répondais brièvement que j'avais peur et que je préférais rester ici avec le crucifix de mon père. A cela elle me grondait, me demandant si moi aussi je voulais être bigote comme ma tante (soeur de mon père). Je ne lui répondais pas et je ne me corrigeais pas non plus. Elle se plaignait avec les voisines de mon caractère. Celles-ci lui conseillèrent de me conduire souvent dans les assemblées pour m'habituer à voir le monde et à parler. Ainsi fut fait, mais mon naturel sauvage résista à toutes les tentatives. Je ne parlais qu'avec mon père; quand il me disait que c'étaient nos péchés qui avaient fait mourir Notre-Seigneur Jésus-Christ, je lui disais : «Oh!... jamais je ne veux faire des péchés puisque ça a tant fait souffrir mon bon DIEU. Oh! ... pauvre bon DIEU, je veux toujours penser à vous et ne veux jamais vous déplaire. Quand je pourrai marcher toute seule, je ferai comme vous avez fait, j'irai dans la solitude, je penserai à vous; et puis, quand je serai grande, j'irai dire aux méchants hommes et aux méchantes femmes: Faites moi mourir sur une croix pour que j'efface vos péchés, autrement vous n'irez jamais en paradis.» Ces paroles achevaient d'exaspérer ma mère; elle ne pouvait plus me voir devant ses yeux; au lieu d'être sa consolation, j'étais l'objet de toutes ses peines; elle me surnomma la muette5): «Je défends, dit-elle, à mes deux enfants de l'appeler par son nom; je défends qu'on lui donne à manger et je défends qu'on fasse attention à elle; ne la tenez plus, laissez-la par terre; puisqu'elle veut faire tout ce que DIEU a fait, qu'elle le fasse: DIEU n'a pas eu besoin qu'on lui apprît à marcher ni qu'on le tînt lorsqu'il était petit. DIEU a couché par terre, il a même demandé son pain, mais je lui défends de demander, soit à présent, soit plus tard quoi que ce soit.» Je me traînais donc comme je pouvais sur les mains et sur les genoux, et je passais les journées et quelquefois les nuits entières dans un coin ou sous un lit. Là je pensais à l'enfant JÉSUS et à la Sainte Vierge et aux souffrances de Notre-Seigneur. Plusieurs mois s'écoulèrent ainsi. Enfin ma mère ennuyée de me voir rester sous un lit dans une chambre, toute seule, je méritai le châtiment d'être chassée de la maison, le soir. 7
Gegen den Morgen wollte ich zu meiner lieben Mutter zurückkehren, und, durch ein gerechtes Urteil Gottes, wurde ich abgewiesen als unverbesserlich und eigensinnig. Weil ich nicht wußte, wohin gehen, nahm ich den Weg, der zu einem Wald hin führte, der einige Minuten vom Hause entfernt ist. Ich begegnete meiner Tante, die mich fragte, wohin ich gehe. Mit der Hand gab ich ihr ein Zeichen, daß ich in diesen Wald gehe. Sie gab mir die Hand und führte mich zu ihr. Ich war damals drei Jahre alt. Vers le matin, je voulus rentrer auprès de ma chère mère, et, par un juste jugement de DIEU, je fus renvoyée comme incorrigible et obstinée. Ne sachant où aller, je pris le chemin qui aboutissait à un bois qui est à quelques minutes de la maison. Je rencontrai ma tante qui me demanda où j'allais. Avec la main je lui fis signe que j'allais dans ce bois. Elle me donna la main et me conduisit chez elle. J'avais alors environ trois ans. 8
Ich liebte meine lieben Eltern sehr und im allgemeinen alle Personen, die ich kannte. Es schien mir, daß ich in mir das Bedürfnis spürte, zu lieben und geliebt zu werden von allen Geschöpfen des lieben Gottes. Nun, durch die Gnade Gottes, erkenne ich die Güte, das Erbarmen des Allerhöchsten über mich armseliges Geschöpf, und daß es Gott war, der zuließ, daß ich nie liebkost noch geküßt wurde von meiner lieben Mutter. Das erste Mal, an welches ich mich erinnere, von ihr geküßt worden zu sein, war gegen das Jahr 1851, anläßlich meiner Einkleidung bei den Schwestern der Vorsehung von Corenc. Wenn meine Mutter nicht gehandelt hätte, wie sie es getan hat, was wäre mit dem Heil meiner armen Seele gewesen, die natürlicherweise schwach und geneigt war zu zuviel Hinneigung zu den Personen, die mir Sympathie, Freundschaft erwiesen hätten? J'aimais beaucoup mes chers parents et en général toutes les personnes que je connaissais. Il me semblait sentir en moi comme un besoin d'aimer et d'être aimée par les créatures du bon DIEU. Maintenant, par la grâce de DIEU, je reconnais la bonté, la miséricorde du Très-Haut sur moi mesquine créature, et que ce fut DIEU qui permit que je ne fusse jamais caressée ni embrassée par ma chère mère. La première fois que je me rappelle avoir été baisée par elle, ce fut vers l'année 1851, à l'occasion de ma prise d'habit chez les soeurs de la Providence, de Corenc. Si ma mère n'avait pas agi comme elle fit, qu'en aurait-il été du salut de ma pauvre âme, naturellement faible et inclinée à trop d'affection pour les personnes qui m'auraient manifesté de la sympathie, de l'amitié ! 9
Nach etwa drei Tagen führte mich meine Tante zu meinen Eltern, und sobald mein Vater von seiner Arbeit zurückkehrte, am Sonntag, sprach sie mit ihm. Es scheint, daß unter den Klagen, die sie ihm vorbrachte, sie ihm sagte, daß man mich hungern lasse. Ich merkte, daß meine liebe Mutter traurig war, bekümmert, leidend. Unter so vielen Fehlern hatte ich jenen, sehr empfindsam zu sein für den Kummer anderer. Da ich sie traurig sah, wollte ich sie trösten. Ich rückte einen Stuhl neben den ihren, um darauf zu steigen und sie zu küssen; sie stieß mich von sich. Ich weinte, mich nicht befriedigen zu können; dann küßte mich mein Vater und gab mir den Christus, den einzigen Andachtsgegenstand, den es im Hause gab. Après environ trois jours, ma tante me conduisit chez mes parents; et dès que mon père revint de ton travail, le dimanche, elle lui parla. Il paraît qu'entre les plaintes qu'elle lui fit, elle dit qu'on me faisait souffrir de la faim. Je m'aperçus que ma chère mère était triste, affligée, peinée. Parmi tant de défauts j'avait celui d'être très sensible pour les chagrins d'autrui. La voyant triste, je voulus la consoler. Je mis une chaise près de la sienne afin d'y monter pour l'embrasser; elle me repoussa. Je pleurais de ne pouvoir me satisfaire; alors mon père m'embrassait et me donnait le Christ, seul objet de piété qu'il y eût dans la maison. 10
Mit dem Christus in der Hand war ich zufrieden: ich betrachtete, ich küßte unseren süßen Erlöser, der für uns gekreuzigt war, und Tränen rannen aus meinen Augen. Ich dachte an das, was mir mein Vater und meine Tante gesagt hatten, daß jedesmal, wenn man sündigt, man von neuem unseren göttlichen Erlöser kreuzigt. In meiner Unwissenheit glaubte ich, daß man ihn wirklich auf einem Kreuz kreuzige, und ich sagte mir, daß wenn ich jemanden sehe, der ihn kreuzigen wolle, ich ihm sagen würde: "Schon einmal habt Ihr meinen ersten Vater getötet; er starb aus Liebe zu uns, um uns in den Himmel zu tragen; ich werde es nicht erlauben, daß Ihr unter meinen Augen ihm weh tut. Wenn Ihr wollt, laßt mich sterben, weil ich ihn liebe und weil ich mich ihm im Himmel wieder anschließen will." In Wirklichkeit liebte ich den lieben Gott nicht um Gottes willen: wenn ich glaubte, ihn zu lieben, war meine Liebe ganz menschlich; ich liebte ihn aus Empfindsamkeit, weil mein Geliebtester so viel gelitten hat, und weil er am Kreuze für unsere ewige Glückseligkeit gestorben ist. Avec le Christ en main j'était contente: je regardais, j'embrassais notre doux Sauveur crucifié pour nous et des larmes coulaient de mes yeux. Je pensais à ce que m'avaient dit mon père et ma tante, que chaque fois qu'on pèche on crucifie de nouveau notre divin Rédempteur. Dans mon ignorance je croyait qu'on le crucifiait réellement sur une croix et je me disais que si je voyais quelqu'un qui voulût le crucifier, je lui dirais : «Déjà vous avez fait mourir une fois mon premier père, il est mort pour notre amour, pour nous porter au ciel; je ne permettrai pas que sous mes yeux vous lui fassiez du mal. Si vous voulez, faites-moi mourir parce que je l'aime et que je veux aller le rejoindre dans le ciel.» En réalité je n'aimais pas le bon DIEU pour DIEU: si je croyais l'aimer, mon amour était tout humain, je l'aimais par sensibilité, parce que mon bien-aimé avait tant souffert et qu'il était mort en croix pour notre félicité éternelle. 11
Trotz alledem besserte ich mich nicht; ich ließ nicht ab von meinen zahlreichen Fehlern. Jedesmal wenn meine Mutter mich zu einer Gesellschaft trug, gab ich ihr Mißfallen durch mein Weinen und mein Schreien, so daß sie immer nach Hause zurückkehren mußte. Meine Boshaftigkeiten waren andauernd. Einmal vor allem war ich sehr frech. Es war eine sehr schöne Vorstellung, und ich schrie nur und weinte, ich wand mich in den Armen meiner lieben Mutter, damit sie mich auf den Boden setze und ich nach Hause fliehen könnte, so daß eine der Personen der Szene laut rief, dieses Kind hinauszubringen. Zu Hause angelangt, sagte mir meine arme Mutter sehr erbost, daß ich nicht ihre Tochter wäre, daß ihre Kinder alle sehr gute Charaktereigenschaften hätten, daß sie mich aus Nächstenliebe bei ihr behalten habe, aber daß nun die Stunde gekommen sei, sich meiner zu entledigen, daß ich fortgehen könne, wohin es mir gefiele. Sie sagte meinen Brüdern, daß ich nicht zur Familie gehöre, daß ich nicht die Schwester meiner Brüder wäre und daß sie mich nicht mehr Mélanie nennen dürften, daß mein wahrer Name Stumme, Wölfin, Wilde, Einsame sei, daß ich mit den Tieren gehen soll, die im Walde leben, und sie verbot es mir, sie Mama zu heißen und meinen Vater (der abwesend war) Papa zu nennen. Nachdem ich ihre Betrübnis sah, weinte ich und wollte sie küssen, um sie zu trösten; sie stieß mich von sich, indem sie mir befahl, mich hinweg zu begeben, nahm mich beim Arm und, die Türe öffnend, setzte sie mich hinaus mit dem Verbot, je wiederzukehren. Malgré cela, je ne m'amendais pas, je ne me corrigeais pas de mes nombreux défauts. Chaque fois que ma mère me portait dans quelque société, je lui donnais du déplaisir par mes pleurs et mes cris, de sorte qu'elle devait toujours faire retour à la maison. Mes méchancetés étaient continuelles. Une fois surtout, je fus très impertinente. II y avait une très belle représentation et je ne faisais que crier et pleurer, je me tordais dans les bras de ma chère mère pour qu'elle me mît à terre et m'enfuir à la maison, de sorte qu'une des personnes de la scène dit à haute voix de faire sortir cette enfant. Arrivées à la maison, ma pauvre mère très fâchée me dit que je n'était pas sa fille, que ses enfants avaient tous de très bons caractères que par charité elle m'avait gardée chez elle, mais que l'heure était venue de se débarrasser de moi, que je pouvais aller où il me plairait. Elle dit à mes frères que je n'appartenais pas à la famille, que je n'étais pas la soeur de mes frères et qu'ils ne devaient plus m'appeler Mélanie, que mon vrai nom était muette, louve, sauvage, solitaire, que je devais aller avec les animaux qui vivent dans les bois; et elle me défendit de l'appeler maman, et d'appeler mon père (qui était absent) papa. Voyant son affliction, je pleurais et je voulais l'embrasser pour la consoler; elle me repoussa en m'ordonnant de m'en aller, me prit par le bras et, ouvrant la porte, me mit dehors en me défendant de revenir. 12
Mein Kummer war groß; aber oh! wie hatte meine Mutter recht, mich bessern zu wollen! Ich war in allen Belangen unausstehlich; denn, wenn sie mich allein zu Hause ließ, sobald Arme sich an der Türe zeigten, gab ich ihnen alles was sich in meiner Reichweite befand, ohne die Erlaubnis dazu zu haben, und wenn sie mich mit ihr fortnahm - die Personen, die ich sah, machten mir Angst -, wollte ich davonlaufen, und ich weinte. Schließlich, wenn es nicht diese Sache war, war es eine andere; ich war die Qual meiner armen Mutter, und oft sagte sie, daß es besser sein würde, wenn ich tot wäre. Von meinem ganzen Herzen hätte ich gewünscht zu sterben, um die andauernde Pein, die ich ihr verursachte, zu beendigen.

Mon affliction fut grande; mais, oh! comme ma mère avait raison de me vouloir corriger. J'étais en toutes manières insupportable, car si elle me laissait seule à la maison, dès que des pauvres se présentaient à la porte, je leur donnait tout ce qui se trouvait à ma portée sans en avoir la permission, et si elle m'emmenait avec elle, les personnes que je voyais me faisaient peur, je voulais fuir et je pleurais. Enfin quand ce n'était pas une chose, c'en était une autre, j'étais le tourment de ma pauvre mère et souvent elle disait qu'il aurait été mieux que je fusse morte. De tout mon coeur j'aurais aimé mourir, pour faire cesser la continuelle peine que je lui occasionnais.

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Wie die anderen Male, begab ich mich in den Wald, indem ich an das dachte, was sie mir gesagt hatte: daß ich keine Mutter habe, keinen Vater, keine Brüder, keine Wohnung und daß niemand mich wollte. Ich war betrübt, ja entmutigt, wenn ich daran dachte, daß ich den süßen Namen Mama nicht mehr sagen konnte. Dieses Mal weinte ich über mein trauriges Los. Dann dachte ich an den Christus, an das Kreuz meines Vaters; ich sagte mir: der Erlöser hatte geschlossene Augen, er hat mich nicht angeschaut; er kennt mich vielleicht nicht; wie wird er wissen, daß ich hier bin, allein? Er hat nicht zu mir gesprochen und dennoch starb er für uns, für mich, indem er die Augen schloß... Nun gut! Auch ich will ihn lieben und sterben für ihn. Gleich jetzt gebe ich mich für immer ganz ihm; ich will ihn lieben und ihn bitten mit meinen geschlossenen Lippen, weil der Christus sie geschlossen hatte, ich werde ihm meine Wünsche sagen, ihn lieben zu wollen, ganz ihm zu gehören und nur den Christus zu wollen. (Indem ich das Kreuz von meinem Jesus verlangte, meinte ich ein Kreuz aus Holz; ich war nicht fähig, meine Gedanken höher zu erheben.) Comme les autres fois, je m'en allai dans le bois, tout en pensant à ce qu'elle m'avait dit: que je n'avais pas de mère, pas de père, pas de frères, pas d'habitation et que personne ne me voulait. J'étais affligée, même découragée, en pensant que le doux nom de maman, je ne pouvais plus le dire. Cette fois, je pleurai sur mon triste sort. Puis je pensai au Christ, à la Croix de mon père; je me disais: le Rédempteur avait les yeux fermés, il ne m'a pas regardée, il ne me connaît peut-être pas, comment saura-t-il que je suis ici seule? Il ne m'a pas parlé et pourtant il est mort pour nous, pour moi, en fermant les yeux... Eh bien! moi aussi, je veux l'aimer et mourir pour Lui. A présent je me donne pour toujours tout entière à Lui; je veux l'aimer et le prier avec mes lèvres fermées, puisque, le Christ les avait fermées; je lui dirai mes désirs de le vouloir aimer, d'être toute sienne et de rien vouloir que le Christ. (En demandant la croix de mon Jésus, j'entendais une croix de bois, je ne savais pas porter ma pensée plus haut.) 14
Es waren drei oder vier Tage vergangen, die ich im Walde verbracht hatte, ohne irgend jemand zu sehen oder zu hören: meine einzige Beschäftigung war der Gedanke an das Leiden Unseres Herrn Jesus Christus; oft verging ich in Tränen, wenn ich daran dachte, wie sehr die Sünde meinem lieben Gott mißfällt, nachdem es erforderlich war, daß mein Jesus all sein Blut vergieße, um sie auszuwischen und die Menschen ins Paradies zu bringen. Ich hatte nicht mehr die Kraft zu gehen; ich fiel, und ich war in eine tiefe Traurigkeit getaucht bei dem Gedanken, wie sehr man meinen Jesus beleidigte, dann auch darüber, daß ich nicht wie die andern Kinder eine Mutter hatte, der ich alles sagen und die ich um Auskunft über das Leben meines Jesus im Himmel fragen konnte. Plötzlich sehe ich ein ganz kleines Kind von großer Schönheit, bekleidet mit einem leuchtenden Weiß, mit einer hübschen Krone auf dem Kopf, auf mich zukommen. Sobald dieses kleine Kind bei der Wilden war, sagte es ihr: "Guten Tag, meine Schwester, warum weinst du? Ich komme dich trösten." - "Oh!, sagte darauf die Wilde, mein armer Kleiner, sprich ganz leise; ich liebe den Lärm nicht. Ich weine, weil ich gerne alles wissen möchte, was mein Jesus gemacht hat, um die Welt zu retten, damit ich tue wie Er, ohne irgend etwas zu versäumen, dann auch das, was die Welt tat, um meinen Jesus Christus zu töten; dann möchte ich eine Mama haben; ich habe niemanden. Ich war in einem Hause mit einer Frau und Kindern; diese Frau will mich nicht mehr. Oh! wenn ich eine Mama hätte!" - "Meine Schwester, sagte darauf der Kleine, nenne mich Bruder; ich bin dein guter Bruder; ich wache über dich; wir haben eine Mama." - "Eine Mama! eine Mama! rief die Wilde, immer noch weinend. Oh! Ich, ich habe also eine Mama! Wo ist sie, mein Bruder, daß ich sie schnell aufsuchen gehe?" Il y avait trois ou quatre jours que j'étais dans le bois sans voir ni entendre personne: ma seule occupation était la pensée de la passion de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST ; souvent je fondais en larmes en pensant combien le péché déplaît à mon bon DIEU, puisqu'il avait fallu que mon JÉSUS versât tout son sang pour l'effacer et mettre les hommes dans le paradis. Je n'avais plus la force de marcher, je tombais et j'étais plongée dans une profonde tristesse en pensant combien on offensait mon JÉSUS, puis aussi de ce que, comme les autres enfants, je n'avais point de mère pour tout lui dire et pour lui demander des explications sur la vie de mon JÉSUS au ciel. Tout à coup, je vois venir à moi un tout petit enfant d'une grande beauté, vêtu d'un blanc brillant avec une jolie couronne sur la tête. Dès que ce petit enfant fut près de la sauvage il lui dit : «Bonjour, ma soeur, pourquoi pleurez-vous? je viens vous consoler.» - «Ah ! dit alors la sauvage, mon pauvre petit, parlez bien bas, je n'aime pas le bruit. Je pleure parce que je voudrais savoir tout ce que mon JÉSUS a fait pour sauver le monde, pour que je fasse comme Lui sans rien manquer; puis ce que le monde a fait pour faire mourir mon JÉSUS-CHRIST; puis je voudrais avoir une maman; je n'ai personne. J'étais dans une maison avec une femme et des enfants; cette femme ne me veut plus. Ah ! si j'avais une maman!» - «Ma soeur, dit alors le petit, dites-moi Frère, je suis votre bon Frère, je veille sur vous; nous avons une maman.» --- «Une maman! une maman! s'écria la sauvage, toujours en pleurant. Ah! j'ai, j'ai donc une maman! où est-elle, mon Frère, pour que je courre vite la trouver?» 15
-- "Unsere Mama, sagte das hübsche Kind, ist überall mit ihren Kindern; liebe sie sehr, diese gute Mama; sie ist immer mit jenen, die sich als ihre Kinder erweisen. Bald werde ich dich zu unserer Mama führen, sie zu sehen." Darnach unterrichtete das junge Kind die Stumme über die Größe Gottes, seine Macht, seine Güte, schließlich über sein ganzes öffentliches Leben und vor allem über sein Leiden. Aber als er beim bitteren Leiden war, sagte ich zu ihm: "Oh! mein Bruder, sag' mir nicht mehr darüber; ich weiß, wie sehr mein lieber Gott gelitten hat, um uns in den Himmel zu bringen. Der Mann des Hauses, wo ich wohnte, bevor die Frau mich hinauswarf, hatte mir all dies erzählt, und ich möchte selber leiden wie mein guter Gott. Oh! ich werde es nie wagen, ins Paradies einzutreten, wenn ich nicht wie mein guter Jesus leide." Dann sagte mir mein lieblicher Bruder: "Meine Schwester, fliehe den Lärm der Welt, liebe die Zurückgezogenheit und die Betrachtung: hefte dein Herz ans Kreuz und das Kreuz in dein Herz; möge Jesus Christus deine einzige Beschäftigung sein. Liebe die Stille, und du wirst die Stimme Gottes vom Himmel hören, der dir ins Herz sprechen wird; geh' mit niemandem eine Verbindung ein, und Gott wird dein Alles sein." -- «Notre maman, dit le joli enfant, est partout avec ses enfants; aimez-la bien, cette bonne maman; elle est toujours avec celles qui se montrent ses enfants. Bientôt je vous mènerai voir notre maman.» Après cela le jeune enfant fit connaître à la muette la grandeur de DIEU, sa puissance, sa bonté, enfin toute sa vie publique et surtout sa Passion. Mais lorsqu'il en était à la Passion je lui dis : «Ah! mon Frère, ne m'en dites pas davantage; je sais combien mon bon DIEU a souffert pour nous mettre dans le ciel. L'homme de la maison où je restais avant que la femme me mît dehors m'avait raconté tout ça et je voudrais moi-même souffrir comme mon bon DIEU. Oh! je n'oserai jamais entrer dans le paradis si je ne souffre comme le bon JÉSUS.» Puis mon aimable Frère me dit : «Ma soeur, fuyez le bruit du monde, aimez la retraite et le recueillement: ayez votre coeur à la croix et la croix dans votre coeur; que JÉSUS-CHRIST soit votre seule occupation. Aimez le silence et vous entendrez la voix du DIEU du ciel qui vous parlera au coeur; ne formez de liaison avec personne et DIEU sera votre tout.» 16
Mein kleiner Bruder kam beinahe alle Tage, mich zu sehen; manchmal blieb er einen Tag lang weg, ohne zu kommen; aber oft kam er mehrere Male am selben Tag. Wir unterhielten uns immer über das Leiden oder das verborgene Leben Unseres Herrn Jesus Christus. Ich war tiefer in den Wald gedrungen; wenn ich auf dem Pfade fiel, der mit Steinen angefüllt war, kam er sogleich, mich aufzuheben; wir gingen, uns bei den Händen haltend; wir sammelten miteinander Blumen. Er war mir im höchst möglichen Grade sympathisch; er flößte mir Vertrauen ein; ich fühlte mich entflammt in Liebe zu ihm. Jedesmal, wenn ich ihn sah und er mich seine Schwester nannte, erfüllte sich mein Herz mit Freude und mit einem süßen Trost. Mein Bruder war meines Alters (er war immer von meiner Größe); er war nicht größer als ich; er war wohlgestaltet, gut proportioniert; sein kleines Gesicht war von rosigem Weiß, seine Haare waren hellkastanienbraun und gekämmt; sie waren auf seiner schönen Stirn geteilt und fielen ein wenig auf seine Schultern; seine Augen waren sanft und durchdringend; seine Stimme süß, klangvoll, melodiös; sie ging direkt in die Seele und ließ mein Herz hüpfen; seine kleinen Hände, sehr sanft ANZURÜHREN, waren in den meinen wie der Kontakt mit einer Lilie; seine ganze Person schien wie kristallen. Als wir uns, nachdem wir lange von Unserem Herrn Jesus Christus gesprochen hatten, damit amüsierten, die Blumen zu betrachten und wir manchmal davon pflückten, um daraus Kränzchen zu fertigen, usf., schien es mir, daß sich die Blumen wie von selbst in seine hübschen kleinen Hände legten; aber ich fand die Sache ganz natürlich, weil ich keine Ahnung davon hatte, was die Menschen tun und nicht tun können. Ich habe gesagt, daß er das erste Mal ganz in Weiß gekleidet war mit einem Kranz aus weißen Rosen auf seinem Kopf; aber er war nicht immer so gekleidet. Er kam nur die ersten drei Male mit einem Kranz; und manchmal hatte er einen blauen Rock und einen weißen Gürtel, andere Male einen rosafarbenen Rock, weiße Schuhe und einen blauen Gürtel. Das dritte Mal, da ich meinen Bruder sah, hatte er einen rosafarbenen Rock aus versilbertem Rosa, der bei der Hüft durch ein Band aus Gold zusammenmgezogen war; die Enden hingen seitwärts herunter auf seinem hübschen Rock, und auf seinem Kopf trug er einen Kranz aus prächtigen Rosen. Ich erinnere mich, daß er weiße hatte, aus einem sehr schönen Weiß, sehr fein und leuchtend; es war dergleichen mit den gelben Rosen, den roten und den rosafarbenen. Indem ich ihn so sah mit dem Rosa-Rock, sagte ich ihm: "Mein Bruder, warum hast du ein Kleid aus rosa Farbe, und das meine ist blau und weiß, aus zwei Farben also? Ich habe kein Kleid aus anderer Farbe; machen wir also wie folgt: du wirst deiner Mama sagen, dir ein Kleid anzuziehen wie das meine, nicht wahr, mein Bruder?" - "Ja, meine Schwester", antwortete mein vielgeliebter Bruder. Dann sagte ich ihm: "Hast du deine erste hl. Kommunion gemacht, daß du einen Kranz auf deinem Kopf hast? Mich, wenn ich groß sein werde, wird man zur ersten hl. Kommunion gehen lassen, und ich werde auch einen Kranz haben wie der deine, aber du hast deine erste hl. Kommunion jetzt noch nicht gemacht, und warum trägst du alle Tage einen Kranz aus Rosen? Du wirst ihn noch zerschleißen; ich habe keinen Kranz; warum hast du einen Kranz aus Blumen hier?" - "Aber", antwortete mein liebwerter Bruder, "vor dem Kranz aus Blumen trug ich einen anderen!" In diesem Augenblick hatte ich eine tiefe Andacht; ich verlor den Gebrauch meiner Sinne und befand mich in Gegenwart der Göttlichen Majestät. Unser Herr Jesus Christus war groß, majestätisch, voll Liebe und Freundlichkeit, bekleidet mit einem langen weißen, versilberten Kleide, das durchsichtig und leuchtend war, auf welchem Edelsteine, von verschiedener Farbe und Variationen verstreut waren, in ihren kristallenen Farben; an seinem Gurt hatte er eine sehr hübsche Binde oder ein Band aus Silber und sehr reich verziert mit Stickereien aus hervorstehenden Blumen, vermischt mit Edelsteinen (wie man auf Erden sagt); aber es war dies gewiß etwas anderes und ganz leuchtend kristallen. Auf seinem Kopf war ein Dreifachdiadem aus feinem Gold mit funkelnden Brillanten und Edelsteinen, Diamanten, Rubinen, Emeralde. Unser Herr Jesus Christus war ganz leuchtend und von einem großen Licht umgeben. Er hatte in seinen Händen eine kleine weiße Taube. Mon petit Frère venait à peu près tous les jours pour me voir; quelquefois il restait un jour sans venir, mais souvent il venait plusieurs fois dans le même jour. Nous conversions toujours sur la passion ou sur la vie cachée de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. Je m'étais enfoncée dans la forêt; si je tombais dans le sentier rempli de pierres, il arrivait aussitôt me relever; nous marchions en nous tenant par la main, nous ramassions des fleurs ensemble. Il m'était sympathique au possible, il m'inspirait confiance, je me sentais enflammée d'amour pour lui. Chaque fois que je le vis et qu'il m'appela sa soeur, mon coeur se remplit de joie et d'une douce consolation. Mon Frère était de mon âge (il a toujours été de ma taille), il n'était pas plus grand que moi, il était bien fait, bien proportionné, sa petite figure était d'un blanc rosé, ses cheveux étaient châtain clair et frisés, ils étaient partagés sur son beau front et tombaient un peu sur ses épaules; ses yeux étaient doux et pénétrants; sa voix douce, sonore, mélodieuse allait droit à l'âme et faisait sauter mon coeur; ses petites mains, bien PALPABLES, étaient dans les miennes comme le contact du Lys; toute sa personne paraissait comme cristallisée. Quand, après avoir parlé longtemps de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, nous nous amusions à regarder les fleurs et que quelquefois nous en ramassions pour faire des couronnes, etc., il me semblait que les fleurs venaient d'elles-mêmes se placer dans ses jolies petites mains; mais je trouvais la chose toute naturelle, parce que j'ignorais ce que les hommes peuvent faire ou ne pas faire. J'ai dit que la première fois il était tout habillé de blanc, avec une couronne de roses blanches sur sa tête, mais il n'était pas toujours vêtu ainsi. Il ne vint avec une couronne que les trois premières fois; et quelquefois il avait une robe bleue et une ceinture blanche, d'autres fois une robe rose, des souliers blancs et une ceinture bleue. La troisième fois que je vis mon Frère, il avait une robe rose d'un rose argenté serrée à la ceinture par un ruban en or; les bouts pendaient de côté sur sa jolie robe, et sur sa tête il portait une couronne de superbes roses. Je me rappelle qu'il y en avait de blanches d'un blanc très beau, très fin et tant soit peu lumineux; il en était ainsi pour les roses jaunes, rouges et roses. Le voyant ainsi avec cette robe rose, je lui dis : «Mon Frère, pourquoi avez-vous une robe couleur de rose, et la mienne est bleue et blanche, de deux couleurs, donc? Moi je n'ai pas de robe d'autre couleur; alors faisons comme ça: vous direz à votre maman de vous mettre une robe comme la mienne, n'est-ce pas, mon Frère?» - «Oui, ma soeur», me répondit mon bien-aimé Frère. Puis je lui dis: «Est-ce que vous avez fait votre première communion, que vous avez une couronne sur votre tête? Moi, quand je serai grande, on me fera faire ma première communion et j'aurai aussi une couronne comme la vôtre, mais vous n'avez pas fait votre première communion à présent, et pourquoi portez-vous tous les jours une couronne de roses? Vous allez la gâter; moi je n'ai pas de couronne: pourquoi avez vous une couronne de fleurs ICI?» - «Mais, répondit mon aimable Frère, avant la couronne de fleurs, j'ai porté l'autre!» En ce moment j'eus un profond recueillement, je perdis l'usage de mes sens et je me trouvai en présence de la Majesté Divine. Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST était grand, majestueux, plein d'amour et d'affabilité, vêtu d'une longue robe blanche argentée, transparente et brillante, sur laquelle étaient parsemées des pierres précieuses de différentes couleurs et variantes dans leurs couleurs cristallisées; à sa ceinture il avait une très jolie bande ou ruban en argent et très richement ornée de broderies en fleurs relevées, entremêlées de pierres précieuses (comme on dit sur la terre), mais c'était bien autre chose et tout brillant cristallisé. Sur sa tête il y avait un diadème en trois, en or fin avec des brillants scintillants et des pierres précieuses, diamants, rubis, émeraudes. Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST était tout lumineux et entouré d'une grande lumière. Il avait dans ses mains une petite colombe blanche. 17
Angesichts dieser unschätzbaren Majestät vertiefte ich mich in mein Nichts. Geistigerweise hörte ich den Göttlichen Meister dem Ewigen Licht (wie ich verstand, dem Ewigen Vater) sagen: "Was machen wir mit diesem kleinen Geschöpf? Wollen wir ihr eine hübsche Krone aus Blumen geben?" (Ich hatte schon alles verstanden), ich beeilte mich zu sagen: "Nein, nein, Herr, nicht Blumen auf Erden! Da Du ja seit Deiner Menschwerdung, d.h. seit der Vereinigung Deiner Gottheit mit Deiner heiligen Menschheit gelitten hast in Deinem Geiste und in Deinem Leibe, mehr als alle Martyrer zusammen und Du gekrönt wurdest mit tödlichen Dornen, da sie in Deine Augen drangen und in den Schädel Deines anbetungswürdigen Hauptes, da Du dann auf ein Kreuz genagelt wurdest, um uns zu retten, gib mir, Herr, die Gnade zu leiden um Deiner Liebe willen, alles, was Dir beliebt, daß ich es erleide, bis Du mich zu Deiner Herrlichkeit rufst." All dies wurde geistigerweise gesagt. Darauf näherte sich das Ewige Licht Unserem Herrn und fixierte in seinen Augen die kleine Taube und hat ihr ein Kreuz auf ihren Kopf gezeichnet, ganz nahe bei den Augen, und hat sie dann gesegnet. Unser Herr drückte sie dann an sein Herz und sagte ihr: "Kraft meines Kreuzes wachse und bringe Früchte der Tugend hervor." Ich erlangte wieder meine Sinne; ich befand mich wieder am selben Ort im Walde; aber mein lieber Bruder war nicht mehr da. A la vue de cette majesté inappréciable, je me profondais dans mon rien. Intellectuellement j'entendis le Divin maître disant à la Lumière éternelle (que je compris être le Père Eternel) : «Que faisons nous de cette petite créature? Lui donnerons-nous une jolie couronne de fleurs?» (J'avais déjà tout compris), je me hâtai de dire : «Non, non, Seigneur, pas de fleurs sur la terre! puisque depuis votre incarnation, c'est-à-dire depuis l'union de votre divinité avec votre humanité sainte, vous avez souffert en votre esprit et en votre corps plus que tous les martyrs ensemble et vous avez été couronné d'épines mortelles, puisqu'elles entrèrent dans vos yeux et dans le crâne de votre tête adorable, puis vous avez été cloué sur une croix pour nous sauver; donnez-moi, Seigneur, la grâce de souffrir pour votre amour tout ce qu'il vous plaît que je souffre, jusqu'à ce que vous m'appeliez à votre gloire.» Tout cela s'est dit intellectuellement. A cela l'éternelle Lumière s'est approchée de Notre-Seigneur et a fixé dans les yeux la petite colombe et lui a tracé une croix sur la tête, tout près des yeux, puis l'a bénie. Notre-Seigneur la pressa alors sur son coeur et lui dit : «En vertu de ma croix, croissez et faites des fruits de vertus.» Je repris mes sens, je me retrouvais au même endroit dans le bois, mais mon cher Frère n'y était plus. 18
Hochwürden wünschen zu wissen, ob ich wußte, daß dies das Göttliche Kind Jesus war, das zu mir kam. Ich muß sagen, daß mein vielgeliebter Bruder mich während mehr als zwanzig Jahren in Unwissenheit darüber ließ, daß er Jesus war, und daß ich ganz schlicht und einfach geglaubt hatte, daß es mein Bruder war, wie er es mir selber versichert hatte. Ich nahm deshalb seine Besuche ohne Ausklügelungen hin, zufrieden, einen so guten Bruder zu haben, und mit dem ich über meinen lieben Gott sprechen konnte, und ihn beten und ihm sein ganzes Herz, seine ganze Seele aufopfern lehren konnte und ihn zu lieben aus all seinen Kräften... Jetzt muß ich zu meiner Beschämung sagen, daß ich eine große Freude hatte, einen Bruder zu haben, dem ich von meinem lieben Jesus sprechen konnte und den ich belehren wollte...! Er sagte mir, daß er mein Bruder wäre und daß ich seine Schwester sei; ich glaubte ihm aufs Wort. Ich hatte im übrigen nicht die Gewohnheit zu überlegen; ich hatte dafür keine Zeit, weil ich, seit ich erfahren hatte, daß nach der Sünde Adams die ganze Menschheit die vergangene, gegenwärtige und zukünftige, verdammt war, ewig davon ausgeschlossen zu sein, die Herrlichkeit Gottes zu genießen und noch in der Hölle leiden zu müssen, und daß unser lieber Gott, der ewig seine eigene Herrlichkeit genießt und der niemanden braucht, gekommen war, eine Seele und einen menschlichen Leib anzunehmen, um zu leiden, usf., fortwährend in die Gedanken über dieses Liebes-Geheimnis vesunken war; ich hatte nicht die Muße, an das zu denken, was nicht nötig war, um unseren lieben Gott zu lieben. Mein Bruder war sehr gut, liebevoll; er liebte mich; es war nicht mehr als recht, daß ich ihn aus allen meinen Kräften liebte; er kannte den lieben Gott und er machte, daß auch ich ihn kennen lernte; er sprach mit mir über die Aufrichtigkeit der Meinung, und wie wir Unendliches verdienen können in allen unseren Werken, indem wir sie aufopfern und indem wir uns opfern, besprengt mit dem Blute Jesu Christi und in seinem dreimal heiligen Namen usw. Votre Révérence désire savoir si je savais que c'était le Divin Enfant JÉSUS qui venait auprès de moi. Je dois dire que mon bien-aimé Frère, pendant plus de vingt ans, m'a laissé ignorer qu'il était JÉSUS, et que moi j'avais tout bonnement et simplement cru qu'il était mon frère, comme lui-même me l'avait assuré. Donc je pris ses visites sans raisonner, contente d'avoir un si bon frère et à qui je pourrais parler de mon bon DIEU; et lui enseigner à le prier et à lui consacrer tout son coeur, toute son âme et à l'aimer de toutes ses forces... Maintenant je dois dire, pour ma confusion, que j'étais dans une grande joie d'avoir un frère à qui je pouvais parler de mon cher SUS ET QUE JE VOULAIS INSTRUIRE!... Il me dit qu'il était mon frère et que j'étais sa soeur, je le crus sur sa parole. D'ailleurs je n'avais pas l'habitude de réfléchir, je n'en avais pas le temps, parce que depuis que j'avais connu qu'après le péché d'Adam, tout le genre humain passé, présent et à venir était condamné à être privé éternellement de jouir de la gloire de DIEU, et encore devoir souffrir dans les enfers, et que notre bon DIEU qui jouit éternellement de sa propre gloire et qui n'a besoin de personne était venu prendre une âme et un corps humain pour souffrir, etc., j'étais continuellement plongée dans les pensées de ce mystère d'amour, je n'avais pas le loisir de penser à ce qui n'était pas nécessaire pour aimer notre bon DIEU. Mon Frère était bien bon, aimable, il m'aimait, c'était bien juste que je l'aimasse de toutes mes forces; il connaissait le bon DIEU et il me le faisait connaître, il me parlait de la rectitude d'intention et comment nous pouvons mériter infiniment dans toutes nos oeuvres en les offrant et en nous offrant empourprés du sang de JÉSUS-CHRIST et en son Nom trois fois saint, etc. 19
Schließlich, wenn mein Bruder mein Bruder war, so war er auch mein Lehrer, nachdem es von Ihm ist, daß ich alles lernte, was ich weiß, außer der Sünde, die mein eigenes und einziges Werk ist. Enfin si mon Frère a été mon frère, il a été aussi mon instituteur, puisque c'est de Lui que j'ai tout apprit ce que je sait, en dehors du péché qui est mon seul ouvrage. 20
War es am folgenden Tag oder mehrere Tage darnach? Ich könnte es nicht sagen. Die Sonne war im Abstieg, ich dringe tief in den Wald, setze mich dann auf einen Strunk eines umgehauenen Baumes. Die Vögel sangen nicht mehr; alles war in tiefer Stille. Ich dachte wieder an meine lieben Eltern, die ich nicht mehr wiederzusehen glaubte; dann kam mir wieder der tröstliche Gedanke an das Kruzifix meines Vaters und vor allem an den Christus, der dort gekreuzigt hing; ich sagte mir: mein Vielgeliebter, der Christus, weinte nicht, er schloß die Augen und schwieg: ich liebe Ihn, wie Er ist, und ich möchte tun wie Er. Dann wischte ich meine Tränen weg; ich schloß die Augen und schlief ein, um nicht mehr zu erwachen bis nach Sonnenaufgang. Est-ce le lendemain ou plusieurs jours après ? je ne saurait le dire. Le soleil était sur son déclin, je m'enfonce dans la forêt, puis je m'assieds sur le tronc d'un arbre coupé. Les oiseaux ne chantaient plut, tout était dans un profond silence. Je pensais de nouveau à mes chers parents que je croyais ne plus revoir; puis me revenait la pensée consolante de la croix de mon père et surtout du CHRIST, là crucifié; je me disait: le Bien-Aimé, le CHRIST ne pleurait pas, il fermait les yeux et se taisait : je l'aime comme il est et je veux faire comme Lui. Alors j'essuyai mes larmes, je fermai les yeux et je m'endormis, pour ne me réveiller qu'après le lever du soleil. 21
Während ich schlief, hatte ich folgenden Traum: Ich war niedergeschlagen im Geist und im Körper; ich suchte einen Ort der Ruhe, ohne ihn finden zu können, weil meine Kräfte mich zu verlassen schienen. Schließlich sah ich, daß ein großer Baum umgehauen war, weil man ihn nicht hatte ausreißen können, in Anbetracht, daß seine sehr tiefen und sehr dicken Wurzeln ineinander verschlungen waren. Zu Füßen des gefällten Baumes war ein Schößling wie ein zweiter Baum hervorgetreten; ich hatte mich auf den Strunk gesessen, die Schultern angelehnt an den neuen Baum und war vor Müdigkeit eingeschlummert; mein Geist war erstickt von so großen und so zahlreichen erlitternen Schmerzen. In diesem Moment bitteren Leidens hörte ich mich rufen: "Schwester, meine liebe Schwester!" Ich öffnete die Augen, ohne jemanden zu sehen, und dennoch, der ganze Wald war erhellt wie zur Tagesmitte und ohne Schatten. Die selbe süße Stimme sagte: "Ich bin dein Bruder, komm!" Ich machte mich auf die Beine, und ich sah meinen lieben Bruder bekleidet mit einem rosafarbenen Kleid, mit weißen Schuhen. Sogleich stürzte ich mich auf Ihn, um Ihn zu küssen; er sagte mir, daß jetzt noch nicht die Stunde sei zu küssen. Augenblicklich hörten meine Schmerzen auf. Ich hatte durch diese Erscheinung eine klare Kenntnis der ewigen Weisheit Gottes. So wußte ich, daß die Ewige Güte sich überall befindet, ohne Raum zu besetzen, und so fort... Pendant que je dormais j'eus le songe que voici: J'étais abattue d'esprit et de corps, je cherchais un lieu de repos sans pouvoir le trouver parce que mes forces semblaient m'abandonner. Enfin je vis qu'un grand arbre avait été coupé parce qu'on n'avait pu l'arracher, vu que ses racines très profondes et très grosses étaient entrelacées. Du pied de l'arbre coupé était sorti un bourgeon comme un second arbre; je m'étais assise sur le tronc, les épaules appuyées au nouvel arbre, et m'étais assoupie de lassitude; mon esprit était suffoqué par de si grandes et si nombreuses peines endurées. En ce moment d'amère souffrance, je m'entendit appeler: «Soeur, ma chère soeur.» J'ouvris les yeux sans voir personne, et cependant tout le bois était éclairé comme en plein jour et sans ombre. La même douce voix dit: «Je suis votre Frère, venez.» Je me mis sur pied, et je vis mon bon Frère vêtu d'une robe rose, des souliers blancs. Aussitôt je m'élance pour aller l'embrasser; il me dit que ce n'était pas encore l'heure de l'embrasser. A l'instant mes peines cessèrent. J'eus par cette apparition une claire connaissance de l'éternelle Sagesse de DIEU. Ainsi je sus que la Bonté éternelle se trouve partout sans occuper d'espace, et ainsi de suite... 22
Mein liebwerter Bruder sagte mir, daß die wahre Weisheit in der Kenntnis unseres Schöpfers und in der Liebe des Kreuzes um der Liebe Gottes willen liege; daß man den Erlöser um Seiner selbst willen lieben müsse, nicht so sehr wegen seiner Gaben, nicht so sehr um des Himmels der Himmel willen, den er aus Barmherzigkeit seinen Dienern geben wird. Je mehr mein vielgeliebter Bruder mir zusprach, desto mehr empfand ich das Bedürfnis, die Notwendigkeit, den Hunger, meinen sehr liebenden Erlöser zu lieben, und desto mehr auch fühlte ich mich klein, häßlich. Es schien mir, daß ich kleiner und kleiner wurde, wenn ich die Größe, die Macht meines Göttlichen Erlösers betrachtete. Mon aimable Frère me dit que la vraie sagesse est dans la connaissance de notre Créateur et dans l'amour de la croix pour l'amour de DIEU; qu'on doit aimer le Rédempteur pour Lui-même, non tant pour ses dons, non tant pour le ciel des cieux qu'il donnera par miséricorde à ses serviteurs. Plus mon très aimé Frère me parlait, plus je sentais le besoin, la nécessité, la faim d'aimer mon très amoureux Rédempteur, et plus aussi je me sentais petite, vile. Il me semblait que je rapetissais en contemplant la grandeur, la puissance de mon Divin Sauveur. 23
Mein süßester Bruder sagte zu mir, daß ich der göttlichen Barmherzigkeit danken müsse, die sich meiner Eltern bediente, um mich von den Zuneigungen zur Welt zu lösen; daß der Allerhöchste mich geschaffen habe, um Ihn nach Möglichkeit zu lieben; daß ich über mein Herz wachen müsse, welches geneigt ist, die Geschöpfe zu sehr zu lieben und von ihnen geliebt zu werden. Nach diesem nahm mich mein allersüßester Bruder bei der Hand und sagte mir: "Wohin willst du gehen?" Ich antwortete sogleich: "Auf den Kalvarienberg." - "Das ist gut, sagte er mir, aber paß gut auf, mich nicht loszulassen, sonst wirst du fallen." Mon très doux Frère me dit que je devais remercier la miséricorde divine qui se servait de mes parents pour me détacher des affections du monde; que le Très-Haut m'avait créée pour l'aimer au possible; que je devais veiller sur mon coeur incliné à trop aimer les créatures et à en être aimée. Après cela, mon très doux Frère me prit par la main et me dit «Où voulez-vous aller?» Je répondis aussitôt «Au Calvaire.» - «C'est bien, me dit-il, mais faites bien attention de ne pas me laisser, sinon vous tomberiez.» 24
In diesem Augenblick verschwand der Wald, und wir befanden uns am Fuße eines sehr hohen Berges ohne die Spur eines Weges. Der direkte Weg war am Anfang verschüttet, dann, weiter oben, hatte es große Steine, Felsen und stechende Pflanzen; weiter oben fanden wir Steine, Felsen, Dornen und kleine Kreuze; weiter oben große Dornen und Kreuze; noch höher große Dornen und große Kreuze, die einen auf den andern, so daß es mir schwerfiel zu gehen. Mein Bruder schien die Müdigkeit nicht zu fühlen, noch die Risse, die mir die Dornen zufügten, während sich meine Füße in die Löcher zwischen den Kreuzen eingruben. Einmal, ja sogar zweimal blieb mein Fuß eingeklemmt, und nur mit viel Schmerz konnte ich ihn wieder befreien; aber einmal vor allem war ich so von den Dornen und den Kreuzen behindert, daß ich fiel, und in der Erschütterung ließ ich die Hand meines liebenswertesten Bruders entwischen. Indem ich mich allein wieder erheben wollte, fiel ich wieder hin, und die Dornen hefteten sich an meine Kleider, und ich sah kein Mittel, da wieder herauszukommen, weil ich mich angehalten hatte: Ich sah mich begraben unter den Kreuzen, kleinen und großen, die es vom Himmel regnete. Dann rief ich meinen Bruder zu Hilfe; er kam, gab mir seine zarte und mächtige Hand und hob mich auf, indem er mir sagte: "Wir sind noch lange nicht angekommen,. aber wenn du umkehren willst, wirst du weniger leiden." Ich sagte ihm: "Nein, nein, mein Bruder, ich will mit dir kommen." - "Also", sagte er mir, "halte dich fest an mir." - "Ja", sagte ich ihm, "aber machen wir es so: Ich werde hinter dir gehen, und dort, wo du deinen Fuß hinsetzest, werde ich auch den meinigen hinsetzen." - "Meine liebe Schwester", sagte mir mein Bruder, "du hast das Geheimnis erraten; laß uns gehen solange die Sonne scheint, gehen wir, wie wir es vereinbarten." A l'instant le bois disparut, et nous nous trouvâmes au pied d'une haute montagne sans trace de chemin. La voie droite était encombrée au commencement, puis, plus haut, il y avait des grosses pierres, des rochers et des plantes piquantes; plus haut nous trouvâmes pierres, rochers, épines et petites croix; plus haut des grosses épines et des croix; plus haut des grosses épines et des grandes croix les unes sur les autres, de sorte qu'il m'était très difficile de marcher. Mon Frère paraissait ne pas sentir la fatigue ni les déchirures que me faisaient les épines tandis que mes pieds s'enfonçaient dans les trous entre les croix. Une fois et même deux fois mon pied resta engagé et ce fut avec beaucoup de peine que je pus le sortir; mais une fois surtout je fus si encombrée par les épines et les croix que je tombai, et dans la secousse je laissai échapper la main de mon très aimable Frère. Voulant me relever seule, je retombai et les épines s'attachèrent à mes habits, et je ne voyais pas le moyen de sortir de là, parce que je m'étais arrêtée: je me voyais ensevelie sous les croix, petites et grandes, qui pleuvaient du ciel. Alors j'appelai mon Frère à mon secours; il vint, me donna sa douce et puissante main et me porta au-dessus en me disant: «Il s'en faut de beaucoup que nous soyons arrivés, mais si vous voulez vous en retourner, vous peinerez moins.» Je lui dis : «Non, non, mon Frère, je veux venir avec vous.» - «Alors, me dit-il, tenez-vous fortement à moi.» - «Oui, lui dis-je, mais faisons ainsi: je marcherai derrière vous et là où vous aurez mis votre pied, je mettrai le mien.» - «Ma chère soeur, me dit mon Frère, vous avez deviné le secret; marchons pendant qu'il fait soleil, marchons comme nous sommes convenus.» 25
Ich stieß mich nicht mehr an den Kreuzen, obwohl sie in Fülle vom Himmel regneten und die Dornen zahlreich und spitzig waren. Plötzlich war der Himmel von schwarzen Wolken verhüllt, währenddem große und kleine Kreuze andauernd wie ein Wolkenbruch herabregneten. Ich befand mich in völliger Dunkelheit; ich sah nicht mehr, ob ich die Füße in die Spuren meines Bruders setzte; ich sah selbst nicht einmal mehr meinen geliebten Bruder, und obwohl ich seine Hand ganz fest hielt, war es nur mit Mühe, daß ich sie fühlte, zu Beginn dieses jähen Windstoßes, und kurz darnach verlor ich das Empfinden der Berührung. Welcher Schmerz in der Befürchtung, mich weit von meinem liebenden Retter zu verirren! Aus Angst, ihn zu verlieren, hielt ich, während ich weiterging, den Arm ausgestreckt und die Hand halb geschlossen, wie als ich die zarte Hand meines Führers noch spürte. Ich kann nicht sagen, welches meine Befürchtungen und meine Martern waren. Das Leid, das ich erlitt, war so groß, daß ich den Schock der Kreuze nicht mehr fühlte, noch die Risse der Dornen: Ich befrüchtete vor allem, meinen liebenden Bruder verloren zu haben, und in den Krämpfen, den Seufzern und den Tränen sagte ich mir: Wer weiß, ob ich im Fallen nicht die Hand meines Lebens, meine Freude und mein Gut losgelassen haben? ... Und wann? In welchem Augenblick geschah mir diese Ungnade aller Ungnaden? ... Wenn ich ihn rufe, antwortet er mir nicht ... ich rufe ihn mit der Stimme, ich rufe ihn mit dem Geiste, er antwortet mir nicht ... Stille, immer Stille! ... Es schien mir, daß ich Todespeinen ausstand, weil ich meinen liebsten Bruder verloren hatte, den liebwertesten, den süßesten, den heiligsten unter allen Heiligen. Je ne me heurtais plus contre les croix, quoiqu'elles pleuvaient en abondance et que les épines fussent nombreuses et aiguës. Tout à coup le ciel fut enveloppé de noirs nuages, tandis que des croix grandes et petites continuaient à tomber comme une pluie torrentielle. Je me trouvais dans la plus complète obscurité, je ne voyais plus si je mettais les pieds sur les traces de mon Frère, je ne voyais plus même mon très aimé Frère; et quoique bien fortement je tenais sa main c'est à peine si je la sentais au commencement de cette bourrasque; et peu après je perdis la sensibilité du toucher. Quelle peine, dans la crainte de m'égarer loin de mon amoureux Sauveur! Par la peur de le perdre, je tenais, tout en marchant, le bras tendu et la main à demi fermée, comme quand je sentais la douce main de mon guide. Je ne puis dire quels étaient mes craintes et mes tourments. La peine dont je souffrais était si grande que je ne sentais plus le choc des croix ni les déchirures des épines: je craignais surtout d'avoir perdu mon amoureux Frère; et dans les spasmes, les soupirs et les larmes, je me disais: Qui sait si, en tombant, je n'aurai pas abandonné la main de ma vie, ma joie et mon Bien?... Et quand? En quel moment m'est arrivée cette disgrâce de toutes les disgrâces?... Si je l'appelle, il ne me répond pas... je l'appelle avec la voix, je l'appelle avec l'esprit, il ne me répond pas... Silence, toujours silence!... Il me semblait souffrir les peines de la mort pour avoir perdu le Frère le plus cher, le plus aimable, le plus doux, le plus saint entre les plus saints. 26
In der Trostlosigkeit meines Geistes und verlassen in einem Labyrinth, blieb mir nur der Trost meines Leidens, wohl überzeugt, wie ich war, diese Strafen verdient zu haben durch meine Treulosigkeiten gegenüber so vielen kostenlosen Wohltaten des Allmächtigen; aber diese riesengroße Angst und der Schmerz, Ursache dieser Verlassenheit gewesen zu sein, die ich für total und endgültig hielt, beraubte mich dieses Trostes. Dans la désolation de mon esprit et abandonnée dans un labyrinthe, il ne me restait que la consolation de ma souffrance, bien persuadée que j'étais d'avoir mérité ces punitions par mes infidélités à tant de bienfaits gratuits du Tout-Puissant; mais cette grandissime crainte et douleur d'avoir été cause de cet abandon (que je croyais total et final) me privait de cette consolation. 27
Ich ging auf einem Wege, der mehr und mehr unbegehbar wurde, aber der harte und bittere Schmerz, durch meine Schuld verlassen worden zu sein, aufgegeben von meinem liebenden Bruder, zehrte all meine anderen Leiden auf. Je marchais dans un chemin de plus en plus impraticable, mais la dure et amère peine d'avoir été par ma faute délaissée, abandonnée de mon amoureux Frère absorbait toutes mes autres souffrances. 28
 An einem Orte angelangt, hörte ich Lärm und Stimmen wie von einer Menge von Personen, die ein Fest feierten, und ich sah an mir vorübergehen, lachend und singend, ein Haufen Leute aller Stände, die einen zu Fuß, die andern in Wagen. Ein Teil dieser verwirrten Menge ging herunter auf der rechten Seite auf einer sehr schönen Straße, der andere kam herunter auf der linken Seite, und diese ganze Menge, während sie bei mir vorüberging, die ich in den Dornen und Kreuzen schmachtete, kritisierte mich, beschimpfte mich; man rief mich "Verrückte", "Idiotin", "Närrin", "Heuchlerin", "Frömmlerin"; es hatte solche, die mich mit einem Schein von Mitleid einluden, ihnen zu folgen, die gute Straße zu nehmen, weil der liebe Gott uns nicht geschaffen habe, damit wir uns der Vergnügen enthielten und damit wir uns solcherart martyrisierten, daß ich nicht auf den Schwindel der Priester hören sollte usf. Ich schwieg und ging immer noch. Ich schaute, wohin diese Menge ohne Zügel ging und sah, wie sie sich überstürzte und wie in einen Abgrund hinein verschwand, aus welchem ein sehr schwarzer Rauch und Flammen traten. Ich fiel auf die Knie, entsetzt, erschüttert; ich umfing, ich küßte mit einer glühenden Liebe das Kruzifix und gab mich dem göttlichen Erlöser hin für die Verherrlichung seiner ewigen Liebe alle Tage meines Lebens. Und währenddem ich einen glühenden Liebesakt machte, fühlte ich einen Händedruck; mein Herz begann sehr stark zu schlagen, sehr stark, und die Liebe, die ich für verloren glaubte, erschien wieder: Mein vielgeliebter kleiner Bruder war bei mir. Der übergroße Trost, den ich hatte, setzte dieser Vision ein Ende, und ich befand mich wieder an meinem Platz im Walde: Es war Tag.  Arrivée à un endroit, j'entendis des bruits et des voix comme d'une foule de personnes qui étaient en fête, et je vis passer riant et chantant une tourbe de gens de toutes conditions, les uns à pied, les autres en voiture. Une partie de cette multitude confuse descendait à droite par une très belle route, l'autre descendait à gauche; et toute cette foule, en passant près de moi qui peinais dans les épines et les croix, me critiquait, m'insultait; on m'appelait folle, idiote, insensée, hypocrite, fausse dévote; il y en avait qui, avec un semblant de compassion, m'invitaient à les suivre, à prendre la bonne route, parce que le bon DIEU ne nous avait pas créés pour que nous nous abstenions des divertissements et que nous nous martyrisions de la sorte, que je ne devais pas écouter le charlatanisme des prêtres, etc. Je gardais le silence et je marchais toujours. Je regardai où allait cette multitude sans frein et la vis se précipiter et disparaître comme dans un puits d'où sortait une fumée très noire et des flammes. Je tombai à genoux épouvantée, terrifiée, j'embrassai, je baisai avec un ardent amour le crucifix, et m'offris au divin Rédempteur pour la glorification de son éternel amour tous les jours de ma vie. Et pendant que je faisais un ardent acte d'amour je me sentis presser la main; mon coeur commença à battre très fort, très fort, et l'Amour que je croyais avoir perdu reparut: mon bien-aimé petit Frère était près de moi. La grandissime consolation que j'en eus mit fin à cette vision et je me retrouvai à ma place dans le bois: il faisait jour. 29
Ich war allein, aber ich fühlte, daß der Allmächtige, der Allerhöchste, mein liebevollster Erlöser, bei mir war, obwohl ich ihn nicht sah, und ich glaubte es mehr, als wenn ich ihn gesehen hätte, als wenn ich ihn mit den leibhaftigen Augen gesehen hätte; weil es mir beim geistigen Beten schien, daß sich mein Verstand ausweitete, sich in die Weite erstreckte, und ich verstand, daß GOTT die Welt erfüllt und wie sehr er seine Geschöpfe liebt. Ich liebte ihn, und ich liebte ihn aus dem Tiefsten meines Herzens. Diese Liebe bewirkte, daß ich liebend litt, in dem Sinne, daß ich sah und fühlte, daß, nachdem die Liebe der Ewigen Liebe unbegrenzt war und daß meine Liebe wie ein Nichts war, ich nie meinen glühenden Wunsch befriedigen können würde, das Leben meines Lebens, das Licht meiner Augen, die Ruhe meiner Seele zu lieben, nie Ihn lieben mit einer entsprechenden Liebe, würdig derjenigen, die mein göttlicher Erlöser verdient. Bekümmert über mein Unvermögen, bat ich ihn dann, mich leiden zu lassen, mich zu kreuzigen, mir durch seine Verdienste die Kraft zu geben, soviel zu leiden wie ich ihn lieben wollte, und ich wollte ihn lieben wie er von mir geliebt sein wollte, ungeteilt; ich hungerte nach Liebe und Leid. So sah ich mich in der Klarheit des Ewigen Lichtes ohne die leiseste Spur von Tugenden, verächtlich und unfähig eines eigenen guten Gedankens, unfähig, den Allerhöchsten ohne seine göttliche Gnade zu verherrlichen; ich war mir selber zuwider. Nur in meinem Willen gab es wie eine ganz kleine Wunschflamme, in allem meinem vielgeliebten Liebhaber zu gefallen, und dieses wenige selbst kam nicht von mir, sondern von der grenzenlosen Barmherzigkeit, die sich herabgelassen hatte, mit Erbarmen meine völlige Bedürftigkeit anzusehen. J'étais seule, mais je sentais que le Tout-Puissant, le Très-Haut, mon très amoureux Rédempteur était avec moi quoique je ne le visse pas et je le croyais plus que si je l'avais vu, que si je l'eusse vu des yeux du corps; parce qu'en priant mentalement il me semblait que mon intellect s'élargissait, s'étendait à distance et je comprenais que DIEU remplit le monde et combien il aime ses créatures. Je l'aimais et je l'aimais du plus profond de mon coeur. Cet amour me faisait amoureusement souffrir, en ce sens que je voyais et sentais que l'amour de l'Eternel amour étant infini, et que mon amour étant comme un néant, je ne pourrais jamais satisfaire mon ardent désir d'aimer la vie de ma vie, la lumière de mes yeux, le repos de mon âme, jamais l'aimer d'un amour de correspondance digne de celui que mérite mon divin Rédempteur. Affligée de mon impuissance, je le priai alors de me faire souffrir, de me crucifier, et de me donner par ses mérites la force de souffrir autant que je le voulais aimer, et je voulais l'aimer comme il voulait être aimé de moi, sans rival; j'avais faim d'amour et de souffrance. Ainsi, à la clarté de l'Eternelle Lumière, je me voyais sans l'ombre de vertus, méprisable et incapable d'une bonne pensée par moi-même, incapable de glorifier le Très-Haut sans sa divine grâce, je me répugnais à moi-même. Seulement dans ma volonté il y avait comme une toute petite flamme de désir de plaire en tout à mon Amant bien-aimé, et encore ce peu ne venait pas de moi, mais de l'infinie miséricorde qui avait daigné regarder avec pitié ma totale indigence. 30
Als ich mich so niederträchtig und verächtlich sah, faßte ich Mut, indem ich dachte, daß die göttliche Majestät allein mit allen Vollkommenheiten, mit allen Tugenden geziert war, weil sie die Liebe selbst ist, und ich dankte ihr. Und jäh, wie ein Blitz, befand ich mich in einer Einsamkeit, aber nein, es ist richtiger zu sagen: in einer tiefen Andacht, und ich sah unseren göttlichen Erlöser, der sich meiner Seele mitteilte in einer Art und Weise, die ich nicht auszudrücken vermag. Meine Sinne funktionierten nicht mehr, es schien mir, daß sie Gefangene der Liebe waren. Meine Seele entflammte sich immer mehr mit Liebe zur unendlichen, unerschaffenen Liebe; ich hätte unendliche Peinen leiden wollen; leiden schien mir und war wirklich ein Trost. Me voyant si abjecte et méprisable, je m'encourageai en pensant que la Majesté divine était seule tout ornée de toutes les perfections, de toutes les vertus, puisqu'elle est la charité même, et je la remerciai. Et subitement, comme un éclair, je me trouvai dans une solitude, mais non, il est plus exact de dire dans un profond recueillement et je vis notre divin Sauveur qui se communiquait à mon âme d'une manière que je ne sais pas exprimer. Mes sens ne fonctionnaient plus, il me semblait qu'ils étaient prisonniers de l'amour. Mon âme s'enflammait toujours plus d'amour pour l'amour infini, incréé; j'aurais voulu souffrir des peines infinies; souffrir me paraissait et était réellement une consolation. 31
Diese Mitteilungen des Allmächtigen geschehen ohne die Äußerung von Worten, und mehr als flammende Pfeile entzünden sie in der Seele das Feuer der göttlichen Liebe und gleichzeitig die leidenschaftliche Liebe des Leidens, so daß ich nicht wußte, welche dieser beiden Arten von Liebe die stärkere war. Ich erkannte, daß mein einziges und höchstes Gut mich ganz für sich wollte, daß er mein absoluter Herr sein wollte. Er teilte mir das große Geheimnis der Eucharistie mit, indem er sich in einer Kugel übermäßigen Lichtes zeigte, die Arme ausgebreitet, wie wenn er sich hätte allen Menschen schenken wollen, die es wünschen. Ich begriff viele Dinge über die Liebe, die der Erlöser für alle Menschen hegt, die ich nicht auszudrücken vermag. Je mehr der Verstand mich die heiligen Finessen der unerschaffenen Liebe verstehen ließ, desto mehr sah ich mich nichtig werden und fast meinen Augen entschwinden. Gewiß wäre ich, wenn der Allerhöchste das von mir hätte nehmen wollen, was von ihm kommt und mich mit meiner Nichtigkeit gelassen hätte, wie ein verbranntes Atom, welches der Wind fortträgt und welches verschwindet. Oh, wenn ich wenigstens so vielen Wohltaten, die ich alle vergebens erhielt, entsprochen hätte!... Ces communications du Tout-Puissant se font sans énonciation de paroles, et plus que des dards enflammés elles allument dans l'âme le feu du divin amour et, en même temps, l'amour passionné de la souffrance; de sorte que je ne savais lequel de ces deux amours était le plus fort. Je connus que mon unique et souverain Bien me voulait toute dépouillée des affections humaines, qu'il me voulait toute sienne, qu'il voulait être mon Maître absolu. Il me communiqua le grand mystère de l'Eucharistie en se montrant dans un globe de lumière excessive, les bras étendus, comme s'il avait voulu se donner à tous les hommes qui le désirent. Je compris beaucoup de choses sur l'amour que le Rédempteur a pour tous les hommes que je ne sais pas exprimer. Plus l'intelligence me faisait comprendre les saintes finesses de l'amour incréé, plus je me voyais devenir nulle et presque disparaître à mes yeux. Certainement si le Très-Haut avait voulu reprendre ce qui vient de lui et me laisser avec ma nullité, je serais comme un atome brûlé que le vent emporte et qui disparaît. Ah! si du moins j'avais correspondu à tant de bienfaits reçus tous gratuitement!... 32
Die in Schmerz gewandelte Vision des Allmächtigen dauerte nur eine Minute: erhabener Moment! Ein köstlicher, liebevoller, leuchtender Augenblick, der, während er verdemütigt, erniedrigt und vernichtet, wiederherstellt, ermutigt, aufrichtet, wiederbelebt, tröstet! Im Nu, in einem Augenblick, erhält der Verstand viele Erkenntnisse bezüglich der Mysterien unseres heiligen Glaubens und von den Eigenschaften des unerschaffenen Seins; und währenddem ich ein wenig die Liebe unseres liebevollen Erlösers gegenüber seinen Geschöpfen verstand, schien mein Herz aus meiner Brust treten zu wollen; ich verlangte zu leiden. Es war dies meines Erachtens das einzige Mittel in meiner Macht, meine Liebe und meine lebhafte Dankbarkeit für die erhaltenen Wohltaten zu äußern. La vision du Tout-Puissant changée en peine ne dura qu'une minute: sublime moment! moment suave, amoureux, lumineux, qui pendant qu'il humilie, abaisse et anéantit, restaure, encourage, relève, ranime, réconforte! En un instant, en un clin d'oeil, l'intelligence reçoit beaucoup de lumières sur les mystères de notre sainte foi et sur les attributs de l'Etre incréé; et tandis que je comprenais un peu l'amour de notre amoureux Rédempteur pour ses créatures, mon coeur semblait vouloir sortir de ma poitrine, je désirais souffrir. C'était selon moi le seul moyen en mon pouvoir de manifester mon amour et ma vive reconnaissance pour les bienfaits reçus. 33
Schon seit mehreren Tagen war ich im Walde, und ich dachte nicht im geringsten daran, zu meinen Eltern zurückzukehren, nachdem mir dies verboten worden war, und ich glaubte, absolut gehorchen zu müssen, denen, die Autorität hatten über mich. Während dieser ganzen Zeit nährte ich mich von den kleinen Früchten, die in diesem Walde wuchsen. Ich muß indes sagen, daß mehrmals mein liebwerter Bruder mir ein köstliches Mahl herbeibrachte, welches meine Kräfte gänzlich wiederherstellte für mehrere Tage. Das erste Mal war es ein sehr schönes Vergißmeinnicht: ich aß es; es war weder Brot noch Honig, ich wußte nicht, was es war, vielleicht ein Likör, eine sehr schmackhafte und wohlriechende Substanz. Alsogleich machte ich Anstalten, meinen anbetungswürdigen Bruder zu küssen, um ihm meine Dankbarkeit zu zeigen. Er erhob seine rechte Hand bis zur Höhe seines engelgleichen Antlitzes und sagte mir: "Noch nicht, Schwester meines Herzens, iß die ganze Blume und, indem du den göttlichen Gnaden entsprichst, bilde in dir das Sinnbild des Vergißmeinnichts nach." Während ich wartete, fühlte ich den glühenden Wunsch sich in mir vermehren, zu leiden, nachdem dies alles war, was ich tun konnte, um meine Liebe der Ewigen Liebe zu erweisen, und je mehr ich mich häßlich sah, desto größer wurde meine Dankbarkeit gegenüber meinem Schöpfer, meinem Erlöser, meinem Führer, meinem Hirten, meinem Meister, meinem Tröster, meinem Leben, dem Auge meiner Augen: ich hätte sterben wollen für Ihn und mit seiner Liebe. Aber ich sah mich so armselig, so dürftig und ohne Tugend, so voll Schmutz in meiner Seele, daß ich mich meiner selbst schämte. Ich begriff, daß ich allein nichts tun konnte, um die belebende Liebe meines liebevollen JESUS zu erlangen, welche im demütigen Glauben wurzelt, woraus die reine Liebe geboren wird, und daß alles übergossen werden muß von dem Blute des göttlichen Erlösers, um Früchte hervorzubringen. Déjà depuis plusieurs jours j'étais dans le bois et je ne pensais nullement à retourner chez mes parents puisque cela m'avait été prohibé et que je croyais devoir obéir absolument à qui avait autorité sur moi. Pendant tout ce temps je me nourrissais des petits fruits qui croissent en ce bois. Je dois dire cependant que, plusieurs fois, mon aimable Frère m'apporta un mets délicieux qui restaurait entièrement mes forces pour plusieurs jours. La première fois c'était une très belle violette: je la mangeai; ce n'était ni du pain ni du miel, je ne sus pas ce que c'était, sinon une liqueur, une substance très savoureuse et odorante. Aussitôt je fis le mouvement de vouloir baiser mon adorable Frère pour lui démontrer ma gratitude. Il leva sa main droite jusqu'à la hauteur de son angélique face et me dit: «Pas encore, soeur de mon coeur, mangez toute la fleur, et, en correspondant aux grâces divines, reproduisez en vous l'emblème de la violette.» En attendant, je sentais augmenter l'ardent désir de souffrir, puisque c'était tout ce que je pouvais faire pour manifester mon amour à l'Eternelle Charité; et plus je me voyais vile, plus croissait ma gratitude envers mon Créateur, mon Rédempteur, mon guide, mon Pasteur, mon Maître, mon consolateur, ma vie, l'oeil de mes yeux: j'aurais voulu mourir pour Lui et de son amour. Mais je me voyais si mesquine, si pauvre et sans vertu, si remplie de taches en mon âme, que j'avais honte de moi-même. Je compris que seule je ne pouvais rien pour acquérir le vivifiant amour de mon amoureux cher JÉSUS, qui prend racine dans l'humble foi d'où naît la pure charité et que tout doit être arrosé par le sang du divin Sauveur pour produire des fruits. 34
Währenddem ich meinen göttlichen und liebevollen Meister bat, daß er doch Selbst in mir und mit mir beten wolle, sah ich jäh in meinem Verstande meinen süßen und lieben JESUS vorbeigehen mit einem schweren Kreuz und das Haupt gekrönt mit harten Dornen; sein heiliger Leib war nur mehr eine Wunde, das Blut hinterließ eine Spur hinter ihm, sein heiliges aufgedunsenes Antlitz war bedeckt mit Blut und Staub. Er sagte mir: "Meine Tochter, siehe deinen JESUS, von neuem gekreuzigt von seinen auserwählten Freunden, meinen Dienern, jenen, die meine Wege sind zu meinem Volke ..." Außer mir und wie wahnsinnig, schrie ich: "Nein, niemals möchte ich meinen Gott in meiner Person von neuem kreuzigen..." Dann fügte der göttliche Gekreuzigte hinzu: "Bringe meinem Ewigen Vater das große Opfer Jesu Christi, des ewigen Priesters, dar." Tandis que je priais mon divin et amoureux Maître qu'il voulût bien, Lui, prier en moi et avec moi, je vis subitement passer dans mon intellect mon doux et cher JÉSUS portant une lourde croix et la tête couronnée de dures épines; son corps sacré n'était qu'une plaie, le sang laissait une trace après lui, sa sainte face enflée était couverte de sang et de poussière. Il me dit: «Ma fille, regardez votre JÉSUS crucifié de nouveau par ses amis choisis, mes Ministres, ceux qui sont mes voies auprès de mon peuple...» Hors de moi et comme folle, je criai : «Non, jamais je ne voudrai crucifier de nouveau mon Dieu en ma personne...» Puis le divin crucifié ajouta : «Offrez à mon Père éternel le grand sacrifice de JÉSUS-CHRIST, le prêtre éternel.» 35
Alsbald verschwand alles, aber diese Schau beließ mir ein sehr großes Verlangen, die gleichen Schmerzen zu erleiden wie mein liebwerter und teurer Erlöser; dieses Verlangen, das ich in mir fühlte, zu lieben und immer wieder zu lieben mein Alles, das Leben meines Lebens, entzündete sich immer mehr; ich schmachtete, meine Kräfte nahmen ab durch die Auswirkung dieses verzehrenden Verlanges, für mich zu lieben, für alle Menschen zu lieben und zu leiden, um für jene zu sühnen, die meinen allerliebevollsten, meinen allerliebenswürdigsten Erlöser JESUS beleidigt haben, beleidigen und beleidigen werden. Aussitôt tout disparut, mais cette vue me laissa un très grand désir de souffrir les mêmes peines que mon aimable et cher Sauveur; ce désir que je sentais en moi d'aimer et d'aimer encore mon Tout, la vie de ma vie, s'allumait de plus en plus; je languissais, mes forces diminuaient par l'effet de ce dévorant désir d'aimer pour moi, d'aimer pour tous les hommes et de souffrir afin de réparer pour ceux qui ont offensé, qui offensent et qui offenseront mon très amoureux, mon très aimable Sauveur JÉSUS. 36
Unter den zahlreichen Illusionen, die ich nicht kenne, hier eine, die ich durch meine eigene Erfahrung kennenlernte, dies ist gut, um mich zu verdemütigen und mich in mein Nichts zu versenken. Es ist sehr wahr, daß ich aus der ganzen Glut meiner Seele die allerreinste Liebe Gottes und die schärfsten und bittersten Peinen wünschte und auch, daß ich die göttliche Majestät bat, mich durch die Verdienste des GOTT-MENSCHEN zu erhören, aber hier der schwarze Punkt. Ich dachte, daß, wenn der Allerhöchste geruht hätte, mir seine wahrhaftige Liebe zu erweisen und ich im Frieden wäre in diesem heiligen Zuhause, ganz überschwemmt, ganz durchdrungen von der göttlichen Liebe, daß dann der Schmerz des Verlangens zu lieben aufhören würde, aus dem Grunde, daß ich mein Gut besitzen würde und es mich sättigen würde! ... Entre les nombreuses illusions que je ne connais pas, en voici une que j'ai connue par ma propre expérience; cela est bon pour m'humilier et me plonger dans mon néant. Il est très vrai que de toute l'ardeur de mon âme, je désirais le très pur amour de DIEU et les souffrances les plus vives et les plus amères, et aussi que je priais la Majesté divine de m'exaucer par les mérites de l'HOMME-DIEU; mais voici le point noir: Je pensais que quand le Très-Haut aurait daigné m'accorder son véritable amour, et que je serais en paix dans ce sacré foyer, tout inondée, tout imprégnée du divin amour, alors la peine du désir d'aimer cesserait par la raison que je posséderais mon Bien et me rassasierais!... 37
Größter Irrtum! Die vollendete Liebe wird dem einfachen Geschöpf nur im Himmel der Himmel gegeben. Ich dachte gleicherweise im Betreff der Leiden. Ich dachte, daß, wenn ich viele geistige Leiden hätte, Martern, Trübsale und dazu noch die Leiden der göttlichen Passion, mir hier unten nichts mehr zu wünschen übrig bliebe, nachdem ich davon übervoll und gesättigt wäre. Wiederum eine Illusion. Es mag sein, daß dies bei tugendhaften Personen vorkommt, für mich war es das Gegenteil; und zu meiner Beschämung gestehe ich, daß ich es nie, nie verdient hätte, diese göttliche Liebe, die ich so sehr, sehr herbeigesehnt habe und die ich mit dem glühendsten Verlangen herbeisehne, zu besitzen. Très grande erreur! L'amour consommé n'est donné pour la simple créature, que dans le ciel des cieux. Je pensais de même au sujet des souffrances: je croyais que lorsque j'aurais beaucoup de peines d'esprit, de tourments, d'afflictions, et de plus les peines de la divine Passion, il ne m'en resterait plus à désirer ici-bas, puisque j'en serais comblée et rassasiée. Illusion encore. Peut-être que cela arrive aux personnes vertueuses, pour moi, ce fut le contraire; et pour ma confusion je confesse que jamais, jamais je n'ai mérité de posséder ce divin amour que j'ai tant et tant désiré et que je désire du plus ardent désir. 38
Eines Tages, als ich in meinem Gebet die Gnade verlangte, meinen JESUS, den Betörer der Herzen, lieben zu können, sagte mir eine innere Stimme: "Du möchtest die Seligkeit auf Erden, die Sättigung; die vollendete Liebe ist die Fülle der Liebe, es ist dies der Zustand der Seligen im Himmel der Himmel. Du bist Reisende, kämpfe wie Jesus Christus gekämpft hat, und du wirst an deinem Ziele angelangen. Wisse, meine Tochter, daß Jesus Christus zwei Willen hatte, den menschlichen und den göttlichen, und daß er aus Liebe zum Menschengeschlechte immerzu den menschlichen verwarf und immer den göttlichen Willen ausführte. Ergebe dich ganz in die Hände deines Schöpfers und Erlösers durch einen lebendigen Glauben, wohl überzeugt, daß er ganz besonders über den Preis seines Blutes wacht, welches aufgrund seiner Göttlichkeit einen unendlichen Wert besitzt." Oh, wie ich mich in Ruhe fühlte, wenn ich mich gänzlich in die Hände meines größten Gutes ergab mit der Gewißheit, daß er mit einer besonderen Sorgfalt über den Lohn seines kostbaren Blutes wachte. Un jour que je demandais dans ma prière la grâce de savoir aimer mon JÉSUS le ravisseur des coeurs, une voix intérieure me dit: «Vous voudriez la béatitude sur la terre, le rassasiement; l'amour consommé est la plénitude de l'amour, c'est l'état des bienheureux dans le ciel des cieux. Vous êtes voyageuse, combattez comme Jésus-Christ a combattu et vous arriverez à votre fin. Sachez, ma fille, que JÉSUS-CHRIST avait deux volontés, l'humaine et la divine, et que par amour pour le genre humain, il rejeta toujours l'humaine et fit toujours la volonté divine. Abandonnez-vous en tout dans les mains de votre créateur et sauveur par une foi vive, bien persuadée qu'il veille tout particulièrement sur le prix de son sang qui est d'une valeur infinie en vertu de sa divinité.» Oh! comme je me sentais en repos quand je m'abandonnais totalement dans les mains de mon plus grand Bien, étant sûre qu'Il veillait avec un soin particulier sur le prix de son précieux Sang. 39
Eines Tages, als ich an die Liebenswürdigkeit meines höchsten Gutes und an die so vielen Wohltaten dachte, die ich von Ihm ohne irgend ein Verdienst meinerseits erhalten hatte, beschäftigte ich mich ausschließlich mit dem Gedanken, welches wohl die Art und Weise der Buße und Sühne wäre, mit der ich meinen Göttlichen Herrn zufriedenstellen könnte, und alles das, woran ich dachte, schienen mir nichtswürdige Dinge zu sein. Dann wandte ich mich wie seelenlos (entseelt) zu meinen alten Gebeten zurück, bald die Arme im Kreuz, bald gänzlich niedergeworfen, das Gesicht gegen die Erde, bald stehend, die Arme herabhängend wie eine Verurteilte. In all diesen geringen Dingen wollte ich für den Klerus beten, für die Personen, die in der Gleichgültigkeit schlummern, für jene, die sich im Stande geistigen Todes befinden, für alle gottgeweihten Personen. Es war mein lieber Bruder, der mich all dies gelehrt hatte; aus mir selbst (unnötig, es zu sagen) konnte ich nichts. Ich hatte die üblichen 33 Kniebeugungen gemacht, als ich plötzlich meinen süßen Bruder bei mir erblickte, der mir sagte: "Schwester meines Herzens, der Friede sei mit dir, die Stunde ist gekommen, zu deinen Eltern zurückzukehren, ne timeas, filia mea." Ich antwortete: "Daß mein Gott, mein Schöpfer, mein Erlöser gemäß seinen ewigen Plänen des Erbarmens herrsche! Ich bin bereit." Ich kniete mich hin, um meine gänzliche Hingabe zu erneuern, jene meiner Sinne und der Kräfte meiner Seele dem Allerhöchsten, usf., usw. Dann fügte ich bei: "Süßester JESUS, erbarme Dich meiner Seele, erbarme Dich meiner, Sünderin, Abgrund des Elends, ziehe mich an Dich. 0 allerhöchste Güte, Wonne meiner Seele. Du, o mein liebevoller JESUS, Du bist mein Leben und mein Tod; die Begierde, Dich zu lieben und zu leiden geben mir den Tod, ohne aufzuhören zu leben, Deine Liebe ist wie ein quälendes Schwert, o mein Geliebter, JESUS! Du weißt, o mein JESUS, daß ich nichts mehr an mir habe, daß Du der absolute Herrscher über mich selbst bist und über all meine früheren Liebhabereien, und daß Du deren Knotenpunkt bist. Jetzt bitte ich Dich, verweigere mir nicht die kostbare Gnade, für Dich zu leiden; mache damit endlich ein Ende; sättige mich; ich kann den Schmerz nicht mehr ertragen, den ich empfinde, wenn ich Dich, Dich, die Glorie der Heiligen, am Kreuz sehe und mich nicht; stelle mein Herz ein wenig zufrieden, das Dich lieben möchte mit einer praktischen Liebe." Dann erhob ich mich, und mein Bruder sprach zu mir: "Schwester meines Herzens, die Gnade, die du verlangst, die ganze Passion JESU CHRISTI und wie JESUS CHRISTUS zu leiden, ist eine einzigartige Gnade und über deinen Kräften; und wenn GOTT dich erhören wollte, würdest du unter dem Gewichte so vieler Krämpfe sterben." Während er mit mir redete, fühlte ich in mir den Wunsch wachsen, mein Alles zu lieben und zu leiden, ich hätte unverzüglich ans Kreuz geschlagen werden wollen (so verstand ich es), um meine Liebe und meine Dankbarkeit meinem GOTTE zu bezeugen. "Warum nicht gar, sagte ich meinem Bruder, machen wir schnell! Du, allerliebster Bruder, gewiß vermagst du alles beim unerschaffenen Wesen; erbitte von ihm für mich die Gunst, mit JESUS CHRISTUS gekreuzigt zu sein, meinem leidwerden und göttlichen Meister, den ich mit allen Kräften meiner Seele liebe." Mein guter Bruder erwiderte zärtlich: "Bist du würdig, meine Schwester, so viele Leiden zu ertragen?" Ich antwortete ihm lebhaft: "Ich bin nur der Strafgerichte wert, aber mein liebevoller JESUS ist würdig aller Gnaden, weil er mir seine unendlichen Verdienste gegeben hat, usf., usw. Nun denn, lieber Bruder, ungeachtet meiner Verschuldungen, erhöre mich durch die Verdienste JESU CHRISTI." Un jour, pensant à l'amabilité de mon souverain Bien et à tant de bienfaits que j'avais reçus de Lui sans aucun mérite de ma part, je me préoccupais sur quelle sorte de pénitence ou de réparation je pourrais faire pour contenter mon Divin Maître, et tout ce à quoi je pensais me paraissait choses de rien. Alors comme sans âme (désanimée) je retournais à mes anciennes prières, tantôt les bras en croix, tantôt toute prosternée la face contre terre, tantôt debout, les bras pendants comme une condamnée. En toutes ces petites choses j'entendais prier pour le clergé, pour les personnes qui dorment dans l'indifférence, pour celles qui sont en état de mort spirituelle, pour toutes les personnes consacrées à Dieu. C'était mon cher Frère qui m'avait enseigné tout cela; de moi-même (inutile de le dire) je ne savais rien. J'avais fait les 33 génuflexions d'usage, quand je vis tout à coup mon doux Frère près de moi qui me dit: «Soeur de mon coeur, la paix soit avec vous, l'heure est venue de retourner chez vos parents, ne timeas, filia mea.» Je répondis : «Que mon Dieu, mon créateur, mon Sauveur règne selon ses éternels desseins de miséricorde! Je suis prête.» Je m'agenouillai pour renouveler ma donation totale, celle de mes sens et des puissances de mon âme au Très-Haut, etc., etc., puis j'ajoutai : «Très doux JÉSUS, ayez pitié de mon âme, ayez pitié de moi pécheresse, abîme de misère, attirez-moi en vous. O bonté suprême, délices de mon âme. Vous, ô mon amoureux JÉSUS, vous êtes ma vie et ma mort; les désirs de vous aimer et de souffrir me donnent la mort sans que je cesse de vivre, votre amour est comme une épée tourmenteuse, ô mon Amant JÉSUS! Vous savez, ô mon JÉSUS, que je n'ai plus rien à moi, que vous êtes le maître absolu de moi et de toutes mes anciennes affections, et que vous en êtes le noeud. Maintenant, je vous en prie, ne me refusez pas la précieuse grâce de souffrir pour vous, finissez-en une bonne fois, rassasiez-moi, je ne puis plus supporter la peine que je ressens de vous voir, vous, la gloire des saints, sur la croix et moi non; contentez un peu mon coeur qui vous veut aimer d'un amour pratique.» Puis je me relevai et mon Frère me dit : «Soeur de mon coeur, la grâce que vous demandez de souffrir toute la passion de JÉSUS-CHRIST et comme JÉSUS-CHRIST est une grâçe singuliere et au-dessus de vos forces; et si DIEU voulait vous exaucer vous mourriez du poids de tant de spasmes.» Tandis qu'il me parlait, je sentais s'augmenter en moi le désir d'aimer mon Tout et de souffrir, j'aurais voulu être immédiatement clouée sur la croix (c'était ainsi que je l'entendais) pour témoigner mon amour et ma gratitude à mon DIEU. «Allons, dis-je à mon Frère, faisons vite! Vous, très cher Frère, certainement vous pouvez tout près de l'Etre incréé; demandez lui pour moi la faveur d'être crucifiée avec JÉSUS-CHRIST, mon aimable et divin Maître que j'aime de toutes les puissances de mon âme.» Mon bon Frère me dit affectueusement : «Etes-vous digne, ma soeur, d'avoir tant de souffrances?» Je lui répondis vivement : «Je ne suis digne que de châtiments, mais mon aimant JÉSUS est digne de toutes grâces, puisqu'il m'a donné ses mérites infinis, etc., etc. Donc, cher Frère, nonobstant mes démérites, exaucez-moi par les mérites de JÉSUS-CHRIST.» 40
Mein Bruder führte alsbald seine sanfte rechte Hand an seine Brust und entzog ihr eine violette und grüne Blume und legte sie mir in den Mund mit den Worten: "Siehe hier die Passion, die deinem Alter entspricht, die göttliche Barmherzigkeit gibt sie dir." Im Nu ward ich meiner Sinne beraubt, und im Geiste hatte ich eine sehr klare Kenntnis der Leiden JESU CHRISTI für das Heil des vergangenen, gegenwärtigen und zukünftigen Menschengeschlechts; sowie seiner göttlichen Dispositionen gegenüber seinem Ewigen Vater, sein absolutes Ebenbild in allen Dingen. Mon Frère aussitôt porta sa douce main droite à sa poitrine et en retira une fleur violette et verte et me la mit dans la bouche en me disant : «Voici la passion qui correspond à votre âge, la divine miséricorde vous la donne.» À l'instant je fus ravie à mes sens et intellectuellement j'eus une très claire connaissance des souffrances de JÉSUS-CHRIST pour le salut du genre humain passé, présent et futur; ainsi que de ses divines dispositions envers son Père Eternel, son égal absolument en toutes choses. 41
Es ist tausendmal besser, über die unaussprechliche, die unvorstellbare Größe GOTTES und über die Wirkungen, die er sozusagen im Intellekt erzeugt und inkarniert, zu schweigen. Ich hätte alle Menschen teilhaftig werden lassen wollen dieses Ewigen Lichtes der Gegenwart des Allerhöchsten, die alles durchdringt, die alles sieht, alles weiß und alles in sich schließt; des Lichtes, das fix ist und schöpferisch, des Lichtes, das aktiv ist und unbeweglich, des wohltätigen und liebevollen Lichtes der ewigen Liebe, des Lichtes der unerschaffenen Wissenschaft, das das Herz durchdringt, des beredten Lichtes in seiner scheinbaren Stille; zur selben Zeit, da es die Seele in der Kenntnis ihres tiefen Elends vernichtet, richtet es sie wieder auf und rüstet sie mit der Weisheit des Heiligen Geistes, durch welche die Seele, wie an Wahrheit ausgehungert, das nackte Kreuz wählt als die einzige und wahrhaftige Nahrung der heiligen Liebe, die das menschliche Wesen belebt und verwandelt. Il vaut mille fois mieux se taire sur l'ineffable, l'inimaginable grandeur de DIEU et sur les effets qu'il produit et incarne, pour ainsi dire, dans l'intellect. J'aurais voulu faire participer tous les hommes à cette Eternelle Lumière de la présence du Très-Haut qui pénètre tout, qui voit tout, sait tout et renferme tout en soi; lumière fixe et productrice, lumière active et immobile, lumière bienfaisante et amoureuse de l'éternel Amour, lumière de la science incréée qui pénètre le coeur, l'embrase, l'éclaire et le fixe dans l'amour divin, lumière très éloquente dans son silence apparent; en même temps qu'elle annihile l'âme dans la connaissance de ses profondes misères, elle la relève et la pare de la Sagesse de l'Esprit-Saint par qui l'âme, comme affamée de vérité, choisit la croix nue comme l'unique et véritable aliment du saint amour qui vivifie et transforme l'être humain. 42
Wieder zu mir gekommen, obwohl spürbar meines Elementes beraubt, fand ich mich glücklich, wohl überzeugt, daß überall, wohin ich ginge, ich mich immerzu in GOTT befinden würde, in seiner Gegenwart, unter dem Auge seiner Unendlichkeit; weil außer dem All, das GOTT ist, nichts ist. Revenue à moi, quoique privée sensiblement de mon élément je me trouvais heureuse, bien persuadée que partout où j'irais, je me trouverais toujours en DIEU, en sa présence, sous l'oeil de son immensité, puisque hors du Tout qui est DIEU, il n'y a rien. 43
Indem ich in mir nur wirkliches Nichts sah, wußte ich nicht, was tun, um der ewigen Liebe Geschmack zu geben; ich zählte nur auf die Hilfsquelle, für seine Ehre und für das Heil der Seelen zu leiden, wenn er geruhte, mir die Gnade zu gewähren, mich seinen Leiden zu verbinden. Ich war auf den Knien; ich hatte mich GOTT hingegeben, aber im Grunde meiner Seele hatte ich Angst vor mir selbst, wenn die Wirkungen des großen Lichtes mich auch nur ein klein wenig verließen und nicht alle Kräfte meiner Seele seiner verzehrenden Liebe unterordneten. Hierauf machte ich das Kreuzzeichen, und mein Bruder zeigte sich gegenwärtig, aber größer als gewöhnlich, wie immer sehr liebevoll, liebevoll wie die Liebe in der Lilie. Er war gekleidet wie die Priester, wenn sie das heilige Opfer der Messe darbringen (und wie mehrere Jahre darnach ich einen Priester gesehen hatte, das erste Mal, da ich in eine Kirche trat, um die heilige Messe zu hören). Er war ganz leuchtend und anziehend usf., usw. Ich kann seine liebevolle Schönheit nicht ausdrücken. Auf seiner Brust war wie ein von flammenden Pfeilen geöffnetes Herz. Aus diesem Herzen traten mit Inbrunst, wie aus einem glühenden Herd, friedlich und liebevoll, leuchtende Strahlen. Mein Bruder führte seine Hand auf diese glühende Wunde, und mit zwei Fingern entnahm er ihr ein kleines, ganz weißes rundes Ding, das sehr leuchtete, auf welchem sein lebendiges Porträt war. Ich sage Porträt, aber ich bin der Wahrheit näher, wenn ich sage, daß ich ihn zweifach sah: die Messe lesend, dies war mein süßer Bruder; im kleinen runden Ding war es ebenfalls ganz mein Bruder, lebendigen Fleisches, mit sich bewegenden Augen und einem sprechenden Mund, in einem Wort, er war das Ebenbild des JESUS, der die schöne heilige Messe las; er war dort gebunden durch die Bande seiner Liebe, aber er machte die Bewegung, sich hingeben zu wollen, er schien mich zu rufen und in mein Herz eingehen zu wollen; ich konnte den lieblichen Antrieben nicht widerstehen, die mich fort- und zu Ihm hinzogen. Er sagte zu mir: "Schwester meines Herzens, empfange die Ewige Liebe, den GOTT der Starken", dann verschwand er. Ne voyant en moi que vrai néant je ne savais que faire pour donner goût à l'éternel Amour; je ne comptais que sur la ressource de souffrir pour sa gloire et pour le salut des âmes, s'il daignait m'accorder la grâce de m'associer à ses souffrances. J'étais à genoux, je m'étais donnée à DIEU, mais au fond de mon âme, j'avais peur de moi, si tant soit peu les effets de la grande lumière m'abandonnaient et ne subordonnaient pas toutes les puissances de mon âme à son amour dévorant. Sur cela je fis le signe de la croix, et mon Frère se montra présent mais plus grand qu'à l'ordinaire, comme toujours très amoureux, amoureux comme l'amour dans le lys. Il était vêtu comme les prêtres quand ils offrent le saint Sacrifice de la Messe (et comme plusieurs années après je vis un Prêtre, la première fois que j'entrai dans une église, pour entendre la Messe). Il était tout resplendissant et attrayant, etc., etc. Je ne puis exprimer son amoureuse beauté. Sur sa poitrine était comme un coeur ouvert par des dards enflammés. De ce coeur sortaient avec empressement, comme d'un foyer ardent, pacifique et amoureux, des rayons lumineux. Mon Frère porta sa main sur cette plaie ardente et, avec deux doits, il en retira un petit rond très blanc, très brillant, sur lequel il y avait son portrait vivant. Je dis portrait, mais je suis mieux dans la vérité en disant que je le voyais en deux: disant la messe, c'était mon doux Frère; dans le petit rond c'était également tout mon Frère, de chair vivante avec des yeux mouvant et une bouche parlante, en un mot il était l'égal du JÉSUS qui disait la belle sainte Messe; il y était lié par les liens de son amour, mais il faisait le mouvement de vouloir se donner, il semblait m'appeler et vouloir entrer dans mon coeur; je ne pouvais pas résister aux impulsions amoureuses qui m'entraînaient et m'attiraient à Lui. II me dit: «Soeur de mon coeur, recevez l'Eternel Amour, le DIEU des forts», puis il disparut. 44
Kaum hatte ich ihn empfangen und hatte er mein Herz berührt, da fühlte ich in mir ein neues Leben und einen geläuterteren Wunsch zu leiden, Verachtung, die Armut, die Verlassenheit durch die Geschöpfe und tausend Tode einzig um der Ehre Gottes willen zu ertragen. Ich fühlte mich hinabgestürzt in mein Nichts bis zu dem Punkte, daß ich meinen Augen entschwand, weil mich das Alles bedeckt, durchdrungen, erfüllt hatte; es schien mir, daß ich nicht mehr existierte; mein Herz machte Sprünge, wie wenn es meine Brust hätte spalten wollen; ich fühlte die Auswirkungen der lebendigmachenden Liebe. Ich werde nicht versuchen, das zu erklären, was unerklärlich ist: man muß es gefühlt haben; die beiden Extreme umarmten sich, die unendliche Größe mit dem äußersten Nichts. Seit ziemlich langer Zeit war die Vision entschwunden, mein Herz klopfte noch in seiner Freude, in seiner Entzückung; ich blieb wie zermalmt, zerrieben unter dem Effekt der großen Erbarmungen des Allerhöchsten für diesen Erdenwurm; ich rief aus: "Wenn ich meinem allmächtigen Herrn, Schöpfer und Erlöser angehöre, mit der Hilfe meines GOTTES, indem ich mich seines ewigen Willens bediene, will ich ihm meine lebhafte Dankbarkeit bezeugen durch die Leiden, die mein ganzes Leben lang andauern werden und auf dem Wege der Wahrheit und der Vereinigung mit meinem Herrn JESUS und immer mit meinem GOTTE (ich wollte sagen mit der Gnade GOTTES, aber ich kannte dieses Wort nicht) gehen. Ich ziehe das Kreuz der Ehre aller Heiligen vor!" Mein kleiner Bruder zeigte sich; die Augen zum Himmel erhebend, sagte er, indem er sich mir näherte: "Welches ist die Gunst, die dieses armselige Geschöpf wünscht?" Geistig antwortete ich: "Mit dem Willen des Ewigen Lichtes erbitte ich seine größere Ehre auf dem Wege der Kreuzigung mit meinem GOTTE." Augenblicklich blies mein liebevollster kleiner Bruder auf meine Lippen, hielt dann seine beiden kleinen Hände auf meinen Kopf, alsbald spürte ich starke Schmerzen; dann legte er seine Rechte auf meine rechte Hand, die er drückte, dann auf meine linke Hand, auf meine Füße und auf meine Brust, dies genügt, ich kann nicht mehr sagen. Oh! Wahre, zugleich schmerzliche und liebevolle Berauschung des lebenden Wesens, das stirbt! Oh! JESUS, JESUS, mache Dich allen Menschen bekannt, und sie werden Dich lieben! Daß ich Dich kenne und Dich liebe, wie Du liebenswürdig bist! Oh! herzerfreuendes Feuer, daß ich Dich liebe wie Du Dich liebst, dann werde ich zufrieden sein! A peine l'eus-je reçu et eut-il touché mon coeur, que je me sentis une nouvelle vie et un désir plus pur de souffrir, de supporter les mépris, la pauvreté, l'abandon des créatures et mille morts pour la seule gloire de DIEU. Je me sentais abîmée dans mon néant jusqu'à disparaître à mes yeux, parce que le Tout m'avait couverte, pénétrée, remplie; il me semblait que je n'existais plus; mon coeur bondissait comme s'il voulait fendre ma poitrine; je sentais les effets de l'amour vivifiant. Je n'essaierai pas d'expliquer ce qui est inexplicable: il faut l'avoir senti; les deux extrêmes s'embrassèrent, l'infinie grandeur avec l'extrême néant. Depuis assez longtemps la vision avait disparu, mon coeur palpitait encore dans sa joie, dans son ravissement; je restais comme écrasée, broyée sous les effets des grandes miséricordes du Très-Haut pour ce ver de terre; je m'écriai: «Si j'appartiens à mon Seigneur, créateur et Sauveur tout-puissant, avec le secours de mon DIEU, me servant de son éternelle volonté, je veux lui témoigner ma vive reconnaissance par des souffrances qui dureront toute ma vie, et marcher dans la voie de la vérité et de l'unité avec mon Seigneur JÉSUS et toujours avec mon DIEU (je voulais dire avec la grâce de DIEU, mais je ne connaissais pas ce mot). Je préfère la croix à la gloire de tous les Saints!» Mon petit Frère se montra; levant les yeux au ciel il dit en s'approchant de moi: «Quelle est la faveur que désire cette si mesquine créature?» Mentalement je répondis: «Avec la volonté de la Lumière Eternelle, je demande sa plus grande gloire par la voie du crucifiement avec mon DIEU.» A l'instant mon tout amoureux petit Frère souffla sur mes lèvres, puis mit ses deux petites mains sur ma tête, aussitôt je sentis de fortes douleurs; puis il mit sa droite sur ma main droite qu'il pressa, puis sur ma main gauchee, sur mes pieds et sur ma poitrine, cela suffit, je ne puis dire plus. Oh! vrai enivrement tout à la lois douloureux et amoureux de l'être vivant qui se meurt! Oh! JÉSUS, JÉSUS, faites-vous connaître de tous les hommes et ils vous aimeront! Que je vous connaisse et vous aime comme vous êtes aimable! Oh! feu dilatant, que je vous aime comme vous vous aimez et alors je serai contente! 45
Sobald ich von der gesegneten Hand meines Bruders in der Art und Weise berührt worden war, wie ich es soeben gesagt habe, spürte ich in diesen Teilen meines Körpers große Schmerzen, vor allem an Freitagen, und manchmal floß das Blut aus den Wunden, die sich da bildeten und nachher selber wieder schlossen, ohne eine Spur zu hinterlassen. Diese Wunden dauerten etwa drei Stunden an, von 2 Uhr nachmittags bis halb fünf Uhr. An gewissen Freitagen begannen sie am Donnerstagabend, manchmal waren sie offen die ganze Fastenzeit... Ich fühlte einen lebhaften Schmerz, wie wenn die Nerven sich zusammenzögen, einen bitteren, aber liebllichen Schmerz, und ich hätte noch mehr leiden wollen, wenn es möglich gewesen wäre; und so litt ich und liebte ich; ich war sehr zufrieden. Es schien mir, daß ich nicht mehr mich selbst war, mein Alles war Herr über mich geworden, er hatte mich ganz für Sich, er besaß mich! ... Oh! Schönheit der Werke des Allerhöchsten! Er ist es, der korrigiert und verschönert, beraubt und bereichert; er verletzt, um zu heilen, er macht alles, mein Vielgeliebter! Es braucht die Übereinstimmung, und es ist noch einmal Er, der sie einflößt. Es ist gut, das Auge auf Ihn gerichtet zu haben, um sein Wohlgefallen zu erforschen und es auszuführen, aber mehr noch, ihn gewähren zu lassen, sich passiv und ohne Willen außerhalb des göttlichen Willens zu verhalten. Dès que je fus touchée par la main bénie de mon Frère de la manière que je viens de dire, j'éprouvai en ces parties de mon corps de grandes douleurs, surtout les vendredis, et quelquefois le sang coulait des plaies qui s'y formaient et ensuite se fermaient d'elles-mêmes sans laisser de traces. Ces plaies duraient environ trois heures, de 2 heures après midi jusqu'à 4 heures et demie. Certains vendredis, elles commençaient le jeudi soir et restaient ouvertes jusqu'au vendredi soir; des fois elles ont été ouvertes tout le temps du carême... Je sentais une vive douleur comme si les nerfs se contractaient, douleur amère mais amoureuse et j'aurais voulu souffrir plus encore si c'eût été possible; et ainsi je souffrais et j'aimais; j'étais très contente. Il me semblait que je n'étais plus moi, mon Tout s'était rendu maître de moi, il m'avait toute à Lui, il me possédait!... Oh! beauté des opérations du Très-Haut c'est Lui qui corrige et embellit, dépouille et enrichit; il blesse pour guérir, il fait tout, mon bien-aimé! Il faut la correspondance, c'est encore Lui qui la suggère. C'est bien d'avoir l'oeil fixé sur Lui pour scruter son bon plaisir et l'exécuter mais encore plus de le laisser faire, de se tenir passive et sans volonté en dehors de la volonté divine. 46
Im gleichen Augenblick, da mein lieber JESUS mir sagte, daß er mich ganz für Sich haben wollte (Sagen und Tun war ein einziger Akt), erschien die allergrößte Königin und Herrscherin MARIA, Jungfrau-Mutter GOTTES, ganz leuchtend von Herrlichkeit und Majestät, gekleidet und bekleidet mit der Liebe! ... die mir mit einer unbeschreiblichen Süßigkeit und Güte sagte: "Meine Tochter, die große Barmherzigkeit GOTTES ist mit dir, ich wache über dich als Mutter und Lehrerin, fürchte nichts, wenn du mit rechter Absicht das Auge deiner Seele darauf richtest, die Wünsche GOTTES zu erfüllen. Du mußt dich, vereint mit den Verdiensten JESU CHRISTI, fortwährend aufopfern für die Erhöhung der Heiligen Kirche und vor allem für den Klerus." Überrascht und von respektvoller Zärtlichkeit erfaßt, antwortete ich ihr nur mit einem ganz warmen Mama!; mein Herz auf dem Gipfel des Glückes und der Dankbarkeit machte mich wie stumm. Zur gleichen Zeit sah ich mich so armselig, und ich war so glücklich! Wie die andern Kinder hatte ich eine Mama, die mich sehr liebte und die wußte, wo ich war! ... MARIA, meine süße Mutter, war schön wie die Schönheit selbst, reich vom Allerhöchsten, frisch wie eine schöne liebliche Lilie, die geboren wurde und aufgewachsen ist am Herde des Herzens GOTTES des Allmächtigen, verziert mit den unendlichen Verdiensten des Gott-Menschen, in einem Wort, sie war wie das Meisterwerk der allerheiligsten Dreifaltigkeit, Mitvollbringerin unserer Erlösung und gekrönt mit der Krone der Königin des Himmels und der Erde. Aber es ist besser, wenn ich nicht versuche, von der beispiellosen Schönheit MARIAS zu sprechen, ich würde deren Glanz trüben; und sie ist meine Mutter, meine eigene! ... Au même instant où mon cher JÉSUS me disait qu'il me voulait toute à Lui (dire et faire était un seul acte) parut la très grande reine et impératrice MARIE, Vierge Mère de DIEU, toute resplendissante de gloire et de majesté, vêtue et revêteu d'amour!... qui, avec une ineffable douceur et bonté me dit: «Ma fille, la grande miséricorde de Dieu est avec vous, je veillerai sur vous comme Mére et Maîtresse, ne craignez rien lorsque, avec droite intention, l'oeil de votre âme sera appliqué pour remplir le désir de DIEU. Il faut, unie aux mérites de JÉSUS-CHRIST, vous offrir continuellement pour l'exaltation de la Sainte Église et surtout pour le clergé.» Surprise et saisie de respectueuse affection, je ne lui répondis qu'un Maman! bien chaud; mon coeur au comble du bonheur et de la reconnaissance me rendait comme muette. En même temps je me voyais si mesquine et j'étais si heureuse! Comme les autres enfants j'avais une maman, une maman qui m'aimait beaucoup et qui savait où j'étais !... MARIE, ma douce Mère, était belle de la beauté même, riche du Très-Haut, fraîche comme un beau lys amoureux qui a pris naissance et croissance dans le foyer du coeur du DIEU Tout-Puissant, ornée des mérites infinis de l'Homme-Dieu, en un mot elle était comme le chef-d'œuvre de la sainte Trinité, coopératrice de notre Rédemption et couronnée de la couronne de Reine du ciel et de la terre. Mais il vaut mieux que je n'essaie pas de parler de la beauté sans pareille de MARIE, j'en ternirais la splendeur; et elle est ma Mère, à moi!... 47
Es war an einem Samstag (ich wußte, daß es Samstag war durch die innere Stimme, die ich im Gebete hörte); da sagte mir mein Bruder geistigerweise, daß ich zu meinen Eltern zurückkehren müsse, bevor Diskussionen ausbrächen in der Familie wegen meiner Abwesenheit. Wir machten uns auf den Weg, und alsbald befand ich mich bei unserem Hause. Ich hörte meinen Vater, der hinter mir herbeikam; er umarmte mich und fragte mich, woher ich komme und seit wann ich abwesend gewesen wäre. Ich wußte ihm nichts zu sagen, weil ich in Wahrheit nicht wußte, seit wie vielen Tagen oder Wochen ich draußen war; aber ich sagte ihm, daß ich mit meinem Bruder zusammengewesen wäre. Er fragte mich, was ich gegessen habe; ich antwortete ihm, daß mein Bruder mir sehr gute Sachen gegeben habe. Mein Vater war zufriedengestellt und der Friede hielt wieder Einkehr in der Familie. C'était un samedi (je sus que c'était un samedi par la voix intérieure que j'entendis dans l'oraison); mon Frère me dit intellectuellement que je devais retourner chez mes parents, avant que des discussions n'éclatent en famille à cause du mon absence. Nous partîmes et aussitôt je me trouvai près de ma maison. J'entendis mon père qui venait derrière moi, il m'embrassa et me demanda d'où je venais et depuis quand j'étais absente. Je ne sus rien lui dire, parce que, en vérité, je ne savais depuis combien de jours ou de semaines j'étais dehors, mais je lui dis que j'avais été avec mon Frère. Il me demanda ce que j'avais mangé; je lui répondis que mon Frère me donnait des choses bien bonnes. Mon père s'apaisa et la paix revint dans la famille. 48
Zu dieser Zeit arbeitete mein Vater in einem Städtchen namens La Mure, ungefähr 5 Wegstunden entfernt; er kehrte einmal monatlich heim, gewöhnlich am Samstag, um am Sonntagabend wieder wegzugehen. Ich verbrachte diesen Sonntag ein bißchen gelangweilt. Die Gespräche, die ich hörte, wenn auch nicht schlechte, interessierten mich nicht; ich konnte nicht verstehen, wie man so viel reden konnte, ohne vom lieben Gott zu sprechen, von dem ich glaubte, daß er das hauptsächliche Leben der Menschen sei. Man sagte mir, daß ich sprechen müsse, daß darin das gesellschaftliche Leben und die gute Erziehung bestünden usw. Meine Gedanken in diesen Tagen aber waren das Suchen nach einem Wege, irgendeine Buße zu verrichten und gemäß meiner Gewohnheit zu beten. Ich rief nach meinem lieben Bruder, meiner schönen Mama, meinem allerliebsten Jesus und Leiden aller Arten. Mein Herz war erfüllt von der göttlichen Gegenwart Gottes; ich wußte, daß ich nicht mehr allein war und fühlte mich stärker; aber der Wunsch, meinen süßen Erlöser und meine zarte Mutter zu lieben, meinem vielgeliebten Jesus Liebe mit Liebe zu vergelten, indem ich, was etwas schwierig war, einige versteckte Bußwerke verrichtete, beanspruchte mich ganz... Hoch sollen leben die Kreuze der göttlichen Vorsehung! Es waren noch keine zwei oder drei Tage, die ich zuhause war, vergangen, als mich eine gute Krankheit überkam, die fünf oder sechs Monate dauerte und mich bis zum äußersten entkräftete: ich hatte Schweißausbrüche und starke Schmerzen im ganzen Körper; ich war so schwach geworden, daß ich oft in Ohnmacht fiel, und wenn man mich aus dem Bette nahm, konnte ich mich nicht aufrecht halten. Die Personen, die kamen, sagten, daß ich in zwei Tagen tot sein würde. Ich freute mich darüber, indem ich dachte, daß ich im Himmel wenigstens mein Alles nach meinem Belieben lieben können würde und daß ich Ihn nie wieder beleidigen würde; ich war nur betrübt, nicht mehr länger für Ihn leiden zu können. In einem solchen Zustande der Schwäche, in dem ich nichts machen konnte, nicht einmal beten, hatte ich ein wenig Angst, daß mein Geliebter Jesus Mißfallen haben könnte an mir wegen meiner Untätigkeit und vielleicht auch wegen meiner Treulosigkeiten. Ja, ich war sehr zufrieden, in dieser Krankheit leiden zu können, aber ich hätte in Stücke gehauen werden wollen, um meinem Jesus meine Liebe zu beweisen. Obwohl ich, in solcher Schwäche, keinen äußerlichen Akt der Andacht machen konnte - meine Gedanken waren ganz in Gott, und während Momenten hielt das Gefühl seiner Gegenwart die Kräfte meiner Seele wunderbar fest -, war mein in Ihn versenkter Wille ohne Wille. Aber es ist besser, daß ich nicht von diesen Dingen spreche, die ich nicht auszudrücken vermag. En ce temps-là mon cher père travaillait dans un bourg appelé La Mure, à environ cinq heures de marche; il venait en famille une fois par mois, ordinairement le samedi, pour repartir le dimanche soir. Je passais ce dimanche un peu ennuyée. Les conversations que j'entendais, quoique non mauvaises, ne m'intéressaient pas, je ne pouvais comprendre qu'on pût tant parler sans parler du bon DIEU, que je croyais être la principale vie des hommes. On me disait que je devais parler, que c'était là la vie sociale et la bonne éducation, etc., etc. Mes pensées en ces jours étaient de chercher comment je pourrais faire quelques pénitences et prier selon ma coutume. J'appelai mon cher Frère, ma belle maman, mon très cher Jésus et des souffrances de toutes sortes. Mon coeur était plein de la divine présence de DIEU; je savais que je n'étais plus seule et me sentais plus forte; mais le désir d'aimer mon doux Sauveur et ma tendre Mère, de rendre amour pour amour à mon bien-aimé JÉSUS en faisant, ce qui était un peu difficile, quelques pénitences cachées, me préoccupait... Vivent les croix de la divine Providence! Il n'y avait que deux ou trois jours que j'étais à la maison, lorsqu'il me vint une bonne maladie qui dura cinq ou six mois et me réduisit à l'extrémité: j'avais des sueurs et de fortes douleurs dans tout le corps; j'étais devenue si faible que souvent je m'évanouissais et, quand on me sortait du lit, je ne tenais pas debout. Les personnes qui venaient disaient que dans deux jours je serais morte. Je m'en réjouissais, pensant qu'au ciel au moins j'aimerais à mon aise mon Tout et que je ne l'offenserais jamais plus; j'étais seulement ennuyée de ne pouvoir souffrir plus longtemps pour Lui. Dans un tel état de faiblesse, ne pouvant rien faire, pas même prier, j'eus un peu de crainte que mon Amant JÉSUS ne se déplût de moi à cause de mon inaction et peut-être aussi mes infidélités. Oui, j'étais très contente de souffrir en cette maladie, mais j'aurais voulu être coupée en morceaux pour prouver mon amour à mon Jésus. Bien que, dans une telle faiblesse, je ne pusse faire aucun acte de dévotion extérieure, ma pensée toute en DIEU et, par moments, le sentiment de sa présence fixaient merveilleusement les puissances de mon âme, ma volonté absorbée en Lui était sans volonté. Mais il vaut mieux que je ne parle pas de ces choses que je ne sais pas exprimer. 49
Die Krankheit verlief ihren Weg; meine Eltern waren traurig, bekümmert. Ich muß sagen, daß in der Familie der Arzt nicht gerufen wurde, weil man im allgemeinen Abscheu hatte vor den Ärzten. Eines Tages sagte mein Vater zu meiner Mutter: "Diese Kleine muß irgendein inneres Übel haben, sieh, wie sie mager geworden ist, wir können sie nicht so lassen, wir sollten den Arzt rufen, sie zu untersuchen." Als ich dies hörte, war ich entsetzt. (Ich liebte es nicht, daß jemand mich berühre.) Da ich nicht sprechen konnte, gab ich ein Zeichen mit meiner Hand, mit dem Kopf, daß nein, nein! ... Nach etwa einer Stunde konnte ich meinem Vater sagen, daß ich mich besser fühle und daß ich des Arztes nicht bedürfe. So war ich befriedigt, und ich dankte der Liebe meiner Liebe. La maladie faisait son chemin; mes parents étaient tristes, affligés. Je dois dire qu'en famille le médecin ne fut jamais appelé parce qu'on avait en général horreur des médecins. Un jour mon père dit à ma mère: «Cette petite doit avoir quelque mal intérieur, voyez comme elle a maigri, nous ne pouvons pas la laisser ainsi, nous devrions appeler le médecin pour la faire visiter.» Entendant cela je fus épouvantée. (Je n'aimais pas que personne me touche.) Ne pouvant pas parler, je fis signe avec la main, avec la tête que non, non!... Après une heure environ, je pus dire à mon père que je me sentais mieux et que je n'avais pas besoin du médecin. Ainsi je fus contentée et je rendis grâce à l'Amour de mon amour. 50
Nach drei oder vier Monaten nahmen die Schmerzen ein wenig ab, und sobald ich meine Arme bewegen konnte, machte ich das Zeichen des heiligen Kreuzes, wie es mich mein lieber Bruder gelehrt hatte, und einen Akt vollkommener Hingabe in die Hände meines Schöpfers und Erlösers. Plötzlich sah ich im Geiste die große Königin und Herrscherin Maria, Mutter der schönen Liebe, ganz schön wie eine neue Braut, lieblich wie die Liebe, anziehend wie die Sulamitin, frisch wie die Morgenrose; in der Hand hielt Sie eine sehr schöne Lilie, die nicht ganz geöffnet war und aus deren Innerem ein sehr bewegtes Licht wie eine glühende Flamme kam; in der Mitte dieser Flamme und fast in der Lilie war ein schönes goldiges Kreuz (aber nicht aus Gold wie das von hier), verziert mit Edelsteinen, deren Schönheit ich nicht aussprechen könnte. Immer noch geistigerweise sagte mir meine süße Mama: "Mut, meine Tochter, verzage nicht, ich bin immer bei dir, sei gefügig, folgsam (unter der mächtigen Hand des Allerhöchsten); gehorche in allen Dingen, die die Gegenwart Gottes, des Allerhöchsten nicht beleidigen. Liebe jene, die dich verachten. Alles kommt von Gott. Und daß alle deine Taten wertvoll gemacht werden mögen durch die Verdienste des anbetungswürdigen Blutes Jesu Christi, des Heiligen der Heiligen. Sei wachsam über dein Herz." Dann fügte die große, ganz aus Feinheiten der Liebe beschaffene Königin hinzu: "Diese Blume ist die meine und die deine, ich bewahre sie auf." Als sie diese letzten Worte sprach, legte sie sie auf ihre Brust, bedeckte sie mit ihrem Schleier und verschwand; aber ich fühlte mich nicht allein; der Wunsch zu leiden nahm zu: schnell versuchte ich zu beten, die Arme im Kreuz ausgebreitet während dem Hersagen von 33 Vaterunsern; ich konnte sie nicht beenden wegen meiner äußersten Schwäche. Ich betrübte mich, nichts tun zu können für meinen gekreuzigten Jesus, den ich von meinem ganzen Herzen liebte. Ach! Wer, der unseren allerliebsten Jesus kennt, kann sich davon enthalten, ihn mit seinem ganzen Wesen zu lieben?, kann sich enthalten, auf seinen Spuren zu gehen, seine Gefühle zu teilen, in allen Dingen sein Wohlgefallen zu suchen, seine alleinige Ehre und seinen anbetungswürdigen Willen? Après trois ou quatre mois les douleurs diminuèrent un peu, et aussitôt que je pus mouvoir mes bras je fis le signe de la sainte croix, comme me l'avait enseigné mon aimable Frère et un acte de total abandon dans les mains de mon créateur et sauveur. Subitement je vis par l'intelligence la grande Reine et impératrice MARIE, mère du bel amour, toute belle comme une nouvelle épouse aimable comme l'amour, attrayante comme la Sulamite, fraîche comme la rose du matin; dans la main Elle tenait un très beau lys qui n'était pas complètement ouvert et de l'intérieur duquel sortait une très active lumière comme une flamme ardente; au milieu de cette flamme et presque dans le lys était une belle croix d'or, mais pas de l'or d'ici, ornée de pierres précieuses dont je ne saurais dire la beauté. Toujours intellectuellement ma très douce Maman me dit : «Courage, ma fille, ne vous désanimez pas, je suis toujours avec vous, soyez souple, docile (sous la puissante main du Très-Haut); obéissez en toutes les choses qui n'offensent pas la présence du DIEU Très-Haut. Aimez qui vous méprise. Tout vient de DIEU. Et que toutes vos actions soient rendues précieuses par les mérites du sang adorable de JÉSUS-CHRIST, le Saint des saints. Soyez vigilante sur votre coeur.» Puis la grande Reine toute composée des finesses de l'amour ajouta: «Cette fleur est mienne et vôtre, je la conserve.» En disant ces dernières paroles, Elle la mit sur son sein, la couvrit avec son voile et disparut; mais je ne me sentais pas seule; le désir de souffrir augmentait: vite j'essayai de prier les bras en croix pendant la récitation de 33 Pater; je ne pus les terminer à cause de mon extrême faiblesse. Je m'affligeais de ne pouvoir rien faire pour mon JÉSUS crucifié que j'aimais de tout mon coeur. Eh! qui connaissant notre très amoureux Jésus peut s'abstenir de l'aimer de tout son être? peut s'abstenir de marcher sur ses traces, de partager ses sentiments, de chercher en toutes choses son bon plaisir, sa pure gloire et son adorable volonté? 51
Einige Wochen nachher begann ich mich für eine Stunde zu erheben, aber oft fiel ich in Ohnmacht, und ich mußte erbrechen. Jedesmal wenn ich das Bett verließ, versuchte ich mich hinzuknien aus Ehrfurcht vor der Gegenwart Gottes. Das große ewige Licht drängte mich, an allen Orten das unerschaffene Wesen, die ewige Wahrheit und die ewige Weisheit zu lieben und anzubeten. Sobald die Genesung begann, hatte ich den Wunsch zu leiden, aber nicht allein, zu leiden in Vereinigung mit Jesus Christus, weil es mir schien, daß meine Gebete und meine Leiden allein nicht verdienstlich sein konnten für das ewige Leben. Ich gab mich daher hin und gab mich gänzlich auf an meinen göttlichen Erlöser und von diesem Momente an war alles, was ich für Gott tat, aufgewertet, besprengt vom Blute meines göttlichen Erlösers, wie auch meine Gebete für die Götter der Erde. Quelques semaines après, je commençais à me lever pour une heure, mais souvent je m'évanouissais et avais des vomissements. Chaque fois que je quittais le lit j'essayais de me tenir à genoux par respect pour la présence de DIEU. La grande Lumière éternelle me portait à aimer et à adorer en tous lieux l'Etre incréé, éternelle vérité et éternelle sagesse. Dès que commença la convalescence, j'eus le désir de souffrir, mais pas seule, de souffrir en unité avec JÉSUS-CHRIST parce qu'il me semblait que mes prières et mes souffrances seules ne pouvaient mériter pour la vie éternelle. Je me donnai donc et m'abandonnai tout entière à mon divin Sauveur et dès lors tout ce que je faisais pour DIEU était avaloré, arrosé par le sang de mon Divin Rédempteur ainsi que mes prières pour les dieux de la terre. 52
"Als ich wieder gänzlich hergestellt war, wurde ich noch mehr als einmal von meiner lieben Mutter hinausgestellt, die zu betrüben ich nicht aufhörte. Aber dann zog ich mich mit Freuden zurück in den Wald, wo ich wußte, daß ich meinen lieben Bruder treffen würde, der den lieben Gott sehr liebte und der mich lehrte, ihn zu lieben und der so gut war! Für gewöhnlich, wenn - die Nacht gekommen - ich mich auf dem Grase niederlegte, um zu schlafen, legte ich mich hin und schlief ich ein, die Arme im Kreuze. Mehrere Male fiel der Schnee während der Nacht und bedeckte mich gänzlich. Mein Bruder kam am Morgen zu mir und rief mich mit seiner süßen Stimme. Sofort erwachte die Wilde und rief ihrem guten Bruder, der, indem er ihr nur die Hand reichte, um ihr auf die Beine zu helfen, den Schnee zum Verschwinden brachte. Das erste Mal fragte ich meinen vielgeliebten Bruder, wie er das gemacht habe, um all dieses kalte Mehl von mir wegzunehmen und mich zu trocknen: "Durch das Gebet zu unserem lieben Gott", sagte er mir. - "Ach! ja, ja", sagte ich ihm, "du liebst ihn sehr, deinen lieben Gott Jesus Christus, das ist es, warum er dich schnell erhörte; wenn ich ihn wie du sehr, sehr lieben werde, wird er mich auch so rasch erhören, weil er uns so sehr liebt." «Quand je fus entièrement rétablie, je fus plus d'une fois encore mise dehors par ma chère mère que je ne cessais d'affliger. Mais alors je me retirais avec joie dans le bois où je savais rencontrer mon cher Frère qui aimait bien le bon DIEU et qui m'apprenait à l'aimer et qui était si bon! Pour l'ordinaire, quand, la nuit venue, je me couchais sur l'herbe pour dormir, je me couchais et m'endormais les bras en Croix. Plusieurs fois la neige tombait pendant la nuit et me couvrait entièrement. Mon Frère venait vers moi le matin et m'appelait de sa douce voix. Aussitôt la Sauvage se réveillait en appelant son bon Frère qui, en lui donnant seulement la main pour l'aider à se mettre debout, faisait disparaître la neige. La première fois je demandai à mon bien-aimé Frère comment il avait fait pour m'enlever toute cette farine froide et me sécher: «Par la prière à notre bon DIEU», me dit-il. - «Ah! oui, oui, lui dis-je, vous l'aimez beaucoup, votre bon DIEU JÉSUS-CHRIST, voilà pourquoi il vous a vite écouté; quand je l'aimerai comme vous beaucoup, beaucoup, il m'écoutera aussi vite, à cause qu'il nous aime tant.» 53
Die Wilde war ungefähr vier Jahre alt, als sie auf eine Art und Weise verlorenging, die ich hier erzählen werde. Der Vater war zur Arbeit gegangen in ein etwas entferntes Dorf und hatte zur Mutter gesagt: "Wenn ich am Samstag abend nicht zurückkomme, sollt ihr mich die ganze folgende Woche nicht erwarten." Am Samstag hatten wir, weil der Vater nicht gekommen war, bis Mitternacht gewartet. Bevor sie sich schlafen legte, kam die Mutter zu dem Bette, wohin sie diese Nacht (damit der Vater nicht sage, daß man dieses Kind nicht pflege) die Wölfin schlafen gelegt hatte; sie gebot ihr aufzustehen und setzte sie vor die Türe. Der Regen fiel ergiebig; es war sehr dunkel, so daß die Wilde nicht sah, wohin sie sich begeben sollte. Sie überquerte die große Straße, als sie sie von einer Art großem bedeckten Ziehwagen versperrt sah; sie stieg in diesen Ziehwagen und schlief darin ein. Der Meister blieb nicht lange aus und kam, seine Pferde anzuspannen und fuhr fort. Er war schon sehr weit, und der Tag war angebrochen. Die Wilde erwachte durch den Lärm des Drac (Fluß im Tale bei Corps und La Mure -fließt bei Grenoble in die Isere). Sofort schrie sie auf. Der arme Kärrner, ganz bestürzt,. dieses kleine Kind in seiner Karre zu sehen, wußte nicht, was sagen. Er denkt, daß irgendeine Person es, um sich seiner zu entledigen, da hineingesetzt hat ... Schließlich hält er seine Pferde an: -- "Woher bist du, Kleine?", fragte er sie. -- "Ich bin nicht von hier", sagte das Kind. "Wie heißest du?" "Ich heiße Schwester". "Dein anderer Name?" "Ich habe keinen andern Namen, mein Bruder hat mir immer Schwester gesagt." "Und dein Bruder, wie heißt er?" "Er heißt Bruder." "Und dein Vater?" "Ich habe weder Vater noch Mutter, ich habe nur einen Bruder." "Vorwärts, kleines Biest, sag' mir, wer du bist, oder ich töte dich." "Ich bin nichts." "Deine Heimat?" "Ich kenne keine Heimat; mein Bruder sagte mir, daß ich eine Mama habe, die im Paradiese ist und die überall ist mit ihren Kindern." Der arme Mann, ganz rasend, nimmt das Kind am Arm, taucht es in den Drac und drohte ihm, es dort zu lassen, wenn es nicht sage, von wem es sei. Wie konnte die Wölfin es sagen? Sie wußte nichts davon. Schließlich, nach manchen Versuchen, entscheidet sich der Mann, sie zur Hälfte im Wasser zu lassen und die Flucht zu ergreifen. Die Wilde wurde noch ein bißchen im Drac mitgerissen. Sie war schon fast erstickt vom Wasser, als der kleine Bruder kam und sie aus dem Wasser zog. Die Wölfin hatte ihre Schuhe im Wasser verloren; ihr Bruder leiht ihr die seinen und marschiert selber, ohne den Boden zu berühren. La Sauvage avait environ quatre ans lorsqu'elle fut perdue de la manière que je vais dire. Le père étant allé pour travailler dans un village un peu éloigné avait dit à la mère: «Si je ne reviens pas samedi soir, vous ne m'attendrez pas de toute la semaine suivante.» Le samedi, le père n'étant point arrivé, on l'avait attendu jusqu'à minuit. Avant de se coucher, la mère vint vers le lit où, cette nuit-là (afin que le père ne dit pas qu'on ne soignait pas cette enfant), elle avait fait coucher la Louve; elle la fit lever et la mit dehors. La pluie tombait en abondance; le temps était très sombre de sorte que la Sauvage ne voyait pas à se conduire. Elle traversait la grand'route lorsqu'elle la vit embarrassée par une espèce de grande charrette couverte: elle se mit dans cette charrette et s'y endormit. Le maître ne tarda pas de venir atteler ses chevaux et partit. Il était déjà très loin et le jour était venu. La Sauvage fut réveillée par le bruit du Drac. Aussitôt elle pousse des cris. Le pauvre charretier, tout stupéfait de voir cette jeune enfant dans sa charrette, ne savait que dire. Il pense que quelque personne, pour s'en défaire, l'y avait mise... Enfin il arrête ses chevaux: -- «D'où es-tu, petite?» lui demanda-t-il. -- «Je ne suis pas d'endroit», dit l'enfant. -- «Comment t'appelles-tu?» -- Je m'appelle Soeur.» -- «Ton autre nom-- «Je n'ai point d'autre nom, mon Frère m'a toujours dit Soeur.» -- «Et ton frère, comment s'appelle-t-il?» -- «Il s'appelle Frère.» -- «Et ton père?» -- «Je n'ai ni père ni mère, je n'ai qu'un Frère.» -- «Allons, petite marmotte, dis-moi qui tu es ou je te tue.» -- «Je ne suis rien.» -- «Ton pays?» -- «Je n'ai point de pays: mon Frère me dit que j'ai une Maman qui est dans le Paradis et qui est partout avec ses enfants.» Le pauvre homme tout furieux prend l'enfant par le bras, la plonge dans le Drac et la menace de l'y laisser si elle ne dit de qui elle est. Comment la Louve pouvait-elle le dire? Elle n'en savait rien. Enfin, après bien des épreuves, l'homme se décide à la laisser à moitié dans l'eau et à prendre la fuite. La Sauvage fut entraînée un peu plus loin dans le Drac. Elle était presque étouffée par l'eau, lorsqu'arrive le petit Frère qui la retire de l'eau. La Louve avait perdu ses souliers dans l'eau; son Frère lui prête les siens et Lui-même marche sans toucher la terre. 54
Er führte mich so zurück, immerzu mit mir redend über das verborgene Leben unseres Herrn JESUS CHRISTUS und über sein Leiden. Mit Ihm unterschied ich den Tag nicht von der Nacht; denn es war klares Licht ohne Schatten; und ich machte es wie er: ich schlief nicht. Wir hatten schon beinahe das erste alleinstehende Haus erreicht, als mein Bruder, meine Schuhe in der Hand haltend, zu mir sagte: "Schwester meines Herzens, ziehe deine Schuhe an, man kommt dich holen, geh zu deinen Eltern. Du wirst mich während einiger Zeit nicht mehr sehen, sei schön brav, und so weiter. Vergiß nicht, daß du eine Mutter im Himmel hast, die zu sehen du hingehen wirst; sie wacht über dich, sie ist mit dir, sie hört dich, wenn du sprichst, sie sieht es, wenn du leidest, sie weiß es, wenn du Hunger hast. Geh schon, meine Schwester, siehe da, man kommt dich holen ..." Zur gleichen Zeit machte er einige Schritte, um sich zurückzuziehen, und verschwand. Einige Minuten darnach kommt meine Tante an. "Ah! Kleine Böse, woher kommst du?" sagte sie zu mir, "du hast beinahe verursacht, daß dein Vater deine Mutter getötet hätte (mein Vater war schon vor einigen Tagen zurückgekommen, weil er wegen des starken Regens, der gefallen war, nicht arbeiten konnte); "Du hast den Haß deiner Mutter gegen dich erhöht; wenn du zu Hause ankommst, bist du verloren, wenn dein Vater nicht dort ist. Komm unterdessen zu mir, und ich werde mich erkundigen, ob dein Vater zu Hause ist, damit ich dich hinführen kann." Bei ihrer Rückkehr sagte sie mir: "Deine Mutter will dich nicht mehr, dein Vater hat mich beauftragt, mich deiner anzunehmen." Il me reconduisit ainsi, toujours conversant sur la vie cachée de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST et sur sa passion. Avec Lui je ne distinguais pas le jour de la nuit, car il faisait claire lumière sans ombre; et je faisais comme Lui, je ne dormais pas. Arrivés presque à la première maison isolée des autres, mon Frère tenant mes souliers à la main me dit: «Soeur de mon coeur, mettez vos souliers, on vient vous prendre, allez chez vos parents. Vous ne me verrez plus de quelque temps, soyez bien sage, etc. N'oubliez pas que vous avez une Mère au ciel que vous irez voir; elle veille sur vous, elle est avec vous, elle vous entend quand vous parlez, elle voit quand vous souffrez, elle sait quand vous avez faim. Allons, ma soeur, voici que l'on vient vous chercher...» En même temps Il fit quelques pas pour se retirer et disparut. Quelques minutes après ma tante arrive. «Ah! petite méchante, d'où viens-tu? me dit-elle, tu as manqué faire tuer ta mère par ton père (mon père n'ayant pu travailler à cause de la grande pluie qui était tombée, était revenu depuis plusieurs jours); tu as augmenté la haine de ta mère contre toi; quand tu arriveras tu es perdue si ton père n'y est pas. En attendant viens chez moi et je m'informerai si ton père est à la maison pour que je puisse t'y conduire.» A son retour elle me dit : «Ta mère ne te veut plus, ton père m'a chargée de toi.» 55
Ich blieb bei meiner Tante ungefähr zwei Jahre, aber zu verschiedenen Malen. Sie brachte mich zur Schule, und so weiter. Zwei Jahre vergingen so. Ich hatte mich entschlossen, selbst den Schatten der Sünde zu meiden, meiner lieben Mutter keinen Schmerz mehr zu bereiten. Mein Entschluß war ganz ehrlich; aber o weh, o weh! Ich bekenne, daß ich ihn nicht hielt, wie man hiernach sehen wird. Möge diese Demütigung so viele schwere Sünden wiedergutmachen! Je restai chez ma tante environ deux ans, mais en différentes fois. Elle me portait à l'école, etc. Deux ans se passèrent ainsi. J'avais résolu d'esquiver jusqu'à l'ombre du péché, de ne plus faire de la peine à ma chère mère. Ma résolution était bien sincère; mais hélas! hélas! je confesse que je ne la tins pas, comme on va le constater. Puisse cette humiliation réparer tant de si graves péchés! 56
Eines Tages, da meine Mutter in Gesellschaft mit Frauen zu Hause war, die mit ihr arbeiteten und ihre Kinder mitgebracht hatten, sagte sie zu diesen Kindern: "Ich habe Puppen, die ich den kleinen Mädchen geben werde, die ihrer Mama gehorchen", und indem sie dies. sagte, zeigte sie die Puppen. Ich, die ich nie gewußt hatte, daß es Puppen gab, glaubte, daß dies ganz kleine Kinder seien, vielleicht, weil ich sie von einer gewissen Entfernung sah; und sofort fügte meine Mutter bei, daß sie sie auf dem Markt gekauft habe. Ich verlangte darnach, davon eine zu haben, um sie zu lehren, das Kreuzzeichen gut zu machen und den lieben GOTT sehr zu lieben; aber eine Puppe erhielt ich nicht; und da ich wußte, wo meine Mutter ihr Geld hatte, nahm ich eines Augenblikkes, ohne etwas Schlechtes darin zu erblicken, zehn Centimes, mit welchen ich eine Puppe kaufen ging. Nach Hause zurückgekehrt, machte ich mich sofort an die Arbeit, dieser Puppe von den Dingen GOTTES zu sprechen, ihr beizubringen, den Namen JESUS, unsere Liebe, auszusprechen und so weiter. Die Puppe wiederholte nie. Ich fing wieder von vorne an: "JESUS, MARIA ...", aber immer ohne Erfolg. Meine Mutter, höchst verwundert, vom Nebenzimmer aus die Stumme reden zu hören, kommt herbei, ohne Lärm zu machen, und fragt mich, mit wem ich rede. Ich sage: "Diese Puppe will nicht sprechen, sie lernt nicht, die heiligen Namen JESUS zu sagen..., sie gefällt mir nicht." "Wer hat dir diese Puppe gegeben?" "Niemand hat sie mir gegeben; ich habe sie mit zwei Sous gekauft, die ich in deiner Schublade genommen habe." Da sie dies hörte, nahm mir meine Mutter die Puppe weg und schalt mich sehr, indem sie mir sagte, daß, wenn ich mich nicht bessere in allen meinen großen Mängeln, ich Gefahr laufen würde, meine Tage in den Gefängnissen zu fristen; daß der Diebstahl eine große Sünde sei, der Ungehorsam gegenüber den Eltern ebenfalls eine Sünde und daß gewiß GOTT mit mir nicht zufrieden sei. Da ich sagen hörte, daß mein lieber GOTT Mißfallen an mir habe, weinte ich sehr, ich erbat Verzeihung von meiner Mutter, und ich versprach ihr, ihr ihre zwei Sous zurückzuerstatten. Meine Absicht war es, wenn mein Vater kommen würde, von ihm zwei Sous zu verlangen, um sie meiner Mutter zu geben, und ich tat, wie ich gesagt hatte. Un jour que ma mère était chez elle en compagnie avec des femmes qui travaillaient et avaient amené leurs enfants, elle dit à ces enfants: «J'ai des poupées que je donnerai aux petites filles qui sont obéissantes à leur maman», et en disant cela, elle montra les poupées. Moi qui n'avais jamais su qu'il y eût des poupées, je crus que c'étaient de très petits enfants, peut-être parce que je les voyais à une certaine distance; et aussitôt ma mère ajouta qu'elle les avait achetées au marché. Je désirais en avoir une pour lui apprendre à bien faire le signe de la Croix et à bien aimer le bon DIEU, mais de poupée, je n'en eus pas; et comme je savais où ma mère avait son argent, un moment, sans y voir mal, je pris dix centimes avec lesquels j'allai acheter une poupée. De retour à la maison, je me mis aussitôt en devoir de parler des choses de DIEU à cette poupée, de lui faire dire le saint Nom de Jésus notre amour, etc. La poupée ne répétait jamais. Je recommençais : «JÉSUS, MARIE...» mais toujours sans succès. Ma mère émerveillée d'entendre, de la pièce voisine, la Muette parler, arrive sans faire de bruit et me demande avec qui je causais. Je dis: «Cette poupée ne veut pas parler, elle n'apprend pas à dire le saint Nom de JÉSUS... elle ne me plaît pas.» -- «Qui t'a donné cette poupée?» - «Personne ne me l'a donnée, je l'ai achetée avec deux sous que j'ai pris dans votre tiroir.» Entendant cela, ma mère m'enleva la poupée et me gronda très fort, me disant que si je ne me corrigeais pas de tous mes grands défauts, je m'exposais à finir mes jours dans les prisons; que le vol est un grand péché, la désobéissance aux parents un péché aussi et que certainement DIEU n'était pas content de moi. En entendant dire que mon bon DIEU avait du déplaisir de moi, je pleurai beaucoup, je demandai pardon à ma mère et je lui promis de lui restituer ses deux sous. Mon intention était, quand mon père viendrait, de lui demander deux sous pour les donner à ma mère et je fis comme je l'avais dit. 57
Wenige Tage hernach wollte mich meine Mutter, da sie mich nun für gefügiger hielt, zu einem Lustpiele mitnehmen, und wirklich, ich leistete keinen Widerstand. Ich hatte mich entschlossen, zu gehorchen, obwohl ich innerlich Widerwille empfand; aber ich hatte meine Sinne Gott übergeben; ich bat ihn, mich davor zu bewahren, irgend etwas zu sehen oder zu hören, was nicht nach seinem Geschmack wäre. In diesem Lustspiel sagte ein Individuum dem Publikum an, daß es verblüffende Dinge sehen werde: daß man einem Manne den Kopf abschneiden werde und daß man ihn ihm wieder ansetzen werde, ohne daß eine Spur von Verletzung übrigbleibe. Meine Mutter war zufrieden, als sie mich ruhig sah; aber als der verblendende Moment kam und mir meine Mutter sagte: "Schau, schau, schau gut dort", stieß ich einen Schrei aus: "Das ist nicht wahr! Das ist nicht wahr! Meine Augen können die Kniffe nicht ertragen!" Und ich weinte so sehr, daß meine arme Mutter, zu ihrem großen Mißfallen, mich forttragen mußte. Zu Hause angelangt, wurde ich fortgeschickt als unverbesserlich; und wahrhaftig, ich war schrecklich, ich verursachte meiner lieben Mutter fortwährend Kummer. Peu de jours après, ma mère me croyant plus docile, voulut me porter à une comédie et vraiment je ne fis pas de résistance. J'avais résolu d'obéir, quoique intérieurement je sentisse de la répugnance; mais j'avais donné mes sens à Dieu, je le priai de me préserver de voir et d'entendre aucune chose qui ne serait pas de son goût. Dans cette comédie un individu annonçait au public qu'il allait voir des choses stupéfiantes: qu'on allait couper la tête à un homme et qu'on la lui remettrait en place sans qu'il reste trace de la blessure. Ma mère me voyant tranquille était contente; mais quand vint le moment aveuglant et que ma mère me dit : «Regarde, regarde, regarde bien là», je poussai un cri : «Ce n'est pas vrai! ce n'est pas vrai! mes yeux ne peuvent supporter l'artifice!» et je pleurai si fort que ma pauvre mère dut, à son grand déplaisir, m'emporter. Arrivée à la maison, je fus renvoyée comme incorrigible, et vraiment j'étais terrible, je donnais continuellement du chagrin à ma chère mère. 58
Es war dunkel, ich hätte nicht in den Wald gehen können. Ich hatte den Einfall, in die Kirche zu gehen, wohin mich mein Vater einmal mitgenommen hatte. Das Abendgebet war gemacht, eine einzige Person war noch da und betete den Kreuzweg, es war meine Tante: Ich ging stracks zum Altar der Heiligen Jungfrau, meiner Mama, um ihr meine kürzliche Sünde des Diebstahls gegen Julie (meine Mutter) zu beichten. Es war dies das erste Mal, daß ich die Knie beugte vor einer STATUE. Ich betete von ganzem Herzen, als es mir plötzlich schien, daß sich diese Statue beseelte, Leben annahm und Bewegung, daß das Antlitz von einem schönen Lichte erstrahlte. Auf ihrem linken Arm war mein Bruder, der in seinen Händen einen ganz glänzenden Rahmen hielt: er schaute ihn an, legte ihn dann auf sein Herz, dann schaute er ihn von neuem an und ließ ihn betrachten von der schönen Königin, die, nachdem sie ihn angeschaut hatte, ihrem göttlichen Sohne ein Zeichen gab. Ich war immer noch auf den Knien vor dem Altare und, obwohl die Lieblichkeit, die Milde, die allergrößte Güte der Königin des Himmels mich hinriß, zu ihr hinzueilen und zu meinem Bruder, so lastete doch meine Sünde des Diebstahls und der Verdruß, den ich meinem göttlichen Erlöser verursacht hatte, auf meinem schuldigen Gewissen, und so machte ich aufrichtige Akte der Reue. Ich weiß nicht wie, in weniger als einer Sekunde sah ich mich der ganz reinen MARIA, der Jungfrau, die die Herzen betört, der Jungfrau des Friedens mit GOTT, der Jungfrau, die die Wunden der Sünde heilt, der Jungfrau der Versöhnung der Sünder gegenüber und im Angesichte meines liebevollen Bruders, der noch zu verschiedenen Malen hinschaute und mir dann das zeigte, was ich für einen Rahmen gehalten hatte: es war ein hübscher Spiegel aus ganz reinem, kristallisiertem und glänzendem Silber. Ich verstand, daß dies meine Seele sei, deren zahlreiche Flecken (meine Sünden) es verhinderten, daß Unser Herr sich darin vollkommen erblickte. Auf diesen Anblick fiel ich auf die Knie, indem ich MARIA, die Jungfrau und Mutter, anflehte, daß sie mir durch die Verdienste des Leidens und des Sterbens JESU CHRISTI, durch die Verdienste ihrer Armut vergebe und mir Verzeihung für alle meine Sünden erlange: und ich bat meinen allerliebsten Bruder, mir eine vollkommene Absolution zu geben; was er mit seiner rechten Hand tat. Darauf strich MARIA, ja MARIA, die allerheiligste, die wahre Mutter der Barmherzigkeit, in Form eines Kreuzes mit dem Zeigefinger ihrer gesegneten rechten Hand über den Spiegel, der ganz schön und glänzend wurde; und JESUS schaute sich darin mit Wohlgefallen, umfing ihn, drückte ihn auf sein Herz, segnete mich, und alles verschwand. Ich fand mich wieder am Fuße des Altares, den Frieden im Herzen. Il était obscur, je n'aurais pas su aller dans les bois. J'eus l'idée d'aller dans l'église où mon père m'avait portée une fois. La prière du soir était faite, une seule personne s'y trouvait et faisait le chemin de la croix, c'était ma tante: J'allai droit à l'autel de la Sainte Vierge, ma maman, pour lui confesser mon récent péché de vol envers Julie (ma mère) C'était la première fois que je pliais les genoux devant une STATUE. Je priais de tout mon coeur quand tout à coup il me sembla que cette statue s'animait, prenait vie et mouvement, que la face s'illuminait d'une très belle lumière. Sur son bras gauche était mon Frère qui tenait dans ses mains un cadre très brillant: il le regardait, puis le mettait sur son coeur, puis il le regardait de nouveau et le faisait voir à la belle Reine qui, après l'avoir regardé fit un signe à son divin Fils. J'étais toujours à genoux devant l'autel et, bien que l'amabilité, la suavité, la grandissime bonté de la Reine du ciel me poussât à courir vers elle et vers mon Frère, pourtant mon péché de vol et le dégoût que j'avais donné à mon divin Rédempteur pesant sur ma conscience coupable, je faisais des actes sincères de contrition. Je ne sais dire comment, en moins d'une seconde, je fus en face de la belle et toute pure MARIE, la Vierge qui ravit les coeurs, la Vierge de la paix avec DIEU, la Vierge qui guérit les plaies du péché, la Vierge réconciliatrice des pécheurs, et en face de mon amoureux Frère qui regarda encore à diverses reprises, puis me montra ce que j'avais pris pour un cadre: c'était un joli miroir en très pur argent cristallisé et brillant. Je compris que c'était mon âme dont les nombreuses taches (de mes péchés) empêchaient que Notre-Seigneur s'y vît parfaitement. A cette vue je tombai à genoux, implorant MARIE Vierge et Mère que par les mérites de la passion et de la mort de JÉSUS-CHRIST, par les mérites de sa pauvreté elle me pardonnât et m'obtînt le pardon de tous mes péchés: et je priai mon très doux Frère de me donner une entière absolution; ce qu'il fit avec sa main droite. Puis MARIE, oui MARIE très Sainte, la vraie Mère de la miséricorde, passa en forme de croix l'index de sa bénie main droite sur le miroir qui devint très beau et très lustré; et Jésus s'y regarda avec complaisance, le serra, le pressa sur son coeur, me bénit et tout disparut. Je me retrouvai au pied de l'autel, la paix dans le coeur. 59
Hier kann ich nicht sagen, wie ich - indem ich mich voller Sünden in Gegenwart einer so erhabenen Schönheit und Reinheit sah - ohne Anstrengung mich versenkte, nein verschwand. Ich denke, daß dies Dinge sind, die nur jene verstehen, die sie erlebt haben. Ici, je ne puis dire comment en me voyant pleine de péchés en présence d'une beauté, d'une pureté si sublime, sans effort je m'abîmais, non je disparaissais. Je pense que ce sont des choses que ne peuvent comprendre que ceux qui les ont éprouvées. 60
Meine Tante war, nachdem sie ihren Kreuzweg beendet hatte, an ihren Platz gekommen und hatte mich erblickt, und da man sich daranmachte, die Kirche zu schließen, wollte sie, daß ich mit ihr hinausgehe. Da sie durch mich erfahren hatte, daß ich von zu Hause fortgejagt worden war, nahm sie mich mit sich zu ihr, wo ich zwei oder drei Monate blieb. In der Zwischenzeit war mein Vater zurückgekehrt, und sogleich hatte seine Schwester sich darangemacht, ihn zu treffen, um ihm zu sagen, keinen Kummer zu haben. Mein Vater kam sofort, mich zu sehen; seine Schwester sprach mit ihm allein, er kam wieder, sagte mir, ich solle bei seiner Schwester bleiben, und ging fort. Ma tante, son chemin de croix terminé, étant venue à sa place, m'aperçut, et comme on allait fermer l'église elle me fit sortir avec elle. Apprenant par moi que j'avais été chassée de la maison, elle m'emmena chez elle où je restai deux ou trois mois. Dans l'intervalle, mon père était revenu et aussitôt sa soeur avait tâché de le rencontrer pour lui dire de n'être pas en peine. Mon père vint aussitôt me voir; sa soeur lui parla à part, il revint, me dit de rester avec sa soeur et s'en alla. 61
Jeden Abend und jeden Morgen mußte ich mit meiner Tante den Rosenkranz und anderes beten. Jeden Sonntag nach der Vesper nahm sie mich nebst anderen Personen mit auf die Wallfahrt zur Kapelle Unserer Lieben Frau von Gournier, am Wege, der nach La Salette führt, ungefähr eine halbe Stunde von Corps entfernt. Wir gingen am Hause meiner lieben Eltern vorbei. Manchmal sah ich von weitem meine liebe Mutter. Das erste Mal erbat ich von meiner Tante die Erlaubnis, sie grüßen zu gehen; sie gestattete es nicht. Ich dachte, sie wolle nicht, daß ich das Gebet des Rosenkranzes unterbreche. Soir et matin, ma tante me faisait prier avec elle et dire le chapelet. Tous les dimanches, après vêpres, elle m'emmenait avec d'autres personnes, en pèlerinage à la Chapelle de Notre-Dame de Gournier, sur le chemin qui conduit à la Salette, à demi-heure environ de Corps. Nous passions près de la maison de mes chers parents. Quelquefois je voyais à distance ma chère mère. La première fois je demandai à ma tante la permission d'aller la saluer, elle ne le permit pas. Je pensai qu'elle ne voulait pas que j'interrompe la récitation du chapelet. 62
Meine Tante schickte mich zur Schule; aber während ungefähr eines Jahres, in dem ich zu verschiedenen Malen in der Schule war, lernte ich meine Buchstaben nicht nur gut kennen. Die Kinder nannten mich nur die Stumme, weil ich nie redete und weil ich immer in einer Ecke ganz allein war; und wenn die gute Lehrerin mich rief, um mich meine Aufgaben aufsagen zu lassen, gab es kein Mittel, mir ein Wort aus dem Munde zu ziehen. Eines Tages zwang sie mich, ihr zu sagen, warum ich ihre Lektion nicht aufsagen wolle. Ich antwortete ihr, daß es deshalb sei, weil ihre Lektion sich nicht schön aufsagen lasse, und daß man im Himmel nicht so häßliche Dinge wie diese sage und daß ich hier nur das machen wolle, was ich mit meiner Mama im Paradiese tun müsse ... "Und dann", fügte ich hinzu, "will ich auch nicht mehr zur Schule kommen, weil man hier zu viel Lärm macht: ich habe Angst, daß mein Herz ihn höre, denn mein kleiner Bruder hat mir viele Male gesagt: «Meine Schwester, was ich dir empfehle, ist, daß du dein kleines Herz allem Lärm der Welt verschließest: höre nicht auf das, was die Welt sagt, tue nicht, was die Welt tut, glaube nicht, was die Welt glaubt.»" "Und wie heißest du, mein Kind?" nahm die Lehrerin wieder auf. "Mein Bruder hat mir immer Schwester gesagt, das ist mein Name." Dies waren ungefähr sämtliche Worte der Wilden, während eines Jahres etwa, welches sie in der Schule verbrachte. Ma tante m'envoyait à l'école; mais pendant un an environ qu'en différentes fois je fus à l'école, je n'appris pas seulement à bien connaître mes lettres. Les enfants ne m'appelaient que la Muette, parce que je ne parlais jamais et que j'étais toujours dans un coin toute seule; et quand la bonne Maîtresse m'appelait pour me faire dire ma leçon, il n'y avait pas moyen qu'elle me tirât une parole de la bouche. Un jour elle me forçait de lui dire pourquoi je ne voulais pas dire sa leçon. Je lui répondis que c'était parce que sa leçon ne disait pas joli, et que dans le ciel on ne disait pas des choses laides comme ça et que je ne voulais faire ici que ce que je devais faire avec ma Maman dans le paradis... «Et puis, ajoutai-je, je ne veux plus venir à l'école, parce qu'on y fait trop de bruit: j'ai peur que mon coeur l'entende, car mon petit Frère m'a dit bien des fois: Ma soeur ce que je vous recommande, c'est que vous fermiez votre petit coeur à tous les bruits du monde: n'écoutez pas ce que le monde dit, ne faites pas ce que le monde fait, ne croyez pas ce que le monde croit.» - «Et comment vous appelez-vous, mon enfant?» reprit la maîtresse. - «Mon Frère m'a toujours dit Soeur, voilà mon nom». Ce furent à peu près toutes les paroles de la Sauvage, pendant un an environ qu'elle fut à l'école. 63
An einem freien Tag (ich glaube, daß es der Hohe Donnerstag war) ging ich wie gewöhnlich, diesen glücklichen Tag im Walde zu verbringen. Ich war ungefähr sechs Jahre alt. Ich hatte mich sehr weit zurückgezogen. Dort war ich ganz in Gedanken versunken, und ich weinte darüber, daß man meinen lieben JESUS nicht recht und genügend liebte. Ich bat meine Mama, mich sehr, sehr viel leiden zu lassen, um damit den Leuten die Liebe zum lieben GOTT zu geben, die sie nicht hatten; denn ich glaubte, daß, wenn meine Leiden zunähmen, die Liebe zum lieben GOTT bei den andern wachsen würde. Alsbald sehe ich meinen Bruder kommen, den ich seit langem nicht mehr gesehen hatte, der mir sagt: "Schwester, heute gehen wir unsere Mama besuchen." Gleichzeitig ließ er mich auf einen hübschen kleinen grünen Rasen sitzen, der von Blumen bedeckt war, und er breitete über seinen Kopf und den meinen eine Art weißen Schleier aus, der uns das Gesicht bedeckte, und gleichzeitig schien sich der Rasen abzuheben, und schon waren wir weg. Ich wollte den Schleier aufheben, um den Weg zu sehen, sagte ich, damit ich mich nachher auskenne, auf ihm zurückzugehen. Mein Bruder hinderte mich daran und sagte mir, ich solle mich führen lassen, man werde mich zurückzuführen wissen. Bald kam man bei einer sehr großen Pforte an; da standen wir auf. Die Türe öffnete sich, und wir durchquerten eine weite Wohnung (ich wäre der Wahrheit näher, wenn ich sagte: eine weite Ebene), ganz mit schwarzen Teppichen belegt und fast überall bedeckt mit Kreuzen unterschiedlicher Größe. Darüber hinaus fielen die Kreuze, während wir hindurchgingen, auf uns wie der Regen, und die Leute (die Christen), die diese Stätten bewohnten, hörten nicht auf, uns zu lästern ... Wir benötigten, schien es mir, fast zwei Stunden, um diese Säle zu durchqueren, worin wir viel Mühe gehabt haben. Schließlich sahen wir ein zweites Tor, ein sehr weites, das sich vor uns öffnete. Junge Personen mit einem Weiß bekleidet grüßten uns innig. Wir erblickten einen unermeßlichen Raum, wie mit Teppichen eines gewissen Weiß belegt, aber die Kreuze waren noch größer da, noch zahlreicher. O GOTT! Welch eine Durchquerung! Die Leute versammelten sich auf dem Wege, um mich mit Lästerungen zu überhäufen (was mir sehr empfindlich war, das war der Umstand, daß ich unter ihnen eine große Zahl von Gliedern des Klerus sah ...). Einige Personen wollten mich sogar schlagen; mein Bruder schaute dem allem zu, ohne etwas zu sagen. Aber ich wiederhole es: was ich am meisten empfand, war dies: Gottgeweihte Personen mir allerhand Dinge sagen zu hören, um mich zu entmutigen und mir zuzurufen: Sonderling! Da gab es einen sehr gefährlichen Moment für die Wilde, die, da sie sich von den Kreuzen, die es regnete, erdrückt sah, um sich von einem derselben, welches sie aufhielt, loszumachen, die Hand ihres Bruders loslassen wollte, und, da sie immer noch in Fülle herabfielen, hatte die WÖLFIN davon bald einmal bis zum Kopf hinauf, so daß sie ihren Bruder nicht mehr sah. Sie rief ihn, aber er gab keine Antwort. Schließlich hatte der junge Knabe Mitleid mit seiner Schwester; er kommt zurück und gibt mir die Hand in eben dem Moment, da ich mich verloren glaubte. Mit viel Mühe kamen wir endlich an das Ende dieses zweiten Aufenthaltsortes und näherten uns bald einem dritten, der in nichts jenen zu gleichen schien, die wir soeben durchlaufen hatten. Die Pforte war von einem blendenden Weiß und ganz und gar mit Gold bestickt. "0 GOTT, rief ich aus, ich sterbe, ich sterbe, wenn dieses Tor seinen Glanz nicht dämpft, mein Bruder, was ist da?" - "Dies ist nun, antwortete mir mein Bruder, die Pforte des Hauses unserer Mama; lasse alle Leidender Erde hier; tritt ein und sieh." Kaum hatte er diese Worte fertiggesprochen, da öffneten vier bezaubernde Jungfrauen mit Goldketten die beiden Flügel der Pforten, die in Flammen zu sein schienen, so sehr war das Licht, aus dem sie beschaffen waren oder welches sie umgab, Funken sprühend, bewegt und glänzend. Diese vier Jungfrauen fielen nieder vor meinem kleinen Bruder, der sie, durch ein Zeichen, alsbald wieder erhob. Aber was sah ich nun ...! Ah! hier ist es besser, daß ich schweige; die Stille wird mehr aussagen als mein Wort, denke ich. Ich dachte nicht mehr daran, vorwärts zu gehen, so sehr war ich überwältigt vor dieser Menge von Seligen, die in einer reinsten Freude schwammen, in diesem Aufenthaltsort des grenzenlosen Lichtes, das unendlich weißer ist, reiner ist als die Sonne ...! Ich wollte meine Schritte anhalten, diese Abstufungen und diese Verschiedenheiten in den Abstufungen all dieser seligen Seelen bewundern, die in der unendlichen Glorie des Wortes des Allerhöchsten GOTTES schwimmen und erfüllt sind von ihrer in der Zeit erworbenen Ehre. Mein Bruder, der mich bei der Hand hielt, schritt immer vorwärts. Schließlich erblickte ich die Chöre der Jungfrauen, alle von einer unvergleichlichen, unvorstellbaren Schönheit, glücklicher noch inmitten all dieser Glücklichen ... Ich wußte nicht, was ich werden sollte, ich wagte nicht, mich ihnen zu nähern, und dennoch wollte ich nicht dort bleiben, um so weniger, als mich mein Bruder immer noch führte ... Bei der Legion der Jungfrauen, die, im Vergleiche mit den Legionen der Heiligen aller Grade, sehr minim war (ich verstand, daß man gekämpft haben muß), waren die herrlichen Throne, wovon zwei unbesetzt. Sobald diese Jungfrauen uns erblickten, bildeten sie eine Öffnung, d.h., daß der Kreis sich öffnete, und sobald wir in den Kreis traten, sangen sie ein sehr schönes Lied, dessen Refrain lautete: "Eine Schwester mehr! eine Schwester mehr!" Zur gleichen Zeit stieg eine große Dame, nein, eine schöne Königin, königlich mit hervorragenden Stoffen gekleidet, verziert mit Brillanten, die meine Augen blendeten - sie war unvergleichlich schöner als alle anderen Heiligen -, von ihrem Throne herab, kam vor meinen Bruder und grüßte ihn innig. Sogleich sagte mein Bruder zu mir: "Schwester, sieh da unsere Mama." Kaum hatte er diese Worte ausgesprochen, da fühlte ich mich zu ihr hingezogen, ich laufe, meinen Bruder immer noch bei seiner Hand haltend und werfe mich in die Arme meiner Mutter indem ich sagte: "Mama, meine gute Mama, Mama ...!" - "Meine Tochter, mein liebes Kind, sagt sie mir, ja, ich bin deine Mutter, sei mein Kind (indem du auf meinen Spuren folgst), komm mit mir." Un jour de congé (je crois que c'était le Jeudi Saint), j'allai, comme à l'ordinaire, passer cette heureuse journée dans les bois. J'avais environ six ans. Je m'étais retirée fort loin. Là j'étais toute pensive et je pleurais de ce qu'on n'aimait pas bien et beaucoup mon bon Jésus. Je demandai à ma Maman de bien, bien me faire souffrir afin de donner l'amour du bon DIEU aux gens qui ne l'avaient pas; car je croyais que quand mes souffrances augmentaient, l'amour du bon DIEU croissait chez les autres. Aussitôt je vois venir mon Frère, que je n'avais pas vu depuis longtemps, qui me dit : «Soeur, c'est aujourd'hui que nous allons voir notre Maman.» En même temps il me fit asseoir sur un joli petit gazon vert couvert de fleurs, et il étendit sur sa tête et sur la mienne une espèce de voile blanc qui nous couvrait la face, et, en même temps, le gazon parut se détacher et nous voilà partis. Je voulais lever le voile pour voir, disais-je, le chemin afin de savoir ensuite m'en retourner. Mon Frère m'en empêcha et me dit de me laisser conduire et que l'on saurait me ramener. On arriva bientôt près d'une très grande porte; alors nous nous mîmes debout. La porte s'ouvrit et nous traversâmes un vaste appartement (je serais plus dans le vrai si je disais: une vaste plaine) tout tapissé en noir et presque partout couvert de croix de différentes grandeurs. De plus, pendant que nous traversions, les croix nous tombaient dessus comme la pluie, et les gens (les Chrétiens) qui habitaient ces lieux ne cessaient de nous injurier... Il nous fallut, me semble-t-il, près de deux heures pour traverser ces salles où nous avions eu beaucoup de peines. Enfin nous vîmes une deuxième porte très vaste qui s'ouvrit devant nous. Des jeunes personnes vêtues d'un blanc nous saluèrent profondément. Nous aperçûmes un espace immense comme tapissé d'un certain blanc, mais les croix y étaient plus grandes encore, plus nombreuses. O DIEU! quelle traversée! Les gens se réunissaient sur le chemin pour me charger d'injures (ce qui me fut sensible ce fut d'y voir grand nombre de membres du Clergé...) Quelques personnes même voulaient me frapper; mon Frère regardait tout cela sans rien dire. Mais, je le répète, ce qui m'était le plus sensible, c'était de voir et d'entendre des personnes consacrées à DIEU me dire toutes sortes de choses pour me décourager et me crier Singulière! Il y eut un moment très dangereux pour la Sauvage qui, se voyant écrasée par les croix qui pleuvaient, voulut, pour se débarrasser de l'une d'elles qui l'arrêtait, lâcher la main de son Frère; et, comme elles tombaient toujours avec abondance, bientôt la Louve en eut jusque sur la tête, de sorte qu'elle ne voyait plus son Frère. Elle l'appelait, mais il ne répondait pas. Enfin le jeune enfant eut pitié de sa soeur; il retourne en arrière et me donne la main au moment où je me croyais perdue. Avec beaucoup de peine nous arrivâmes enfin au bout de cette deuxième demeure et nous approchâmes bientôt d'une troisième qui paraissait ne ressembler en rien à celles que nous venions de parcourir. La porte était d'une blancheur éblouissante et toute brodée en or. «Oh! DIEU, m'écriai-je, je meurs, je meurs, si cette porte ne tempère pas son éclat, mon Frère, qu'est-ce que cela?» -- «C'est là, me répondit mon Frère, la porte de la Maison de notre Maman; laissez-là toutes les peines de la terre; entrez et voyez.» A peine avait-il achevé ces mots, quatre ravissantes vierges ouvrirent avec des chaînes d'or les deux battants des portes qui semblaient en feu, tant la lumière dont elles étaient composées ou qui les entourait était scintillante, agitée et brillante. Ces quatre vierges se prosternèrent devant mon petit Frère qui, par un signe, les releva aussitôt. Mais que vis-je donc!... Ah! ici, il vaut mieux se taire; le silence en dira plus que ma parole, je pense. Je ne pensais plus à avancer, tant j'étais stupéfiée devant cette multitude de bienheureux nageant dans une joie la plus pure, dans ce séjour de lumière sans limite infiniment plus blanche, plus pure que le soleil!... Je voulais m'arrêter, admirer ces gradations et ces variétés dans les gradations de toutes ces âmes bienheureuses nageant dans la gloire infinie du Verbe de DIEU Très-Haut, et remplies de leur gloire acquise dans le temps. Mon Frère me tenant par la main avançait toujours. Enfin j'aperçois les choeurs des Vierges, toutes d'une beauté incomparable, inimaginable, plus heureuses encore au milieu de tous ces heureux... Je ne savais que devenir, je n'osais pas m'en approcher et cependant je ne voulais pas rester là d'autant plus que mon Frère me conduisait toujours... Près de la légion des Vierges, qui, en comparaison avec les légions des saints de tous grades, était bien minime (je compris, il faut avoir combattu) étaient des trônes magnifiques dont deux libres. Dès que ces Vierges nous aperçurent, elles firent une ouverture, c'est-à-dire que le cercle s'ouvrit et aussitôt que nous entrâmes dans le cercle, elles chantèrent un très joli cantique dont la répétition était: «Une soeur de plus! une soeur de plus!» En même temps une grande Dame, non, une belle Reine, vêtue à la royale de splendides draperies ornées de brillants éblouissants à mes yeux, Elle était incomparablement plus belle que tous les autres saints, descendit de son trône, vint au-devant de mon Frère et le salua profondément. Aussitôt mon Frère me dit Soeur, voilà notre Maman». A peine avait-il achevé ces mots que je me sentis attirée à Elle, je cours tenant toujours mon Frère par la main et m'élance dans les bras de ma Mère en disant: «Maman, ma bonne Maman, Maman!...» -- «Ma fille, ma chère enfant, me dit-elle, oui je suis votre Mère, soyez mon enfant, (en marchant sur mes traces) venez avec moi.» 64
Und Sie führte mich empor; mein Bruder war eine große Person geworden, aber es war immer noch er; er setzte sich auf einen herrlichen, ganz schillernden Thron, zur Rechten einer sehr hohen, ganz leuchtenden Persönlichkeit, die der Ewige Vater zu sein schien, aus dem Grunde, weil er aus sich selber Licht war oder das ewige Licht; zur Linken setzte sich meine Mutter, auf einen Thron einer variierenden weißen Farbe, blendend und verziert mit reinstem Gold; rechts von meinem Bruder war ein sehr schöner und leuchtender Thron, auf welchem der hl. Josef war; dann wagte schließlich ich kleines Nichts, mich zur Linken meiner Mutter zu setzen, sobald sie und mein Bruder mir es gesagt hatten. Ah! welch ein Wohlbefinden in diesem Moment, welch ein Glück, welch ein Frieden genoß meine Seele und selbst mein Körper, wie waren sie überschwemmt und erfüllt! Seit wie lange war ich hinabversenkt in die Freude und die Betrachtung eines unaussprechlichen Glückes? Meine Mutter schaute zu meinem Bruder hin, und alsbald begann der Chor der Jungfrauen mit ganz verschiedenen Musikinstrumenten, die sehr leicht schienen, so gut zu singen, so gut, daß es mir unmöglich ist, darüber die leiseste Sache auszudrücken, wenn nicht dies eine, daß, wenn ich hier auf dieser Erde gewesen, ich vor Freude gestorben wäre. Diese Musik schien mich zu durchdringen, zu stärken, zu weiten, hineinzuversetzen in ein süßes und friedliches, verliebtes Wohlsein und vor allem in die reinste, die erhabenste Liebe. Et Elle m'emmena en haut; mon Frère était devenu grand personnage, mais c'était toujours Lui; il s'assit sur un trône magnifique tout resplendissant, à la droite d'un très haut personnage tout lumineux qui paraissait être l'Eternel Père, par la raison que de lui-même, il était lumière ou la Lumière éternelle; à la gauche s'assit ma Mère, sur un trône d'une blancheur variante, éblouissante et orné d'or le plus pur; à la droite de mon Frère était un très beau et resplendissant trône sur lequel était saint Joseph; puis moi, petit rien, j'osai m'asseoir à la gauche de ma Maman dès qu'Elle et mon Frère me l'eurent dit. Ah! de quel bien-être, en ce moment, de quel bonheur, de quelle paix mon âme et même mon corps jouissaient, étaient inondés, remplis!... Depuis combien de temps étais-je abîmée dans la joie et la contemplation d'un bonheur inexprimable? Ma Mère regarda mon Frère, et aussitôt le choeur des Vierges avec des instruments de musique tous différents qui paraissaient fort légers, commencèrent à chanter si bien, si bien qu'il m'est impossible d'en exprimer la moindre chose sinon que si j'avais été ici sur la terre, j'en serais morte de joie. Cette musique semblait me pénétrer, corroborer, élargir, reposer dans un bienêtre doux et paisible, et surtout amoureux de l'amour le plus pur, le plus élevé. 65
Im dreimal heiligen Reiche GOTTES genießen alle Glückseligen (jeder gemäß seiner Fähigkeit) von der gleichen Glückseligkeit, von der GOTT in sich selbst in Freudenverzückungen genießt, die den Sterblichen unverständlich sind; sie sind eingebettet in der Betrachtung der unendlichen Vollkommenheiten des Allerhöchsten, ihres Schöpfers; doch lassen wir das. Meine ungehobelte Sprache ist zu, allzu alltäglich; im übrigen bin ich, ich Erdenwurm, überzeugt, daß, wer auch immer von den Sterblichen die Glorie, die köstlichen Glückseligkeiten, die Freigebigkeiten, mit welchen die großherzige ewige Weisheit die Seligen im himmlischen Vaterlande erfüllt und wiederefüllt, schildern, beschreiben möchte, nicht einmal den Schatten der allergeringsten Blume vergegenwärtigen würde. Dans le Royaume du DIEU trois fois saint, les Bienheureux tous (chacun selon sa capacité) jouissent de la même félicité dont DIEU jouit en lui-même dans des transports de joie incompréhensible aux mortels, ils sont bercés dans la contemplation des perfections infinies du Très-Haut leur créateur; mais laissons. Mon grossier langage est trop, beaucoup trop terre à terre; d'ailleurs, je suis, moi ver de terre, bien persuadée que quiconque des mortels qui voudrait tracer, décrire la gloire, les délicieuses félicités, les munificences dont la magnanime sagesse éternelle comble et recomble les Bienheureux dans la céleste patrie, ne retracerait pas même l'ombre de la plus minime des fleurs. 66
Nach einigen Tagen, die ich in unaussprechlichem Glück verbracht hatte, brachte mich mein Bruder dorthin zurück, wo er mich weggenommen hatte und sagte mir, mich zu derjenigen zu begeben, bei der ich war, bevor ich in den Wald kam. Meine Tante hatte mich überall suchen lassen und hatte sich entschlossen, ein Kind, das ihr so viel Arger bereitete, nicht mehr bei sich zu behalten. Als sie mich am Sonntagabend zurückkommen sah und nicht erreichen konnte, daß ich sagte, woher ich kam, wenn nicht aus dem Walde, gab sie mich meinem Vater zurück, nahm mich aber bald wieder aus Mitleid zu sich, weil er wieder fortgehen mußte zu seiner Arbeit. Meine Mutter ihrerseits, seit sie erfahren hatte, daß ich bei der Schwester meines Vaters war, hatte den Frieden verloren, und ich weiß nicht wie ich erfuhr, daß sie gesagt hatte, daß sie es vorziehen würde, mich tot zu sehen, als mich bei meiner frömmelnden Tante zu wissen. Après quelques jours passés dans un bonheur inexprimable, mon petit Frère me ramena où il m'avait prise et me dit de m'en aller chez celle où j'étais avant de venir dans le bois. Ma tante m'avait fait chercher de toutes parts et avait résolu de ne plus garder chez elle une enfant qui lui causait tant d'ennuis. En me voyant revenir le dimanche soir et ne pouvant me faire dire d'où je venais, sinon du bois, elle me rendit à mon père, mais me reprit bientôt par pitié, parce qu'il devait s'absenter pour son travail. De son côté, ma mère, depuis qu'elle avait su que j'étais avec la soeur de mon père, avait perdu la paix; et je ne sais comment j'appris qu'elle avait dit qu'elle me préférerait morte plutôt que de me savoir avec ma tante Bigote. 67
An einem Sonntag gingen wir wie gewöhnlich zu Unserer Lieben Frau von Gournier, den Rosenkranz betend; - wir waren etwa ein Dutzend Personen, als meine Mutter herbeigelaufen kommt, ohne ein Wort zu sagen mich beim Arm nimmt, mich nach Hause führt und während drei Tagen in ein Zimmer einschließt. Da war es, daß eine Nachbarsperson kam, um sie zu fragen, ob sie ihr eines ihrer Kinder geben könne, um ihre Schafe zu hüten. Meine Mutter antwortete ihr, daß wenn sie anstelle eines ihrer Burschen die Stumme annähme, sie sie ihr geben würde. Da das Angebot angenommen wurde, verließ ich das Haus am folgenden Tag, um die Schafe zu hüten. Ich war 6 Jahre und ein paar Monate alt. Ich blieb dort ungefähr 8 Monate; dann, während der Schneefall-Saison, ging ich zurück zu meinen Eltern, um dort den Hauptteil des Winters zu verbringen. Un dimanche, nous allions, selon notre coutume, à N.-D. de Gournier en récitant le chapelet, nous étions environ une douzaine de personnes, quand ma mère arrive en courant, sans mot dire me prend par le bras, me conduit chez elle et m'enferme dans une pièce pendant trois jours. C'est alors qu'une personne voisine vint lui demander si elle pouvait lui donner un de ses enfants pour garder ses brebis. Ma mère lui répondit que si, au lieu d'un de ses garçons, elle acceptait la Muette, elle la lui donnerait. L'offre étant acceptée, je quittai la maison le lendemain pour garder les brebis. J'avais six ans et quelques mois. Je restai là à peu près huit mois; puis, pendant la saison des neiges, je retournai chez mes parents pour y passer le gros de l'hiver. 68
Im folgenden Jahr wurde ich durch einen neuen Meister von meiner Mutter verlangt, wieder, um die Schafe zu hüten, und ich blieb bei ihm, wie immer, die ganze Zeit, da die Schafe Futter auf den Weideplätzen fanden. L'année suivante, je fus demandée à ma mère par un nouveau maître, encore pour garder les brebis et restai chez lui, comme toujours, tout le temps que les brebis trouvaient du pâturage. 69
Im Jahre darnach wurde ich in den Dienst eines dritten Herrn gestellt, um ein ganz kleines Kind zu hüten. Es waren drei Jahre, die ich im Dienste geblieben bin, in der Gemeinde von Corps. Während dieser Zeit verließ mich mein GOTT nicht: er unterwies mich liebevoll über die Wahrheiten des Glaubens, dieses wahren, überzeugenden, starken, unerschütterlichen Glaubens in einen einzigen, unerschaffenen, ewigen GOTT und in JESUS CHRISTUS, GOTT und Mensch; in die allerheiligste Dreifaltigkeit der Göttlichen Personen in einer einzigen Wesenheit, etc. Und andere offenbarte Wahrheiten. Er lehrte mich, daß die Werke vom Glauben ausgehen, daß mit dem Glauben die Werke kommen, und daß es nur die Werke des Glaubens, die durch den Glauben erzeugt werden, sind, die die Rechtfertigung gewähren; daß der Glaube an JESUS CHRISTUS uns gegeben, gesät wurde in der heiligen Taufe; daß unser Glaube vollständig und fest sein muß; daß die unerschütterliche Wurzel unseres Glaubens in GOTT, der UNFEHLBAREN WAHRHEIT ist; daß wir mit all den Bemühungen unseres menschlichen und übermenschlichen Verstandes nie GOTT und was GOTT ist verstehen können werden; daß GOTT der Vater ewig, unendlich, allmächtig, unermeßlich gut ist; daß er alles weiß, alles kann etc. Der Sohn ebenso ... der Heilige Geist ebenso ... und obwohl dem so ist, es nicht drei Ewige, drei Allmächtige, drei Unendliche, drei Unermeßliche gibt: das ist die Dreifaltigkeit. Ich kann vieles nicht erklären, das ich den Gelehrten und mehr noch dem demütigen Glauben überlasse. Die klare, überzeugende und sanfte Stimme, die mich unterwies, gab mir auch sachte Rügen. Die ersten Male, da ich die Schafe meines Meisters hütete, glaubte ich, daß alle Felder, alle Wiesen ihm gehörten; infolgedessen ließ ich sie überall, wo sie wollten, weiden, und ich wurde hierüber unterrichtet. Es wurde mir klargemacht, daß die Besitztümer Grenzen hätten, und selbst für die Königreiche der Erde. Die gleiche Stimme (immer ausgehend vom großen Licht der Gegenwart GOTTES) lehrte mich, daß ich nun den Allerhöchsten fester noch lieben und verherrlichen müsse, als ich es bis anhin getan; daß GOTT der Allmächtige um Seinetwillen geliebt werden muß, weil er allein es verdient, mit einer ganz reinen und von allem Eigensinn entblößten Liebe geliebt zu werden; daß ich in all meinen Werken einzig wünschen dürfe, den nackten Willen GOTTES, des Allmächtigen, Schöpfers des Himmels und der Erde, auszuführen; daß ich mich selber vergessen müsse, um nur zur Ehre JESU CHRISTI zu handeln und zu denken; daß, nachdem mich GOTT ganz für sich wolle, ich meinen Willen ohne Rückhalt ihm geben und zurückgeben müsse. - Nachdem ich schon seit langem ihm meinen Willen gegeben hatte, wollte ich über diese neuerliche Bitte traurig werden; die Stimme aber gab mir dazu keine Zeit; ich verstand alsbald, daß es nicht mein Wille im äußerlichen Werke sei, den der liebe Gott von mir verlangte, sondern mein Wille in der Beipflichtung und Unterwerfung allen Gnadeneinwirkungen gegenüber: daß ich in meinen Freuden wie in meinen Drangsalen alles zum Wohlgefallen GOTTES empfangen und dazu einwilligen müsse mit einem totalen Verzicht auf meine Sinne, auf meine Gedanken und meine ganze Person; schließlich, daß er von mir die Umwandlung meines Willens in den Seinen verlangte, die Geradheit der Einstellung im Glauben und den Verzicht (meinerseits) auf die Verdienste, die man bei der Übung der Tugenden sich erwerben kann; daß ich die Verdienste aller Leiden, die ich zu ertragen habe, dem Ewigen Vater vereint mit jenen JESU CHRISTI und im Namen JESU CHRISTI zu Gunsten seiner Kirche aufopfern müsse, gleichzeitig mit den Kräften der Seele JESU CHRISTI und den Verdiensten seiner Sinne, zur Sühne, zur Reinigung und zur Heiligung des gesamten Klerus. Alles dies begriff ich augenblicklich, und in diesem Augenblick konnte ich nur zergehen für eine so große Liebe. L'année après je fus mise au service d'un troisième maître pour garder un tout petit enfant. Cela fait trois ans que je suis restée en service dans la commune de Corps. Pendant ce temps, mon DIEU ne m'abandonna pas: il m'instruisait amoureusement sur les vérités de la foi, de cette foi vraie, persuasive, forte, inébranlable en un seul DIEU incréé, éternel, et en JÉSUS-CHRIST-DIEU et homme; en la très-sainte Trinité des Divines Personnes dans une seule Essence, etc. Et autres vérités révélées. Il m'enseignait que les oeuvres procèdent de la foi, qu'avec la foi viennent les oeuvres et qu'il n'y a que les oeuvres de la foi, produites par la foi, qui donnent la justification; que la foi en JÉSUS-CHRIST nous a été donnée, semée dans le Saint baptême; que notre foi doit être entière et ferme; que la racine inébranlable de notre foi est en DIEU, VÉRITÉ INFAILLIBLE; que par tous les efforts de notre raison humaine et surhumaine, nous n'arriverons jamais à comprendre DIEU et ce qu'est DIEU; que DIEU le Père est éternel, immense, tout-puissant, infiniment bon; qu'il sait, qu'il peut tout, etc. Le Fils aussi... le Saint-Esprit aussi... et que bien qu'il en soit ainsi, il n'y a pas trois éternels, trois tout-puissants, trois infinis, trois immenses: c'est la Trinité. Je ne puis expliquer bien des choses que je laisse aux lettrés et plus encore à l'humble foi. La voix claire, persuasive et suave qui m'instruisait me faisait aussi de douces admonitions. Les premières fois que je gardais les brebis de mon maître, je croyais que tous les champs, toutes les prairies lui appartenaient; par conséquent je laissais paître partout où elles voulaient et je fus instruite sur cela. Il me fut enseigné qu'il y a des limites aux propriétés, etc., et même aux royaumes de la terre. La même voix (venant toujours de la grande Lumière de la présence de DIEU) m'enseigna que maintenant je devais aimer et glorifier le Très-Haut plus solidement que je ne l'avais fait jusqu'ici; que le DIEU Tout-Puissant doit être aimé pour lui-même, parce qu'il mérite seul d'être aimé d'un amour très pur et dénué de tout intérêt propre; qu'en toutes mes actions je ne devais désirer que de faire la nue volonté du DIEU Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre; que je devais m'oublier moi-même pour n'agir et ne penser que pour la gloire de JÉSUS-CHRIST; que DIEU me voulant toute à Lui, je devais lui donner et redonner ma volonté sans restriction. -- Comme depuis longtemps je lui avais donné ma volonté, j'allais m'attrister de cette nouvelle demande, la voix ne m'en donna pas le temps; je compris aussitôt que ce n'était pas ma volonté dans l'action extérieure que le bon Dieu me demandait, mais ma volonté dans le consentement et la soumission à toutes les opérations de la grâce que dans mes joies comme dans mes tribulations je dois tout recevoir, acquiescer au bon plaisir de DIEU, avec un abandon total de mes sens, de mes pensées et de toute ma personne; enfin qu'il me demandait la transformation de ma volonté en la sienne, la rectitude d'intention dans la foi, et le renoncement (pour moi) aux mérites qui se peuvent acquérir dans l'exercice des vertus; que les mérites de toutes les peines que je devais souffrir, je devais les offrir au Père Éternel unis à ceux de JÉSUS-CHRIST et au Nom de JÉSUS-CHRIST au profit de son Église, en même temps que les puissances de l'âme de JÉSUS-CHRIST et les mérites de ses sens, pour l'expiation, la purification et la sanctification de tout le Clergé. Tout cela, je le compris instantanément et dans cet instant je ne pouvais que me liquéfier pour un amour si grand. 70
Da reichlich Schnee gefallen war, konnte ich nicht länger meine Schafe zur Weide führen; ich kehrte zu meinen Eltern zurück. Mein Vater, der sich zu Hause befand, sagte - bevor er sich zurückzog - zu meiner Mutter, mich zur Schule zu schicken. So begleitete mich denn jeden Morgen der Sohn meiner Mutter zur Schule, und am Abend kam er mich abholen. Die Lehrerin war eine seriöse und fromme Person; sie hatte sogleich Zuneigung zu mir gefunden; aber mit meinem traurigen Charakter entsprach ich wenig oder überhaupt nicht ihren guten Manieren. Ich war eine wahrhaftige Wilde und entfernte mich immer vor jedermann, der es versucht hätte, sich mir zu nahen. Eines Nachmittags sagte die Lehrerin voll Güte zu mir: "Schwester (alle nannten mich Schwester, weil ich gesagt hatte, daß dieses mein Name sei), laß mich dein Haar ein wenig ordnen." Sogleich sagte ich: "Nein, nein, es ist gut so." Nach einigen Minuten sagte sie mir erneut, daß sie gerne mein Haar ordnen möchte, daß mein Vater es ihr empfohlen habe, sich meiner gut anzunehmen, und daß meine Tante ihr die nämliche Empfehlung wie mein Vater gemacht habe. Als ich dies hörte, erweichte sich mein hartes Herz; überdies liebte ich meinen Vater sehr, und ich wollte ihm kein Leid verursachen. So versuchte denn die Lehrerin trotz meines großen Widerwillens, jemanden mir nahetreten zu lassen, mit großer Liebe mein ganz struppiges und vom Blut, das manchmal floß und (wenn ich es nicht abwaschen konnte) in meinen Haaren trocknete, verklebtes Haar zu kämmen. Der guten Lehrerin gelang es an diesem Tage nicht, mich ihrem Wunsche gemäß zu kämmen: sie gab sich zufrieden, mein Haar hinten hochzunehmen und machte es fest, indem sie mir sagte: "Morgen werde ich sie dir ordnen." Am Abend, sobald ich zu Hause war, nahm ich einen der Söhne meiner Mutter, um mit ihm sein Gebet zu verrichten. In diesem Moment schaute mich meine Mutter an und, da sie sah, daß ich gekämmt war, sagte sie mir mit böser Stimme: "Was soll diese Neuheit? Und warum hast du dein Haar heraufgebunden, welches dir die Stirne bedeckte bis zu den Augen? Ich sah da noch zuviel von dir, nun aber bist du mir unerträglich. Aber warum hast du dich so gekämmt, warum? Antworte sofort." Ich antwortete ihr, daß ich nicht wisse, warum. Da wurde meine Mutter sehr böse und sagte mir, daß ich lüge, daß man aber sehe, daß es aus Eitelkeit sei, daß ich mein Haar auf diese Weise geordnet hatte; daß ich Frömmigkeit vortäusche, um meine Fehler zuzudecken. Dann nahm sie die Schere und schnitt mir alle Haare vorne ab, bis zu den Ohren, und, ohne die Haare wegzunehmen, die sie abgeschnitten hatte. Am folgenden Tag ging ich wie gewöhnlich zur Schule. Die Lehrerin war überrascht, mich mit abgeschnittenen Haaren zu sehen; sie schimpfte sehr mit mir wegen dieser schlimmen Frechheit, indem sie hinzufügte, daß sie es nie, nie geglaubt hätte, daß ich so großer Boshaftigkeit fähig gewesen wäre. Ich antwortete nichts, umsoweniger, als ich dem keine Aufmerksamkeit schenkte; mein Geist war damit beschäftigt, zu erraten, was ich tun könnte, um den Wohltaten meines allerliebsten JESUS zu entsprechen, weil ich Hunger und Durst hatte nach dem Leiden, ohne jemals zu leiden. O, wie ist dieser Zustand grausam! La neige étant tombée en abondance, je ne pouvais plus conduire mes brebis au pâturage; je retournai chez mes parents. Mon père, qui se trouvait à la maison, dit avant de se retirer, à ma mère, de m'envoyer à l'école. Donc, chaque matin, le fils de ma mère m'accompagnait à l'école et, le soir, il venait me prendre. La maîtresse était une personne sérieuse et pieuse; elle s'était aussitôt affectionnée à moi; mais avec mon triste caractère, je correspondais peu ou pas du tout à ses bonnes manières. J'étais une vraie sauvage et m'éloignais toujours de qui aurait essayé de m'approcher. Un jour après-midi la Maîtresse me dit avec bonté: «Soeur (tout le monde m'appelait soeur parce que j'avais dit que c'était mon nom), laissez-moi arranger un peu votre chevelure.» Aussitôt je dis: «Non, non, elle est bien comme cela.» Après quelques minutes elle revint me dire qu'elle aimerait à arranger mes cheveux, que mon père lui avait bien recommandé d'avoir bien soin de moi, et que ma tante lui avait fait la même recommandation que mon père. En entendant cela mon dur coeur s'attendrit; de plus j'aimais beaucoup mon père et je ne voulais pas lui causer de la peine. Alors, malgré ma grande répugnance à me laisser approcher, la Maîtresse, avec une grande charité, essaya de peigner mes cheveux tous embrouillés et collés par le sang qui parfois coulait et (si je n'avais pas pu le laver) séchait dans mes cheveux. La bonne Maîtresse d'école ne put, ce jour-là, réussir à me peigner selon son désir: elle se contenta de relever mes cheveux en arrière et les attacha en me disant: «Demain, je vous les arrangerai.» Le soir, dès que je fus à la maison, je pris un des fils de ma mère pour lui faire faire sa prière. En ce moment ma mère me regarda et m'ayant vue peignée, me dit d'une voix fâchée: «Qu'est-ce que cette nouveauté? et pourquoi as-tu relevé les cheveux qui te couvraient le front jusque sur tes yeux? Je te voyais encore trop, à présent tu m'es insupportable. Mais pourquoi t'es-tu peignée ainsi, pourquoi? Réponds tout de suite.» Je lui répondis que je ne savais pas le pourquoi. Alors ma mère se fâcha beaucoup, me disant que je mentais, mais qu'on voyait que c'était par vanité que j'avais arrangé mes cheveux de cette manière; que je feignais la dévotion pour couvrir mes défauts. Puis elle prit des ciseaux et me coupa tous les cheveux sur le front jusqu'aux oreilles, et sans enlever les cheveux qu'elle avait coupés. Le lendemain, j'allai à l'école comme à l'ordinaire. La Maîtresse fut surprise de me voir avec mes cheveux coupés; elle me gronda beaucoup pour cette grave impertinence, ajoutant qu'elle n'aurait jamais, jamais cru que j'aurais été capable de tant de méchanceté. Je ne répondis rien, d'autant plus que je ne prêtais pas grande attention à cela; mon esprit était occupé à ce que je pourrais faire pour correspondre aux bienfaits de mon très amoureux JÉSUS, parce que j'avais faim et soif de la souffrance, sans jamais souffrir. Oh! que cet état est cruel! 71
Am Nachmittag rief mich die Lehrerin in ihr Zimmer, indem sie sprach: "Komme, damit ich dir wenigstens die Haare entferne, die du dir abgeschnitten hast." Während sie es mir ordnete, klopfte mein Vater an die Türe und trat ein (es mußte an einem Samstag gewesen sein, da mein Vater im Lande war). Darauf sagte die Lehrerin zu meinem Vater, daß ich rachsüchtig geworden sei in einer unglaublichen Art und Weise und erzählte ihm die Tatsache des Abschneidens meiner Haare. Mein Vater zeigte sich ein wenig ungläubig und konnte sich nicht davon überzeugen, daß ich eine so große Boshaftigkeit besäße. Er hieß mich zu sich kommen und, mit Ruhe und Sanftmut, fragte er mich, wer mir die Haare abgeschnitten habe. Ich antwortete nichts, um meiner lieben Mutte kein Mißfallen zu bereiten. Mein Vater baharrte darauf und fragte mich, wer mich gekämmt habe. Ich antwortete: "Die Lehrerin." - "Und wer hat sie dir abgeschnitten?" Ich schwieg. "Sag mir, wer dir die Haare abgeschnitten hat, gehorche, sprich." Ich antwortete: "Es war Julie." Mein Vater erhob sich, sprach unter vier Augen mit der Lehrerin und ging. Als ich am Abend zu Hause ankam, fand ich dort eine große Unruhe: meine Mutter schaute mich mit Unwille an, meine Brüder weinten und sagten, daß mein Vater meine Mutter streng zurechtgewiesen habe wegen der obenerwähnten Tatsache und wegen anderer Dinge, die ich nicht verstand. Da er noch weiter sich verdroß, sagte er, daß er nicht mehr bei ihr bleiben könne, weil sie das Geld in Ausgelassenheiten verschwendete, dann, daß sie seine Tochter verachte und daß er sie fortan mit sich nehmen werde. Da ich all dies hörte, war ich sehr betrübt; ich lief, mich auf die Knie meines Vaters setzend, ihn bittend, seinen Tadel der Julie aufzuhören, indem ich ihm wohl zu verstehen gab, daß, wenn sie mir die Haare abgeschnitten hatte, es deswegen war, weil ich eitel war, und ich bat ihn, mir zu verzeihen alles Mißfallen, das ich ihr verursacht hatte; schließlich sagte ich zu ihm, daß es nicht schicklich sei, daß ich mit ihm gehe, wenn er meine Mutter verlasse ... Nach und nach beruhigte sich mein Vater. Dans l'après-midi, la Maîtresse d'école m'appela dans sa chambre en me disant : «Venez que je vous ôte au moins les cheveux que vous vous êtes coupés. Pendant qu'elle m'arrangeait, mon père frappa à la porte et entra (ce devait être un samedi, puisque mon père était dans le pays). Alors la Maîtresse dit à mon père que j'étais devenue vindicative d'une manière incroyable et lui raconta le fait de la coupure de mes cheveux. Mon père se montra un peu incrédule et ne pouvait pas se convaincre que j'avais une si grande méchanceté. Il me fit venir près de lui et, avec calme et douceur, il me demanda qui m'avait coupé les cheveux. Je ne répondis rien pour ne pas occasionner du déplaisir à ma chère mère. Mon père insista et me redemanda qui m'avait peignée. Je répondis: «La Maîtresse.» - «Et qui te les a coupés?» Je gardais le silence. «Dis-moi qui t'a coupé les cheveux, obéis, parle.» Je répondis: «C'est Julie.» Mon père se leva, parla en secret avec la Maîtresse et s'en alla. Quand, le soir, j'arrivai à la maison, j'y trouvai une grande inquiétude: ma mère me regardait avec fâcherie, mes frères pleuraient disant que mon père avait sévèrement repris ma mère pour le fait mentionné ci-dessus et pour d'autres choses que je ne compris pas. Continuant à se fâcher il disait qu'il ne pouvait plus rester avec elle parce qu'elle dépensait l'argent en divertissements; puis qu'elle méprisait sa fille et que, désormais il l'emmènerait avec lui. En entendant tout cela, je fus très affligée, je courus me mettre aux genoux de mon père, le priant de cesser ses reproches à Julie, lui faisant bien comprendre que si elle m'avait coupé les cheveux c'était parce que j'avais de la vanité, et je le priai de me pardonner tous les déplaisirs que je lui avais donnés; enfin je lui dis qu'il ne convenait pas que j'aille avec lui s'il abandonnait ma chère mère... Peu à peu mon père se calma. 72
Da ich so viel Betrübnis sah in dieser Familie wegen mir, war ich bitterlich betrübt; es schien mir, daß, wenn ich das wünschen könnte, was mein GOTT nicht will, ich zu sterben gewünscht haben würde; denn die große Angst, die ich hatte, meinen liebevollen Erlöser zu beleidigen, oder Ursache zu sein, daß er beleidigt würde, war mir eine schmerzliche Bitterkeit. En voyant tant d'affliction dans cette famille à cause de moi, j'étais amèrement peinée et attristée; il me semblait que, si je pouvais désirer ce que mon DIEU ne veut pas, j'aurais désiré de mourir; car la grande crainte que j'avais d'offenser mon amoureux Sauveur, ou d'être cause qu'il fût offensé, m'était une douloureuse amertume. 73
Am folgenden Tage, der ein Sonntag gewesen sein mußte, bemerkte mein Vater, als er ein Hemd anzog, daß ihm ein Knopf an einer Manchette fehlte, und verlangte von meiner Mutter ein anderes Hemd. Während dieser Zeit ging ich in aller Eile das Hemd holen, an dem ein Knopf fehlte, um ihn in meinem eigenen Zimmer annähen zu gehen. Als mein Vater das zweite Hemd angezogen hatte, das ihm meine Mutter gegeben hatte, sah er, daß an ihm auf der Brust ein Knopf fehlte; er zog das Hemd mit Ungeduld aus und sagte zu meiner Mutter: "Wenn ich mich geirrt habe, als ich dich zur Frau genommen habe, dann läßt es mich GOTT etwas kosten; du warst nie eine häusliche Frau, du wirst es nie sein, etc." Sofort sprang ich zu meinem Vater mit dem geflickten Hemd und sagte zu ihm: "Papa, dieses Hemd hat alle Knöpfe, schau, sieh es gut an." Ich glaubte, so meinen Vater besänftigen zu können, doch war es das Gegenteil! ... Er erzürnte sich noch mehr gegen meine liebe Mutter, wegen ihrer Nachlässigkeit in der Pflichterfüllung in ihrem Haushalt, gegenüber ihrem Gatten und ihren Kindern, etc., und schloß, indem er sagte: "Wenn die Schwester zehn Jahre alt sein wird, werde ich dich zu deinen Eltern zurückschicken. Die Schwester hat glücklicherweise nichts von deinem Charakter angenommen: sie würde ihr Haus nie um des Tanzens, der Theater und anderer Vergnügen willen verlassen, etc." Schließlich sagte er ihr, daß ich besser als sie den Knopf an das Hemd zu nähen gewußt habe... Le lendemain, qui devait être un dimanche, mon père, en mettant une chemise, s'aperçut qu'il manquait un bouton à une manche et demanda à ma mère une autre chemise. Pendant ce temps, en toute hâte, j'allai prendre la chemise où manquait un bouton pour aller le coudre en mon particulier. Quand mon père eût mis la seconde chemise que ma mère lui avait donnée, il vit qu'un bouton manquait sur la poitrine; il s'enleva la chemise avec impatience, en disant à ma mère: «Si je me suis trompé quand je vous ai prise pour femme, DIEU me le fait bien payer; vous n'avez jamais été une femme de ménage, vous ne le serez jamais, etc. Aussitôt je courus à mon père avec la chemise arrangée, en lui disant : «Papa, cette chemise a tous les boutons, voyez, regardez-la bien.» Je croyais adoucir mon père, ce fut le contraire!... Il s'irrita davantage contre ma chère mère, pour sa négligence à faire son devoir dans son ménage, envers son mari et envers ses enfants, etc., et termina en disant: «Quand la soeur aura dix ans, je te renverrai chez tes parents. La soeur, par bonheur, n'a rien pris de ton caractère: elle ne laissera jamais sa maison pour les danses, les théâtres et autres divertissements, etc.» Enfin il lui dit que mieux qu'elle, j'avais su coudre le bouton de la chemise... 74
Am Abend ging mein Vater fort auf die Arbeit, um erst am Ende des Monats wiederzukommen. Ah, wer könnte sich je vorstellen, wie aufgebracht meine Mutter gegen mich war, da ich die Ursache all ihres Verdrusses gewesen bin! ... Mit Recht habe ich alle ihre Verwünschungen und ihre Todesdrohungen verdient, nachdem ich alle Tage meines Lebens ihr Verzweiflung bereitet habe. Alle Tage erhielt ich Beschuldigungen, weil ich diesen unschuldigen Knopf angenäht hatte; alle Tage sagte sie mir, daß sie mir meine Eitelkeit heimzahlen werde. Le soir mon père partit pour son travail pour ne revenir qu'au bout d'un mois. Eh! qui pourra jamais imaginer l'irritation de ma chère mère contre moi qui étais cause de tous ses déplaisirs!... C'est avec justice que j'avais mérité toutes ses malédictions et ses menaces de mort, puisque tous les jours de ma vie, je faisais son désespoir. Tous les jours j'avais des reproches pour avoir cousu cet innocent bouton; tous les jours elle me disait que je n'avais fait cela que pour faire voir que j'étais plus habile qu'elle; mais qu'elle me ferait payer cher ma vanité. 75
Dank der Gnade GOTTES verlor ich während der Zeit dieses Krieges die göttliche Gegenwart nicht; durch den Verstand küßte ich ein jedes Wort, das mir bestimmt war. Eines Abends, nachdem ich mit vielen Vorwürfen bekleidet wurde, gab mir meine liebe Mutter den Befehl, nicht mehr in meinem Bette zu schlafen, sondern unter dem ihren. Ohne ein Wort zu sagen, tat ich wie sie gesagt hatte. Par la grâce de DIEU, pendant ce temps de guerre, je ne perdis pas la divine présence; par l'entendement je baisais chacune des paroles qui étaient pour moi. Un soir, après avoir été habillée de beaucoup de reproches, ma bien chère mère me donna l'ordre de ne plus coucher dans mon lit, mais sous le sien. Sans dire une parole, je fis comme elle avait dit. 76
Eines Nachts, als meine Mutter die Vorwürfe schloß, die sie mir unaufhörlich bei Tag und bei Nacht machte, wollte ich mich sammeln und Bilanz ziehen; ich konnte es nicht. Absonderliche Gedanken durcheilten meinen Verstand: "Du bist irregegangen ... Sieh, wie du verzweifelt bist ... Wo sind nun deine Bußübungen, deine Gebete? ... Sieh, selbst GOTT hat dich verlassen! ... Er läßt dich in der größten Misere, er ist ohne Mitleid zu dir! etc." Sogleich zog ich mich in die größte Tiefe meines Nichts zurück, und mit GOTT (seinen Gnaden) wollte ich nicht länger gestatten, daß diese Einflüsterungen sich in meinem Geiste einnisten könnten; ich rief meiner süßen Mutter MARIA, und geistigerweise sagte ich: "Weiche, Widersacher meiner Seele! Der Weg, den mein göttlicher Meister zurückgelegt hat, ist der wahre Weg des Lebens, und auf diesem ist es, daß ich gehen will mit meinem göttlichen Erlöser; mit meinem GOTT werde ich die Welt und die Hölle durchschreiten, um mich in meinem GOTT zu festigen, Zentrum all meiner Liebe." Une nuit, comme ma mère terminait les reproches qu'elle ne cessait de me faire le jour et la nuit, je voulus me recueillir et faire mes comptes; je ne le pouvais pas. Des pensées extravagantes traversaient mon entendement: «Tu as fait une fausse voie... Vois comme tu es désespérée... Où sont maintenant tes pénitences, tes oraisons?... Vois que DIEU lui-même t'a abandonnée!... Il te laisse dans la plus profonde misère, il est sans pitié pour toi! etc.» Aussitôt je rentrai dans le plus profond de mon néant et avec DIEU (ses grâces) je ne voulus plus permettre que ces suggestions pussent s'asseoir dans mon esprit; j'appelais ma douce Mère MARIE, et mentalement je dis: «Va-t'en, adversaire de mon âme! La voie qu'a parcourue mon divin Maître est la vraie voie de la vie, et c'est dans celle-là que je veux marcher avec mon divin Rédempteur; avec mon DIEU je traverserai le monde et l'enfer pour me fixer dans mon DIEU, centre de tous mes amours. » 77

Hochwürdiger, lieber Herr Pater,

MON TRÈS RÉVÉREND ET TRÈS CHER PÈRE,

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Möge Jesus von allen Herzen geliebt werden! Jésus soit aimé de tous les coeurs !  
Sie haben mich gefragt, ob ich bei der Niederschrift dessen, was man mein Leben (voller Sünden) nennt, meine gegenwärtigen Gefühle geschrieben habe, nicht jene von damals. Ich glaube vor GOTT, Ihnen sagen zu müssen, daß ich absolut nicht denke, mich in dieser Niederschrift meiner gegenwärtigen Gefühle bedient zu haben. Ich verheimliche Ihnen nicht, daß mir an mehreren Stellen der Gedanke kam, manchmal sehr stark, gewisse Ausdrücke zu ändern, die mir heute (wegen meiner größeren Unwissenheit von damals) aus höchstem Stolz geformt schienen. Zum Beispiel bat ich meinen lieben Bruder, mich leiden zu lassen wie Unseren Herrn JESUS CHRISTUS; ich verstand darunter, ans Kreuz geschlagen zu werden, in meinem Leibe zu leiden; aber ich dachte nicht, damit GOTT zu versuchen, weil ich damals die inneren Gesinnungen nicht kannte, die den göttlichen Meister während seiner Kreuzigung lenkten, und ich war weit davon entfernt zu denken, daß alle Martyrer zusammen weniger gelitten hätten als unser göttlicher Erlöser. Es sind meine Gefühle von damals, die ich geschrieben habe, wie sie mir einst der liebe GOTT eingab und gemäß dem, was mich mein liebwerter Bruder lehrte, von dem ich lediglich die schönen Lektionen wiederholte, die er in meine Seele auf unauslöschliche Weise eingraviert hatte. Gewiß, wenn es heute wäre, würde ich mich wohl davor hüten, solche Bitten zu stellen, nachdem ich weiß, daß die Sterblichen niemals das leiden können, was unser liebenswürdigster JESUS in seiner Kreuzigung gelitten hat. Wenn seine Gottheit seine heilige Menschheit nicht erhalten hätte, hätte seine bloße Dornenkrönung mehr als genügt, ihm den Tod zu bringen. Was seine Todesangst im Ölgarten betrifft, sprechen wir nicht davon; eine andere Feder als die meine wäre erforderlich. Vous m'avez demandé si, en écrivant ce qu'on appelle ma vie (pleine de péchés), j'ai écrit mes sentiments présents, non ceux d'alors. Je crois devant DIEU, devoir vous dire que je ne pense pas du tout m'être servie dans cet écrit de mes sentiments actuels. Je ne vous cache pas qu'en plusieurs endroits la pensée m'est venue, quelquefois assez forte, de changer certaines expressions qui me semblaient aujourd'hui (à cause de ma plus grande ignorance d'alors) pétries du plus haut orgueil. Par exemple je demandais à mon cher Frère de me faire souffrir comme Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST; j'entendais d'être mise en croix, de souffrir dans mon corps; mais je ne pensais pas tenter DIEU en cela, parce qu'alors j'ignorais les sentiments intérieurs qui guidaient le divin Maître pendant son crucifiement, et j'étais loin de penser que tous les martyrs ensemble avaient moins souffert que notre divin Rédempteur. Ce sont mes sentiments d'alors que j'ai écrits, comme me les inspirait alors le bon DIEU, et d'après ce que m'enseignait mon aimable Frère, dont je ne faisais que répéter les belles leçons qu'il gravait dans mon âme d'une manière ineffaçable. Certes, si c'était aujourd'hui je me garderais bien de faire de telles demandes, sachant que les mortels ne peuvent jamais souffrir ce que notre très amoureux JÉSUS a souffert dans son crucifiement. Si sa Divinité n'avait soutenu sa sainte humanité, son seul couronnement d'épines aurait plus que suffi pour lui donner la mort. Quant à son agonie au jardin des olives, n'en parlons pas; il faudrait une autre plume que la mienne.  
Euer Hochwürden machen mich darauf aufmerksam, daß zwischen dieser Niederschrift und der kleinen Aufzeichnung, die ich im Jahre 1852 für den guten Pater Sibillat, Missionär von La Salette, gemacht habe, einige kleinere Abweichungen festzustellen seien. Nun aber ist es mein Wunsch, daß Sie, mein hochwürdiger Herr Pater, wissen, daß die kleine Aufzeichnung "Meine Erinnerungen an den guten Pater Sibillat" (1) von mir nur als einen Abriß verlangt wurde und für die ich mich, um sie zu schreiben, verbergen mußte; deshalb habe ich sie fast ohne Ordnung geschrieben. Überdies ist die Kopie, die ein wenig verbreitet war, eine zurechtgestutzte Kopie; man hat ihr sogar das zugefügt, was Freunde von mir bei vertraulichen Gesprächen erfahren haben konnten, und alles dieses wurde nicht treu wiedergegeben. Die genaueste Niederschrift ist diese, die ich jetzt verfasse, nachdem Sie mir befehlen, ohne jegliche Einschränkung alle Gnaden oder Wohltaten, seien sie innerlich, seien sie äußerlich, niederzuschreiben, die ich erhalten zu haben glaube. Mit der Gnade Gottes mache ich alles, was mir zu Gebote steht, um Ihnen zu gehorchen. Meine italienische Aufzeichnung von Messina, im Jahre 1897, war ebenfalls nur ein Entwurf, den ich nicht wiedergelesen habe; jedoch dient mir die Kopie, die sich Herr Kanonikus de Brandt verschafft hat, sehr für die ersten zwölf Jahre meines erbärmlichen Lebens. Ich übersetze diesen Entwurf fast wörtlich, indem ich ihn ergänze. Votre Révérence me fait observer qu'entre cet écrit et le petit écrit que j'avais tracé en 1852, pour le bon Père Sibillat, missionnaire de la Salette, il y a quelques petites variations. Or je désire que vous sachiez, mon très Révérend Père, que le petit écrit Mes souvenirs au bon Père Sibillat (i) ne me fut demandé que comme un abrégé et que je dus me cacher pour l'écrire, c'est pourquoi je l'ai écrit presque sans ordre. De plus, la copie qui a été un peu répandue est une copie arrangée, on y a ajouté même ce que des amies avaient pu apprendre de moi dans des conversations intimes et tout cela n'a pas été rendu fidèlement. L'écrit le plus exact est celui que je rédige maintenant, puisque vous m'ordonnez d'écrire, sans restriction aucune, toutes les grâces ou faveurs, soit intérieures, soit extérieures, que je crois avoir reçues. Avec la grâce de Dieu, je fais tout ce que je peux pour vous obéir. Mon écrit italien de Messine, en 1897, n'était aussi qu'un brouillon que je n'ai pas relu; toutefois la copie que M. le Chanoine de Brandt s'en est procurée me sert beaucoup pour les douze premières années de ma misérable vie. Je traduis ce brouillon presque textuellement, en le complétant. 79
Ich wüßte Ihnen nicht richtig zu antworten, mein sehr geehrter Herr Pater, über das Alter, das ich hatte, als ich zum ersten Male das schöne Kind sah. Ich kannte es seit langem - ich hatte es fast jeden Tag gesehen seit ich das Bewußtsein habe -, als es mir sagte, daß es mein Bruder sei; aber es hatte nie mit mir gesprochen. Woran ich mich erinnere, aufgrund einer Gnade GOTTES, ist dies, daß ich noch kaum gehen konnte und noch häufig fiel, als mich bereits ein geheimer Drang zur Einsamkeit dieses Waldes hinzog, den ich nah dem Hause sah. Da meine Mutter mich nicht allein in einer Ecke sehen konnte, ohne mir fast jeden Tag zu sagen: "Mach dich fort von hier, damit ich dich nicht mehr sehe", war es dieser Wald, in den mich zu begeben ich die Kraft zu haben gewollt hätte; ich machte mich also zu dieser Seite hin, aber ich fiel unweit des Hauses; alsbald befand sich das hübsche Kind da und reichte mir die Hand, um mir aufzuhelfen, aber wie die Stumme, ohne etwas zu sagen. Er redete das erste Mal zu mir unter den Umständen, die ich erzählt habe. Je ne saurais vous répondre au juste, mon très cher Père, sur l'âge que j'avais quand je vis, pour la première fois, le joli enfant. Je le connaissais depuis longtemps, je l'avais vu presque tous les jours depuis que j'avais de la connaissance, quand il me dit qu'il était mon Frère, mais il ne m'avait jamais parlé. Ce dont je me souviens, par une grâce de DIEU, c'est que je marchais à peine et en tombant souvent, quand déjà un attrait mystérieux m'attirait vers la solitude de ce bois que je voyais près de la maison. Comme ma mère ne pouvait me voir seule dans un coin sans me dire, presque tous les jours: «Va-t'en de là, que je ne te voie plus», c'est dans ce bois que j'aurais voulu avoir la force d'aller; je me dirigeais donc de ce côté, mais je tombais pas loin de la maison; aussitôt le joli enfant se trouvait là et me donnait la main pour me relever; mais comme la Muette, sans rien dire. Il me parla pour la première fois, dans les circonstances que j'ai racontées. 80
Euer Hochwürden möchten wissen, ob ich mit meinem Bruder gespielt habe. Er lud mich manchmal ein zu spielen, um meinen Geist zu entspannen, wenn ich immer und immer wieder von dem Leiden Unseres Herrn JESUS CHRISTUS sprechen wollte; aber ich könnte die genauen Worte meines inniggeliebten Bruders nicht wiedergeben. Hier ungefähr unser erstes Gespräch über diesen Punkt: "Meine liebe Schwester, laß uns unter dem Auge unseres gütigen GOTTES spielen. Er gestattet es uns zu seiner Verherrlichung." "Ich, antwortete die Wilde, kenne dies nicht: spielen wir weil ich allein bin; aber wenn unser lieber GOTT sich vor mir verbirgt, nun, dann pflücke ich Blumen meines lieben GOTTES und spreche mit ihnen, weil sie keine Sünde begangen haben, und ich gebe sie meinem lieben GOTL"-"Wohlan, sagte mein Bruder, spielen wir Blumenpflücken, die wir unserem lieben GOTT zusammen mit denen unserer Herzen, die unsterblich sind, anbieten werden." - "Oh! ja, ja, antwortete die Wilde, spielen wir, wer mehr sammeln kann." Und wir gingen, ein jedes auf seine Seite. Als das Pflücken beendet war, sagte ich zu ihm: "Oh, mein Bruder, wo hast du diese so hübschen Blumen gefunden? Sag mir, mein guter Bruder, wo hast du sie aufgelesen? Ich will dahin gehen, solche zu pflücken für unseren lieben GOTT. Oh, diese hier! ... und dann diese da! ... Oh! ich möchte von diesen Blumen, ich, um unserem gütigen GOTT große Freude zu bereiten." Mein Bruder entgegnete mir: "Schwester meines Herzens, sieh: um diese Blume aufzulesen, muß man sich flach auf die Erde legen; wir, wir können sie sehen, weil wir ganz klein sind, wir können sie ohne Mühe pflücken. Diese da wird groß, und ihre großen Blätter verschonen sie vor der Umschlingung durch die Nachbarspflanzen. Diese hier, wegen ihrer Weißheit, ist wie die Königin der Blumen: man kann sie schwerlich pflücken, etc." Ich lief, um die gleichen Blumen zu haben; aber es gelang mir nicht. Dann wollte ich meine Blumen mit denen meines Bruders austauschen; er gewährte es, aber kaum war der Austausch vollzogen, da schrie ich sehr laut: "Nein, nein, mein vielgeliebter Bruder, ich will nicht, weil es nicht Wahrheit ist, dies! Der liebe GOTT, der sie wachsen ließ, weiß wohl, daß nicht ich es bin, die sie gepflückt hat." Und mein Bruder gab mir meinen Strauß zurück, der in seinen Händen wie der seine geworden war, und wir reichten unsere beiden Bouquets GOTT dar durch JESUS CHRISTUS. Votre Révérence veut savoir si j'ai joué avec mon Frère. Il m'invitait quelquefois à jouer pour me reposer l'esprit, quand je voulais encore et toujours converser de la passion de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, mais je ne saurais pas reproduire les paroles exactes de mon Frère bien-aimé. Voici à peu près quelle fut notre première conversation sur ce sujet: «Ma chère Soeur, jouons sous l'oeil de notre bon DIEU. Il nous le permet pour sa gloire.» «Moi, répondit la Sauvage, je ne connais pas ça jouons, parce que je suis seule; mais quand notre bon DIEU se cache à moi, eh! bien je ramasse des fleurs de mon bon DIEU et je parle avec elles, parce qu'elles n'ont pas fait de péché, et je les donne à mon bon DIEU.» -- «Eh! bien, dit mon Frère, jouons à ramasser des fleurs que nous offrirons à notre bon DIEU ensemble avec celles de nos coeurs qui sont immortelles.» -- «Oh! oui, oui, répondit la Sauvage, jouons à qui en ramassera le plus.» Et nous allâmes, chacun de notre côté. La cueillette terminée, je lui dis: «Oh ! mon Frère, où avez-vous trouvé ces fleurs si jolies? Les miennes ne sont pas si jolies. Dites-moi, mon bon Frère, où les avez-vous ramassées? Je veux y aller en ramasser pour notre bon DIEU. Oh! celle-là!... et puis celle-là!... Oh! je veux de ces fleurs, moi, pour bien faire plaisir à notre bon DIEU.» Mon Frère me répondit: «Soeur de mon coeur, voyez: pour ramasser cette fleur, il faut se mettre ras de terre; nous, nous pouvons les voir parce que nous sommes bien petits, nous pouvons les ramasser sans peine. Celle-là vient haute, et ses grandes feuilles la préservent de l'embrassement des plantes voisines. Celle-ci, par sa blancheur, est comme la Reine des fleurs: elle se cueille difficilement, etc.» Je courus pour avoir les mêmes fleurs, mais je n'y parvins pas. Alors je voulus échanger mes fleurs contre celles de mon Frère; il y consentit; mais à peine l'échange fut fait que je criai très fort: «Non, non, mon bien-aimé Frère, je ne veux pas, parce que ce n'est pas vérité, ça! Le bon DIEU qui les a fait croître sait bien que ce n'est pas moi qui les ai ramassées.» Et mon Frère me rendit mon bouquet qui, dans ses mains, était devenu comme le sien; et nous offrîmes nos deux bouquets à DIEU par JÉSUS-CHRIST. 81
Ein anderes Mal sagte er zu mir: "Spielen wir `Versteckdich', und er erklärte mir dieses Spiel: zuerst mußte man den kurzen Strohhalm ziehen, um zu wissen, wer sich als erster verstecken sollte: er hatte den richtigen. Er sagte: "Ich gehe mich verstecken, und du wirst mich suchen, bis daß du mich gefunden hast. Dreh dich um, damit du nicht sehest, wo ich mich verstecke; leg deine Hände auf deine Augen." Einen Augenblick darnach sagte er ganz laut: "Es ist soweit." Dann habe ich mich umgedreht; ich habe ihn lange hinter dem Gestrüpp etc. gesucht. Schließlich, gelangweilt, allein zu sein, habe ich ihn gerufen: "Bruder, mein schöner Bruder, wo bist du?" Er gab mir keine Antwort; ich mußte ihn finden. Dann war ich an der Reihe: er fand mich sofort; aber ich sagte: "Du hast geschaut! ... Das ist kein Spiel!" Er versteckte mich wieder: er tat so, wie wenn er mich nicht fände: "Schwester, Schwester, sagte er, wo ist meine Schwester? Aber wo ist sie, meine liebe Schwester?" und er suchte mich hinter den Bäumen; dann kam er geradewegs auf mich zu, wo ich war, indem er sagte: "Ah! da ist sie, da ist sie!" Une autre fois, il me dit: «Jouons à cache-cache», et il m'expliqua ce jeu: en premier lieu on devait tirer la courte paille pour savoir qui se cacherait le premier: il eut la bonne. Il dit: «Je vais me cacher et vous me chercherez jusqu'à ce que vous m'ayez trouvé. Tournez-vous pour ne pas voir où je me cacherai; mettez vos mains sur vos yeux.» Un instant après il dit tout haut: «C'est fait.» Alors je me suis retournée, je l'ai cherché longtemps derrière les broussailles, etc. A la fin, ennuyée d'être seule, je l'ai appelé: «Frère, mon beau Frère, où êtes-vous?» Il ne répondit pas, il me fallut le trouver. Puis ce fut à mon tour: il me trouva de suite; mais je dis: «Vous avez regardé!... Ce n'est pas le jeu!» Je me recachai: il fit semblant de ne pas me trouver: «Soeur, soeur, disait-il, où est ma soeur? Mais où est-elle, ma chère soeur?» et il me cherchait derrière les arbres; puis il arriva tout droit où j'étais en disant: «Ah! la voilà, la voilà!» 82
Ich antworte auf die letzte Frage Euer Hochwürden. Ja, alle Wunden bluteten in dem Augenblick, da mich mein Bruder berührte; aber dieses Blut, das floß, vor allem jenes der Hände, gefiel der Wölfin nicht. Weil sie fürchtete, daß man es bemerke, bat sie ihre Mama, ihr die gleichen Schmerzen zu belassen, aber zu bewirken, daß sie nicht sichtbar seien; was sie teilweise zugestanden erhielt. Diese liebevollen Schmerzen waren ebenso groß, wie ich sie ertragen konnte; sie erhöhten sich während mehreren Jahren mit meinen Kräften und haben nie mehr aufgehört; die schmerzlichste ist jene des Hauptes. Wenn die Wunden erscheinen, fließt das Blut aus beiden Seiten der Füße und der Hände: sie sind durchbohrt und wenig hernach bleibt keine Spur mehr von den Wunden. Oh! mein Pater, Sie zwingen mich zu sagen, was mein Bruder mich zu verbergen lehrte. Er sagte: "Die Augen der Menschen sind Diebe." Um alles in Kürze zu sagen: es ist mein Bruder, der mich aufgezogen hat, der mich unterwies, der mit mir spielte, und ich bin es, Treulose, die ich nicht zu profitieren wußte von den weisen und handfesten Lehren, die er mir verschwenderisch zum Heile meiner Seele gegeben hat. Je réponds à la dernière question de votre Révérence. Oui, toutes les plaies saignèrent à l'instant où mon Frère me toucha; mais ce sang qui coulait, surtout celui des mains, ne plaisait pas à la Louve. Craignant qu'on s'en aperçut, elle demanda à sa Maman de lui laisser les mêmes douleurs, mais de faire que cela ne marquât pas; ce qu'elle obtint en partie. Ces douleurs amoureuses étaient aussi grandes que je pouvais les supporter; elles augmentèrent pendant plusieurs années avec mes forces et n'ont plus cessé; la plus douloureuse est celle de la tête. Quand les plaies paraissent, le sang coule des deux côtés des pieds et des mains: ils sont transpercés; et peu après, il n'y a plus trace de plaies. Oh! mon Père, vous me faites dire ce que mon Frère m'a enseigné à cacher. Il disait: «Les yeux des hommes sont des voleurs.» Pour tout dire en abrégé c'est mon Frère qui m'a élevée, qui a fait mon instruction, qui a joué avec moi, et c'est moi, infidèle, qui n'ai pas su profiter des sages et solides enseignements qu'il m'a donnés à profusion pour le salut de mon âme. 83
Es war, wie mir scheint, im Jahre 1841. Eine Frau vom Gebirge war nach Corps gekommen, um ein Mädchen abzuholen, das zu einem kleinen Geschöpfchen Sorge tragen sollte, und da ich - wegen meines bösen Charakters - meiner lieben Mutter immerzu Mißbehagen bereitete, wurde ich alsbald dieser Frau überliefert, und ich verreiste sofort mit ihr. Unterwegs fragte mich meine Meisterin, ob ich mich gewöhnen könne an ihr einsames Haus inmitten der Berge, ohne je jemanden zu sehen. Ich antwortete ihr, daß ich mich mit GOTT (seiner Gnade) nicht zu langweilen hoffe. Nach etwa 2 Stunden Marsch kamen wir bei diesem wirklich sehr einsamen Hause an. Die Familie setzte sich aus 4 Personen zusammen: die alte Mutter, die mich zu holen gekommen war, ihre Tochter im Alter von 20 bis 25 Jahren, ein Sohn von etwa 12 Jahren und das ganz kleine Kind, dessen ich mich angeblich annehmen sollte und welches das Kind der Tochter meiner Herrin war; aber oft schickte man mich die Kühe hüten, die zahlreich waren, und sie zu weiden. C'était, il me semble, dans l'année 1841. Une femme de la montagne était venue chercher à Corps une enfant pour avoir soin d'une petite créature; et comme, à cause de mon méchant caractère, je donnais toujours des déplaisirs à ma chère mère, je fus aussitôt livrée à cette femme et je partis sur-le-champ avec elle. En chemin ma maîtresse me demanda si je pourrais m'habituer dans sa maison isolée au milieu de la montagne et sans jamais voir personne. Je lui répondis qu'avec DIEU (sa grâce) j'espérais ne pas m'ennuyer. Après environ deux heures de marche, nous arrivâmes dans cette maison vraiment solitaire. La famille se composait de quatre personnes: la vieille mère qui était venue me chercher, sa fille âgée de vingt à vingt-cinq ans, un fils d'une douzaine d'années, et le tout petit enfant dont, soi-disant, je devais avoir soin, et qui était l'enfant de la fille de ma maîtresse; mais souvent on m'envoyait garder les vaches qui étaient nombreuses et les faire paître. 84
Gegen das Ende des Monats - da mein Vater zurückgekehrt war und mich nicht zu Hause angetroffen hatte -, fragte er, wo ich sei. Man antwortete ihm, daß ich außerhalb des Landes im Dienste sei, in einem ganz alleinstehenden Hause im Gebirge; aber man konnte ihm keine genaueren Angaben machen. Er ging dennoch fort, um mich besuchen zu kommen. In allen Dörfern fragte er, wo sich dieses einsame Haus bei einem dieser Berge befinde. Endlich, nach mancherlei Mühen, fand er mich und umarmte mich, Tränen vergießend. Ich weinte auch vor Rührung und beeilte mich, ihn um Auskunft über meine liebe Mutter zu bitten und ob sie wenigstens zufrieden sei. Am Abend kehrte er nach Hause zurück. Vers la fin du mois, mon père étant rentré et ne m'ayant plus trouvée à la maison, demanda où j'étais. On lui répondit que j'étais en service hors du pays, dans une maison toute seule dans la montagne, mais on ne sut pas lui donner d'indication plus précise. Il partit quand même pour venir me voir. Dans tous les villages il demandait où se trouvait cette maison isolée dans l'une de ces montagnes. Enfin après bien des fatigues il me trouva et m'embrassa en versant des larmes. Je pleurai aussi de tendresse et m'empressai de lui demander des nouvelles de ma chère mère et si, au moins, elle était contente. Le soir il s'en retourna. 85
Obwohl ich zutiefst vereint war mit dem heiligen Willen GOTTES, fühlte ich eine große Pein, mich von meinem Vater zu trennen. Dieser Schmerz verging, als sich die innere Stimme meines JESUS vernehmbar machte, indem sie mich belehrte und mich mit Sanftheit schalt. Quoique je fusse profondément uniformée aux saints vouloirs de DIEU, je sentais une grande peine de me séparer de mon père. Cette peine disparut quand la voix intérieure de mon JÉSUS se fit entendre, m'instruisant, m'enseignant et me grondant avec douceur. 86
Mein Vater hatte meiner Herrin das Versprechen abgenommen, mich für einen Tag nach Corps gehen zu lassen, um meine Eltern zu besuchen. Etwa nach einem Monat machte ich mich auf den Weg mit der Erlaubnis meiner Herrin. Für den Hinweg war es leicht: ich mußte nur den Personen folgen, die nach Corps gingen; aber auf dem Rückweg war ich allein, und ich erinnerte mich nicht mehr an den Weg. Ich marschierte dennoch, indem ich zu GOTT und unserer süßen und milden MUTTER MARIA, der besten aller Mütter, betete. Doch, siehe da, noch einmal zwei Wege: welchen muß ich nehmen? Eine sehr süße Stimme sagt: "Nimm den Weg zu deiner Rechten." Erstaunt sah ich zu meiner Seite ein ganz liebes Kind, aber viel größer als ich (aber es war kein Mann), und da ich seine Schritte nicht gehört hatte, sagte es zu mir: "Nicht weit von hier bist du in Gefahr... ich begleite dich." Ich sagte ihm: "Und wo warst du, bevor du hierher kamst?" - "Ich war bei dir", antwortete er mir. - "Oh! lüge nicht, das mißfällt meinem lieben GOTT, sonst will ich dich nicht bei mir. Sag, wo warst du, bevor ich dich sah?" - "Ich war bei dir". - Oh! oh! nochmals! Ich kann nicht mehr mit dir gehen: geh weg, und ..." - "Warte. meine Schwester, ich will es dir erklären." - "Oh! meine Schwester? Du bist nicht mein Bruder: mein Bruder sagt immer die Wahrheit, und er liebt den lieben GOTT sehr. - "Ich bin nicht dein Bruder, ich bin dein Schutzengel, gesandt von deinem Bruder und von deiner Mutter, um dich zu beschützen, und um dir den richtigen Weg zu zeigen. Ich habe nicht gelogen, als ich dir sagte, daß bevor du mich sahst, ich bei dir war: ich zeigte mich deinen Augen nicht, weil ich dazu den Befehl unseres lieben GOTTES nicht hatte, dessen, den du liebst und den wir alle vollkommen lieben im Himmel." - Gut, sagte ich zu ihm, da du nicht gelogen hast und da du meinen lieben GOTT, der für uns am Kreuze gestorben ist, auch liebst, liebe ich dich nächst meinem lieben GOTT, meiner Mama und meinem Bruder sehr. Als ich mich anschickte, mich bei ihm zu entschuldigen, daß ich ihn so schlecht empfangen hatte, begegneten wir zwei Männern, die verrückt oder betrunken zu sein schienen und die ihre Schritte verlangsamten, sobald sie uns gesehen hatten, und die uns sehr anblickten, indem sie sich mir näherten, da sagte mein Führer in einer starken und gebieterischen Stimme zu mir: "Es ist spät, beschleunigen wir den Schritt." Ich schaue ihn an und sehe ihn sehr groß. Schließlich gehen wir vorüber. Ein wenig später nehmen wir einen andern Weg, und mein Engel sagt zu mir: "Die Gefahr ist vorbei; gehe jetzt gerade aus; das Haus ist nurmehr 7 Minuten von hier." Und als ich mich daran machte, ihm zu danken, war er nicht mehr zu sehen. Ewige Ehre sei unserem lieben GOTT, der Sorge trägt zu allen seinen Geschöpfen. Oh, wieviel Dankbarkeit schulden wir unserem süßen Erlöser, einem jeden von uns einen der Prinzen des himmlischen Jerusalem gegeben zu haben, um uns arme Sterbliche in Obhut zu nehmen! Mon père avait fait promettre à ma maîtresse de me laisser aller une journée à Corps pour voir mes parents. Environ un mois après je me mis en route, avec la permission de ma maîtresse. Pour l'aller ce fut facile: je n'avais qu'à suivre les personnes qui allaient à Corps; mais, en revenant, j'étais seule et je ne me rappelais pas le chemin. Je marchais quand même, tout en priant DIEU et notre douce et clémente MÈRE MARIE, la meilleure de toutes les mères. Mais voici encore deux chemins lequel dois-je prendre? Une voix très douce dit «Prenez le chemin de votre droite.» Etonnée, je vis à côté de moi un très gentil enfant, mais plus grand que moi de beaucoup (mais il n'était pas un homme) ; et comme je n'avais pas entendu ses pas, il me dit: «Pas loin d'ici, vous êtes en danger... je vous accompagne.» Je lui dis: «Et où étiez-vous avant de venir ici?» -- «J'étais auprès de vous», me répondit-il. -- «Ah! ne dites pas le mensonge, ça déplaît à mon bon DIEU; autrement je ne vous veux pas avec moi. Dites, où étiez-vous avant que je vous visse?» -- «J'étais avec vous.» -- «Ah! Ah! encore! Je ne puis plus marcher avec vous: Allez-vous en, et...» -- «Attendez, ma soeur, que je vous explique.» -- «Oh! ma soeur? Vous n'êtes pas mon frère: mon Frère dit toujours la vérité et il aime bien le bon DIEU.» -- «Je ne suis pas votre Frère, je suis votre Ange gardien envoyé par votre Frère, et par votre Maman pour vous protéger et pour vous montrer le bon chemin. Je n'ai pas menti quand je vous ai dit qu'avant que vous me vissiez j'étais avec vous: je ne me montrais pas à vos yeux parce que je n'en avais pas l'ordre de notre bon DIEU, de celui que vous aimez et que nous aimons tous parfaitement dans le ciel.» -- «Bon, lui dis-je, puisque vous n'avez pas dit le mensonge et que vous aimez aussi mon bon DIEU qui est mort pour nous sur la Croix, je vous aime beaucoup après mon bon DIEU, ma Maman et mon Frère.» Quand je me proposais de lui faire des excuses pour l'avoir si mal reçu, nous rencontrâmes deux hommes qui paraissaient fous ou ivres et qui ralentirent leur marche dès qu'ils nous virent et qui nous regardaient beaucoup en se rapprochant de moi, quand mon guide d'une voix forte et autoritaire me dit: «Il est tard, pressons le pas.» Je le regarde et le vois très grand. Enfin nous passons. Un peu après nous prenons un autre chemin et mon ange me dit: «Le danger est passé; maintenant marchez droit devant vous, la maison n'est qu'à sept minutes d'ici.» Et lorsque j'allais le remercier il n'était plus visible. Gloire éternelle soit à notre bon DIEU qui prend soin de toutes ses créatures. Oh! combien nous devons de la reconnaissance à notre doux Sauveur pour nous avoir donné à chacun un des princes de la céleste Jérusalem, pour prendre soin de nous, pauvres mortels! 87
Einige Zeit hernach, oh erbärmliches, niederes und undankbares Geschöpf, das ich bin! Oh! Wer würde es glauben, daß ich - nachdem ich mich immerzu unter diesem Globus befand, der immer sichtbar war, wenn auch nicht immer mit den Augen des Leibes, die ich umgeben, durchdrungen, erleuchtet war von der unermeßlichen und unbegrenzten Gegenwart des Allerhöchsten, selbst meinen Gebieterinnen hätte Mißfallen bereiten können! Möge die Demütigung der Enthüllung meiner Schlechtigkeiten so weit wie möglich meine GOTT in der Person seiner guten Geschöpfe zugefügten Beleidigungen wiedergutmachen! Quelque temps après, oh! misérable, infime et ingrate créature que je suis! Eh! qui le croirait, que me trouvant toujours sous ce globe, toujours visible mais pas toujours des yeux du corps, entourée, pénétrée, éclairée par l'immense et illimitée présence du Très-Haut, j'eusse pu donner des déplaisirs à mes maîtresses elles-mêmes! Puisse l'humiliation du dévoilement de mes iniquités réparer au possible mes injures faites à DIEU en la personne de ses bonnes créatures ! 88
Eines Tages, als ich allein zurückgeblieben war mit dem kleinen Kinde in seiner Wiege, hörte ich den Hund des Hauses bellen und großen Spektakel machen. Ich ging hinaus, um nachzuschauen, warum der Hund sich so gebärdete: ich sah über einen kleinen Weg drei oder vier Männer mit verschleiertem Gesicht kommen. Ich ging zum Kinde zurück. Einige Minuten nachher traten diese Männer überstürzt herein und wühlten überall, indem sie die Wandkasten, die Schränke, die Kassen öffneten und das nahmen, was sie wollten. Sie fragten mich, wo das Geld sei; ich sagte, daß ich es nicht wisse, und das war wahr: dann sagten sie: "Wir haben Hunger." Sofort, von Mitleid gerührt, sagte ich ihnen, sie sollen Brot, Käse und Fleisch nehmen und zeigte ihnen, wo es war. Sie durchgingen das ganze Haus, sogar die Ställe und nahmen von allem ein wenig, kamen dann zu mir zurück und blickten mich der Reihe nach an. Da ich glaubte, sie wollten noch etwas zum Essen, sagte ich ihnen: "Seht nach auf der Diele, dort hat es so viel Schinken, Fleischstücke (Speck), nur, man kann sie nicht herunternehmen; es ist zu hoch; wenn meine Herrin davon nehmen will, macht sie es so": indem ich das sagte, nahm ich selber den hohen Stuhl; ich stellte ihn auf den Tisch und fügte bei: "sie steigt hinauf und nimmt das Fleisch ohne sich ein Leid zuzufügen." Sogleich ging einer von ihnen hinauf und nahm alle Fleischstücke. Ich war zufrieden, weil ich dachte, daß sie so etwas zu essen hätten, um sich des Hungers zu entledigen. Sie traten aus dem Haus um fortzugehen, als einer von ihnen zurückkam, eine Hand voll Stroh nahm, Feuer daran legte und es auf die Wiege warf, wo das Kind schlief. "Was tun Sie da?, rief ich, in Gottes Namen tun Sie nichts Böses." Der Mann nahm die Flucht, und in aller Hast nahm ich dieses brennende Stroh, das auf dem Kinde lag, weg, welches glücklicherweise keinen Schaden gelitten hatte; es verblieben nur ein dicker Rauch und der schlechte Geruch, die aus der Türe und aus den Fenstern traten, die ich geöffnet hatte. Einige Augenblicke darnach kamen meine Herrinnen an, angezogen durch den Geruch des verbrannten Strohs, die mich fragten, was geschehen sei. Ich sagte es ihnen und auch, daß ich den Stuhl auf den Tisch gestellt hatte, damit diese Männer die Fleischstücke herunternehmen konnten. Meine Meisterin, wie es recht war, schalt mich strenge, indem sie mir sagte, daß sie nicht gewußt habe, daß ich auf der Seite der Räuber sei und daß sie mich nicht mehr allein lassen könne, da ich, anstatt das Haus zu hüten, den Dieben beim Stehlen helfe und schließlich, daß ich eine schwere Sünde begangen habe... Ich kann den Schmerz nicht ausdrücken, den ich fühlte, als ich diese Worte schwere Sünde hörte, ich, die ich meinen lieben JESUS so sehr liebte; oh!... aber lassen wir das; das Leben meines Lebens beleidigt zu haben, zerreißt mir mein Herz; ja, aber groß war meine Hoffnung auf Vergebung, auf die Vergebung des großen Vergebers, dessen, der im Grunde der Herzen liest und der reumütigen Herzen immer vergibt. Ich war auch betrübt über den Schmerz und das Mißfallen, die ich meinen lieben Gebieterinnen verursacht hatte; und wenn man mich die Weinerliche nannte, sah man dann nicht meine ständigen Fehler; oder dann wollte man sie nicht sehen? Was ich weiß, ist, daß wenn ich mich von einem Fehler erhob, ich in einen anderen fiel; mein Leben war nur ein Gewebe von Stürzen, die ich mit der ganzen Kraft meines Seins verabscheue. Un jour que j'étais restée seule avec le petit enfant dans son berceau, j'entendis aboyer le chien de la maison et faire grand tapage. Je sortis pour voir pourquoi le chien se démenait de la sorte: je vis venir par un petit sentier trois ou quatre hommes la face voilée. Je retournai auprès de l'enfant. Quelques minutes après, ces hommes entrèrent précipitamment et fouillèrent partout, ouvrant les placards, les armoires, les caisses et prirent ce qu'ils voulurent. Ils me demandèrent où était l'argent; je dis que je ne le savais pas et c'était la vérité; puis ils dirent : «Nous avons faim.» Aussitôt prise de compassion, je leur dis de prendre du pain, du fromage et de la viande, et leur indiquai où cela était. Ils parcoururent toute la maison, même les écuries, et prirent un peu de tout, puis revinrent à moi et me regardaient tour à tour. Croyant qu'ils voulaient autre chose à manger, je leur dis: «Regardez au plafond, il y a tant de jambons, des pièces de viande (lard), seulement on ne peut pas les prendre, c'est trop haut; quand ma maîtresse en veut prendre, elle fait ainsi»: en disant cela, moi-même je pris la haute chaise, je la mis sur la table en ajoutant: «Elle monte dessus et prend la viande sans se faire mal.» Aussitôt l'un d'eux monta et prit toutes les pièces de viande. J'étais contente en pensant qu'ils avaient de quoi manger pour s'enlever la faim. Ils sortaient de la maison pour s'en aller lorsque l'un d'eux revint sur ses pas, prit une botte de paille, y mit le feu et la jeta sur le berceau où dormait l'enfant. «Que faites-vous? criai-je, au Nom de Dieu ne faites pas le mal.» L'homme prit la fuite, et en toute hâte j'enlevai cette paille enflammée de dessus l'enfant qui, heureusement, n'eut pas de mal; il ne resta qu'une épaisse fumée et la mauvaise odeur qui sortirent par la porte et les fenêtres que j'avais ouvertes. Quelques instants après arrivèrent mes maîtresses attirées par l'odeur de la paille brûlée, qui me demandèrent ce qui était arrivé. Je le leur dis et aussi que j'avais mis la chaise sur la table afin que ces hommes pussent décrocher les pièces de viande. Ma maîtresse, comme de juste, me reprit sévèrement, me disant qu'elle ne savait pas que j'étais de la compagnie des brigands, et qu'elle ne pourrait plus me laisser seule puisqu'au lieu de garder la maison, j'aidais les voleurs à la voler, et qu'enfin j'avais fait un gros péché... Je ne puis exprimer la douleur que je sentis en entendant ces mots de gros péché, moi qui aimais tant mon cher JÉSUS; oh!... mais passons; avoir offensé la vie de ma vie me déchire le coeur; oui mais grande était mon espérance de mon pardon, du pardon du grand pardonneur, de celui qui lit dans le fond des coeurs, et qui pardonne toujours aux coeurs contrits. J'étais désolée aussi de la peine et des déplaisirs que j'avais causés à mes chères maîtresses; et quand on m'appelait pleureuse, ne voyait-on pas mes continuelles fautes, ou bien ne voulait-on pas les voir? Ce que je sais, c'est que quand je me relevais d'une faute, je tombais dans une autre; ma vie n'a été qu'un tissu de chutes que je déteste avec toutes les puissances de mon être. 89
Einmal betete ich zur Barmherzigkeit GOTTES ganz besonders für die Personen, die mir mein Bruder anvertraut hatte. (Diese Personen, die ich nicht nennen wollte, wegen ihrer hohen und erhabenen Würde, von welchen Euer Hochwürden aber wollen, daß ich sie Ihnen bezeichne, sind Priester...) Plötzlich sah ich (nicht mit den Augen des Leibes) meinen liebenswürdigen, meinen gütigsten JESUS. Sofort konzentrierte ich mich auf mein Nichts. Ich wagte sozusagen nicht, ihn anzuschauen; er hatte die Hände gefaltet und schien mit mir zu beten; er richtete diese einzigen Worte an mich: "Schwester meines Herzens, der Friede sei mit dir." 0 GOTT, welches Glück für mein vom Schmerze gebrochenes Herz! Diese einfachen Worte waren wie flammende Liebespfeile, die mich mit Freude und mit dem süßesten, dem tröstlichsten Frieden erfüllten. 0 glückseliger Augenblick, in dem die Seele wie in das klare, unermeßliche Licht der Gegenwart des höchsten Seins verharrt! Da begreift man, wie GOTT, der dreimal Heilige, aus seiner eigenen Heiligkeit den gedemütigten und zerknirschten Herzen verzeiht, die sich mittels der Liebe im Blute des makellosen Lammes reinwaschen, welches ihnen seine Verdienste zuwendet und ihnen die heiligmachende Gnade gibt. 0 Übermaß liebevoller Liebe meines GOTTES für das häßlichste seiner Geschöpfe! Ich fühlte mich erfüllt mit Vertrauen, gänzlich neubelebt, und es nahm in mir der Wunsch zu leiden zu, von der ganzen Welt verachtet zu sein, immer mehr mir selber abzusterben, um der reinsten Liebe meines liebenswürdigsten JESUS willen. Ich begriff, daß beim Klerus die Reinheit des Geistes die Hüterin der Reinheit des Leibes ist, daß es keine Keuschheit des Leibes in Ermangelung der ständigen Reinheit des Geistes gibt und daß der Geist und die Sinne ihre Reinheit nicht bewahren werden, WENN SIE NICHT ANS KREUZ GESCHLAGEN SIND mit JESUS CHRISTUS... Une fois je priais la miséricorde de DIEU tout particulièrement pour les personnes que m'avait confiées mon Frère. (Ces personnes que je ne voulais pas nommer à cause de leur haute et sublime dignité, mais que votre Révérence veut que je lui désigne, sont les prêtres...) Tout à coup je vis (non des yeux du corps) mon aimable, mon tout bon JÉSUS. Aussitôt je me concentrai dans mon néant. Je n'osais quasi pas le regarder; il avait les mains jointes et semblait prier avec moi; il m'adressa ces seules paroles: «Soeur de mon coeur, la paix soit avec vous.» O DIEU, quel bonheur pour mon coeur brisé par la douleur! Ces simples paroles furent comme des dards enflammés d'amour qui me remplirent de joie et de la paix la plus douce, la plus réconfortante. O bienheureux instant où l'âme reste comme submergée, absorbée dans la claire, immense lumière de la présence de l'Etre suprême! Là on comprend comment DIEU trois fois saint de sa propre sainteté pardonne aux coeurs humiliés et contrits, qui avec l'amour se lavent dans le sang de l'Agneau immaculé leur appliquant ses mérites et leur donnant la grâce sanctifiante. O excès de charité amoureuse de mon DIEU pour la plus vile de ses créatures! Je me sentis remplie de confiance, toute ranimée, et s'augmenta mon désir de pâtir, d'être méprisée de tout le monde, de me dépouiller toujours plus de moi-même pour le pur amour de mon très amoureux JÉSUS. Je compris que, dans le clergé la pureté de l'esprit est la gardienne de la pureté du corps, qu'il n'y a pas de chasteté du corps en l'absence de la constante pureté de l'esprit et que l'esprit et les sens ne garderont pas leur pureté S'ILS NE SONT CRUCIFIES AVEC JÉSUS-CHRIST... 90
Meine Herrinnen vergaßen meine Sünden nicht; alle Tage während mehreren Wochen schimpften sie aufs neue mit mir, warfen mir dann den guten Empfang vor, den ich den Dieben gegeben hatte, und da sie sahen, daß ich Stillschweigen wahrte, sagte eine der andern: "Dieses Mädchen scheint von unseren Drohungen wie auch von unseren Vorwürfen nicht berührt zu sein, vielleicht versteht sie nicht; aber dann wird sie sich nicht bessern." In Wahrheit war ich weit davon entfernt, gefühllos zu sein; ich war gefühlvoller als man je glauben kann; ich verstand sehr wohl, daß ich alle ihre Rügen verdiente und mehr noch sogar; infolgedessen hatte ich nichts zu sagen: es tat mir leid, ihnen mißfallen zu haben; ich bat den lieben GOTT für sie; im übrigen ging ich zu meinem göttlichen Meister, der mir vergeben und die Wunden meiner Seele heilen konnte. Mes maîtresses n'oublièrent pas mes péchés; tous les jours pendant plusieurs semaines elles me grondaient de nouveau, puis me reprochaient mon bon accueil aux voleurs; et voyant que je gardais le silence, elles se disaient l'une à l'autre: «Cette enfant paraît insensible à nos menaces comme à nos reproches; peut-être ne comprend-elle pas, mais alors elle ne se corrigera pas.» En vérité j'étais bien loin d'être insensible, j'étais sensible plus que tout ce qu'on peut croire; je comprenais bien que je méritais tous leurs reproches et plus encore, par conséquent je n'avais rien à dire j'étais fâchée de leur avoir déplu, je priais le bon DIEU, pour elles; pour le reste j'allais à mon divin Maître qui pouvait me pardonner et guérir les plaies de mon âme. 91
Eines Tages, als ich die Kühe auf den Feldern hütete, war mein Geist ganz beschäftigt mit meinem lieben JESUS, mit seiner göttlichen Vorsehung, die so gnädig mit allen nötigen Dingen den Menschen versieht, daß er sich nähren, sich kleiden, wohnen und seinen Geist durch den Anblick der Natur, die so vielfältig ist in ihren Erzeugnissen, neu beleben kann, etc. etc. Dann ergriff mich ein äußerst glühendes Verlangen nach dem Heil aller Menschen, und ich wünschte, für alle Sünder zu leiden, damit sie sich, indem sie von der Sünde und dem Irrtum abließen, Jesus Christus hingäben, um ihn über alles zu lieben. Ich weiß nicht, wie dies geschah: während ich mit dem Gesicht auf dem Boden betete, befand ich mich plötzlich in Gesellschaft meines Schutzengels, der zu mir sagte: "Schwester, komm, ich werde dir die Seelen GOTTES zeigen, die ihn sehr lieben, ohne daß sie ihn anders sehen können als mittels eines Glaubens, der unvergleichlich lebendiger und überzeugter ist als jener der Sterblichen, ohne auch von seiner Glorie zu genießen, weil sie befleckt sind von den läßlichen Sünden und den Resten der schweren Fehler, für die sie während des Lebens nicht alles gesühnt haben. Wenn du für sie dem Ewigen Vater, im heiligen Namen JESU CHRISTI, das Blut und die Verdienste des Leidens des Erlösers aufopferst, werden ihre Flecken abgewaschen, ausgetilgt und, geschmückt, werden sie auffliegen zu GOTT, um sich mit ihm zu vereinigen." Un jour que je gardais les vaches dans les champs mon esprit était tout occupé de mon cher JÉSUS, de sa divine Providence à pourvoir si gracieusement l'homme de toutes les choses nécessaires pour se nourrir, se vêtir, se loger et récréer son esprit par la vue de la nature, si variée dans ses productions, etc., etc. Alors s'empara de moi un désir très ardent du salut de tous les hommes et je désirais souffrir pour tous les pécheurs, afin que, laissant le péché et l'erreur, il se donnassent à Jésus-Christ pour l'aimer par-dessus tout. Je ne sais comment cela se fit: pendant que je priais la face contre terre, je me trouvai tout à coup en compagnie de mon ange gardien qui me dit: «Soeur, venez, je vous ferai voir des âmes de DIEU qui l'aiment beaucoup sans qu'elles puissent le voir autrement que par une foi incomparablement plus vive et plus persuasive que celle des mortels, ni jouir de sa gloire, puisqu'elles sont tachées par des fautes vénielles et les restes des fautes plus graves non expiées pendant la vie. Quand pour elles vous offrirez au Père Eternel, au saint Nom de JÉSUS-CHRIST, le sang et les mérites de la Passion du Sauveur, leurs taches seront lavées, effacées et, ornées, elles voleront s'unir à leur DIEU.» 92
Sogleich befanden wir uns beim Fegfeuer im Innern der Erde, und er ließ mich die verschiedenen Peinen sehen, beobachten, die diese heiligen Seelen erleiden. Welch ein Schrecken! Welch eine entsetzliche Szene: diese Vereinigung aller Arten von Schmerzen, Martern, diese Flammen, vermengt mit einem flüssigen Feuer, ohne den Hunger, den Durst und die Begierden zu zählen, die jede Seele gemäß ihrer Befleckung quälen! Er ließ mich mehrere Dinge beobachten, aber ich kann sie nicht erklären. Ich will darüber ein kleines und unbedeutendes Beispiel geben: hatte eine Person mit ihren Augen gesündigt, so waren ihre Augen wie ein flüssiger Feuerherd; hatte sie mit ihren Händen gesündigt, so waren ihre Hände wie glühende und flüssige Fackeln; man muß bemerken, daß das Feuer nur auf den Makeln und durch die Makeln besteht, die das Brennmaterial sind, welches dieses schreckliche Feuer speist. Wenn die Makel verschwindet, wenn die Stelle dieser Makel ebenfalls gereinigt ist, erlöscht das Feuer wie ein Blitz. Man wird vielleicht einwenden, daß, nachdem die Seele keine Füße, Hände, Zunge, Ohren, etc. hat, da sie ein Geist ist, man nicht einsieht, wie sie in ihren Füßen, etc. leiden kann. Aber es ist eben dennoch die Seele, die das Empfinden hatte und die es dem Leibe während ihres irdischen Lebens gab: da nun aber die Seele im ganzen Körper war, in allen Teilen des Leibes (und nicht allein im Kopfe, wie man es gesagt hat), wenn sie zum Fegfeuer verurteilt ist, leidet sie in ihren Teilen (um so zu sprechen), die amtswidrig gehandelt haben, gleichwie von den drei Kräften der Seele eine jede ihren Teil der Pein leidet oder jede ihren Teil der Glorie im Himmel haben wird. Aussitôt nous nous trouvâmes près du purgatoire dans les entrailles de la terre, et il me fit voir, observer les diverses peines dont souffrent ces saintes âmes. Quelle horreur! Quelle scène terrifiante que cette réunion de toutes sortes de peines, de tourments, ces flammes mêlées d'un feu liquide, sans compter la faim, la soif et les désirs qui tourmentent chaque âme selon ses taches! Il me fit observer plusieurs choses que je sais, mais que je ne sais pas expliquer. J'en donnerai un petit et insignifiant exemple: une personne avait-elle péché par ses yeux, ses yeux étaient comme un foyer de feu liquide; avait-elle péché par les mains, ses mains étaient comme des torches ardentes et liquides; il faut remarquer que le feu ne subsiste que sur les taches et par les taches qui sont le combustible alimentant ce terrible feu. La tache disparaissant, la place de cette tache étant aussi purifiée, le feu s'éteint comme un éclair. On objectera peut-être que l'âme n'ayant pas de pieds, de mains, de langue, d'oreilles, etc., étant un esprit, on ne voit pas comment elle peut souffrir dans ses pieds, etc. C'est pourtant l'âme qui avait la sensation et qui la donnait au corps pendant sa vie terrestre: or l'âme ayant été dans tout le corps, dans toutes les parties du corps (et non à la tête seulement comme on l'a dit), condamnée au purgatoire, elle souffre dans ses parties (pour parler ainsi) qui ont prévariqué, de même que les trois puissances de l'âme souffriront chacune sa part de peine ou auront chacune sa part de gloire au ciel. 93
Ich sah nicht zwei Seelen, in denen die Leiden ähnlich waren. Ich konnte ein so bedauernswertes Schauspiel nicht mehr länger aushalten: ich betete, betete für alle diese heiligen und selbstzufriedenen Seelen, daß der GOTT der Barmherzigkeiten ihnen allen eine fühlbare Erleichterung gewähren möge durch das bittere Leiden und den Tod JESU CHRISTI und daraus 72 erlösen wolle um der Liebe MARIENS willen, der Jungfrau und Mutter, Mitvollbringerin unserer Erlösung. Ich sah den Engel GOTTES wie er einen Kelch in Händen hatte, der mit dem kostbarsten Blute des Lammes, welches die Sünden der Welt hinwegnimmt, gefüllt war: er goß es über diese glühenden Flammen, die sogleich nach Umfang und Intensität abnahmen, dann über die Seelen, die den Liebesdienst des Meßopfers und der Gebete, Bußübungen und Opfer der Christen erwarteten, um in den Schoß GOTTES auffliegen zu können. So geschah es für sie durch die Verdienste des Blutes des GOTT-Menschen und durch die Gebete MARIENS, unserer Mama, der schönen, der süßen Mutter der Barmherzigkeit und der Milde. Je ne vis pas deux âmes en qui les peines fussent semblables. Je ne pouvais plus supporter un spectacle si lamentable: je priais, priais pour toutes ces âmes saintes et résignées, que le DIEU des miséricordes voulût leur donner à toutes un sensible soulagement par la Passion et la mort de JÉSUS-CHRIST et en délivrer soixante-douze pour l'amour de MARIE, Vierge et Mère, coopératrice de notre Rédemption. Je vis l'Ange de DIEU ayant en main un calice rempli du très précieux Sang de l'Agneau qui efface les péchés du monde: il le répandit sur ces ardentes flammes qui diminuèrent aussitôt de volume et d'intensité; puis sur les âmes qui attendaient la charité du sacrifice de la Messe et les prières, pénitences et sacrifices des chrétiens pour voler dans le sein de DIEU. Ainsi fut fait pour elles, par les mérites du Sang de l'Homme-DIEU et par les prières de MARIE, notre Maman, la belle, la douce Mère de la miséricorde et de la clémence. 94
Ich unternehme es nicht, die schauderlichen Martern zu beschreiben, die gewisse Seelen in diesem durch die aufgewühlten Miasmen (= Krankheitsstoffe enthaltende Dünste) verdunkelten Abgrund erleiden. Es wurde mir eröffnet, daß diese Seelen hier knapp von den ewigen Peinen errettet worden sind. 0 wenn die Sünder, o wenn die GOTT geweihten Personen, die ihm mit so viel Nachlässigkeit dienen, einige unter ihnen mit soviel Skandal, verstehen könnten, sich diese heftig schmerzenden Peinen vorstellen könnten, diese verzehrenden Flammen und dieses flüssige Feuer der göttlichen Gerechtigkeit! ... Die Sinne, die keinen Einhalt kannten, die Verleumdungen, die üblen Nachreden, der Zorn, das Murren, die falschen Zeugnisse, etc., etc., haben ihre Martern. Ich sah eine große Zahl Seelen, die den Mund offen hatten, der angefüllt war mit Feuer, das selbst in ihrem Munde sott. 0 Gotteslästerer ... denkt an das, was euer harrt, an das, was ihr euch bereitet, wenn ihr nicht aus ganzem Herzen zu GOTT zurückkehrt und nicht aufrichtige Buße leistet! Je n'entreprends pas de décrire les horribles tortures que souffrent certaines âmes dans ce gouffre obscurci par des miasmes révoltants. Il me fut manifesté que ces âmes-là avaient été à peine sauvées des peines éternelles. Oh! si les pécheurs, oh! si les personnes consacrées à DIEU qui le servent avec tant de négligence, quelques-unes avec tant de scandale, pouvaient comprendre, pouvaient se figurer ces peines cuisantes, ces flammes dévoratrices et ce feu liquide de la justice divine!... Les sens qui ont été sans frein, les calomnies, les médisances, la colère, les murmures, les faux rapports, etc., etc., ont leurs tourments. Je vis un grand nombre d'âmes la bouche ouverte remplie de feu qui bouillait dans leur bouche même. Oh! blasphémateurs... pensez à ce qui vous attend, à ce que vous vous préparez si vous ne revenez à DIEU de tout coeur et ne faites une sincère pénitence ! 95
Nicht alle Seelen wurden durch das Feuer gereinigt: ich habe unter ihnen welche gesehen, die vor Sehnsucht, vor Niedergeschlagenheit, vor Traurigkeit litten, nicht vor Traurigkeit, in diesem Orte der Reinigung zu sein, denn diese Seelen hier, wenn es ihnen möglich wäre, eine Erhöhung der Schmerzen zu haben, würden sie wünschen, damit sie sich umso eher mit ihrem Zentrum, welches GOTT ist, vereinigen könnten. Alle diese Seelen haben die göttliche Liebe; sie wissen, daß sie nach ihrer Reinigung die vollkommene Liebe besitzen werden und sie während der ganzen Ewigkeit genießen werden. Wenn GOTT, was unmöglich ist, eine Seele mit läßlichen Sünden in den Himmel eintreten ließe, würde diese Seele vorerst geblendet sein, unfähig, den Glanz des ewigen Lichtes auszustehen; mit umso mehr Grund könnte sie sich nicht im Angesichte des Heiligen der Heiligen, der Heiligkeit selber, sehen. Aus diesem Grunde würde sie ihren Engel um die Gnade bitten, sie ins Fegfeuer zu geleiten, um dort bis auf das letzte Kleid ihre Makeln abzuwaschen. Die Barmherzigkeit GOTTES währet ewig. Toutes les âmes n'étaient pas purifiées par le feu: j'en ai vu qui souffraient de langueur, d'accablement, de tristesse, non de tristesse d'être dans ce lieu de purgation, car ces âmes-là, s'il leur était possible d'avoir une augmentation de peine, elles la désireraient afin de s'unir plus tôt à leur centre qui est DIEU. Toutes ces âmes ont la charité; elles savent qu'après leur purification, elles auront l'amour consommé et en jouiront pendant toute l'éternité. Si DIEU, par impossible, faisait entrer dans le ciel une âme avec des fautes vénielles, cette âme d'abord serait éblouie, incapable de supporter l'éclat de la lumière éternelle, à plus forte raison ne pourrait-elle se voir en face du Saint des Saints, de la Sainteté même. C'est pourquoi elle demanderait en grâce à son ange de la conduire au Purgatoire pour y laver jusqu'au dernier vestige de ses taches. Les miséricordes de DIEU sont éternelles. 96
Als ich wieder zu meinen Sinnen zurückkehrte, fand ich meine Kühe wieder, und mit vollkommener Geistesklarheit hatte ich diese Schau und die Erklärungen (ohne ein ausgesprochenes Wort) in Erinnerung, die ich zum Wohle meiner überaus schuldigen Seele erhalten habe. Deshalb befleißigte ich mich mit GOTTES Gnade, treuer im Glauben zu sein, GOTT in allen und in allem was mir begegnet zu sehen, mich wie eine Tote in die Arme des Allerhöchsten auszuliefern; ich entschloß mich, kein Ärgernis und Mißfallen mehr meinen Herrinnen, noch irgendjemandem zu geben, soviel an mir lag, meine Sinne unter dem Banne der gewaltigen Gegenwart des Allerhöchsten zu halten, etc. Ich verlangte mit großem Verlangen nach der reinen, der wahrhaftigen Liebe meines liebwertesten und allerliebsten JESUS, nicht so sehr wegen seiner Gaben, nicht einmal wegen dieser natürlichen Tröstung der gegenseitigen Liebe, nicht um fromm zu werden oder aus anderen Gründen, die immerhin gut sind an sich, nein, nein; ich wollte lieben und lieben, weil GOTT allein es verdient, mit starker, großmütiger und uneigennütziger Liebe geliebt zu werden und weil er alles, meine ganze Liebe, verdient. Lorsque je repris mes sens, je retrouvai mes vaches; et avec pleine lucidité d'esprit j'avais dans ma mémoire cette vision et les explications (sans parole proférée) que j'avais reçues pour le bien de mon âme très coupable. C'est pourquoi je tâchai, avec la grâce de DIEU, d'être plus fidèle dans la foi, de voir DIEU en tous et en tout ce qui arrive, de m'abandonner comme une morte entre les mains du Très-Haut; je résolus de ne plus donner du scandale et du déplaisir à mes maîtresses ni à personne, autant que je le pourrais, de tenir mes sens sous le frein de la grande présence du Très-Haut, etc. Je désirais d'un grand désir le pur, le véritable amour de mon très amoureux et très cher JÉSUS, non pas pour ses dons, non pas même pour cette consolation naturelle du réciproque amour, non pour devenir dévote ou autres motifs, quoique bons en eux-mêmes, non, non; je voulais aimer et aimer, parce que DIEU seul mérite d'être aimé d'un amour fort, généreux et désintéressé et qu'il mérite tout, tout mon amour. 97
Zu jener Zeit fühlte ich mich hingezogen zu Leiden aller Art, und, obwohl ich alles tat, was ich wußte, alles, was ich konnte, war ich nicht zufrieden; alles schien mir, kam mir vor als wenig für die Liebe meines liebwertesten JESUS und für die Erleichterung oder die Erlösung der heiligen Seelen des Fegfeuers, insbesondere jener, die leiden, weil sie in diesem Leben ihre Standespflichten nicht erfüllt haben, weil sie ihre Zeit vergeudeten und den Seelen, deren sie sich annehmen sollten, GOTT nicht bekannt gemacht haben. Die Idee kam mir, irgendwelche körperliche Bußübung für diese armen Seelen zu suchen. In diesem Lande schien es mir, daß man die Bußinstrumente nicht kannte und ich hatte selber keinerlei Ahnung von diesen Dingen. Indes machte ich nach meiner Art einige kleine Sachen. Was das Innere betrifft, d.h. die Leiden der Seele, so sorgte dafür JESUS wunderbar gut. 0 unendliche Liebe, wie erfinderisch bist du! Ach, wieviel gab es da aufzurichten, zu korrigieren in meiner armen Seele! Dans ce temps-là je me sentais attirée vers les souffrances de toutes sortes et en faisant tout ce que je savais, tout ce que je pouvais, je n'étais pas satisfaite; tout me paraissait, me semblait peu pour l'amour de mon aimable JÉSUS et pour le soulagement ou la délivrance des saintes âmes du purgatoire, en particulier de celles qui souffrent pour n'avoir pas accompli en cette vie leurs devoirs d'état, avoir perdu leur temps et n'avoir pas fait connaître DIEU aux âmes pour lesquelles elles devaient se dévouer. La pensée me vint de chercher quelques pénitences corporelles pour ces pauvres âmes. Dans ce pays il me semble qu'on ne connaissait pas les instruments de pénitence et je n'avais moi-même aucune idée de ces choses-là. Cependant je faisais, à ma manière, quelques petites choses. Quant à l'intérieur, c'est-à-dire aux peines de l'âme, mon cher JÉSUS y pourvoyait admirablement bien. Oh! amour infini, combien vous êtes ingénieux! Ah! combien il y avait à redresser, à corriger dans ma pauvre âme! 98
Mehrere Wochen waren verflossen seit meinem schwerwiegenden Fehler, den Dieben geholfen zu haben, das Haus meiner Herrinnen zu plündern; sie machten mir deswegen keine Vorwürfe mehr; im Gegenteil, aus lauter Güte sagten sie an den Sonntagen den Personen, die zu ihnen kamen: "Diese Kleine ist eine Heilige; man kann nicht anders denken: dauernd betet sie zum lieben Gott und arbeitet sie; sie denkt nicht daran, sich zu belustigen, sich zu unterhalten, noch irgend etwas zu erfahren; sie ist sehr gehorsam, oft hat sie um Erlaubnis gebeten, im Stall zu schlafen. Ich erlaube es ihr nicht oft, etc. (1)." Das erste Mal, da meine Ohren solcherlei Reden hörten, war ich erschrokken; ich härmte mich darüber sehr, und ich bekenne, daß ich sogar in eine tiefe Traurigkeit fiel, indem ich glaubte oder befürchtete, durch irgend eine schlimme Treulosigkeit gegenüber meinem vielgeliebten JESUS die Verlassenheit von dem Allerhöchsten verdient zu haben, da er mir den großen Schatz entzog, die Demütigungen, die Verachtung, die Verhöhnung, die Schmähungen, die Verlassenheit von den Geschöpfen, etc. zu erleiden. Ich war traurig während vielen Tagen, weil ich diese Mißgunst hatte, der kostbaren Verachtung meiner lieben Herrinnen bar zu sein. Es ist auch wahr, daß ich mich der Gunst der Demütigungen höchst unwürdig fühlte; übrigens sind sie nicht die TUGEND der Demut. Ich liebte sie, weil mein JESUS während seines ganzen Lebens sie umfangen hat, und dennoch, ich war ihrer beraubt, wie aller anderen Leiden, und durch meine Schuld. Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis ma lourde faute d'aider les voleurs à piller la maison de mes maîtresses; elles ne m'en faisaient plus des reproches, au contraire, par pure bonté, les dimanches elles disaient aux personnes qui venaient chez elles: «Cette petite est une sainte; on ne peut pas penser diversement: continuellement elle prie le bon DIEU et travaille; elle ne pense pas à s'amuser, à se divertir ni à savoir aucune chose; elle est très obéissante; souvent elle a demandé la permission de coucher à l'écurie. Je ne le lui permets pas souvent, etc. (I).» La première fois que mes oreilles entendirent de semblables paroles, j'en fus effrayée, je m'en affligeai beaucoup, et je confesse que je tombai même dans une profonde tristesse, croyant ou craignant d'avoir mérité par quelque grave infidélité envers mon bien-aimé JÉSUS l'abandon du Très-Haut, puisqu'il me privait du grand trésor de souffrir les humiliations, les mépris, les dérisions, les insultes, l'abandon des créatures, etc. Je fus triste pendant bien des jours pour avoir eu cette disgrâce d'être à jeun des précieux mépris de mes chères maîtresses. Il est vrai aussi que je me sentais très indigne de la faveur des humiliations; d'ailleurs elles ne sont pas la VERTU d'humilité. Je les aimais parce que mon JÉSUS, pendant toute sa vie, les a embrassées, et, cependant, j'en étais privée, comme de toutes autres souffrances, et par ma faute. 99
Eines Tages ließ ich meine Kühe auf dem Felde weiden; ich war traurig und ganz in mein Nichts versenkt, als plötzlich alles für mich verschwand; ich sah meinen lieben Bruder, der mich anschaute und zu lachen schien. Auf seiner Brust, unter seinem Rock, bewegte sich und wimmerte etwas. Mein guter Bruder sagte: "Die Barmherzigkeit GOTTES sei mit dir, Schwester meines Herzens!" - "So sei es", antwortete ich, und ich fügte hinzu: "Bruder aller meiner Freuden, sag mir, wird es Erbarmen geben für mich nach all den Sünden, die ich begangen habe, nach all meinen Treulosigkeiten, der unendlichen Liebe meines GOTTES zu entsprechen? ... Das Kreuz ist nicht mehr in mir, ich bin seiner unwürdig geworden; was werde ich somit tun, ich kann nicht mehr existieren." Mein Bruder, ganz Liebe, sagte: "Die große Barmherzigkeit GOTTES ist mit dir ohne irgend ein Verdienst deinerseits." Indem er dies sagte, nahm er mit seiner rechten Hand von seiner Brust eine ganz kleine, sehr weiße Taube, die ihren Schnabel offen hatte. Sofort sagte ich: "0, mein Bruder, sie stirbt vor Durst; mach schnell, solange sie noch lebt." Un jour je faisais paître mes vaches dans les champs, j'étais triste et tout enfoncée dans mon néant; quand subitement tout pour moi disparut; je vis mon aimable Frère qui me regardait et paraissait rire. Sur sa poitrine, sous sa robe quelque chose se mouvait et se lamentait. Mon bon Frère dit: «La miséricorde de DIEU soit avec vous, soeur de mon coeur!» -- «Soit ainsi», répondis-je, et j'ajoutai: «Frère de toutes mes complaisances, dites-moi, y aura-t-il miséricorde pour moi, après tous les péchés que j'ai commis, après toutes mes infidélités à correspondre à l'amour infini de mon DIEU?... La croix n'est plus en moi, je m'en suis rendue indigne; que ferai-je ainsi, je ne peux plus exister.» Mon Frère tout composé d'amour dit: «La grande miséricorde de DIEU est avec vous sans aucun mérite de votre part.» En disant cela, avec sa main droite il prit sur sa poitrine une très petite colombe très blanche qui avait son bec ouvert. Aussitôt je dis: «Oh! mon Frère, elle meurt de soif; faites vite tandis qu'elle vit.» 100
Er antwortete: "Wir werden ihr zu trinken geben und wir werden sie schmücken wie eine Braut." Dann hauchte er ihr dreimal in den Mund; er schaute in ihren Mund von allen Seiten, schloß ihn ihr zu, legte ihr dann ein mit Brillanten geziertes Halsband um, dann riß er ihr fünf Federn aus und heilte sie mit seinem Speichel; schließlich entnahm er seiner Brust einen Stempel (Siegel), den er auf die Brust der Taube drückte und sagte mir: "Schwester meines Herzens, bist du nun zufrieden?" - "Ja, mein geliebter Bruder, ich bin zufrieden mit allen deinen Handlungen, aber ich sehe da nicht das Kreuz." - "Das Kreuz, sagte er mir, habe ich hineingelegt und außen darauf; jetzt wollen wir noch den Schutz anbringen." Dies gesagt, nahm er von seiner Brust eine gewisse Anzahl Dornen, und eine nach der andern steckte er ein und brachte sie um die Taube herum an. Überrascht davon, sagte ich ihm: "Mein Geliebter, was tust du, was tust du hier? ... So ist es also dein Wille, daß ich Dornen erzeuge für das Feuer?..." - "Nein, nein, meine Schwester, schau gut." Und er ließ mich sehen, beobachten, daß die Dornen nicht nur nicht Wurzeln schlugen, sondern daß sie nicht einmal die Federn der Taube berührten und daß diese Dornen der Schutz für die Taube sind. Ich dankte von Herzen meinem lieben JESUS, der mich zu segnen geruhte, und ich erlangte wieder den Gebrauch meiner Sinne. Il répondit: «Nous lui donnerons à boire et nous la parerons comme une épouse.» Puis il lui souffla trois fois dans la bouche, il regarda dans sa bouche de tous côtés, la lui ferma, puis lui mit un collier garni de brillants, ensuite il lui tira cinq plumes et la guérit avec sa salive, enfin il sortit de sa poitrine un timbre (un sceau) qu'il appliqua sur la poitrine de la colombe et me dit: «Soeur de mon coeur, êtes-vous contente à présent?» -- «Oui, mon Frère amant, je suis contente de toutes vos opérations, mais je n'y vois pas la croix.» -- «La croix, me dit-il, je l'ai mise dedans et dehors; à présent nous y mettrons le préservatif.» Cela dit, il prit de sa poitrine un certain nombre d'épines et une à une il les mettait et les appliquait autour de la colombe. Surprise de cela, je lui dis: «Mon amour, que faites-vous, que faites-vous là?... C'est donc votre volonté que je produise des épines pour le feu?...» -- «Non, non, ma soeur, voyez bien.» Et il me fit voir, observer que les épines non seulement ne prenaient pas racine, mais qu'elles ne touchaient pas même le duvet de la colombe et que ces épines sont le préservatif de la colombe. Je remerciai de coeur mon cher JÉSUS qui daigna me bénir et je repris l'usage de mes facultés. 101
Meine Seele hatte wieder Mut gefaßt, mein Vertrauen in die große Barmherzigkeit des Allerhöchsten war völlig unversehrt und mein Glaube auch, der auf Gott und auf seinem sicheren Worte ruht. Ich war glücklich zu wissen, daß unser Allmächtiger GOTT Jener ist, der ist, das unermeßliche Sein, das Unveränderliche, durch sich selbst Existierende, das Unendliche, Ewige, das seine eigene Glückseligkeit genießt, daß Er überall ist und in allen Dingen. Mon âme avait repris courage, ma confiance dans les grandes miséricordes du Très-Haut était entière et ma foi aussi, reposant sur Dieu et sur sa parole assurée. J'étais heureuse de savoir que notre Tout-Puissant DIEU est Celui qui est, l'Etre immense, immuable, existant par lui-même, infini, éternel, qui jouit de sa propre félicité, qu'il est partout et en toutes choses. 102
Es ist gewiß sicher, daß die Kenntnis Gottes und seiner Eigenschaften bewirkt, daß man den Unerschaffenen, den Allerhöchsten, den Unbegreiflichen, den barmherzigen Herrn der Tugenden liebt. Aus alledem entspringt der glühende Wunsch, den Urheber aller bekannten und unbekannten Wunder über alles zu lieben; der Wunsch, daß er geliebt werde nicht nur von mir, elendem Geschöpf, sondern von allen Menschen, zernagt mir mein Herz und entzündet darin diese große Begierde zu leiden, mich zu opfern mit meinem lieben gekreuzigten JESUS. 0, wenn wir die ganze Liebe kännten, die JESUS für uns hat! ... Ach, ja, für uns; denn er ist nicht nur gestorben für DAS GANZE Menschengeschlecht, sondern für einen jeden von uns, und wir können in Wahrheit sagen: JESUS CHRISTUS ist gestorben für MICH, um mir das Leben der Gnade zu geben. Il est bien sûr que la connaissance de Dieu et de ses attributs porte à aimer l'Incréé, le Très-Haut, l'Incompréhensible, le miséricordieux Seigneur des vertus. De tout cela naît l'ardent désir d'aimer souverainement l'auteur de toutes les merveilles connues et inconnues; le désir qu'il soit aimé non seulement par moi, chétive créature, mais par tous les hommes me ronge le coeur et y allume ce grand désir de souffrir, de m'immoler avec mon cher JÉSUS crucifié. Oh! si nous savions tout l'amour que JÉSUS a pour nous!... Eh! oui, pour nous; car il n'est pas mort seulement pour TOUT le genre humain, mais pour chacun de nous, et nous pouvons dire avec vérité JÉSUS-CHRIST est mort pour MOI, pour me donner la vie de la grâce. 103
Es blieb mir wenig Zeit, das Jahr im Dienste dieser Familie zu beenden. Diesbezüglich muß ich Sie darauf aufmerksam machen, daß in unseren Landen es Gepflogenheit der Hirten ist zu sagen, daß man ein Jahr, zwei Jahre an dem Ort bleibt, wenn man dort die sieben oder acht Monate verbringt, während welchen die Tiere auf die Weiden geführt werden können, d.h. von März bis Allerheiligen, aber manchmal bis zum Vortag von Weihnachten. Es sind also ungefähr 5 Monate, die die Hirten und Hirtinnen jedes Jahr in ihren Familien verbringen. Meine Herrin, um sicherer zu gehen, mich im folgenden Jahre zu haben, wollte mich auch während den wenigen strengen Monaten des Winters behalten, sie fragte mich, ob ich bleiben wolle, ich antwortete ihr, daß ich unter dem Gehorsam meiner Eltern stehe und daß ich bereit sei, das zu tun, was sie wollten. Darauf, an einem Donnerstag, machte sie sich auf nach Corps, um mit ihnen zu sprechen. Mein Vater war abwesend; meine Mutter gab die Erlaubnis, und ich blieb. Der Herr wollte mich aus Barmherzigkeit ein wenig die Strenge des Winters in diesem Gebirge erleiden lassen. (2). Il me restait peu de temps pour finir l'année au service de cette famille. A ce propos je dois vous faire observer que, dans nos pays, c'est l'usage des bergers de dire qu'on reste un an, deux ans à tel endroit, quand on y passe les sept ou huit mois pendant lesquels les bêtes peuvent être conduites aux pâturages, c'est-à-dire de mars à la Toussaint, mais quelquefois jusqu'à la veille de Noël. C'est donc environ cinq mois que les bergers et bergères passent dans leur famille chaque année. Ma Maîtresse, pour être plus sûre de m'avoir l'année suivante, voulait me garder aussi pendant les quelques mois rigoureux de l'hiver; elle me demanda si je voulais rester; je lui répondis que j'étais sous l'obéissance de mes parents et que j'étais prête à faire ce qu'ils voudraient. Alors, un jeudi, elle partit pour Corps, afin de leur parler. Mon père était absent, ma mère donna la permission et je restai. Le Seigneur par miséricorde voulait me faire éprouver un peu la rigueur de l'hiver dans cette montagne (r). 104
In jener Zeit gab es noch keine Zündhölzer, wenigstens waren sie unbekannt in unseren kleinen Landen: die Familien trugen jeden Abend Sorge, die Glut mit Asche zu bedecken, um am Morgen noch davon aufzufinden. Nun aber kam es oft vor, daß das Holz, welches man hineingelegt hatte, erlosch oder restlos verbrannte; man mußte dann Feuer im nächsten Nachbardorf holen. Man bediente sich dazu eines Stückes Stoff oder Lumpen, aufgerollt zur Größe einer kleinen Kerze, die sich langsam wie Zunder verzehrte, und mit welchem man bei der Rückkehr einen geschwefelten abgeschabten Hanfstengel anzündete. Einmal war der Schnee in Fülle gefallen, der Wind blies mit Heftigkeit, man sah keine Spur mehr vom Weg, und ziemlich oft war der Nebel so dicht, daß man nicht zwei Meter vor sich hin sah; solcherart, daß ich mich mehrere Male verirrte; aber dank der göttlichen Barmherzigkeit wurde ich gerettet. Die Vorsehung fehlt demjenigen nie, der sich ihr anvertraut. Ich gebe dazu hier nur ein Beispiel: Ich war zum Dorfe namens Le Serre gegangen, um Feuer zu holen; es hatte viel Schnee, und durch den Wind, der überaus stark blies, hatte sich mein Lumpen aufgezehrt. Ich war sehr betrübt, weil meine Herrin meine Rückkehr mit Ungeduld erwartete, um ihr Feuer anzuzünden. Ich dachte an den Schmerz, den sie haben würde bei meiner Ankunft; ich wußte nicht was tun, und unterdessen ging ich immer noch dem Hause entgegen. Aber die Furcht, die ich hatte, meiner Herrin Mißfallen zu bereiten, machte, daß ich auf die Knie fiel in den Schnee und den GOTT der Tugenden bat zu bewirken, daß meine Herrin keinen Verdruß fühle ... dann setzte ich meinen Gang im Nebel fort, als ich den Flug und die Schreie eines Raben hörte. Als er bei mir war, sah ich ihn wie inmitten einer Rauchwolke: er kam herab bis in meine Reichweite, übergab mir den angezündeten Stofflappen, den er trug und flog davon. Ich dankte der göttlichen Vorsehung, die nicht wollte, daß meine Herrin Verdruß habe. A cette époque les allumettes n'existaient pas encore, du moins elles n'étaient pas connues dans nos petits pays: les familles avaient soin tous les soirs de couvrir de cendre la braise du foyer afin d'en retrouver le matin. Or, il arrivait souvent que le bois qu'on y avait mis s'éteignait ou se consumait; il fallait alors aller chercher du feu dans un village voisin. On se servait pour cela d'un morceau d'étoffe ou chiffon roulé de la grosseur d'une petite bougie qui se consumait comme de l'amadou, lentement, et avec lequel, au retour, on enflammait une chène-votte soufrée. Une fois la neige était tombée avec abondance, le vent soufflait avec violence, on ne voyait plus trace du chemin, et assez souvent les brouillards étaient si épais qu'on ne voyait pas à deux mètres devant soi; de sorte que plusieurs fois je me suis égarée, mais grâce à la divine Miséricorde j'ai été secourue. La Providence ne fait jamais défaut à qui se confie en elle. Je n'en donnerai ici qu'un exemple: Etant allée au village appelé Le Serre pour prendre du feu, il y avait beaucoup de neige et par le vent qui soufflait excessivement fort mon chiffon s'était consumé. J'étais très affligée parce que ma maîtresse attendait mon retour avec impatience pour allumer son feu. Je pensais à la peine qu'elle allait avoir à mon arrivée; je ne savais que faire et, en attendant, je marchais toujours vers la maison. Mais la crainte que j'avais de donner du déplaisir à ma maîtresse fit que je tombai à genoux sur la neige, priant le DIEU des vertus de faire que ma maîtresse n'éprouvât pas de déplaisir... puis je continuai de marcher dans les brouillards, quand j'entendis le vol et les cris d'un corbeau. Quand il fut près de moi, je le vis comme au milieu d'une fumée il descendit jusqu'à ma portée, me remit l'étoffe allumée qu'il portait et s'envola. Je remerciai la divine Providence qui ne voulut pas que ma maîtresse eût du déplaisir. 105
Unter so vielen Fehlern hatte ich auch jenen der Eifersucht für meine Person. Ich erlaubte es nie jemandem, wer es auch war, meine Hände zu berühren und weniger noch das Gesicht. Eines Tages kam ein Mann in das Haus und ich, wild wie ich bin, sonderte mich ab. Aber im Moment, als man sich zu Tische setzte, um das Mittagsmahl einzunehmen, rief mich meine Herrin und setzte mich neben diesen Mann. Gegen das Ende der Mahlzeit sagte er: "Diese Kleine ist mir sympathisch, aber sie ist sehr scheu, sie spricht nicht." Indem er dies sagte, nimmt er mich und setzt mich auf seine Knie. Ich wollte hinuntersteigen und entfliehen, aber ich wurde von starken Händen zurückgehalten. Er sagte mir, ich solle ihm einen Kuß geben; ich wollte nicht; so küßte er mich denn selber, und sofort gab ich ihm eine Ohrfeige. Er ließ mich gehen, indem er sagte: "Wer hätte das gedacht? Ach! Eure Heilige ist nicht so friedlich wie ihr glaubt." Die Tochter meiner Herrin schimpfte sehr mit mir wegen dieser schlechten Tat. Ich war bekümmert wegen der Ohrfeige, die ich ohne Überlegung gegeben habe und über das Mißfallen, das ich dem einen wie der anderen gegeben habe. Man muß die Sünde hassen, nicht die Person. Parmi tant de défauts, j'avais aussi celui de la jalousie pour ma personne. Je ne permettais jamais à qui que ce fût de me toucher les mains et moins encore la face. Un jour, un homme vint à la maison et moi, sauvage que je suis, je m'isolai. Mais au moment de se mettre à table pour dîner, ma maîtresse m'appela et me mit à côté de cet homme. Vers la fin du repas il dit: «Cette petite m'est sympathique, mais elle est beaucoup timide, elle ne parle pas.» En disant cela il me prend et m'assied sur ses genoux. Je voulais descendre et me sauver, mais j'étais retenue par de fortes mains. Il me dit de lui donner un baiser; je ne voulus pas; alors il me baisa lui-même et aussitôt je lui donnai un soufflet. Il me laissa aller en disant: «Qui y aurait pensé? Ah! votre sainte n'est pas si pacifique que vous croyez.» La fille de ma maîtresse me gronda beaucoup pour cette mauvaise action. Je fus peinée du soufflet donné sans réflexion et du déplaisir que j'avais donné à l'un et à l'autre. On doit haïr le péché, non la personne. 106
Die Tochter meiner Herrin war nicht verheiratet; sie war die Mutter des Kindes, welches ich hütete, und dieser Mann war sein Vater. Dieser Mann hieß Maurice. La fille de ma maîtresse n'était pas mariée, elle était mère de l'enfant que je gardais, et cet homme en était le père. Cet homme s'appelait Maurice. 107
Für die nächsten Weihnachtsfeiertage Jesu des Bezauberers der Herzen hatte sich mein Vater in seine Familie zurückgezogen. Nachdem er erfahren hatte, daß ich den Winter bei meiner Meisterin verbringen sollte, war er darüber unzufrieden und machte meiner lieben Mutter Vorwürfe, sich nicht an den mit meiner Herrin vereinbarten Vertrag gehalten zu haben. Er ließ mich holen. Ich wurde von meiner Herrin begleitet, weil sie mich für das nächste Jahr zurückerhalten wollte. Mein Vater versprach es ihr. Wegen meiner zahlreichen Fehler und weil es in der Familie meinetwegen Unfrieden gab, war meine Mutter nicht zufrieden über meine Rückkehr. Sie verbot es mir, mich mit der Wäsche meines Vaters zu beschäftigen. Ich fügte mich ohne Mühe ihrem Willen, da der Herr es so anordnete. Es kam mir nie in den Sinn, Überlegungen anzustellen über das Warum dieses oder jenes Verbotes oder dieses oder jenes Befehles. Indes, wenn man mir sagte, daß ich meinen lieben GOTT beleidigt habe, überlegte ich es mir. Nun aber schien es mir, daß, je mehr ich mich mit der Gnade GOTTES bemühte, meine lieben Eltern zufriedenzustellen, ich desto mehr in ihre Mißgunst fiel, ohne daß ich mir bewußt wurde darüber, wie und worin ich meine Mutter betrübt haben konnte, die gegen mich aufgebracht schien. Ich seufzte und beklagte mich bei meinem süßesten, gekreuzigten JESUS, dem leidenschaftlichen Liebhaber der Seelen, indem ich mich ihm aufopferte, alle Schmerzen, alle Strafen zu leiden, damit meine Mutter wegen mir nicht mehr zu leiden hätte, wenn dies sein anbetungswürdiger Wille und sein Wohlgefallen sei. Währenddem ich so zu ihm betete und ihn für alle meine Fehler um Verzeihung bat, schien es mir (durch innere Stimme), den GOTT-Mernschen zu sehen, wie er geschlagen, verhöhnt, verspottet, in sein Angesicht bespuckt, als Verrückter, falscher Prophet, Ehrgeiziger, Stolzer, etc., etc. behandelt wurde. Er lud mich ein, ihm zu folgen, seinen Leidensweg auf Erden fortzusetzen, ihn so viel wie möglich nachzuahmen in seinen intimen und verborgenen schwersten Leiden und dies für die Rückkehr zu ihren heiligen Pflichten der Personen, die ihm die teuersten sind, seiner heiligen Minister. Da ich meinen Allerliebsten so heruntergekommen sah, widerstand ich nicht länger: ich ging hin, sein süßes, sein schönes und liebliches Antlitz, das mit Blut überströmt und von Auswurf bedeckt war, abzuwischen, ja abzuwischen. Er, mein allerliebster JESUS, Dieb der Herzen, sagte: "Nicht so, Schwester meines Herzens." Augenblicklich wurde mein Verstand erleuchtet, und ich verstand sein ganzes Leiden, wie es die Christen viel mehr als ich und vor mir verstehen. Ach, ja! Dem verherrlichten Jesus muß man nicht mit einem materiellen Tuch sein heiliges Antlitz abwischen, das von den Bosheiten und den Undankbarkeiten so vieler Seelen beschmutzt ist, die ihm teuer sind und die ihn willentlich verkennen. Ja, mein JESUS, mein göttlicher König, mit deiner heiligen Gnade werde ich dir Liebe mit Liebe vergelten, Buße, Genugtuung und Sühne leisten für alle meine Brüder und vor allem für jene, die aufgrund ihrer Berufung in deinen Spuren schreiten müßten, einen beispielhaften Wandel führen müßten; ich kann es nicht besser ausdrücken; ich weiß nur, daß ich in meiner Seele oder in meinem Willen einen sehr glühenden Wunsch verspürte, mein Höchstes Gut mehr und mehr zu lieben, mich vereint zu halten mit meinem lieben JESUS, in allem sein Wohlgefallen zu umfangen, seinen liebenden Willen, um seiner Liebe willen. Ich wünschte, um seiner Liebe zu entsprechen, verkannt, verachtet, verhöhnt, verlassen zu sein und so die Demütigungen, die Verworfenheit, die Armut und schließlich alles, alles zu ehren, was mein liebreicher JESUS während seines sterblichen Lebens gelitten hat in seiner Seele und in seinem heiligen Leibe... Pour les prochaines fêtes de Noël, de Jésus l'enchanteur des coeurs, mon père s'était retiré en famille. Ayant appris que je devais passer l'hiver chez ma maîtresse il en fut mécontent et fit des reproches à ma chère mère pour ne s'en être pas tenue au contrat convenu avec ma maîtresse. Il m'envoya chercher. Je fus accompagnée par ma maîtresse, parce qu'elle voulait me retenir pour l'année suivante. Mon père le lui promit. A cause de mes nombreux défauts et parce qu'à mon occasion il y avait de la discorde en famille, ma mère ne fut pas contente de mon retour. Elle me défendit de m'occuper du linge de mon père. Je me conformai à ses vouloirs sans peine, puisque le Seigneur en disposait ainsi. Il ne me venait jamais de faire des réflexions sur le pourquoi de telle ou telle défense ou de tel ordre. Cependant quand on me disait que j'avais offensé mon bon DIEU, j'y réfléchissais. Or, il me semblait que plus je m'étudiais, avec la grâce de DIEU, à contenter mes chers parents, plus je tombais dans leur disgrâce, sans que je me rendisse compte du comment et en quoi j'avais pu affliger ma mère qui paraissait indignée contre moi. Je gémissais et me plaignais à mon très doux JÉSUS crucifié, amant passionné des âmes, m'offrant à lui pour souffrir toutes peines, toutes pénitences, afin que ma mère n'eût plus à souffrir de ma part si telle était son adorable volonté et son bon plaisir. Tandis que je le priais ainsi et que je lui demandais pardon de toutes mes fautes, il me sembla (par voix intellectuelle) voir l'homme-DIEU souffleté, tourné en dérision, méprisé, souillé de crachats à son adorable visage, traité de fou, de faux prophète, d'ambitieux, d'orgueilleux, etc., etc. Il m'incitait à le suivre, à continuer sa vie douloureuse sur terre, à l'imiter autant que possible dans ses intimes et secrets spasmes et cela, pour le retour à leurs devoirs sacrés des personnes qui lui sont les plus chères, ses saints Ministres. En voyant mon bien-aimé ainsi réduit, je ne résistai plus: j'allai pour essuyer, oui, pour essuyer sa douce, sa belle et aimable face couverte de sang et de crachats. Lui, mon très amoureux JÉSUS, voleur des coeurs, dit: «Pas comme ça, soeur de mon coeur.» Instantanément mon intellect fut éclairé et je compris toute sa passion, comme les chrétiens beaucoup plus que moi et avant moi la comprennent. Ah! oui. A JÉSUS glorifié, ce n'est pas avec un linge matériel qu'il faut essuyer sa sainte face, souillée par les iniquités et les ingratitudes de tant d'âmes qui lui sont chères et qui le méconnaissent volontairement. Oui, mon JÉSUS, mon divin Roi, avec votre sainte grâce, je vous rendrai amour pour amour, pénitence, réparation et expiation pour tous mes frères et surtout pour ceux qui, par vocation, devraient marcher sur vos traces, avoir une conduite modèle. Je ne sais pas mieux dire; je sais seulement que je sentis dans mon âme ou dans ma volonté un très ardent désir d'aimer de plus en plus mon Souverain Bien, de me tenir unie à mon cher JÉSUS, à embrasser en tout son bon plaisir, son amoureuse volonté, pour son amour. Je désirai, pour correspondre à son amour, d'être ignorée, méprisée, bafouée, abandonnée, et d'honorer ainsi les humiliations, les abjections, la pauvreté et tout enfin, tout ce que pendant sa vie mortelle mon amoureux JÉSUS avait souffert dans son âme et dans son corps sacré...

 

 
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Es scheint mir, daß es gegen das Ende des Monats Dezember 1841 war; mein Vater mußte am folgenden Tag zu seiner Arbeit gehen; vor seinem Weggang nahm er drei oder vier seiner Hemden und überreichte sie mir, indem er mir sagte, ich selber solle gut sehen, ob an ihnen nicht irgend ein Knopf fehle, oder ob eines von ihnen nicht des Flickens bedürfe, und sie selber in Ordnung bringen, weil meine Mutter, da sie sich unterhalten gehen mußte, sich nicht mit der Wäsche noch mit ihrer Familie beschäftigen konnte, und sie bei seiner Rückkehr ihm zu geben. Zuerst war ich sehr zufrieden, diese Arbeit tun zu dürfen; dann erinnerte ich mich bei meiner Gewissenserforschung daran, daß meine Mutter es mir verboten hatte, die Sachen meines Vaters zu berühren. Was tun? Nach mir war es mir fast unmöglich, aus dieser kritschen Lage herauszukommen, ohne meinen süßen und liebevollen Erlöser durch meinen Ungehorsam gegenüber dem einen oder der andern meiner Eltern zu beleidigen. Mein Schmerz war groß; ich mußte mich entschließen; mein Vater war verreist; ich nahm ein Hemd; ich trug es zu meiner Mutter und bat sie, mir zu gestatten, das Hemd in Ordnung zu bringen, welches mir mein Vater gegeben hatte. Ich hatte noch nicht zu Ende geredet, als meine Mutter (die übrigens meinen Vater gesehen hatte, wie er mir seine Hemden gab und ihn gehört hatte, wie er mir seine Empfehlungen machte) sehr unzufrieden und fast rasend mir das Hemd, den Faden und die Knöpfe aus den Händen riß, und mir vorwarf, mir ihre Autorität anmaßen zu wollen, der Daemon der Entzweiung und des Krieges in der Familie zu sein und fügte hinzu, daß sie mich züchtigen werde, bis daß ich mich ändere und ihr in allem gehorsam werde; daß ich ihr nicht gehorcht hätte, da sie mir verboten habe, irgend etwas des Hauses zu berühren und daß ich die Frechhheit gehabt hätte, die Hemden ihres Gatten zu nehmen und sie auf mein Bett zu legen; daß sie, um mich zu züchtigen und mich gefügig zu machen gegenüber ihren Befehlen, mir den Gebrauch meines Bettes entziehen würde, etc., etc. Arme, liebe Mutter, wie sehr habe ich ihr Leid bereitet, währenddem ich doch ihr allen Trost, alles mögliche Gute wünschte. Il me semble que c'était vers la fin de décembre 1841, mon père devait aller à son travail le lendemain; avant son départ il prit trois ou quatre de ses chemises et me les remit en me disant de bien voir, moi, s'il n'y manquait pas quelques boutons, ou si l'une d'elles n'avait pas besoin d'être raccommodée, et de les arranger moi-même, parce que ma mère devant aller se divertir ne pouvait pas s'occuper de la lingerie ni de sa famille, et qu'à son retour, je les lui donnerais. En premier lieu, je fus très contente d'avoir à faire ce travail, puis dans mon examen je me rappelais que ma mère m'avait défendu de toucher les choses de mon père. Que faire? Selon moi, il m'était presque impossible de sortir de cette critique situation sans offenser mon doux et amoureux Sauveur par ma désobéissance à l'un ou à l'autre de mes parents. Ma peine fut grande; il fallait me résoudre; mon père était parti; je pris une chemise, je la portai à ma mère et la priai de me permettre d'arranger la chemise que m'avait donnée mon père. Je n'avais pas achevé que ma mère (qui, d'ailleurs, avait vu mon père me donner ses chemises et l'avait entendu me faire ses recommandations) très mécontente et presque furieuse m'arracha la chemise des mains, le fil et les boutons, et me reprocha de vouloir usurper son autorité, d'être le démon de la division et de la guerre dans sa famille et ajouta qu'elle me corrigerait, qu'elle ne se fatiguerait pas de me corriger jusqu'à ce que je change et lui devienne obéissante en tout; que je lui avais désobéi, puisqu'elle m'avait défendu de toucher à aucune chose de la maison et que j'avais eu l'audace de prendre les chemises de son mari et de les poser sur mon lit; que pour me corriger et me rendre docile à ses ordres elle m'enlevait l'usage de mon lit, etc., etc. Pauvre chère mère, combien je l'ai fait souffrir, tandis que je lui désirais toutes les consolations, tous les biens possibles! 109
Alle meine Bosheiten, alle meine Fehler beraubten mich nicht dieser glühenden Neigung, mein Höchstes Gut, meinen Schöpfer und Erlöser, den Einzigen und der Liebe Würdigen zu lieben; ja, ich wollte diesen ehrwürdigen und ganz vollkommenen GOTT, den Heiligen der Heiligen lieben, der aus Liebe zu uns als kleines Kind geboren werden und die Verachtung seiner Geschöpfe erleiden wollte! 0, Geheimnis der Liebe! ... Ich liebe ihn, weil ich fühlte, daß ich ihn liebte, ich fühlte, daß er mich anzog, daß er mich ganz für SICH wollte, aber ganz entblößt, beraubt, verlassen, ausgerüstet mit dem lebendigsten Glauben; daß er wollte, daß meine Seele mit ihren drei höheren Kräften in Vereinigung die Gefühle der Seele des GOTT-Menschen annehme, die alle ausgerichtet sind auf die größere Verherrlichung des Ewigen Vaters. Was konnte ich tun, ich, so unwissend und voller Fehler? Um den göttlichen Gnaden zu entsprechen, suchte ich im Maße meines Wissens und mit der ganzen Glut meiner Seele alle Arten von Leiden; indes die Leiden, die ich mit der größten Liebe empfing, waren jene, die mir mein GOTT direkt oder vermittels seiner Geschöpfe oder Ereignisse sandte. In den kleinen Dingen, die ich machte, kam mir manchmal die Furcht, nicht nach dem Geschmacke meines Geliebten JESUS zu handeln; aber ich hielt mich deshalb dabei nicht auf. Toutes mes méchancetés, toutes mes fautes ne m'ôtaient pas cette ardente tendance à aimer mon Souverain Bien, mon Créateur et Sauveur, l'unique et digne d'être aimé; oui, je voulais aimer ce DIEU glorieux et très parfait, le Saint des Saints qui par amour pour nous a voulu naître petit et souffrir le mépris de ses créatures! Oh! mystère d'amour!... Je l'aimais parce que je sentais que je l'aimais, je sentais qu'il m'attirait, qu'il me voulait toute à Lui, mais toute dénuée, dépouillée, abandonnée, uniformée avec la plus vive foi; qu'il voulait que mon âme avec ses trois puissances supérieures prît en unité les sentiments de l'âme de l'Homme-DIEU qui sont tous dirigés à la plus grande glorification du Père Eternel. Que pouvais-je faire, moi si ignorante et pleine de défauts? Pour correspondre aux divines grâces, je cherchais dans la mesure de mon savoir et avec toute l'ardeur de mon âme toutes espèces de souffrances, cependant les souffrances que j'agréais avec le plus d'amour étaient celles que mon DIEU m'envoyait directement ou par l'entremise de ses créatures ou des événements. Dans les petites choses que je faisais, la crainte me venait parfois de ne pas agir selon le goût de mon Amant JÉSUS, mais je ne m'arrêtais pas pour cela. 110
Es scheint mir, daß es gegen das Ende des Januar 1842 war; ich hörte in der Familie von der bevorstehenden Rückkehr meines Vaters sprechen. Am letzten Samstag des Monats sagte mir meine Mutter, ich solle mich in meinem Bett schlafen legen, damit mein Vater nicht erschrecke, wenn er es merkt, daß ein Hund unter seinem Bett schläft. Glücklicherweise dauerte dieser Bettwechsel nur einige Nächte. Mein Vater kam nicht. Am folgenden Donnerstag sandte er jemanden, uns zu sagen, daß er erst gegen den 15. Februar kommen werde, weil er dann definitiv seine Arbeit fertiggestellt habe in dieser Gegend. So kehrte ich also auf Befehl meiner Mutter zu meinem Platz unter dem Bett zurück. Ich fühlte mich sehr wohl und war sehr zufrieden, weil ich überzeugt war, daß so die unerschaffene Weisheit für mich es wollte, die alle Dinge bestimmt. Wie ist es traurig, daß ich all die Jahre meiner ersten Jugend verloren habe ohne zu beten, während ich dafür so gut Zeit gehabt habe! Ach! Ich betete nicht zu meinem GOTT, meinem göttlichen Meister, dem GOTT der Tugenden! Il me semble que c'était vers la fin de janvier 1842; j'entendais parler en famille du prochain retour de mon père. Le dernier samedi du mois, ma mère me dit de me coucher dans mon lit afin que mon père ne s'effraie pas s'il s'apercevait qu'un chien couche sous son lit. Heureusement ce changement de lit ne fut que pour quelques nuits. Mon père ne vint pas. Le jeudi suivant il envoya dire qu'il ne viendrait que vers le 15 février, parce qu'alors il aurait définitivement terminé son ouvrage dans ce pays. Alors par l'ordre de ma mère je retournai prendre ma place sous le lit. J'étais bien aise et bien contente, parce que j'étais persuadée qu'ainsi le voulait pour moi la Sagesse incréée qui règle toutes choses. Qu'il est triste que j'aie perdu toutes les années de ma première jeunesse sans prier, tandis que j'en avais si bien le temps! Eh! je ne priais pas mon DIEU, mon divin Maître, le DIEU des vertus! 111
Während man von neuem meinen Vater erwartete, kam meine Herrin an, um mich zu sich zu führen für dieses Jahr 1842. Es ist leicht zu verstehen, daß meine liebe Mutter mich mit Vergnügen gab, um den Frieden zu haben für ein fahr. Ich reiste also ab; die Berge waren mit 'Schnee bedeckt; ich konnte nicht einmal mit den Schafen ins Freie; man beschäftigte mich ein wenig im Hause und in den Stallungen. Pendant que de nouveau on attendait mon père, arriva ma maîtresse pour me conduire chez elle pour cette année 1842. Il est facile de comprendre que ma chère mère me donna avec plaisir pour avoir la paix pendant un an. Je partis donc; les montagnes étaient couvertes de neige, je ne pouvais pas même sortir avec les brebis, on m'occupait un peu dans la maison et dans les écuries. 112
Nach zwei oder drei Wochen sandte mich meine Herrin fast alle Tage, das Mittagessen einem Manne zu bringen, der in einem Steinbruch arbeitete. Das erste Mal gab sie mir die Weisung, nicht bis zum Steinbruch hinauf zu gehen, weil dieser Mann mich kenne; er würde zu mir kommen und den Brotkorb nehmen; und sie fügte hinzu: "Wenn jemand dich frägt: wer schickt diesem Manne das Mittagessen?, wirst du antworten, daß du es nicht wissest." Und ich, sofort, ohne Überlegung wie immer, antwortete: "Daß dies nie vorkomme, meine gute Meisterin, daß meine Zunge ein Wort ausspreche, dem großen GOTT der Wahrheit entgegen, und daß ich durch eine Lüge den Tabernakel des Heiligen Geistes entweihe; eher sterben!" Meine Herrin sagte zu mir: "Meine Kleine, du weißt nicht, daß wenn du im Frieden mit den Leuten leben willst, du notwendigerweise bei tausend Gelegenheiten lügen mußt, und daß die kleinen Lügen keine Sünde sind, und daß du gezwungen bist, den Leuten die Belange des Hauses deiner Herrinnen zu verbergen. Du siehst, daß ich die Religion viel besser als du kenne. Trag diesen Brotkorb und komm schnell zurück." Ich ging weg und erklomm den Berg, den ich nicht kannte. Von Zeit zu Zeit begegnete ich Personen, ich fragte sie, wo ich durchgehen müsse, um zum Steinbruch zu gelangen, und nach etwa einer Stunde Aufstieg kam ich gegenüber dem Steinbruch an, und dort hielt ich an. Nach einigen Minuten sah ich einen Mann, der zu mir kam: es war MAURICE! ... Entsetzt, die Augen zum Himmel gerichtet, rief ich aus: "Mama, Unbefleckte Mama, ganz schöne, ganz reine, rette mich! Ganz, ganz, bin ich Dein Besitz. JESUS, mein JESUS, mach, daß ich dich liebe, und ich werde dich lieben; mach, daß ich in dir bin, und ich werde in dir sein; rette mich, und ich werde gerettet sein, etc., etc., und ich bitte dich bei den Verdiensten deines kostbaren Blutes, Maurice zu bekehren, seine Seele zu retten." Maurice, bei mir angelangt, hob ehrfurchtsvoll seinen Hut, indem er tief sich verneigte, nahm den Brotkorb, bedankte sich und ging zurück. Gegen Abend kam Maurice zu meiner Herrin, und ungefähr eine halbe Stunde nachher wurde ich gerufen von meiner Herrin. Die Familie war versammelt. Meine Herrin fragte mich, welches diese Dame gewesen sei, die bei mir war, als Maurice gekommen war, um den Korb zu holen und an welchem Orte sie sich mir angeschlossen habe, ob ich ihr gesagt habe, wer mich das Mittagsmahl zu bringen geschickt habe, etc. Ich antwortete frei, daß ich allein war und daß ich allein mit meinem GOTT zurückgekehrt sei, und daß ich auf keinerlei Weise meine Herrinnen verraten habe. Après deux ou trois semaines, ma maîtresse m'envoyait presque tous les jours porter le dîner à un homme qui travaillait dans une carrière de pierres. La première fois, elle m'avertit de ne pas monter jusqu'à la carrière, parce que cet homme me connaissant, il viendrait à moi prendre le panier; et elle ajouta: «Si quelqu'un vous demande: qui est-ce qui envoie le dîner à cet homme? vous répondrez que vous ne le savez pas.» Et moi, aussitôt, sans réflexion comme toujours, de répondre: «Que cela ne soit jamais, ma bonne maîtresse, que ma langue prononce une parole contraire au grand DIEU de vérité, et que par un mensonge je profane le tabernacle de l'Esprit-Saint; plutôt mourir!» Ma maîtresse me dit: «Ma petite, vous ne savez pas que si vous voulez vivre en paix avec les gens, vous devez forcément mentir en mille circonstances, et que les petits mensonges ne sont pas péché, et que vous êtes obligée de cacher aux gens les affaires de la maison de votre maîtresse. Vous voyez que je connais la religion beaucoup mieux que vous. Portez ce panier et revenez vite.» Je partis et gravis la montagne, que je ne connaissais pas. De temps en temps, je rencontrais des personnes; je leur demandais où je devais passer pour aller à la carrière, et après environ une heure de montée j'arrivai en face de la carrière et là je m'arrêtai. Après quelques minutes, je vis un homme qui venait à moi: c'était MAURICE!... Terrifiée, les yeux au ciel, je m'écriai: «Maman, Maman Immaculée, toute belle, toute pure, sauvez-moi ! Toute, toute, je suis votre propriété. JÉSUS, mon JÉSUS, faites que je vous aime et je vous aimerai; faites que je sois en vous et je serai en vous; sauvez-moi et je serai sauvée, etc., etc., et je vous prie par les mérites de votre très précieux sang de convertir Maurice, de sauver son âme.» Maurice, arrivé près de moi, leva respectueusement son chapeau en saluant profondément, prit le panier, remercia et s'en retourna. Vers le soir, Maurice vint chez ma maîtresse, et environ une demi-heure après je fus appelée par ma maîtresse. La famille était réunie. Ma maîtresse me demanda quelle était cette Dame qui était avec moi quand Maurice était venu prendre le panier et à quel endroit elle s'était jointe à moi, si je lui avais dit qui m'envoyait porter le dîner, etc. Je répondis franchement que j'étais seule et que seule avec mon DIEU j'étais revenue, et que je n'avais en aucune manière trahi mes maîtresses. 113
Bis gegen Ende März (als ich begann, meine Schafe auf die Weide zu führen) trug ich das Mittagessen zu Maurice, und immer sagte ich ihm einige Worte, ohne daß ich die Kenntnis über die Bedeutung dessen gehabt hätte, was ich ihm sagte, ganz wie die Papageien, die wiederholen, ohne zu wissen, was sie sagen. Manchmal vergoß Maurice Tränen. Ich war darob menschlich bekümmert, weil ich dachte, daß es vielleicht ich sei, durch meine Worte, die der Grund seines Schmerzes ist; aber eines Tages sagte er zu mir, daß er sich ändern wolle, das Leben wechseln, und daß er das Mädchen meiner Herrin heiraten werde, etc., und er tat, wie er gesagt hatte. Jusque vers la fin de mars (où je commençais à faire paître les brebis) je portais le dîner à Maurice et toujours je lui disais quelques paroles, sans que j'eusse la connaissance, la signification de ce que je lui disais, tout comme les perroquets qui répètent sans savoir ce qu'ils disent. Quelquefois Maurice versait des larmes. J'en étais humainement affligée, parce que je pensais que c'était peut-être moi, par mes paroles, qui étais cause de sa peine; mais un jour il me dit qu'il voulait se réformer, changer de vie, et qu'il épouserait la fille de ma maîtresse, etc., et il fi comme il avait dit. 114
Sobald die Tiere Nahrung finden konnten, führte ich sie auf die Felder oder auf die Berge, glücklich, allein zu sein, weit weg von den Augen der vernünftigen Geschöpfe; aber manchmal, besonders wenn der Schnee noch die Gipfel der Berge bedeckte, suchten die Wölfe, die Füchse, die Hasen etwas zum Fressen; dann ver-teilte ich ihnen mein Brot, und diese Tiere waren zufrieden; dann sprach ich ihnen vom lieben Gott ... s que les animaux purent trouver du pâturage, je les conduisis dans les champs ou sur la montagne, heureuse de me trouver seule, loin des yeux des créatures raisonnables; mais, quelquefois, particulièrement quand la neige couvrait encore les cimes des montagnes, les loups, les renards, les lièvres cherchaient à manger. Alors je leur distribuais mon pain et ces bêtes étaient contentes, puis je leur parlais du bon DIEU... 115
Hochwürden, es ist mir schwer, mich an das zu erinnern, was ich diesen Tieren sagte. Ich weiß, daß sie mich mehrere Male durch ihren Gehorsam mir gegenüber beschämten, mich, den Erdenwurm, von dem sie nichts erwarteten. Ich erzählte diesen Tieren ihre Erschaffung durch das allmächtige Wort unseres ewigen Gottes, wie es mich mein guter Bruder gelehrt hatte, und ich lud sie ein, überall ihre Nahrung zu suchen, ohne den Menschen Schaden zuzufügen, ihren Herren und Königen, weil sie geschaffen sind gemäß dem Bilde Gottes durch die Kräfte ihrer Seelen und weil sie auch noch die Abbilder Jesu Christi sind durch ihren Leib usw. usf. Zuerst kam alle Tage ein Wolf, und ich lehrte ihn, was ich konnte; indes das gefiel mir nicht sehr, weil er nicht wie der Mensch mit einer bewußten und selbstlosen Liebe lieben konnte. Er leistete mir Dienste in dem Sinne, daß ich manchmal große Schreie ausstoßen wollte, um alle Menschen der Erde einzuladen, unseren göttlichen Retter JESUS zu loben, zu lieben und zu verherrlichen, der uns unendlich geliebt hat, indem er sein Leben dahingab, um uns zu retten.... Ich sage, daß er uns unendlich geliebt hat, weil seine Gottheit den Leiden und dem Sterben seiner heiligen Menschheit einen unendlichen Verdienst verliehen hat. Mon très Révérend et très cher Père, il m'est difficile de me rappeler ce que je disais à ces bêtes. Je sais qu'elles m'ont fait honte plusieurs fois par leur obéissance à moi, ver de terre, de qui elles n'attendaient rien. Je racontais à ces animaux leur création par la parole toute-puissante de notre DIEU éternel, comme me l'avait enseignée mon bon Frère, et je les engageais à chercher partout leur nourriture, sans causer de préjudice aux hommes, leurs maîtres et leurs rois parce qu'ils sont créés à l'image de Dieu par les puissances de leurs âmes, et sont encore les images de JÉSUS-CHRIST par leurs corps, etc., etc. En premier lieu, un loup venait tous les jours, et je lui enseignais ce que je pouvais; cependant cela ne me plaisait pas beaucoup, parce qu'il ne pouvait, comme l'homme, aimer d'un amour de connaissance et désintéressé. Il me rendait service en ce sens que parfois j'aurais voulu pousser de hauts cris pour inviter tous les hommes de la terre à louer, aimer et glorifier notre divin Sauveur JÉSUS qui nous a infiniment aimés en donnant sa vie pour nous sauver. Je dis qu'il nous a aimés infiniment, parce que sa divinité a donné un mérite infini aux souffrances et à la mort de son humanité sainte. 116
Bald nahm die Zahl der Wölfe, der Füchse, der Hasen zu; drei kleine Gemsböcklein, ein Schwarm von Vögeln kamen alle Tage, und dann, in Ermangelung von Menschen, zu denen ich vom lieben Gott hätte sprechen können, predigte die "Wölfin", und dann sang man das Lied "Kostet, eifrige Seelen..." (Goutez, âmes ferventes ...). Alle gaben Zeichen großer Aufmerksamkeit und senkten den Kopf bei den allerheiligsten Namen JESUS und MARIA. Bientôt augmenta le nombre des loups, des renards, des lièvres, trois petits chamois, une nuée d'oiseaux venaient tous les jours, et alors, faute d'hommes à qui parler du bon DIEU, la Louve leur prêchait, puis on chantait le cantique: Goûtez, âmes ferventes. Tous donnaient signe de grande attention et inclinaient la tête aux très saints Noms de JÉSUS et de MARIE. 117
Die Wölfe kamen miteinander zur festgelegten Stunde; die Füchse kamen miteinander sowie die Hasen, die Gemsbökke und die Vögel. (Eine Schlange kam auch, wurde aber fortgeschickt.) Einmal angekommen, nahm ein jedes dieser Tiere den Platz ein, der ihm zugewiesen wurde, und horchte hin. Dann, sobald sie den Schluß hörten, der ungefähr folgender war: Sit nomen Domini benedictum!, taten sie wie die Wilden; vor allem die Füchse trieben Schabernack mit ihren Mitbrüdern, den Wölfen; sie bissen sie in die Ohren, in den Schwanz; sie schlugen mit ihren Tatzen die Hasen und machten, daß sie sich wälzten; sie zogen die kleinen Gemsböcklein rückwärts an ihren kleinen Schwänzchen usf. Sobald ich ihnen sagte, sie sollen sich zurückziehen, zogen sie davon...." O, wie sehr war ich undanbkar gegen meinen geliebten JESUS! Ich erholte mich mit den Tieren, und ich ließ mein Gut, unterließ es, mich mit meinem All zu unterhalten. Ach! Wie viele Male in meiner Gewissenserforschung habe ich mich gefragt, ob ich darin nicht meinen Willen dem anbetungswürdigen Willen meines sehr liebenden und geliebten JESUS vorgezogen habe. Gemäß der menschlichen Vernunft, ja, schien es mir, daß ich gute Absicht hatte, aber diese menschliche gute Absicht verherrlicht GOTT den Übermenschlichen nicht, und ihr Lohn wird auch menschlich sein. Ohne Zweifel dachte ich an meinen GOTT, den Schöpfer aller Dinge; in einem Wort, ich leerte die Überfülle meines Herzens den Tieren, von denen ich wußte, daß sie mich nicht verraten würden, und ich wollte sie teilnehmen lassen an meiner Liebe, etc. etc. Ja, aber wo ist die Frucht meiner Predigten? Nichts, meine gute Absicht war künstliches Werk!... Les loups venaient ordinairement ensemble à l'heure fixée, les renards venaient ensemble ainsi que les lièvres, les chamois et les oiseaux. (Un serpent vint aussi, mais fut renvoyé.) Une fois arrivés, chacun de ces animaux prenait la place qui lui avait été assignée et écoutait. Puis dès qu'ils entendaient la fin qui était à peu près celle-ci: Sit nomen Domini benedictum! ils faisaient les fous; surtout les renards faisaient des espiègleries à leurs confrères loups: ils les mordaient à l'oreille, à la queue; ils donnaient des tapes avec leur patte aux lièvres et les faisaient rouler; ils tiraient en arrière les petits chamois par leur petite queue, etc. Dès que je leur disais de se retirer, tous partaient etc. O! combien j'ai été ingrate envers mon amant JÉSUS! Je me récréais avec des animaux, et je laissais mon Bien de m'entretenir avec mon Tout. Eh! que de fois dans mon examen, je me suis demandé si en cela je n'avais pas préféré ma volonté à l'adorable volonté de mon très amoureux cher JÉSUS. Selon la raison humaine, oui, il me semblait que j'avais bonne intention, mais cette bonne intention humaine ne glorifie pas DIEU surhumain et sa récompense sera humaine aussi. Sans doute que je pensais à mon DIEU, créateur de toutes choses, en un mot je vidais le trop-plein de mon coeur avec les animaux que je savais ne pas devoir me trahir et je voulais les faire participer de mon amour, etc., etc. Oui, mais où est le fruit de mes prédications? Rien, ma bonne intention a été une oeuvre artificielle!... 118
Manchmal stieg in mir ein glühender Wunsch auf, meinen geliebten JESUS fest zu lieben, ihm ein für alle Male meinen Willen, meine Freiheit zu wollen, zu denken, zu urteilen, zu fühlen zu geben und absolut von Ihm abzuhangen, indem ich mich in allem nach seinem Wohlgefallen richte, damit es, wenn ich so von allem losgeschält bin, kein Hindernis zu meiner innigen Vereinigung mit meinem liebsten JESUS mehr gäbe, daß er mich leite, mich nach seinem Gutdünken bewege, indem ich absolut darauf verzichte, allein zu leben, zu handeln, zu denken, zu arbeiten, zu sehen und zu hören, alle meine Sinne sollten eins sein mit den Sinnen der heiligen Menschheit meines Erlösers. Währenddem ich so tat, sah ich aus der Mitte des großen Lichtes der ewigen Gegenwart des Allerhöchsten JESUS erscheinen, der seiner Brust die weiße Taube entnahm, ihr in die Augen blies und sie in ihr Nest zurücklegte. Ich sagte zu ihm: „Mein liebevoller Bruder, was hast du getan?" -„Du wirst sogleich sehen mit meinen Augen", antwortete er mir, und er verschwand. Ich konnte hierauf nur mich vertiefen in meine Nichtigkeit, in mein Nichts; ich wünschte mit Glut zu bewirken, daß JESUS von allen Herzen geliebt werde und den Wohltaten und Barmherzigkeiten meines süßen Heilandes gut zu entsprechen. Wie immer nahm ich Zuflucht zu Leiden; ich wollte mir gegenüber nicht barmherzig sein; ich wollte meinen Geist besser reinigen, als ich es bisher getan hatte; ich wollte ihm seine Seitensprünge außerhalb des Wohlgefallens GOTTES teuer bezahlen machen. Quelquefois il me venait un très ardent désir d'aimer fortement mon aimé JÉSUS, de lui donner d'un seul coup ma volonté, ma liberté de vouloir, de penser, de juger, de sentir et de dépendre absolument de Lui en m'uniformant en tout à son bon plaisir, pour qu'ainsi dépouillée de tout il n'y eut plus d'obstacle à mon étroite union avec mon amant JÉSUS ; qu'il me dirige, me meuve à son gré, renonçant absolument à vivre, à agir, à penser, à opérer, à voir et entendre seule, tous mes sens devaient être un avec les sens de l'humanité sacrée de mon Rédempteur. Tandis que je faisais ainsi, je vis comparaître, du milieu de la grande lumière de l'éternelle présence du Très-Haut, JÉSUS qui tira de sa poitrine la blanche colombe, lui souffla dans les yeux et la remit dans son nid. Je lui dis : «Mon Frère amoureux, qu'avez-vous fait?» -- «A présent vous verrez avec mes yeux», me répondit-il et il disparut. Je ne pus après cela que m'approfondir dans ma nullité, dans mon néant; je désirais avec ardeur de procurer que JÉSUS soit aimé de tous les coeurs et de bien correspondre aux bienfaits et miséricordes de mon doux Sauveur. Comme toujours j'avais recours a des souffrances, je ne voulais pas me faire miséricorde, je voulais purger mon esprit mieux que je nel'avais fait jusque-là; je voulais lui faire payer cher ses escapades hors du bon plaisir de DIEU. 119
Seit einiger Zeit sprach man von der bevorstehenden Hochzeit der Tochter meiner Herrin mit Maurice. So geschah es eines Tages, daß meine Herrin mich beschuldigte, ihr eine große Summe Geld gestohlen zu haben und mir drohte, mich ins Gefängnis sperren zu lassen, wenn ich ihr nicht die ganze Summe zurückgäbe. Ich antwortete nichts, da ich nicht gefragt wurde. In meinem Herzen freute ich mich, weil ich wußte, ihr Geld nicht berührt zu haben und daß ich im übrigen nicht wußte, wo sie es aufbewahrte. Indes, meine gute Meisterin beharrte darauf: „Entschließe dich, sagte sie zu mir, gib mir diese Summe zurück, wenn du nicht ins Gefängnis gehen willst. Du gibst dich als eine Heilige, aber ich glaube dir nicht mehr, und deine Wunder sind wie du. Wenn du Maurice durch deine Wahrsagerei betört hast, mich wirst du nicht betören..." Innerlich sagte ich meinem Herrn JESUS Dank ob der großen Gunst, endlich ungerechterweise des Diebstahls gegenüber meiner Herrin angeklagt zu werden, nachdem ich so viele Male dem Allerhöchsten die Zeit gestohlen hatte, die er mir gegeben, ihn zu loben, zu verherrlichen und um die Fehler des Nächsten und der Meinen wiedergutzumachen, zu sühnen. Depuis quelque temps on parlait du prochain mariage de la fille de ma maîtresse avec Maurice. Voilà qu'un jour ma maîtresse m'accusa de lui avoir volé une grosse somme d'argent et me menaça de me faire enfermer dans les prisons si je ne lui restituais pas la somme entière. Je ne répondis rien puisque je n'étais pas interrogée. Dans mon coeur je me réjouissais parce que je savais n'avoir pas touché son argent et que d'ailleurs j'ignorais où elle le conservait. Cependant ma bonne maîtresse insistait: «Résolvez-vous, me disait-elle, rendez-moi cette somme si vous ne voulez aller en prison. Vous faites la sainte, mais je ne vous crois plus, et vos miracles sont comme vous. Si vous avez enchanté Maurice par votre divination vous ne m'enchanterez pas...» Intérieurement je rendais grâce à mon Seigneur JÉSUS de la grande faveur d'être enfin injustement accusée de vol envers ma maîtresse, puisque tant de fois j'avais volé au Très-Haut le temps qu'il m'avait donné pour le louer, glorifier, et pour réparer, expier les fautes du prochain et les miennes. 120
Eines Tages ließ sie mich ins Haus kommen; alle Verwandten und Freunde waren daselbst versammelt. In Gegenwart aller dieser Leute machte sie mir viele Vorwürfe, indem sie sagte, daß ich betrüge, daß ich ihr Geld habe, daß dieser Betrag für die Auslagen der Hochzeit hätte dienen müssen und daß ich die Ursache davon wäre, daß diese Heirat nicht stattfinden könne. Als sie dies hörte, wurde die Tochter rasend und sagte mir, daß wenn sie warten müsse auf ihre Verheiratung, ich GOTT Rechenschaft ablegen werden müsse für all das Schlimme, das daraus entstehen würde; dann regnete es Beschimpfungen aller Art. Maurice, der bisher Stillschweigen gehalten hatte, nahm das Wort und sagte ungefähr dies: „Ich bitte euch alle, mit Mäßigkeit der Schwester gegenüber zu sprechen: ich habe während einigen Monaten mit ihrem Vater gearbeitet, der ein sehr ehrlicher und beliebter Mann ist bei jenen allen, die ihn kennen; wenn der die Worte erführe, die ihr soeben ausgesprochen habt gegenüber seiner Tochter, würde er gewiß sofort kommen und sie mitnehmen. Um euch die Wahrheit zu sagen: ich glaube nicht, daß es die Schwester ist, die euch euer Geld genommen hat, und ich werde es nie glauben." Meine Herrin und andere erwiderten: „Und wer denn hat es genommen? So bist es also du, Maurice, der der Dieb ist? Im übrigen ist diese Kleine die einzige Fremde, die hier eintritt." Maurice antwortete: „Aber seht doch, die Schwester lügt nicht. Hast du in diesem Hause Geld genommen oder gefunden?" (Stille) „Antworte, Schwester, antworte!" Ich erwiderte ungefähr so: „Vor GOTT erkläre ich, das Geld oder eine andere Sache meiner Herrin weder gesehen noch genommen zu haben. Sie braucht sich der Worte wegen, die sie mir sagte, nicht zu betrüben, weil, wenn ich aus reiner Gnade GOTTES den Fehler nicht begangen habe, ihr Geld zu stehlen, ich doch in vielen anderen Dingen das liebevolle Herz JESU CHRISTI betrübt habe, und dafür ist es, daß er mich als liebevoller Vater durch die Drangsale bestraft, die ich durch seine Gnade mit Dankbarkeit wie kostbare Gaben angenommen und umarmt habe. Was das Eingeschlossenwerden in ein Gefängnis betrifft, so habe ich es immer gewünscht und ihr würdet mir ein großes Geschenk damit machen. O! wäre ich doch würdig, wenn auch weit entfernt, meinen göttlichen Heiland nachzuahmen und ihn überall auf dem Wege seines Leidens zu begleiten, und seine Liebe und die Vergebung meiner Sünden zu erlangen ..." - „Ah! rief die Tochter der Meisterin aus, du machst die Dinge leicht, wenn du glaubst, daß GOTT ohne die Zurückgabe deines Diebstahles dir vergeben wird! Gibt es vielleicht eine für dich gemachte Religion? Du bist im Irrtum, meine Liebe, wie Irrtum auch sind deine Wunder..." Eine der Personen fragte, ob das Gerücht, welches in den Dörfern bezüglich verschiedener Wunder geht, wirklich fundiert sei. „Keineswegs, antwortete meine Herrin (und sie hatte recht), alles war ein Rauch; in zwei Worten erkläre ich Ihnen, wie sich die Sache zugetragen hat: Meine Tochter saß beim Feuer, direkt davor mit ihrem Kind auf ihren Knien, als sie plötzlich großen Lärm im Stalle der Kälber hörte. Meine Tochter erhebt sich sogleich, setzt ihr Kind an ihren Platz auf den Stuhl vor dem Feuer und läuft zum Stall. Das Kind, zu jung, um sich ohne Unterstützung sitzend halten zu können, fiel in die Flammen und stieß Schreie aus, die von meiner Tochter gehört wurden, welche in aller Eile herbeilief, das Kind ganz brennnend aufhob, und, da sie es verbrannt glaubte, entstellt, rief sie um Hilfe. Die Schwester hörte es und kam sogleich und sagte: „Es ist nichts, haben Sie keine Angst." Indem sie dies sagte, nahm sie das Kind und, was weiß ich, legte ihm die Hand auf das Gesicht, wie wenn sie das Kreuzzeichen machte; man weiß nicht richtig, was sie gemacht hat. Meine Tochter hatte das Bewußtsein verloren und erinnert sich nicht recht, aber Tatsache ist, daß, als ich ankam, das Kind absolut wohlauf war und ohne Spur von Verbrennungen, weil es keine Zeit gehabt hatte, sich ein Übel zuzuziehen. Das ist die Erklärung des angeblichen Wunders." Un jour elle me fit venir dans la maison; tous les parents et amis s'y étaient réunis. En présence de tout ce monde elle me fit beaucoup de reproches, disant que je trompais, que j'avais son argent, que cette somme devait servir pour les dépenses du mariage et que je serais cause que ce mariage ne pourrait avoir lieu. Entendant cela, la fille se rendit furieuse et me dit que si elle tardait à se marier, je rendrais compte à DIEU de tout le mal qui en résulterait; puis des injures de toutes sortes pleuvaient. Maurice, qui jusque-là avait gardé le silence, prit la parole et dit à peu près ceci: «Je vous prie tous de parler avec modération à la soeur: j'ai travaillé pendant quelques mois avec son père, homme très honnête et aimé de tous ceux qui le connaissent; s'il venait à savoir les paroles que vous venez de dire à sa fille, certainement qu'il viendrait de suite vous la prendre. A vous dire la vérité je ne crois pas que ce soit la soeur qui vous ait pris votre argent et je ne le croirai jamais.» Ma maîtresse et d'autres répliquèrent: «Et qui donc l'a pris? C'est donc vous, Maurice, qui êtes le voleur? D'ailleurs cette petite est la seule étrangère qui entre ici.» Maurice reprit: «Mais voyons, la soeur ne ment pas. Avez-vous pris ou trouvé de l'argent dans cette maison?» (Silence.) «Répondez, soeur, répondez!» Je répondis à peu près ainsi: «Devant DIEU, je déclare n'avoir vu ni pris l'argent ou autre chose à ma maîtresse. Elle n'a pas à s'affliger des paroles qu'elle m'a dites, parce que si, par pure grâce de DIEU, je n'ai pas commis la faute de voler son argent, en beaucoup d'autres choses j'ai attristé le coeur aimant de JÉSUS-CHRIST et c'est pour cela que, en Père amoureux, il me punit par les tribulations que par sa grâce j'ai acceptées et embrassées avec gratitude comme des dons précieux. Quant à être enfermée dans une prison, je l'ai toujours désiré et vous me ferez un vrai régal. Oh! puissé-je être digne, quoique de bien loin, d'imiter mon divin Sauveur et l'accompagner partout dans la voie de sa Passion pour obtenir son amour et le pardon de mes péchés...» -- «Ah! s'exclama la fille de ma maîtresse, vous faites les choses faciles si vous croyez que sans la restitution de votre vol DIEU vous pardonnera! Il y a peut-être une religion faite pour vous? Vous êtes dans l'erreur, ma chère, comme erreur sont vos miracles...» Une des personnes demanda si vraiment le bruit répandu dans les villages à propos de divers miracles était fondé. «Rien du tout, répondit ma maîtresse (et elle avait raison), tout a été une fumée; en deux paroles je vous explique comment la chose s'est passée. Ma fille était assise près du feu, en face avec son enfant sur ses genoux, quand tout à coup elle entendit grand bruit dans l'étable des veaux. Ma fille se lève aussitôt, assied son enfant à sa place, sur la chaise devant le feu et court à l'étable. L'enfant trop jeune pour se tenir assis sans appui tomba dans les flammes et poussa des cris qui furent entendus par ma fille qui accourut en toute hâte, releva l'enfant tout en feu; et le croyant brûlé, défiguré, elle appela au secours. La soeur l'entendit et vint et aussitôt elle dit: «Ce n'est rien, n'ayez pas peur.» Ce disant elle prit l'enfant et, que sais-je ? elle lui mit la main sur la figure comme si elle faisait le signe de la croix; on ne sait pas bien ce qu'elle faisait. Ma fille avait perdu connaissance et ne se rappelle pas bien; mais le fait est que quand j'arrivai l'enfant était parfaitement bien et sans trace de brûlures, parce qu'il n'avait pas eu le temps de se faire du mal. Voilà le prétendu miracle expliqué. 121
„Ein anderes Mal hatten wir gemäß unserer Gewohnheit das Brot im Dorfe du Serre gemacht; aber gegen Mittag, da wir befürchteten, nicht genügend altes Brot zu haben, schickte ich die Kleine ins Dorf, um ein Brot zu nehmen, wenn es gebacken wurde und die Schwester draußen wartete, war ein Mädchen auf einen Baum geklettert, um eine Birne zu nehmen. Dieses Mädchen war der Fallsucht unterworfen, eine Krise befiel sie, sie fiel wie Blei und blieb bewegungslos. Die ganze Bevölkerung des Dorfes lief herbei mit den Eltern des kleinen Mädchens, die weinten. Es scheint, daß sie sich beim Fallen den Fuß geborchen hatte; der Fuß hing herab, sagte man (ich habe es nicht gesehen). Die Schwester war dort, näherte sich und sagte: „Weinet nicht, es ist nichts, nehmt ihr den Strumpf ab." - „Es geht nicht", sagten die Eltern. -„Lasset mich machen, erwiderte die Schwester; ich werde ihr kein Leid antun", und sie entfernte ihren Strumpf, wischte das Blut weg, dann, als sie den Fuß frottierte, machte sie eine Art Kreuzzeichen; nachher ließ sie das kleine Mädchen aufstehen, das gehen konnte; und alle Dummköpfe begannen zu schreien: 0 Wunder! 0 Wunder! ... Ja, ein Wunder, das jedermann hätte wirken können. Das Mädchen hatte den Fuß nicht gebrochen, sondern sie hatte sich einfach den Fersen-Knochen verrenkt, und beim Reiben und Drehen haben sich die Gelenke von selber wieder ineinandergefügt, und dies genügte, um das kleine Mädchen zu heilen. Sehet da nun,wie das angebliche Wunder in Rauch aufging. Habt ihr begriffen? Das Wunder, welches ich wünschte, daß sie es vollbrächte, ist jenes, mir das Geld zurückzugeben, das sie mir gestohlen hat." „Das genügt, sagte Maurice, das genügt: lassen wir diese Dinge, befassen wir uns mit unseren Angelegenheiten, lassen wir dieses arme Kind zu seinen Beschäftigungen gehen." « Une autre fois nous avions fait le pain dans le village du Serre, selon notre coutume; mais vers le midi, craignant de n'avoir pas assez de vieux pain, j'envoyai la petite au village pour prendre un pain, s'il était cuit; or le pain était encore dans le four. Pendant qu'il finissait de cuire et que la soeur attendait dehors, une fille était montée sur un arbre pour prendre une poire. Cette fille était sujette au mal caduc, une crise lui survint, elle tomba comme un plomb et resta sans mouvement. Toute la gent du village accourut avec les parents de la jeune fille qui pleuraient. Il paraît qu'en tombant elle s'était cassé le pied; le pied pendait, disait-on (je ne l'ai pas vu). La soeur y fut, s'approcha et dit: « Ne pleurez pas, ce n'est rien, ôtez-lui son bas.» -- «On ne peut pas», dirent les parents. -- «Laissez-moi faire, répliqua la soeur, je ne lui ferai pas de mal», et elle lui ôta son bas, essuya le sang, puis tandis qu'elle lui frottait le pied, elle faisait des espèces de signes de croix; après elle fit mettre debout la jeune fille qui marcha; et tous les imbéciles se mirent à crier: O miracle! ô miracle!... Oui, un miracle que quiconque aurait pu faire. La fille n'avait pas le pied cassé mais elle s'était démis simplement l'os du talon, et en le frictionnant, en le tournant, les jointures se sont remises d'elles-mêmes, et cela suffisait pour guérir la jeune fille. Voilà donc que le prétendu miracle s'en est allé en fumée. Avez-vous compris? Le miracle que je voudrais qu'elle fasse serait celui de me rendre l'argent qu'elle m'a volé.» «Cela suffit, dit Maurice, cela suffit: laissons ces choses, occupons-nous de nos affaires, laissons aller cette pauvre enfant à ses occupations.» 122
Ewig ist die Barmherzigkeit des Allerhöchsten über mich erbärmliche Sünderin; anbetungswürdig sind die Wege des Allmächtigen! Am Abend, als ich mich mit meinen Kühen zurückzog, warf mir meine Herrin meinen Diebstahl vor, schimpfte mich Wundermacherin und nach anderen Worten, die meine Eigenliebe verletzten, schloß sie immer, indem sie mir sagte, daß ich durch meinen Diebstahl die Ursache der Aufschiebung der Heirat ihrer Tochter sei, etc. Sie fügte hinzu, daß sie, da sie nach Corps gehen müsse, meinem Vater von meiner Treulosigkeit und meinem Diebstahl sagen werde. Als ich wußte, daß mein lieber Vater diesen großen Verdruß haben sollte, war ich sehr betrübt, weil ich meinen Vater sehr liebte ... Um ihm diesen Schmerz zu ersparen, gab mir die menschliche Vernunft ein, hinzugehen und ihm selber zu sagen, daß ich fälschlicherweise beschuldigt sei, daß ich nichts, nichts gestohlen habe, und mein Vater, der wußte, daß ich nicht lüge, würde mir augenblicklich glauben! ... Ach! Tochter Adams! ... Aber, anderseits, dachte ich, daß mein Vater meiner Herrin sagen würe, daß ich unschuldig sei und daß, wenn sie darauf beharre, mich schuldig zu glauben, er kommen würde, mich mitzunehmen und mich aus ihrem Dienste wegzunehmen, daß ich auf diese Weise das Glück meiner Seele verlöre und wieder Bettlerin eines bißchens Leidens aus Liebe zu meinem lieben gekreuzigten JESUS würde. „Nun denn, sagte ich mir, lasset uns diese Angelegenheit in die Hände meines Geliebtesten legen; ich will nur seinen heiligen Willen tun." Meine Herrinnen blickten mich schief an und hörten nicht auf, mir Schimpfwörter zu sagen. Ich dachte, daß, wenn ich aus GOTTES Barmherzigkeit dessen Diebstahl nicht begangen hatte, ich kein bißchen weniger die Hölle verdient hatte durch meine zahlreichen Sünden und daß es ganz natürlich war, daß ich mit Freude und Dankbarkeit die heiligen Gaben der Beschuldigungen, der Demütigungen, die mir gereicht wurden, durch meinen göttlichen Arzt für die Heilung meiner Seele annehme. Eternelle est la miséricorde du Très-Haut sur moi misérable pécheresse; adorables sont les voies du Tout-Puissant! Le soir, lorsque je me retirais avec mes vaches, ma maîtresse me reprochait mon vol, m'appelait faiseuse de miracles et, après d'autres paroles qui blessaient mon amour-propre, terminait toujours en me disant que par mon vol, j'étais cause du retard du mariage de sa fille, etc. Elle ajouta que, devant aller à Corps, elle dirait à mon père mon infidélité et mon vol. Quand je sus que mon cher père devait avoir ce grand déplaisir, je fus fort contristée parce que j'aimais beaucoup mon père... Pour lui épargner cette peine, la raison humaine me suggérait d'aller moi-même lui dire que j'étais faussement accusée, que je n'avais rien, rien volé, et mon père qui savait que je ne mens pas me croirait aussitôt!... Ah! fille d'Adam!... Mais, d'un autre côté je pensais que mon père dirait à ma maîtresse que j'étais innocente et que si elle persistait à me croire coupable, il viendrait me prendre pour m'ôter de son service, que de cette façon je perdrais la fortune de mon âme et redeviendrais mendiante d'une bouchée de pâtir pour l'amour de mon cher JÉSUS crucifié. «Allons, me dis-je, mettons cette affaire dans les mains de mon bien-aimé; je ne veux faire que sa sainte volonté.» Mes maîtresses me regardaient de travers et ne cessaient de me dire des paroles injurieuses. Je pensais que si je n'avais pas, par miséricorde de DIEU, commis ce vol, je n'en avais pas moins mérité l'enfer par mes nombreux péchés et qu'il était bien naturel que j'acceptasse avec joie et gratitude les dons sacrés des accusations, des humiliations qui m'étaient présentés par mon divin Médecin pour la guérison de mon âme. 123
Eines Abends sagte meine Herrin vor mir zu ihrer Familie, daß sie meinem Vater nicht habe sprechen können von meinem Diebstahl, weil er nicht zulande war. Auf dies hin zeigte ich mich sehr gleichgültig; vielleicht weil ich mich in einem Meer der Betrübnis des Geistes und des Leibes befand, infolge einer erschütternden Mitteilung bezüglich der Welt, die ich eingehüllt in großes Unheil sah. Eines Tages, meine Sinne aufgehoben, hatte mein Geist die Welt gesehen in dicker Finsternis, Brände mehr oder weniger überall, und ich hörte diese Schreie wie Schreie von wilden Tieren: „Es lebe die Anarchie! Nieder mit den Pfaffen und den Fanatikern! Tötet, tötet, schießt, schlagt mit der Faust drein, reinigen wir die Erde!" Man ertränkte Leute, Greise, Frauen und Kinder, um schneller vorwärts zu können; das Blut floß, die Häuser schlossen sich, aber diese Männer, gierig nach Blut, drückten, brachen die Türen ein und mordeten alle jene, die unter ihre Hände gerieten; viele Priester, Ordensmänner und -frauen wurden getötet; es gab deren, die man in Banden schleppte, die Hände auf dem Rücken, man führte sie auf einen Platz, um sie zu erschießen. Frauen waren ebenso grausam, wenn nicht noch mehr, wie die zornigen Männer. Dieses Werk, dieses Strafgericht, das von den schlechten Christen gewollt war (wenn auch indirekt), fand statt, mehr oder weniger abscheulich, in allen Städten und in allen Dörfern, und hatte zur gleichen Stunde begonnen, auf das durch die Chefs gegebene Signal hin. Unter der Bezeichnung der Anarchie verbarg sich die höllische Sekte, die gelenkt wird durch den ersten revolutionären Aufrührer Luzifer. Die Kirchen wurden geplündert, entweiht, in Brand gesteckt. Die Truppen schlugen sich gegen die Zivilen; es hatte schlechte Priester in den Reihen der einen und andern; das Gemetzel war scheußlich, und Soldaten, angesichts des Gemetzels, das sie mit ihren Brüdern gemacht hatten, kehrten zurück und schossen auf ihre Führer. Die Gemeinschaften beteten, die Demütigen und die Armen beteten. Es sind diese letzteren, die erhört wurden, jedoch nicht bevor die Zahl der unschuldigen Opfer voll war. Diese Ernte der göttlichen Gerechtigkeit, in der eine große Zahl von Tausenden von Priestern umkam, dauerte zwei oder drei Tage. Die Männer praktischen Glaubens, obwohl in kleiner Zahl, unterstützt durch ihre Schutzengel, blieben Sieger. Un soir, ma maîtresse, devant moi, dit à sa famille qu'elle n'avait pas pu parler de mon vol à mon père parce qu'il n'était pas dans le pays. Sur cela je me montrai très indifférente; peut-être parce que je me trouvais dans une mer d'affliction d'esprit et de corps par suite d'une communication terrifiante au sujet du monde que j'avais vu enveloppé dans de grandes calamités. Un jour, mes sens suspendus, mon intelligence avait vu le monde dans d'épaisses ténèbres, des incendies un peu partout, et j'entendais ces cris comme des cris de bêtes féroces: «Vive l'anarchie! à bas la calotte et les fanatiques! tuez, tuez, fusillez, poignardez, purgeons la terre!» On noyait des gens, des vieillards, des femmes et des enfants pour aller plus vite; le sang coulait, les maisons se fermaient, mais ces hommes altérés de sang enfonçaient, brisaient les portes et massacraient tous ceux qui tombaient sous leurs mains; beaucoup de prêtres, de religieux et de religieuses étaient mis à mort: il y en avait qu'on menait en bandes attachés les mains derrière le dos, on les conduisait sur une place pour les fusiller. Des femmes étaient aussi cruelles, sinon plus, que ces hommes enragés. Cette oeuvre, ce châtiment voulus (quoique indirectement) par les mauvais chrétiens, avaient lieu, plus ou moins épouvantables, dans toutes les villes et dans tous les bourgs, et avaient commencé à la même heure, au signal donné par les chefs. Sous la dénomination de l'anarchie se cachait la secte infernale qui est dirigée par le premier révolté révolutionnaire, Lucifer. Les églises étaient pillées, profanées, incendiées. Les troupes se battaient contre les civils, il y avait des mauvais prêtres dans les rangs des uns et des autres; le carnage était épouvantable; et des soldats, à la vue du carnage qu'ils avaient fait de leurs frères se retournèrent et tirèrent sur leurs chefs. Les Communautés priaient, les humbles et les pauvres priaient. Ce sont ces derniers qui furent exaucés, mais pas avant que fût complet le nombre des innocentes victimes. Cette vendange de la justice divine, où périrent un grand nombre de milliers de prêtres, dura deux ou trois jours. Les hommes de foi pratique, quoique en petit nombre, aidés par leurs anges gardiens, furent vainqueurs. 124
Ich war erschüttert von dieser Vision. Ich liebte meinen göttlichen Meister und ich wußte, daß er mich unendlich liebte, und dennoch, es schien mir, daß er mich verlassen hatte, weit von seiner lieblichen und tröstlichen Freundschaft vestoßen hatte und daß diese Verlassenheit von meinen zahlreichen Treulosigkeiten herrührte. Es schien mir, daß ich gegenwärtig meinen teuren Liebling JESUS nicht mehr liebte; ich glaubte in der Illusion zu sein durch das Gefallen, das ich an den Leiden hatte, denn es schien mir, daß ich in den Leiden ein menschliches Gefallen fand, anstatt sie einzig zu lieben, weil mein lieber JESUS wollte, daß ich die Leiden verherrliche und ehre, die er in seiner heiligen Menschheit und in seinem (fehlendes Wort) für das Heil der Menschheit getragen hat ... J'étais terrifiée par cette vision. J'aimais mon divin Maître et je savais qu'il m'aimait infiniment, et cependant il me semblait qu'il m'avait abandonnée, rejetée loin de son aimable et confortante amitié et que cet abandon provenait de mes nombreuses infidélités. Il me semblait qu'actuellement je n'aimais plus mon cher amant JÉSUS; je croyais être dans l'illusion par la complaisance que j'avais dans les souffrances, car il me semblait que je prenais un plaisir humain dans les souffrances, au lieu de les aimer uniquement parce que mon cher JÉSUS voulait que je glorifie et honore les souffrances qu'il avait endurées dans sa sainte humanité et dans son (mot absent) pour le salut du genre humain... 125
Mein Geist war in dichter Finsternis; mein Gedächtnis hatte die Erinnerung an die Versprechen, die ich gehabt hatte und die unzählbaren Wohltaten, die ich von der unendlichen Barmherzigkeit des Allmächtigen erhalten hatte, vergessen; das Wenige an Gedächtnis, das mir verblieb, war oberflächlich, beruhigte mich nicht, durchdrang mich nicht, gab mir keinerlei nützliche Erleichterung. Mein Leib war niedergeschlagen und erfüllt von Schmerzen. In diesem Zustand versenkte ich mich immer mehr in mein Nichts, in meine ganze wahrhaftige Nichtigkeit und Unfähigkeit, ohne Gott irgend ein verdienstliches Gutes zur Verherrlichung meines lieben JESUS zu machen. Ich wünschte mit großer Sehnsucht, meinen geliebten Heiland in die Herzen aller Menschen tragen zu können, daß sie ihn liebten und nicht mehr beleidigten. Derart untröstlich, hörte ich nicht auf zu suchen, meinen liebevollen JESUS zu rufen, mein Wimmern, meine Seufzer, meine Furcht und meine Ängste zu seinen Füßen zu legen. Während diesen Tagen bitterer Trübsal, als ich vom Hüten meiner Herde zurückkehrte, sah ich, daß Maurice bei der Türe des Stalles war, und sobald ich dort eingetreten war, trat auch er ein, und ohne sich zu nähern, sagte er mir halblaut: „Schwester, verliere nicht deine Gesundheit wegen der Verleumdungen und Beschuldigungen, die man gegen dich macht: ich glaube sie nicht." Meine Herrin kam an, und wie wild sagte sie zu mir: „0, kleine Lügnerin, du vestehst dich mit Maurice, und alle beide seid ihr eines Sinnes, mich zu bestehlen! Wenn Maurice dich heiraten will anstelle meiner Tochter, so soll er es tun." Indem sie dies sagte, ging sie fort und Maurice auch. Es war mir leicht, mich darein zu schicken: ich hatte nicht viel verstanden; im übrigen war ich immer wohl überzeugt, daß ich nur Vorwürfe verdiente und daß der Allerhöchste dies alles gestattete. Mon esprit était dans d'épaisses ténèbres, ma mémoire avait perdu le souvenir des promesses que j'avais eues et des innombrables bienfaits que j'avais reçus de l'infinie miséricorde du Tout-Puissant; le peu de mémoire qui me restait était superficielle, ne me rassurait pas, ne me pénétrait pas, ne me donnait aucun soulagement profitable. Mon corps était abattu et rempli de douleurs. Dans cet état je descendais, toujours plus dans mon néant, dans ma très vraie nullité et incapacité de faire, sans DIEU, aucun bien méritoire pour la gloire de mon cher JÉSUS. Je désirais d'un grand désir pouvoir porter mon aimant Sauveur dans le coeur de tous les hommes afin qu'ils l'aiment et ne l'offensent plus. Ainsi désolée, je ne cessais pas de chercher, d'appeler mon amoureux JÉSUS, de déposer à ses pieds mes gémissements, mes soupirs, mes craintes et mes angoisses. Pendant ces jours d'amère tribulation, en revenant de garder mon troupeau, je vis que Maurice était près de la porte de l'étable; et dès que j'y fus entrée, il y entra aussi, et sans s'approcher il me dit à demi-voix: «Soeur, ne perdez pas votre santé pour les calomnies et accusations qu'on fait contre vous: je ne les crois pas.» Ma maîtresse arriva et comme furieuse, elle me dit: «Oh! petite mensongère, vous vous entendez avec Maurice, et tous les deux vous êtes d'accord pour me voler! Si Maurice veut vous épouser au lieu de ma fille, qu'il le fasse.» En disant cela, elle s'en alla et Maurice aussi. Il me fut facile de me résigner: je n'avais pas compris grand'chose; d'ailleurs j'étais toujours bien persuadée que je ne méritais que des reproches et que le Très-Haut permettait tout cela. 126
Aber wer könnte meine Furcht, meinen Schmerz beschreiben, da ich sah, daß für mich der Himmel geschlossen war als Bestrafung meiner Sünden; da ich mich wie verlassen inmitten der Finsternis, ohne Erleichterung vom Himmel noch von der Erdes sah! Im Gegenteil, wegen der Häßlichkeit meiner Undanbkarkeiten gegenüber meinem vielgeliebten JESUS war ich gehaßt, verstoßen von seinen vernünftigen Geschöpfen. Es fehlte nur noch, daß sich die Erde öffnete, um mich in die Hölle zu stürzen. Mais qui pourrait dire ma crainte, ma douleur, voyant que le ciel pour moi était fermé en punition de mes péchés; me voyant comme abandonnée au milieu des ténèbres, sans soulagement du ciel ni de la terre! Au contraire, par la laideur de mes ingratitudes envers mon bien-aimé JÉSUS, j'étais haïe, repoussée par ses créatures raisonnables. Il manquait seulement que la terre s'ouvrît pour me précipiter dans l'enfer. 127
Ich liebte ihn, meinen JESUS, ja. Unter der gesegneten Hand der göttlichen Gerechtigkeit war ich hinreichend, tief vereint mit dem gerechten und heiligen Willen meines geliebten JESUS, Kenner und schlauer Dieb der Herzen; und obwohl ich manchmal nicht mehr die Kraft hatte, das Leben meines Lebens zu rufen, fragte, suchte ich mit der Stimme des Herzens, wo jener sei, den ich liebte. Je l'aimais, mon JÉSUS, oui. Sous la main bénie de la divine justice, j'étais amplement, profondément uniformée aux justes et saints vouloirs de mon aimé JÉSUS, expert et fin voleur des coeurs; et bien que parfois je n'eusse plus la force d'appeler la vie de ma vie, avec la voix du coeur je demandais et cherchais où était celui que j'aimais. 128
Während diesen dunklen Tagen der Verlassenheit und der Verwirrung wiederbelebte mich der GOTT der Tugenden und der Erbarmungen mehrere Male aus Mitleid zu meiner Schwäche; aber seine Worte oder seine Lichter, die trösteten, dauerten nur einen Augenblick. Und so überzeugte mich dieses Licht oder aber dieses Wort des Allmächtigen Schöpfers des Universums dessen, was ich durch den Glauben festhielt: während diesen Finsternissen, Versuchungen, Kämpfen, Widersprüchen, Beschuldigungen, Zweifeln und Befürchtungen, wurde mein Glaube aus lauter Barmherzigkeit nicht verletzt, indem er energisch an der Spitze des Kampfes blieb, in der Vereinigung mit dem Wohlgefallen des göttlichen Meisters und der Aufrichtigkeit der Meinung. Durant ces quelques jours ténébreux de désolation et de saccage, le DIEU des vertus et des miséricordes plusieurs fois me ranima par compassion pour ma faiblesse; mais ses paroles ou ses lumières confortantes ne duraient qu'un éclair. Et ainsi cette lumière ou bien cette parole du Tout-Puissant créateur de l'univers me persuadait sur ce que je croyais par la foi: pendant ces ténèbres, tentations, batailles, contradictions, accusations, doutes et craintes, ma foi par pure miséricorde, ne fut pas blessée, restant vigoureusement à la tête du combat, avec l'uniformité au bon plaisir du divin Maître et la rectitude d'intention. 129
Wenn ich diese plötzlichen Visionen in dem ewigen und sanften Lichte erklären wollte, so könnte ich es nicht. Ich verstand, daß ich nicht mehr denken müsse, daß mein göttlicher Heiland weit weg von mir sei, obwohl ich eine Sünderin bin, weil er ganz Liebe ist und nie jemanden verläßt, der ihn in Wahrheit sucht; daß dieser Wunsch, ihn zu suchen, daß er es selber ist, der ihn erweckt; er drängt und läßt sich finden als friedlicher und friedenbringender König inmitten des Sturmes: bei seiner Erscheinung beruhigt sich der Sturm und die Seele wird überschwemmt mit unaussprechlichen Tröstungen. Aber es ist nur für kurze Zeit; weil nach und nach andere Widerwärtigkeiten kommen und einander ablösen. Si je voulais expliquer ces visions instantanées dans l'éternelle et suave lumière, je ne le saurais pas. Je compris que je n'avais plus à penser que mon divin Sauveur est loin de moi, bien que pécheresse, parce qu'il est tout amour et n'abandonne jamais qui le cherche en vérité; que ce désir de le chercher, c'est lui-même qui le produit; il pousse et se fait trouver en Roi pacifique et pacifiant au milieu de la tempête: à son apparition la tempête se calme et l'âme est inondée d'ineffables consolations. Mais c'est pour peu de temps, puisque peu à peu d'autres adversités arrivent et se succèdent. 130
Eines Tages, da ich meine Kühe weidete auf einer Nachbarwiese des Hauses, gingen drei oder vier Jäger von Corps vorüber, einer von ihnen ein Priester. Unter ihnen erkannte ich nur einen Mann, der oft gekommen war, mit meinem Vater zu sprechen; er erkannte mich auch und kam mit seinen Begleitern, sich über mein Befinden zu erkundigen und mich zu fragen, ob ich es nötig hätte, daß mein Vater mir etwas sende. Ich antwortete, daß ich zufrieden sei und daß ich meinem Vater herzliche Grüße schicke. Meine Meisterin hatte mich mit diesen Herren reden gesehen; sie verdächtigte mich, vielleicht über sie geklagt zu haben, meinem Vater ausrichten lassen zu haben, mich holen zu kommen; sie machte mir deswegen Vorwürfe, und ich ließ sie reden. Als ich mich am Mittag mit der Familie versammelt fand, machten mir alle Vorwürfe; unter anderem sagte mir meine junge Herrin, daß ich mit den Frauen stumm wäre, daß das Wort mir nur komme, um mit den Männern zu sprechen, daß sie mich überrascht habe, als ich mit leiser Stimme im Stalle mit Maurice redete, mit welchem ich mich im Verborgenen unterhalten und verständigt hätte, und daß ich, klein wie ich wäre, da ich schon ein schlechtes Leben begonnen hätte, unfehlbar ins Verderben gehe mit allen Daemonen, etc., etc. In Wahrheit, wenn auch meine (Gewissens-)Erforschung noch so seriös war, ich wußte nicht, ich sah nicht, wo dieses Übel war, dieser Fehler, den ich begangen haben sollte, trotzdem zitterte ich, aus Furcht, meinen GOTT angewidert zu haben, den ich aus meinem ganzen Herzen liebte, aus allen meinen Kräften; ja, ich weiß, daß ich ihn liebte; obwohl ich nicht fühlbar seine Liebe spürte; trotz allem ließ ich meine Gewohnheitspraktiken nicht. Die alte Schlange, die nie schläft, der Eifersüchtige, der Neidische, der Lügner, verlor keine einzige Gelegenheit, um mich dazu zu bringen, in seine Netze zu fallen, indem er mir zu verstehen gab, daß GOTT meiner nicht mehr bedürfe, weil meine Sünden groß und zahlreich seien; daß GOTT sich von mir entfernt habe, weil es kein Erbarmen mehr für meine Seele gebe. Der Vater der Lüge gab mir noch andere Dinge ein. Un jour que je faisais paître mes vaches dans un champ voisin de la maison, passèrent trois ou quatre chasseurs de Corps, dont un prêtre. Parmi eux je ne reconnus qu'un homme qui souvent était venu parler à mon père; il me reconnut aussi et vint avec ses compagnons prendre de mes nouvelles et me demander si j'avais besoin que mon père m'envoyât quelque chose. Je répondis que j'étais contente et que j'envoyais mes respects à mon père. Ma maîtresse m'avait vu parler avec ces messieurs; elle suspecta que peut-être je m'étais plainte d'elle, que j'avais fait dire à mon père de venir me chercher; elle m'en fit des reproches et je la laissai dire. Quand à midi je me trouvai avec la famille réunie, tous me firent des reproches; en autres choses ma jeune maîtresse me dit qu'avec les femmes j'étais muette, que la parole ne me venait que pour parler avec les hommes, qu'elle m'avait surprise à parler à voix basse dans l'étable avec Maurice avec qui je m'entretenais et m'entendais en cachette; et que, petite comme j'étais, ayant déjà commencé une mauvaise vie, j'allais infailliblement à la perdition avec tous les démons, etc., etc. En vérité, si sérieux-que fût mon examen, je ne savais pas, je ne voyais pas où était ce mal, cette faute que j'avais faite; malgré cela je tremblais, de crainte d'avoir dégoûté mon DIEU que j'aimais de tout mon coeur, de toutes mes forces; oui, je sais que je l'aimais; quoique je ne sentais pas sensiblement son amour, malgré tout je ne laissais pas mes pratiques d'usage. Le vieux serpent qui ne dort jamais, le jaloux, l'envieux, le menteur, ne perdait aucune occasion pour me faire tomber dans ses filets, en m'insinuant que DIEU n'avait plus soin de moi, parce que mes péchés, étaient grands et nombreux; que DIEU s'était éloigné de moi parce qu'il n'y avait plus de miséricorde pour mon âme. Le père du mensonge me suggérait d'autres choses encore. 131
Dauernd rief ich meinen anbetungswürdigen Geliebten JESUS zu Hilfe, die Schöne unter allen Schönen, meine teure und vielgeliebte Mama, und den hl. Josef, indem ich ihm seinen Schmerz in Erinnerung rief, den er hatte, als er während dreier Tage Jenen verloren hatte, der die Engel entzückt. Ich fühlte, daß ich meinen Vielgeliebten liebte, aber ich sah ihn nicht, und ich war überzeugt, daß ich es verdiente, verlassen worden zu sein wegen meinen Treulosigkeiten. Alles blieb meinen wiederholten Flehrufen und meinen Seufzern taub: der Himmel war aus Bronze für mich. Continuellement j'appelais à mon secours mon adorable aimé JÉSUS, la belle entre toutes les belles, ma chère et bien-aimée Maman, et saint Joseph, lui rappelant sa douleur lorsqu'il avait perdu pendant trois jours celui qui ravit les anges. Je sentais que j'aimais mon Bien-Aimé, mais je ne le voyais pas, et j'étais persuadée que je méritais d'être abandonnée à cause de mes infidélités. Tout restait sourd à mes supplications réitérées et à mes gémissements: le ciel était de bronze pour moi. 132
Schließlich, da ich nicht mehr wußte, was ich tun sollte für denjenigen. den ich liebte, protestierte ich, nie, auf keinerlei Weise jenem Mißfallen bereiten zu wollen, für den ich allein lebte; ich übergab mich und übergab mich von neuem dem Leben meines Lebens; ich weihte mich ganz und gar mit den Kräften meiner Seele dem Ewigen Vater, um nur mehr aus dem Leben des GOTT-Menschen zu leben, zu handeln, zu beten, zu leiden und mich zu freuen wie er, in seinen gleichen Absichten, die die größere Verherrlichung des Ewigen Vaters waren und alles dies in Vereinigung mit den unendlichen Verdiensten meines lieben JESUS CHRISTUS. Dann, nachdem ich mich so wie weichen Wachs in die Hände meines vielgeliebten Retters gelegt hatte, damit er mir die Form gebe, die ihm beliebte und mich nach seiner Weise bildete, indem ich nicht mehr mich sein wollte, sammelte sich meine Seele wieder. Ich weiß nicht, wie dies vor sich ging; Tatsache ist, daß ich mich plötzlich in Gegenwart des ewigen wohltuenden Lichtes befand: in der Mitte sah ich meinen vielgeliebten und ganz liebevollen Bruder. Er war nicht mehr klein, sondern groß und majestätisch, und mit Ihm die Jungfrau meine Mutter, Meisterwerk der Allerheiligsten Dreifaltikgkeit, ganz rein, ganz schön, ganz Liebe, ganz Güte, ganz mitleidvoll, ganz bereichert mit der Überfülle der Gnaden, der Vorzüge, der Gaben, die Jener austeilen kann, der alles kann. Mein süßer Bruder segnete mich, bestärkte mich im Glauben an seine Liebe, die Wahrheit, Licht und köstliche Nahrung ist. Dann entnahm er seiner Brust die wunderschönste Lilie; in der ganz weißen Lilie befand sich eine Flüssigkeit, die er mich trinken ließ; und er fragte mich, ob ich die Lilie aufbewahren (pflegen) wolle. Ich antwortete: „Ich möchte wohl, aber ich fürchte, sie zu verderben. Wegen deines allmächtigen Namens bewahre sie selber mit mir, die ich dein unumschränktes Eigentum bin, zu deiner größeren Ehre." Es mißfiel ihm meine Bitte nicht, und unsere schöne Mama nahm die Lilie aus den gesegneten Händen meines Bruders, der sie ihr hinreichte, und Sie legte sie auf ihr Herz. Das war alles. Enfin ne sachant plus que faire pour celui que j'aime, je protestais ne vouloir jamais, en aucune manière donner du déplaisir à celui pour qui seul je vivais; je me donnais et redonnais à la vie de ma vie; je me consacrais toute, toute, avec les puissances de mon âme, à l'Eternel Père, pour ne plus vivre que de la vie de l'Homme-DIEU, agir, prier, souffrir et jouir comme lui, dans ses mêmes intentions, qui étaient la plus grande glorification du Père Eternel et tout cela en union avec les mérites infinis de mon cher JÉSUS-CHRIST. Alors m'étant ainsi mise comme une cire molle dans les mains de mon bien-aimé Sauveur afin qu'il me donnât la forme qui lui plaisait et me façonnât à sa mode, ne voulant plus être moi, mon âme se recueillit. Je ne sais comment cela se fit, le fait est que tout à coup je me trouvai dans la présence de l'éternelle bienfaisante Lumière: au milieu je vis mon très-aimé et très-aimant Frère. Il n'était plus petit; mais grand et majestueux; et avec Lui, la Vierge ma Mère, chef-d'œuvre de la Très Sainte Trinité, toute pure, toute belle, toute aimante, toute bonne, toute compatissante, toute enrichie de la surabondance des grâces des privilèges, des dons que peut départir Celui qui peut tout. Mon doux Frère me bénit, me confirma dans la foi de son amour qui est vérité, lumière et nourriture délicieuse. Puis il sortit de sa poitrine le très beau lys dans le très blanc lys se trouvait une liqueur qu'il me fit boire; et il me demanda si je voulais conserver (soigner) le lys. Je répondis: «Je voudrais bien, mais le crains de le gâter. A cause de votre Nom tout puissant, gardez-le vous-même, avec moi qui suis votre propriété absolue, pour votre plus grande gloire.» Il ne se déplut pas de ma demande et notre belle Maman prit le lys des mains bénies de mon Frère qui le lui présentait, et Elle le mit sur son coeur. Ce fut tout. 133
Sobald ich mich im großen Lichte sah. fühlte ich mich erneuert; alles % erschwand: Zweifel, Furcht, Müdigkeit, Schlaffheit, Niedergeschlagenheit, Ursache gewesen zu sein der Entfernung meines GOTTES , meiner einzigen Liebe, des Lichtes meiner Augen, der Arznei meiner Seele, des Tabernakels meiner Ruhe und meines Alles in allem, durch meine Schuld. Der Wunsch, meinen göttlichen Meister zu lieben, wuchs immer mehr in meinem Herzen, ich möchte sogar sagen in den Kräften meiner Seele. Es schien mir, daß mein Geliebter alles in meiner Seele mit dem unaufhörlichen Feuer seiner Liebe reinigte, dessen Flammen die zahlreichen Flecken meiner Treulosigkeiten verzehrte. Dès que je me vis dans la grande Lumière, je me sentis renouvelée; tout disparut: doutes, craintes, fatigue, lassitude, accablement d'avoir été cause par ma faute de l'éloignement de mon DIEU, mon unique amour, la lumière de mes yeux, la médecine de mon âme, le tabernacle de mon repos et mon tout en tout. Le désir d'aimer mon divin Maître croissait toujours davantage dans mon coeur, je dirais même dans les puissances de mon âme. Il me semblait que mon Amant purifiait tout dans mon âme avec le feu incessant de son amour dont les flammes dévoraient les nombreuses taches de mes infidélités. 134
Was die durch die Schau der unerschaffenen Schönheit hervorgerufenen Wirkungen betrifft: die Kenntnis dergöttliehen Eigenschaften, der undurchdringlichen Weisheit des Allerhöchsten, die hohen Lehren der Kraft der Schwachen, ich könnte sie nicht ausdrücken. Quant aux effets produits par la vue de la beauté incréée: la connaissance des attributs divins, de l'impénétrable sagesse du Très-Haut, les hauts enseignements de la Force des faibles, je ne saurais pus les exprimer. 135
MEINE LIEBE SCHWESTER, MA CHÈRE SOEUR, 136
Etwa zehn Seiten weiter vorn geben Sie Ihrer Herrin recht, die sagte, daß das im Dorfe bezüglich verschiedener Wunder, die Ihnen zugeschrieben wurden, verbreitete Gerücht in nichts begründet sei. Une dizaine de pages plus haut, vous donnez raison à votre maîtresse qui disait que le bruit répandu dans les villages à propos de divers miracles à vous attribués, n'était fondé en rien.  
Ich will, daß Sie sich näher erklären. Die Bescheidenheit darf Sie nicht dazu führen, die Wahrheit Ihrem Seelenführer zu verheimlichen. Die Einfachheit mit dem Seelenfahrer gefällt GOTT mehr als die Bescheidenheit, die von der Eigenliebe eingegeben sein kann, von der Furcht vor der Lächerlichkeit, etc. Ich bitte Sie deshalb, meine liebe Schwester, hiernach alles schreiben zu wollen, wessen ich bedarf um den Ernst der Unfälle, die dieses Kind und dieses Mädchen wirklich erlitten haben, zu verstehen. Je veux que vous vous expliquiez. La modestie ne doit pas vous faire dissimuler la vérité à votre directeur. La simplicité avec le directeur plaît à DIEU plus que la modestie, laquelle peut être inspirée par l'amour-propre, la crainte du ridicule, etc. Je vous demande donc, ma chère soeur, de vouloir bien écrire ci-dessous tout ce qui m'est nécessaire pour comprendre la gravité des accidents réellement arrivés à cet enfant et à cette jeune fille. 137
MEIN HOCHWÜRDIGER UND LIEBSTER HERR PATER, MON TRÈS RÉVÉREND ET TRÈS CHER PÈRE, 138
Ich habe meiner Meisterin recht gegeben aus dem Grunde, weil die anwesenden Personen sagten, daß ich Wunder gewirkt hätte, und weil die Leute der Umgebung es auch sagten. Nun aber, um in der Wahrheit zu bleiben, gab ich meiner Herrin recht, die wissen mußte, daß es nur GOTT ist, der Wunder wirkt, und ich, ich habe bis zu diesem Tage geglaubt, daß selbst die Heiligen des Himmels keine wirken können aufgrund ihrer Tugenden, mögen sie noch so erhaben sein. Es ist GOTT, das einzige allmächtige Wesen, das durch sich selbst oder durch wen immer es will, Wunder wirkt; und wenn er sich dazu eines verbrannten Strohhalmes bedienen wollte, so könnte, dürfte diese Asche niemals das Recht GOTTES sich anmaßen zu sagen: „Ich habe ein Wunder gewirkt." J'ai donné raison à ma patronne, par le motif que les personnes présentes disaient que j'avais fait des miracles et que les gens des pays environnants le disaient aussi. Or, pour être dans la vérité, j'approuvais ma patronne qui devait savoir qu'il n'y a que DIEU qui fasse des miracles et moi j'ai cru jusqu'à ce jour que même les saints du ciel n'en peuvent faire par leur vertu pour sublime qu'elle soit. C'est DIEU, l'unique Être tout-puissant qui fait les miracles par lui-même ou par qui il veut; et s'il voulait se servir pour cela d'une paille brûlée, cette cendre ne pourrait, ne devrait jamais usurper le droit de DIEU en osant dire: «J'ai fait un miracle.»  
Das, was ich vielleicht zu erklären habe, ist, als die Mutter ihr Kind aus der Mitte der Flammen herauszog und es brennend und ganz entstellt sah, die Wölfin ankam. Sogleich fiel die Mutter in Ohnmacht, indem sie mir das Kind in die Arme legte. Mit meiner Schürze machte ich das Feuer nieder und die Funken, und ich wischte sein Gesicht ab. Das versteht sich, daß ich gleichzeitig betete; aber als ich seine Lippen sah, seine verbrannte Stirn, schließlich sein Gesicht, seine stellenweise weißen und an anderen Stellen blutenden Hände und daß das Kind nicht wiederzuerkennen war, und daß die Schreie, die es ausstieß, in Todeswimmern überzuwechseln schienen, bat ich GOTT, im Namen JESU CHRISTI und seines Todes, und ich machte Kreuzzeichen über alle Stellen, die wund oder weißlich waren. In einem Augenblick öffnete das Kind die Augen. Die Mutter kam wieder zu sich, nimmt ihr Kind und sieht es gesund; nur sie, die Mutter, hatte Brandwunden an den Händen. Wo ist hier das Wunder der Wölfin, ich bitte Sie? Was das Mädchen betrifft, welches von einem Baume herabfiel, so war ihr Fußende verschoben und hing herunter; nun aber mußte nur die Stelle wiedergefunden werden, wo sich die Knochen einrenken könnten: auf einer Seite war die Haut zerrissen und das Blut, das herausfloß, hinderte die Operation, die im anbetungswürdigen Namen JESU, kraft des Kreuzes stattfand. Ce que j'ai peut-être à expliquer, c'est que, quand la mère retira son enfant du milieu des flammes et le vit en feu et tout défiguré, la Louve arrivait. Aussitôt la mère s'évanouit en me mettant l'enfant dans les bras. Avec mon tablier, je faisais tomber le feu, les étincelles et j'essuyais son visage. Cela se comprend que je priais en même temps; mais lorsque je vis ses lèvres, son front brûlés, enfin sa figure et ses mains blanches à des endroits et à des autres saignantes et que l'enfant n'était plus reconnaissable, et que les cris qu'il faisait semblaient se changer en des gémissements de mort, je priais DIEU, au nom de JÉSUS-CHRIST et de sa mort, et je faisais des signes de croix sur toutes les parties en plaies et blanchâtres. En un instant l'enfant ouvrit les veux. La mère revient à elle, prend son enfant et le voit sain; elle seulement, la mère, avait des brûlures aux mains. Où est ici le miracle de la Louve, je vous prie? Quant à la jeune fille qui tomba d'un arbre, son bout de pied était de côté et pendait; or, il n'y avait qu'à retrouver l'endroit où les os pouvaient s'emboîter: d'un côté la peau était déchirée et le sang qui sortait empêchait l'opération qui eut lieu au Nom adorable de JÉSUS en vertu de la croix. 139
Wenn der liebe GOTT alles macht, was er will, bin ich nicht die Ursache davon. Si le bon Dieu fait tout ce qu'il veut, je n'en suis pas la cause. 140
Seit einigen Tagen schienen meine Herrinnen weniger böse auf mich zu sein; dann, jedesmal, wenn die Familie zu Tische war, fragte man sich gegenseitig, ob ich im kommenden Jahr gerne wieder zu ihnen kommen würde. Man sagte, daß es viel besser wäre, daß ich die Herrschaften nicht wechsle in Anbetracht meiner Schüchternheit. Schließlich lud man mich ein, während des Winters bei ihnen zu bleiben. Auf diese Weise wäre ich sicherer, nicht gezwungen zu sein, zu Herrschaften dienen zu gehen, die ich nicht kenne und die mich auch nicht kennen, und bei Arbeitern zu sein, die den Namen des lieben Gottes lästern, was mir Leiden bereiten würde. Zu all dem, da ich nicht gefragt wurde, antwortete ich nichts. Im übrigen hatte mein Wille Jener, der alles auf Erden wie im Himmel lenkt. Depuis quelques jours, mes maîtresses paraissaient moins fâchées contre moi; puis chaque fois que la famille était à table, on se demandait l'un à l'autre si l'année prochaine je reviendrais volontiers chez eux. On disait qu'il serait beaucoup mieux que je ne change pas de maîtresse, vu ma grande timidité. Puis on finit par m'engager à rester pendant l'hiver avec eux. De cette manière je serais plus sure de n'être pas obligée d'aller servir chez des maîtres que je connaissais pas et qui ne me connaissaient pas non plus, et de rester avec des ouvriers qui blasphèment le Nom du bon Dieu, ce qui me ferait souffrir. A tout cela, n'étant pas interrogée, je ne répondais rien. D'ailleurs, mon vouloir (l'avait) celui qui dirige tout sur la terre comme au ciel. 141
Wenige Tage nachher befand ich mich im Garten; meine Herrin kam zu mir und mit Demut und Güte sagte sie zu mir: „Meine Tochter, erinnerst du dich daran, wann ich dich beschuldigte, mir eine große Summe Geld gestohlen zu haben? ... Antworte mir." Ich sagte zu ihr: „Ich erinnere mich, oft meinen GOTT beleidigt zu haben und Ihnen viel Mißfallen bereitet zu haben; und Sie, so gut, haben mich ertragen mit sehr viel Geduld und Güte; deshalb erflehe ich Vergebung von meinem gekreuzigten JESUS und von Ihnen." Sie antwortete mir, daß sie von mir nicht eine Beicht verlange, sondern nur zu sagen, ob ich mich daran erinnere, daß sie mich beschuldigt hatte, ihr Geld gestohlen zu haben; daß sie jetzt mir sagen wollte und mußte, daß dies nicht wahr war, daß sie so tun wollte, als ob sie all ihr Geld verloren hätte, um Maurice zu prüfen und zu sehen, ob er, ohne daß sie Geld hätte, trotzdem zufrieden wäre, ihre Tochter zu heiraten, etc., etc. Peu de jours après, je me trouvais dans le jardin, ma maîtresse vint m'y trouver et, avec humilité et bonté, me dit: «Ma fille, vous rappelez-vous quand je vous accusais de m'avoir volé une grosse somme d'argent?... Répondez-moi.» je lui dis: «Je me souviens d'avoir souvent offensé mon DIEU et de vous avoir donné beaucoup de déplaisirs; et vous, si bonne, m'avez supportée avec bien de la patience et de la bénignité; c'est pourquoi j'implore le pardon de mon JÉSUS crucifié et le vôtre.» Elle me répondit qu'elle ne me demandait pas de me confesser, mais seulement si je me souvenais de ce qu'elle m'avait accusée de lui avoir volé son argent; que maintenant elle voulait et devait me dire que ce n'était pas vrai, qu'elle avait voulu feindre d'avoir perdu tout son argent pour mettre Maurice à l'épreuve et voir si, sans qu'elle eût de l'argent, il serait content quand même d'épouser sa fille, etc., etc. 142
Am folgenden Donnerstag begleitete mich meine Herrin nach Corps, um mich meinen Eltern zurückzugeben. Da sich meine liebe Mutter meiner Frechheiten erinnerte, wollte sie mich nicht empfangen. Meine Herrin wies auf die Vereinbarung hin, die sie mit meinem Vater gemacht habe, nach welcher ich gegen Ende November zurückgebracht werden müsse; sie fügte hinzu, daß sie auch gekommen sei, um meinem Vater das Versprechen zu geben, mich wieder in ihren Dienst einzustellen nach dem Winter. Oh! Güte, Barmherzigkeit meines liebsten JESUS, wahrer Arzt meiner armen Seele, wie sehr sind mir teuer, lieb, bewunderswert Deine göttlichen Eingriffe! ... Je mehr ich in mein Nichts, in meine Nichtkigkeit hinabsteige, desto mehr sehe ich deine Barmherzigkeit. - Nachdem meine Herrin fortgegangen war, warf mir meine Mutter vor, in die Familie zurückgekehrt zu sein, indem sie sagte, daß meine Herrin mich nicht habe ausstehen können und mich nicht mehr bei sich wollte, wo ich Unfrieden stiftete, etc. Da ich sah, daß man mich an meinen Platz stellte, d.h. daß ich barsch abgewiesen wurde und daß niemand mich wollte, daß alle Abscheu vor mir hatten, dachte ich, daß mein Herr sie vielleicht meine unzähligen Undankbarkeiten und Treulosigkeiten sehen ließ; ich forderte mich in meinem Herzen auf, für diese Wohltat Dank zu sagen dem Ursprung alles Guten, dem allein, mit allen Mitteln, ich zu gefallen suchte; sei es, daß er mich straft wegen meiner Fehler, sei es daß er meinen Geist und meinen Körper foltert, um meine Seele gesund zu machen und zu reinigen, sei es daß er mich vespottet oder der Verspottung preisgibt; ich beunruhigte mich nicht; das Auge meiner Seele war festgerichtet auf meinen göttlichen Meister, um in allem sein Wohlgefallen auszuführen. In meinem Gebet hatte ich bösartige Hindernisse angetroffen zu meiner Vereinigung mit meinem vielgeliebten JESUS, sowohl in meinem Innern wie in meinen äußeren Werken. Meine Seele mit ihren Kräften war gewiß wohl festgehalten und vereinigt mit der göttlichen Liebe; ich hatte, schien es mir, keinen anderen Willen, als jenen des Allerhöchsten, und ich hätte mich in Stücke gehauen, um ihm zu gefallen; aber es fehlte mir das gänzliche Aufgeben in seine gesegneten Hände; wenn ich sage Aufgeben, sage ich auch gänzliche Abhängigkeit für alle Werke, die er mit uns und in uns macht, ohne daß wir ihm dabei helfen und aus uns handeln wollten; denn alles, was wir in diesem Zustand zu tun haben, wenn das höchste Wesen selber sich einen Tabernakel bauen will, ist, den TOTEN zu spielen und TREU zu sein, nichts mehr. Diese Dinge kann man nicht in Büchern lernen, und noch weniger verstehen, wenn nicht durch Erfahrung, indem man eine große Treue beobachtet. Le jeudi suivant, ma maîtresse m'accompagna à Corps pour me rendre à mes parents. Ma chère mère se rappelant mes impertinences ne voulait pas me recevoir. Ma maîtresse faisait valoir le pacte fait avec mon père, d'après lequel je devais être rendue vers la fin de novembre; elle ajoutait qu'elle était venue aussi pour faire promettre à mon père de me remettre à son service après l'hiver. Oh! bonté, miséricorde de mon amant JÉSUS, vrai médecin de ma pauvre âme, combien me sont chères, amoureuses, admirables, vos divines opérations!... Plus je descends dans mon néant, dans ma nullité, plus je vois votre miséricorde. -- Après que ma maîtresse fut partie, ma mère me reprocha d'être revenue dans la famille, disant que ma maîtresse n'avait pu me supporter et ne me voulait plus chez elle où je mettais la discorde, etc. Voyant qu'on me mettait à ma place, c'est-à-dire que j'étais rebutée et que personne ne me voulait, que tous avaient horreur de moi, je pensais que mon Seigneur leur faisait peut-être voir mes innombrables ingratitudes et infidélités; j'invitais dans mon coeur à rendre grâce de ce bienfait à l'auteur de tout bien, à qui seul, par tous les moyens, je cherchais à faire plaisir; soit qu'il me punît à cause de mes fautes, soit qu'il torturât mon esprit et mon corps pour assainir et purger mon âme, soit qu'il me tournât ou fit tourner en dérision, je ne me troublais pas; l'oeil de mon âme était fixé dans mon divin Maître pour exécuter en tout son bon plaisir. Dans mon oraison, j'avais découvert des obstacles fâcheux à mon union avec mon bien-aimé JÉSUS, tant dans mon intérieur que dans mes actions extérieures. Mon âme avec ses puissances était certainement bien attachée et jointe au divin amour; je n'avais pas, il me semblait, d'autre volonté que celle du Très-Haut et je me serais mise en pièces pour lui plaire; mais il me manquait le total abandon entre ses mains bénies; quand je dis abandon je dis aussi entière dépendance pour toutes les opérations qu'il fait de nous et en nous, sans que nous voulions l'aider et agir de nous-mêmes : car tout ce que nous avons à faire dans cet état, quand l' Etre suprême veut lui-même se fabriquer un tabernacle, c'est de faire la MORTE et d'être FIDÈLE, rien de plus. Ces choses ne peuvent s'apprendre dans les livres, et encore moins se comprendre sinon par l'expérience, en usant d'une grande fidélité. 143
Da ich den ganzen Winter bei meinen Eltern bleiben mußte, bat ich meine Mutter, mir gütigst irgendeine Arbeit geben zu wollen; sie wollte es nicht, indem sie sagte, daß ich nicht reinlich (*) wäre und daß sie mir verbiete, irgendetwas im Hause zu berühren. Daher fragte ich sie manchmal, ob ich aus dem Hause gehen dürfe. Sie gestattete es, indem sie hinzufügte, daß wenn es mir wohlgefalle, ich nicht wiederzukommen brauche ... Ich kannte ein wenig den Weg zur Kirche; alle Tage, zur Stunde, da niemand da war, ging ich hin. Eines Tages, als ich in die Kirche eintrat, sah ich am Fuße des Hochaltares einen Priester, der ganz demütig betete. Ich blieb hinten in der Kirche aus Ehrfurcht vor diesem Priester, der mir in einer tiefen Sammlung in Gegenwart des GOTTES der Eucharistie zu sein schien. Dann, ohne daß ich wüßte wie, befand ich mich plötzlich beim Altar und infolgedessen beim hochwürdigen Priester, und ich beobachtete, daß er schmutzige und ganz zerrissene Kleider hatte; sein Gesicht war betrübt, außerordentlich traurig, aber sanft, demütig und ergeben; er sagte zu mir: „Gepriesen sei für immer der GOTT der Gerechtigkeit und der unendlichen Erbarmung! Es sind mehr als 30 Jahre, daß ich gerechterweise verurteilt wurde zum Fegfeuer, weil ich das Opfer der Fortsetzung des Geheimnisses der Erlösung nicht mit Glaube und Ehrfucht gefeiert habe, und weil ich nicht alle Sorgfalt aufgewendet habe, wie es meine Pflicht war, für die meiner Obhut anvertrauten Seelen. Das Versprechen meiner Befreiung wurde mir gegeben für den Tag und die Stunde, in der du hier für mich die Heilige Messe anhören wirst, zur Sühne meiner strafbaren Lauheiten. Ich bitte dich, jetzt gleich für meine Seele 33 Kniebeugungen zu machen, indem du sie dem Ewigen Vater darbringst im allerheiligsten und anbetungswürdigsten Namen JESU CHRISTI und durch die Verdienste seines Lebens ..." Am gleichen Tag sah ich den heiligen Priester wieder mit neuen Kleidern, die ganz übersät waren von Sternen und Brillanten. Seine Sinne, die vorher versteinert waren, waren gesund, voller Lebendigkeit und Glanz. Devant rester chez mes parents tout l'hiver, je priai ma mère de vouloir bien me donner quelque ouvrage; elle ne le voulut pas, disant que je n'étais pas propre (i) et qu'elle me défendait de toucher à aucune chose de sa maison. Alors quelquefois je lui demandais si je pouvais sortir. Elle le permit, ajoutant que, si cela me plaisait, je pouvais ne plus revenir... Je savais un peu le chemin de l'église; tous les jours, à l'heure où il n'y avait personne, j'y allais. Un jour, en entrant à l'église, je vis au pied du maître-autel un prêtre qui priait très humblement. Je restai au bas de l'église par respect pour ce prêtre qui me paraissait être dans un profond recueillement en présence du DIEU de l'Eucharistie. Puis, sans que je sache comment, je me trouvai subitement près de l'autel et par conséquent du révérend prêtre, et j'observai qu'il avait ses habits sales et tout déchirés; sa face était affligée, extrêmement triste, mais placide, humble et résignée; il me dit: «Béni soit à jamais le DIEU de la justice et de la miséricorde infinie! Il y a plus de trente ans que j'ai été justement condamné au purgatoire pour n'avoir pas célébré avec foi et respect le sacrifice de la continuation du mystère de la Rédemption, et pour n'avoir pas eu tout le soin, comme c'était mon devoir, des âmes confiées à ma sollicitude. La promesse de ma libération m'a été faite pour le jour et l'heure que vous entendrez ici pour moi la Sainte Messe, en réparation de mes coupables tiédeurs. Je vous prie de faire à présent pour mon âme trente-trois génuflexions, en les offrant au Père Eternel, au très saint Nom adorable de JÉSUS-CHRIST et par les mérites de sa vie... » Le même jour je revis le saint prêtre avec des habits nouveaux tout parsemés d'étoiles et de brillants. Ses sens qui auparavant étaient pétrifiés, étaient sains, pleins de vivacité et d'éclat. 144
Natürlich wünschte ich am folgenden Tag sehr, sehr, die Heilige Messe anzuhören. Meine Sünden waren die Ursache davon, daß ich dazu die Erlaubnis nicht erhielt: meine Mutter sagte mir, daß ich zu dieser Stunde nicht ausgehen dürfe. Was tun? ... Kann ich diese Seele länger in den schrecklichen Peinen des Fegfeuers lassen? Darf ich die Ursache sein ihrer Verspätung, in die Freude der vollkommensten Liebe ihres GOTTES, welcher auch der meine ist, einzugehen? ... Ungehorsam sein kann ich nicht ... Naturellement le lendemain je désirais beaucoup, beaucoup entendre la Sainte Messe. Mes péchés furent cause que je n'en eus pas la permission: ma mère me dit qu'à cette heure je ne pouvais pas sortir. Comment faire?... Puis-je laisser plus longtemps cette âme dans les horribles peines du purgatoire? Puis-je être cause de son retard à entrer dans la joie du plus parfait amour de son DIEU qui est le mien?... Désobéir, je ne le puis pas... 145
Während diesen drei langen Tagen, da es mir nicht erlaubt war, zur heiligen Messe zu gehen, tat ich alles, was ich wußte, für die Befreiung dieser heiligen Seele: ich opferte mich auf, um mit Verdienst das zu leiden, vereinigt mit meinem Geliebten JESUS, was dieser heilige Priester ohne irgendwelches Verdienst litt. So stellte ich mich ein wenig zufrieden, soweit mein ALLES, mein gütigster, liebster, liebreichster JESUS es wollte. Der Herr fügte es, daß eines Tages eine Messe gegen 10 Uhr war: meine Mutter willigte ein, mich ausgehen zu lassen; ich lief zur Kirche, aber ich konnte keine Gebete: ich gab mich damit zufrieden, mich im Geiste am Fuße der. Kreuzes auf Kalvaria niedergeworfen zu halten während des unblutigen Opfers des GOTTMenschen, und die Verdienste seines für das Heil des Menschengeschlechtes vergossenen Blutes zu sammeln. Dann bediente ich mich der Stimme, des Mundes und der Liebe meines Erlösers, um dem Ewigen Vater eine nach der andern die von meinem liebreichsten JESUS geübten Tugenden darzubringen, all die schlechten Behandlungen, alle vom Heiligen der Heiligen erlittenen Verächtlichkeiten, und so fort, indem ich das ganze irdische Leben des göttlichen Heilandes durchging. Pendant ces trois longs jours qu'il ne me fut pas permis d'aller à la Sainte Messe, je faisais tout ce que je savais pour la délivrance de cette sainte âme: je m'offris pour souffrir avec mérite, unie à mon Amant JÉSUS, ce que souffrait ce saint prêtre sans aucun mérite. Ainsi je me contentais un peu, autant que le voulut mon TOUT, mon tout bon, tout aimable, tout amoureux JÉSUS. Le Seigneur permit qu'un jour il y eut une messe vers dix heures: ma mère consentit à me laisser sortir; je courus à l'église, mais je ne savais pas de prières, je me contentai de me tenir en esprit prosternée au pied le la croix sur le Calvaire, durant le Sacrifice non sanglant de l'Homme-DIEU, et de recueillir les mérites de son sang répandu pour le salut du genre humain. Puis je me servis de la voix, de la bouche, et de l'amour de mon Sauveur, pour offrir au Père Eternel une à une toutes les vertus pratiquées par mon amoureux JÉSUS, tous les mauvais traitements, tous les mépris soufferts par le Saint des Saints, et ainsi de suite en repassant toute la vie humaine du divin Rédempteur. 146
Nach dem Heiligen Opfer sah ich die gewandelte Seele, ganz schön, ganz leuchtend von Herrlichkeit, wie sie einging in den Himmel der Himmel. Après le Saint Sacrifice, je vis l'âme transformée, toute belle, toute resplendissante de gloire, entrer au ciel des cieux. 147
Nachdem mein Vater sich zur Familie zurückgezogen hatte, sagte meine Mutter zu ihm, daß meine Herrin mich nicht mehr habe ausstehen können und daß ich vor der von ihm festgesetzten Zeit zurückgekommen sei, daß ich sehr frech geworden sei, daß ich fast jeden Morgen aufs Land hinaus gehe und daß sie mehrere Male einen ihrer Söhne habe ausschicken müssen, um zu erfahren, mit wem ich mich unterhalte und daß niemand ihr habe Nachricht von mir überbringen können. -Mein Vater schalt mich strenge, indem er mir sagte, daß er es nie erwartet hätte, meinetwegen Mißfallen zu haben. Ich, die ich meinen Vater sehr liebte, war sehr bekümmert über das Mißfallen, welches ich ihm bereitet hatte; ich bat ihn um Verzeihung. Er fügte hinzu: „Du sagst mir nicht, wohin du gingst, als du das Haus verließest; aber ich werde Leute vom Lande ausfragen, die es mir sagen werden." Mon père s'étant retiré en famille, ma mère lui avait dit que ma maîtresse n'avait pu me supporter et que j'étais revenue avant le temps fixé par lui; que j'étais devenue très impertinente; que presque tous les matins, je sortais dans le pays et qu'elle avait dû plusieurs fois envoyer après moi un de ses fils pour savoir avec qui je m'entretenais et que personne n'avait pu lui donner de mes nouvelles. -- Mon père me reprit sévèrement me disant que jamais il ne se serait attendu à avoir du déplaisir à mon sujet. Moi qui aimais beaucoup mon père je fus très affligée du déplaisir que je lui avais donné; je lui demandai pardon. Il ajouta: «Tu ne me dis pas où tu allais quand tu sortais de la maison; mais j'interrogerai des personnes du pays qui me le diront.» 148
Meine Herrin war nach Corps zurückgekehrt, um mit meinem Vater zu reden. Alsbald erbat er von ihr den Grund, den sie gehabt habe, um mich vor der zwischen ihnen beiden festgesetzten Zeit zurückzugeben, und welches die schlimme Verfehlung sei, die ich begangen hätte. Meine Herrin, sehr nachsichtig, gab ihrem Erstaunen Ausdruck zu sehen, daß mein Vater irregführt wurde, denn sie war immer zufrieden gewesen mit mir und hatte mich hierher begleitet, gerade am abgemachten Tag und nicht vorher. Sie hätte gewünscht, daß er sich zu Hause befinde, um den Tag festzusetzten für das nächste Jahr, an dem sie mich holen kommen würde. Dann sprachen sie noch; ich zog mich zurück, um sie reden zu lassen. Ma maîtresse était revenue à Corps pour parler avec mon père. Aussitôt il lui demanda la raison qu'elle avait eue pour me rendre avant le temps fixé entre eux deux, et quel était le grave manquement que j'avais commis. Ma maîtresse très indulgente s'étonna de voir que mon père avait été induit en erreur, car elle avait été toujours contente de moi et m'avait accompagnée ici, juste le jour fixé et non avant. Elle aurait voulu qu'il se trouvât chez lui afin d'arrêter le jour pour l'année prochaine où elle viendrait me chercher. Puis ils parlèrent encore; je me retirai pour les laisser causer. 149
Mein Vater blieb etwa zwei Wochen, während welchen er seine Eltern und seine Freunde wiedersah. Wenn er am Mittag oder am Abend nach Hause kam, bemerkte ich, daß er traurig, bekümmert war. Was hatte er? Ich erfuhr es erst im Moment, da ein Sturm ausbrach zwischen ihm und meiner lieben Mutter. Die Eltern meines Vaters und unsere Nachbarn hatten meinem Vater gegenüber das, was sie mein untolerierbares Los nannten, übertrieben. Mein Vater war wütend gegen meine liebe Mutter und, da meine Mutter sich einbildete, daß ich mich über sie bei meinem Vater beklagt hätte, war sie böse auf mich ... Mon père demeura environ deux semaines, pendant lesquelles il revit ses parents et ses amis. Quand il rentrait à midi ou le soir, je remarquais qu'il était triste, affligé. Qu'avait-il? Je ne le sus qu'au moment où éclata une tempête entre lui et ma chère mère. Les parents de mon père et nos voisins avaient exagéré auprès de mon cher père ce qu'ils appelaient mon intolérable sort. Mon père était furieux contre ma chère mère et, ma mère s'imaginant que je m'étais plainte d'elle à mon père était fâchée contre moi... 150
Aus Respekt vor der schönen Tugend der Nächstenliebe wagte ich es nicht, die Szene, die stattfand, zu beschreiben, aber Euer Hochwürden hatten die Güte, mich diesbezüglich aufzuklären, indem Sie mir sagten, daß meine liebe Mutter mir gegenüber vielleicht keine Schuld treffe, da sie mich korrigieren wollte, nachdem GOTT das für mein ewiges Heil zugelassen habe, was mir zugestoßen war. Dies ist wirklich wahr; was wäre aus meiner armen Seele geworden, wenn meine liebe Mutter mich nicht an meinen wahren Platz gestellt hätte, der darin besteht, mit jedermanns Füßen getreten und als ein Nichts betrachtet zu werden? Es war zum großen Fest von Weihnachten oder von Neujahr: meine liebe Mutter war damit beschäftigt, etwas, ich weiß nicht was, in der Pfanne zu kochen; ich war allein in einem Eck im Begriffe, diese Anzahl von Stoßgebeten zu rezitieren, die mich mein lieber und geliebter Bruder gelehrt hatte. Ein wenig darnach kam mein Vater in großem Zorne an; er begann, meiner Mutter vorzuwerfen, für die Geschäfte des Hauses keine Sorge zu tragen, die Schwester zu mißhandeln, etc.; meine Mutter wollte sich verteidigen, darauf schlug sie mein Vater, nahm die Pfanne und warf sie um auf den Boden und befahl meiner liebsten Mutter, fortzugehen zu ihren Eltern, weil er sie nicht mehr bei sich wolle. Da ich zum ersten Mal diese Dinge hörte, und da ich meine liebe Mutter in Tränen sah, lief ich sogleich zu meinem Vater hin, um ihn davon abzuhalten, ihr etwas anzutun; ich nahm seine Hände, indem ich zu ihm sagte: „Papa, verzeih, sei gnädig, laß Mama; ich liebe dich sehr, Papa, aber laß meine Mutter; wenn du willst, schlag auf mich ein, aber laß meine Mutter!" In seiner großen Wut schien mein Vater mich nicht zu hören. Schließlich öffnete er meiner Mutter die Tür, die fortging, ihr kleinstes Kind auf ihren Armen; und mein Vater schloß die Tür. Ich wollte meiner Mutter folgen, ich weinte und wollte aus dem Hause gehen; er hinderte mich daran; meine Brüder weinten auch. Da ich mich mit dieser traurigen Entzweiung nicht abfinden konnte, versuchte ich mehrere Male, die Tür zu öffnen, um meiner lieben Mutter nachzulaufen; alles war nutzlos. Par respect pour la belle vertu de charité, je n'osais pas décrire la scène qui eut lieu; mais votre Révérence a bien voulu m'éclairer à ce sujet en me disant que ma chère mère voulant me corriger n'était peut-être pas coupable à mon égard, DIEU ayant permis ce qui m'est arrivé pour mon salut éternel. Cela est bien vrai; qu'en serait-il advenu de ma pauvre âme si ma chère mère ne m'avait pas mise à ma vraie place qui est d'être foulée aux pieds de tous et comptée pour rien? C'était pour la grande fête de Noël ou du premier de l'an: ma chère mère était occupée à faire cuire je ne sais quoi dans la poêle; j'étais seule dans un coin, en train de réciter ce nombre d'oraisons jaculatoires que mon cher et bien aimé Frère m'avait enseignées. Un peu après arriva mon père en grande colère; il commença à reprocher à ma mère de ne pas prendre soin des affaires de la maison, de maltraiter la soeur, etc.; ma mère voulait se défendre, alors mon père la frappa, prit la poêle et la renversa à terre et commanda à ma très chère mère de s'en aller chez ses parents parce qu'il ne la voulait plus chez lui. En entendant pour la première fois ces choses, et voyant ma chère mère en pleurs, je courus aussitôt à mon père pour l'empêcher de lui faire du mal; je lui prenais les mains en lui disant:  «Papa, pardonnez, faites grâce, laissez maman; je vous aime bien, papa, mais laissez ma mère; si Vous voulez, frappez sur moi, mais laissez ma mère.» Dans sa grande colère, mon père paraissait ne pas m'entendre. Enfin il ouvrit la porte à ma mère qui s'en alla, emportant dans ses bras son plus jeune enfant; et mon père ferma la porte. Je voulais suivre ma mère, je pleurais et voulais sortir de la maison; il m'empêcha; mes frères pleuraient aussi. Ne pouvant me faire à cette triste séparation, je tentai plusieurs fois d'ouvrir la porte pour courir après ma chère mère, tout fut inutile. 151
Gott sei gepriesen! Nach und nach beruhigte sich mein Vater; er dachte daran, den Tisch decken und uns das Abendessen einnehmen zu lassen. Es ist leicht zu erraten, daß ich nicht essen konnte. und dennoch, ich mußte mich zu Tische setzen. Große Tränen kollerten aus meinen Augen; wir hielten uns alle still ohne etwas zu sagen, und sogar hier erwies sich meine Schlechtigkeit: ohne Erlaubnis versteckte ich unter dem Tisch auf meinen Knien alles, was mir in meinem Teller serviert wurde, in der Absicht, nachher zu entfliehen und es meiner lieben Mutter zu bringen, die nicht gegessen hatte. Zu diesem Zwecke nahm ich sogar noch andere Vorräte. Dieu soit béni ! Peu à peu mon cher père se calma, il pensa à faire mettre la table et à nous faire souper. Il est facile de penser que je ne pouvais pas manger, et cependant je dus me mettre à table. Des grosses larmes coulaient de mes yeux; nous étions tous sans rien dire; et ici encore ma mauvaiseté se produisit: sans permission je cachais sous la table sur mes genoux tout ce qui m'était servi dans mon assiette, dans l'intention de m'enfuir ensuite et de la porter à ma chère mère qui n'avait pas mangé. A cet effet, je pris même d'autres provisions. 152
Die Nacht war fortgeschritten, mein Vater war im Bett und glaubte uns alle ebenfalls im Bett und eingeschlafen; bei meinem Bett betete ich zu meinem göttlichen Meister. Sobald ich nichts mehr hörte, leise, leise, ging ich in Richtung der Tür mit meinen Vorräten und entwich auf die Straße. Mein Vater rief mich; ich tat so, wie wenn ich ihn nicht hörte; ich ging von einer Straße zur andern; ich hatte vor, zu einer ihrer Freundinnen zu gehen, um, wenn es möglich wäre, Nachricht von ihr zu haben. Ich lief hin. Ich war noch nicht eingetreten, da hörte ich die Stimme meiner liebsten Mutter. Ich trete ganz getröstet ein, endlich meine Mutter wiedergefunden zu haben, ich laufe, um sie zu umarmen und ihr meine Vorräte zu geben. Sie gab mir einen feierlichen Backenstreich mit einer Hand, so heftig, daß ich am Boden rollte und daß mir das Blut aus der Nase und aus dem Mund quoll. Ich blieb am Boden liegen, bis mich die Freundin meiner Mutter aufheben kam; denn ich war benommen und wußte nicht, wo ich war. Von ganzem Herzen, so gut ich dazu fähig war, dankte ich meinem Geliebten, meinem lieben JESUS für diese kostbare Gunst. Als die Person kam, mich aufzuheben, sagt meine liebe Mutter zu ihr, sie solle mich liegen lassen, daß ich darob nicht sterben werde, daß ich die Ursache sei, daß sie nicht in ihrem Hause wäre und Ursache auch all dessen, was ihre Kinder litten, etc., etc. La nuit était avancée, mon père était couché et nous croyait tous couchés et endormis; près de mon lit, je priais mon divin Maître. Dès que je n'entendis plus rien, doucement, doucement je pris la direction de la porte avec mes provisions et m'enfuis dans la rue. Mon père m'appelle, je feignais de ne pas l'entendre: j'allais d'une rue à l'autre, ne sachant la direction qu'avait prise ma chère mère. Après avoir parcouru diverses rues à sa recherche, je pensai d'aller chez une de ses amies pour avoir, s'il était possible, de ses nouvelles. J'y courus. Je n'étais pas entrée que j'entends la voix de ma bien chère mère. J'entre toute consolée d'avoir enfin retrouvé ma mère; je cours pour l'embrasser et lui donner mes provisions. Elle me donna un solennel soufflet d'une main si forte qu'elle m'envoya rouler à terre et que le sang me sortait par le nez et par la bouche. Je restai à terre jusqu'à ce que l'amie de ma mère vint me relever, car j'étais étourdie et ne savais où j'étais. De tout coeur, autant que j'en étais capable, je remerciais mon Amant cher JÉSUS pour cette précieuse faveur. Lorsque la personne venait pour me relever, ma chère mère lui disait de me laisser, que je n'en mourrais pas, que j'étais la cause qu'elle n'était pas dans sa maison, et cause aussi de tout ce qu'elle et ses enfants souffraient, etc., etc. 153
Spät am Morgen ging der Mann der Freundin meiner Mutter zu meinem Vater, um ihn zu ersuchen, meine liebe Mutter wieder aufzunehmen: er zeigte sich unbeugsam. Er verlangte, daß ich komme, um für die Wäsche meiner Brüder und des Hauses zu sorgen. (I) Ich wollte meine liebe Mutter nicht lassen, aber ich dachte, daß wenn ich bei meinem Vater sei, ich vielleicht Gelegenheit hätte, meine Mutter wieder heimzukehren veranlassen könnte, wenn er zu seiner Arbeit weggegangen sein würde. Nachdem Personen mich gewaschen hatten, entschied meine Mutter, daß ich heimgehen solle, aber hernach, da sie mein Gesicht sah, wie es zu aufgeschwollen war, sagte sie mir, ich solle bleiben. Später am Morgen sagten die Nachbarn, daß mein Vater zur Arbeit weggegangen wäre, darauf zogen wir uns alle zurück ins Haus, wo wir, abgesehen von einigen Vorwürfen, die ich gerechterweise verdiente, fast einen Monat ziemlich friedlich lebten. GOTT sei gepriesen für alles! De grand matin le mari de l'amie de ma mère alla chez mon père, pour l'exhorter à recevoir ma chère mère: il se montra inflexible. Il demanda que je vienne pour avoir soin de la lingerie (i), de mes frères et de la maison. Je ne voulais pas laisser ma chère mère, mais je pensais qu'étant chez mon père j'aurais peut-être l'opportunité d'y faire revenir ma mère, quand il serait parti pour son travail. Après que des personnes m'eurent lavée, ma mère décida que je devais m'en retourner, mais ensuite, me voyant la face trop enflée, elle me dit de rester. Plus tard dans la matinée, les voisins dirent que mon père était allé à son ouvrage; alors nous nous retirâmes tous à la maison, ou, à part les quelques reproches que justement je méritais, on vécut presque un mois assez pacifiquement. DIEU soit béni de tout! 154
Nach einer Abwesenheit von einem oder zwei Monaten kam mein Vater von seiner Arbeit zurück, und man sprach nicht vom vergangenen heftigen Streit. Als er wieder fortging, empfahl er meiner Mutter, mich zu pflegen, weil ich, sagte er, schwach sei und kränklich. Meine liebe Mutter war gepeinigt durch diese Aufmerksamkeit meines Vaters: sie glaubte, daß ich mich beklagt habe und behandelte mich, wie sie glaubte. Im übrigen wußte ich nicht, daß ich schwach noch daß ich kränklich war. Es lebe GOTT! Après une absence d'un mois ou deux, mon cher père revint de son travail et on ne parla pas de la bourrasque passée. Lorsqu'il repartit, il recommanda à ma mère de me soigner parce que, disait-il, j'étais faible et maladive. Ma chère mère fut peinée de cette attention de mon père: elle crut que je m'étais plainte et me traita comme elle croyait. D'ailleurs je nesavais pas que je fusse faible ni maladive. Vive DIEU! 155
Trotz meiner Boshaftigkeiten verließ mich der Herr der Tugenden und der großen Erbarmungen nicht; ich hörte im Innersten meines Herzens seine sanfte, wohlklingende, klare und liebliche Stimme, die mich mit großer Begier antrieb, ihn zu lieben, mich ganz zu heiligen, ganz und gar, aus reiner Liebe zu ihm, diese reine Liebe, die - wenn sie lodert - alle Schlacken abwäscht und reinigt. Malgré mes méchancetés, le Seigneur des vertus et des grandes miséricordes ne me délaissait pas; j'entendais dans l'intime de mon coeur sa voix douce, sonore, claire et suave, qui me mouvait d'un grand désir de l'aimer, de me sacrifier toute, toute, pour son pur amour, ce pur amour qui, en flamboyant, lave, purifie toutes les scories. 156
Seltsames Ding. Obwohl ich mich voller verschiedenartiger Fehler sah und ich darob sehr bekümmert war, weil ich meinen lieben Eltern und allen meinen guten Herrschaften Kümmernis verursachte, arbeitete ich wenig daran, mich ernsthaft zu bessern. Kaum daß ich mir bei einigen Gelegenheiten, bei welchen ich über die Bitternisse, die ich verursachte, betrübt war, sagte: „Oh! meine Liebe, hab Erbarmen mit mir; du siehst das, was ich ohne dich machen kann; nimm von mir alles, was dir mißfällt; laß mir nur das Schutzmittel für deine Ehre und für mein ewiges Heil; und mache, daß ich dich liebe, und ich werde dich lieben, o liebreichster GOTT. Verherrliche dich auf den Ruinen all dessen, was in mir nicht von dir ist, und nichts mehr." Chose étrange. Quoique je me voyais pleine de défauts variés et que j'en étais bien affligée parce que je causais de l'affliction et de la peine à mes chers parents et à tous mes bons maîtres, je travaillais peu à m'en corriger sérieusement. A peine, en quelques occasions où je me trouvais très affligée des amertumes que j'occasionnais, si je me disais: «Oh! mon amour, ayez pitié de moi; vous voyez, ce que, sans vous, je sais faire; ôtez de moi tout ce qui vous déplaît; laissez-moi seulement le préservatif pour votre gloire et pour mon salut éternel; et faites que je vous aime et je vous aimerai, ô DIEU aimant. Glorifiez-vous sur les ruines de tout ce qui en moi n'est pas de vous, et rien de plus.» 157
Manchmal erhob mich der göttliche Meister zur Beschauung seiner Attribute: und in diesen hinreißenden Schönheiten fühlte ich mich hingetragen, angezogen, ihn zu lieben, ihn um seinetwillen zu lieben, als Ziel und Urgrund meiner Liebe, aller meiner Zuneigungen; und in dem Maße, wie er mir seine erhabenen Vollkommenheiten eröffnete, desto mehr wurde mir bewußt meine Verworfenheit, meine wahrhaftige Nichtigkeit und Unfähigkeit, den geringsten Gedanken zu haben, die geringste verdienstliche Tat zu vollbringen für mein Heil. -- Die Unermeßlichkeit des Allerhöchsten tröstete mich, entzückte mich. Oh! süße und erhabene Kenntnis dieser Unermeßlichkeit meines Gottes, des Alles in allem, des Unveränderlichen und völlig Unabhängigen, der das Sein, das Leben, das Wachstum, die Vermehrung, die Erhaltung der Natur und alles das, was in der Natur ist, gibt! Oh! unvergleichliche Schönheit. Oh! ..., doch lassen wir. Quelquefois le divin Maître m'élevait à la contemplation de ses attributs; et dans ces ravissantes beautés je me sentais portée, tirée à l'aimer, à l'aimer pour lui-même, comme fin et principe de mon amour, de toutes mes affections; et à mesure qu'il me découvrait ses sublimes perfections, plus je prenais connaissance de mon abjection, de ma vraie nullité et incapacité à avoir la moindre pensée, à faire la moindre action méritoire pour mon salut. -- L'immensité du Très-Haut me consolait, me ravissait. Oh! douce et sublime connaissance de cette immensité de mon Dieu, tout en tout, immuable et absolument indépendant, donnant l'être, la vie, la croissance, la multiplication, la conservation à la nature et à tout ce qu'il y a dans la nature! Oh! beauté incomparable! Oh!... mais laissons. 158
Eines Tages, da meine Mutter überall suchte, da sie nicht gefunden hatte, was sie suchte, rief sie mich und sagte zu mir, daß ich ihr den Ring genommen hätte, den ihr ihre Mutter gegeben habe, an dem sie sehr bange. Da ich nichts erwiderte (übrigens hatte sie mich nicht gefragt) glaubte sie, daß ich ihn genommen hätte, um ihn jemandem zu geben und fragte mich, wem ich ihn gegeben habe. Ich sagte: „niemandem". Sie blieb überzeugt, daß ich ihr ihren Ring gestohlen hätte und daß ich ihn für mich behalte. Sie hatte so, sagte sie, eine gute Gelegenheit, meinem Vater zu beweisen, ihn zu überzeugen, daß ich nicht das sei, wofür er mich hielt. Während etwa einem Monat verlangte meine Mutter ihren Ring von mir, indem sie mir kränkende Worte sagte, mich Lügnerin hieß, etc. Und sie erlaubte es mir nicht mehr, das Haus zu verlassen. Als mein Vater in die Familie zurückkehrte, wurde er bestürmt mit Klagen meiner Mutter über mein schlechtes Benehmen. Sie sagte ihm, daß ich nicht arbeiten wolle, daß ich hochmütig, eitel geworden sei, daß ich meine Brüder verachte und meine kleine Schwester, daß ich oft so tue, als ob ich mich zurückzöge, um Gebete zu sagen und daß sie leise, leise habe dahin gehen wollen, wo ich allein war und nie nie eine Silbe von meinen Lippen gehört habe; dann, daß ich sie nie um Nachricht von meinem Vater bitte, daß ich herzlos, eine wahre Wilde sei. Dann fügte sie bei: „Heh! Du weißt nicht, was sie mir antat am Tage, da du fortgingst? Kaum hattest du die Füße außer Haus gesetzt, und während ich bei dir war, hat sie mir meinen schönen Ring gestohlen, das Andenken meiner Mutter. Es war unmöglich zu erreichen, daß ich ihn zurückerhielt." Natürlich wurde mein Vater sehr betrübt; er schalt mich sehr, dann, indem er die Stimme erhob: „Wenn ich wüßte, sagte er, daß sich unter meinen Kindern eines befände, das jemandem etwas gestohlen hätte, würde ich selber hingehen und es dem Richteramt verklagen, um es ins Gefängnis bringen zu lassen, weil ich nicht entehrt werden will durch ihre Ehrlosigkeit." -„Gut, sagte meine Mutter, geh, erkläre der Behörde, daß deine älteste Tochter mir einen Ring hohen Preises gestohlen hat, der in einer kleinen Schachtel war, und laß sie einsperren."-"In einer kleinen Schachtel? sagte mein Vater; der Ring, war er in der Schachtel? ... Es scheint mir, fügte er hinzu, daß ich diese Schachtel genommen habe, die ich zwischen den Gläsern im Schrank gefunden habe (dies war nicht ihr Platz), ich nahm sie und legte sie in die Schublade mit den Taschentüchern, schau gut nach." Er ging selber, sie zu holen, wohin er sie gelegt hatte; er öffnete sie und fand darin den Ring. Er machte meiner armen Mutter einige Vorwürfe. Ich mußte damit die Segnung der Verdemütigungen bis zum Ende entbehren; es war meine Mutter, die von neuem wegen mir litt. Un jour que ma mère cherchait partout, n'ayant pas trouvé ce qu'elle cherchait, elle m'appela et me dit que je lui avais pris l'anneau que sa mère lui avait donné, auquel elle tenait beaucoup. Comme je ne répondais rien (d'ailleurs elle ne m'avait pas interrogée) elle crut que je l'avais pris pour le donner à quelqu'un; et me demanda à qui je l'avais donné. Je dis: «A personne.» Elle resta persuadée que je lui avais volé son anneau et que je le gardais pour moi. Elle avait ainsi, disait-elle, une bonne occasion de prouver, de persuader à mon père que je n'étais pas ce qu'il me croyait. Pendant environ un mois, ma chère mère me demandait son anneau en me disant des paroles mortifiantes, m'appelait menteuse, etc. Et elle ne me permit plus de sortir de la maison. Quand mon père revint en famille, il fut assailli de plaintes de ma mère sur ma mauvaise conduite. Elle lui dit que je ne voulais pas travailler, que j'étais devenue orgueilleuse, vaniteuse, que je dédaignais mes frères et ma petite soeur, que souvent je feignais de me retirer pour dire des prières et qu'elle avait voulu aller doucement, doucement où j'étais seule et n'avait jamais jamais entendu une syllabe de mes lèvres; puis que je ne lui demandais jamais des nouvelles de mon père: que j'étais sans coeur, une vraie sauvage. Puis elle ajouta : «Eh! vous ne savez pas ce qu'elle m'a fait le jour que vous êtes parti? A peine aviez-vous mis les pieds dehors, et tandis que j'étais avec vous, elle m'a volé mon bel anneau, souvenir de ma mère. Il ne m'a pas été possible de me le faire rendre.» Naturellement mon cher père fut très affligé; il me gronda beaucoup, puis élevant la voix«Si je savais, dit-il, que parmi mes enfants il s'en trouvât un qui eût volé quelque chose à quelqu'un, moi-même j'irais le dénoncer à la justice pour le faire mettre en prison, parce que je ne veux pas être déshonoré par leur déshonnêteté.» -- «Bien, dit ma mère, allez déclarer à la justice que votre fille aînée m'a volé un anneau de grand prix, qui était dans une petite boîte, et faites la emprisonner.» -- «Dans une petite boîte? dit mon père; l'anneau était-il dans la boîte?... Il me semble, ajouta-t-il, d'avoir pris cette boîte que j'ai trouvée parmi les verres dans l'armoire (ce n'était pas sa place), je la pris et la mis dans le tiroir des mouchoirs; regardez bien.» Il alla lui-même la prendre où il l'avait mise, il l'ouvrit et y trouva l'anneau. Il fit quelques reproches à ma pauvre mère. Je fus donc ainsi privée de la bénédiction des humiliations jusqu'au bout, ce fut ma chère mère qui de nouveau souffrit à cause de moi. 159
Eines Tages, bevor er zu seiner Arbeit fortging, gab mir mein Vater seine Hemden zu flicken. Als er weggegangen war, zeigte meine Mutter ihr Mißfallen (weil sie wußte, daß ich genug davon hatte); sie verbat es mir, sie zu nähen und sagte zu mir, daß es nicht Sache ihres Gemahls sei, mit einer Verrückten wie mir Ränke zu schmieden, daß man es gut erkenne, daß ich ihn mit meinen Frömmeleien bezaubert habe; aber daß sie mich baldigst in den Dienst von Herrschaften setzen werde, die es verstehen würden, mich zu bessern... Sie vergaß zweifellos, daß ich meiner Herrin vom vorigen Jahr versprochen war; wie dem auch sei, meine arme und liebe Mutter hatte durch mich und wegen mir zu leiden; sie gab mich in Dienst der ersten Person, die sich vorstellte, obwohl die Berge noch mit Schnee bedeckt waren. Un jour, avant de partir pour son travail, mon père me donna à faire des chemises pour moi. Quand il fut parti ma mère s'en déplut (parce qu'elle savait que j'en avais assez), elle me défendit de les coudre et me dit que ce n'était pas à son mari de s'intriguer d'une folle comme moi, qu'on voyait bien que je l'avais enchanté avec mes bigotteries; mais que bientôt elle me mettrait au service de maîtres qui sauraient me corriger... Elle oublia sans doute que j'avais été promise à ma maîtresse de l'année précédente; quoi qu'il en soit, ma pauvre et chère mère avait à souffrir de moi et à cause de moi; elle me mit au service de la première personne qui se présenta, quoique les montagnes fussent encore couvertes de neige. 160
Das Jahr 1843 war seit zwei oder drei Monaten angelaufen. Eine gute Frau vom Dorfe Sainte-Luce der Gemeinde Saint-Jean-desVertus, der mich meine Mutter, wie es schien, „vermietet" hatte, kam mich abholen. Diese gute und fromme Familie setzte sich zusammen aus dem Vater, der Mutter und zwei Töchtern, die über zwanzig Jahre alt waren. Man betete jeden Abend regelmäßig miteinander. Ich hatte großen Trost, da ich sah, daß mein vielgeliebter Erlöser, dem ich gewünscht hätte, daß er von allen geliebt würde und daß ihm alle dienen würden, von dieser Familie diesen Dienst erfuhr. Courait l'année 1843, depuis deux ou trois mois. Une bonne femme du village de Sainte-Luce, de la commune de Saint-Jean-des-Vertus, à qui, paraît-il, ma mère m'avait louée, vint me chercher. Cette bonne et pieuse famille se composait du père, de la mère et de deux filles âgées de plus de vingt ans. La prière du soir se faisait régulièrement en commun. Je me consolais en voyant que mon bien-aimé Sauveur que j'aurais voulu aimé et servi de tous était servi dans cette famille. 161
Wenige Tage hernach begann ich, mit den Schafen hinauszugehen; ich begegnete Hirten, die ebenfalls ihre Herden auf die Weiden führten. Sie luden mich ein, meine Schafe zu den ihren zu lassen; ich wollte nicht, weil meine Schafe mich noch nicht kannten, und weil ich sie selber auch nicht genügend kannte. Meine Ablehnung mißfiel ihnen: Die Hirten und die Hirtinnen sagten mir, daß wenn sie die Wölfe meine Herde angreifen sehen würden, sie mir nicht zu Hilfe eilen werden, um sie zu vertreiben. Diese Hirten gingen dann an den unteren Teil der Berge, und ich ging höher hinauf zu einem Wald. Gewiß hatte es da noch Schnee; aber an vielen Stellen kam das Gras zum Vorschein. Einige Stunden nachher hörte  ich Pfiffe, dann Schreie, Weinen und Wehklagen von unten am Berge herauf; meine Schafe kamen eilends ganz erschrocken zu mir und gruppierten sich. Ich blickte nach allen Seiten und siehe, da sehe ich einen Wolf kommen mit seiner Beute zwischen den Zähnen, bald nachher ein anderer auch mit einem kleinen Schaf. Gegen Abend erfuhr ich, daß an diesem Tag die Wölfe fünf Schafe gerissen und einen Hund getötet hatten, der ihnen eine Beute streitig machte. Alarmierende Schreie ließen sich mehr und mehr hören: es waren Leute vom Dorfe darauf aufmerksam gemacht worden und kamen, den Hirten ihre Hilfe zu leihen, indes sie sich beklagten; meine Herrinnen waren auch von der Zahl. Ich stieg vom Berge herab ganz sachte mit meiner Herde. Sobald sie mich von weitem erblickten, frugen sie nach der Zahl meiner getöteten Schafe, und ohne meine Antwort abzuwarten, die ich übrigens angesichts der Entfernung nicht geben konnte, schalten sie mich, weil ich nicht wachsam gewesen sei und daß ich nie gepfiffen hätte, um die Wölfe zu erschrecken, etc. Sobald ich bei meinen Herrinnen angelangt war, fragten sie mich voller Sorge, wieviele Schafe mir die Wölfe gefressen hätten; ich antwortete, daß ich von keinem wisse, doch daß es mir scheine, daß sie keines genommen hätten. Darauf zählten sie meine Schafe, aber immer mit solcher Übereile, daß es ihnen immerzu schien, es würden welche fehlen. Schließlich kamen wir zuhause an. Nun ließen sie die Schafe eines nach dem andern in den Stall eintreten, und wir haben gesehen, daß keines von ihnen fehlte. GOTT sei durch alles und von allen gepriesen auf ewig. Peu de jours après je commençai à sortir avec les brebis; je rencontrai des bergers qui allaient aussi faire paître leurs troupeaux. Ils m'invitèrent à mettre mes brebis avec les leurs; je ne voulus pas parce que mes brebis ne me connaissaient pas encore et que moi non plus je ne les connaissais pas suffisamment. Mon refus leur déplut: bergers et bergères me dirent que s'ils voyaient les loups attaquer mon troupeau, ils ne me viendraient pas en aide pour les chasser. Ces bergers se dirigèrent alors vers le bas de la montagne, et j'allai plus haut, vers un bois. Sans doute qu'il y avait de la neige, mais à bien des endroits l'herbe se faisait voir. Quelques heures après j'entendis des sifflements, puis des cris, des pleurs et des lamentations qui venaient du bas de la montagne ; mes brebis effrayées venaient en courant près de moi et se groupaient. Je regardais de tous côtés et voilà que je vois venir un loup avec sa proie aux dents, bientôt après un autre aussi avec une petite brebis. Vers le soir je sus que ce jour-là les loups avaient pris cinq brebis et tué un chien qui leur disputait une proie. Des cris alarmants se faisaient de plus en plus entendre: c'est que les gens du village avertis venaient prêter leur aide aux bergers tout en se lamentant; mes maîtresses étaient du nombre. Je descendais de la montagne tout doucement avec mon troupeau. D'aussi loin qu'elles m'aperçurent elles me demandèrent le nombre de mes brebis mortes; et sans attendre ma réponse que d'ailleurs, vu la distance, je ne pouvais pas donner, elles me grondaient pour n'avoir pas été vigilante et de ce que j'étais toujours sans un sifflet pour effrayer les loups, etc. Aussitôt que je fus près de mes maîtresses, elles me demandèrent avec anxiété combien les loups m'avaient mangé de brebis; je répondis que je ne savais rien, mais qu'il me semblait qu'ils n'en avaient point pris. Alors elles comptaient mes brebis, mais avec tant de précipitation qu'il leur semblait toujours qu'il en manquait. Finalement nous arrivâmes à la maison. Alors elles firent entrer les brebis une à une dans l'étable, et c'est ainsi qu'on vérifia qu'il n'en manquait aucune. DIEU soit béni de tout et de tous à jamais 162
Indes, meine Herrschaften waren noch nicht beruhigt für die Zukunft: sie sagten, daß ich mich mit einer Pfeife versehen müsse; meine Herrinnen bemerkten, daß diese Pfeife mir zu nichts nützen würde, weil ich mich ihrer doch nicht bediene; jedoch mein Herr bestand darauf und sagte mir, daß ich mir eine Pfeife kommen lassen müsse. Indem ich auf meinen liebreichsten JESUS vertraute, versprach ich, so zu tun, obwohl ich keinen Pfennig hatte. Am folgenden Tag ging ich ganz nah an das Dorf heran, um meine Schafe nur bis Mittag weiden zu lassen. Wie ich so Blumen pflückte, finde ich zu Füßen einer Pflanze einen Pfennig, von welchem meine Herrschaften sagten, daß es zehn Centimes waren; sie ließen ihn mir und sogleich kaufte ich dafür eine rote Pfeife aus Holz. Ich ging also immer mit meiner Pfeife in der Tasche aufs Feld. Einmal, als mein Geliebter, mein allergütigster Bruder, mich besuchen kam, zeigte ich ihm meine Pfeife, und ich pfiff; dann sagte ich zu ihm: „Schau, guter Bruder, wie ich pfeife und rate, was mein Pfiff sagt". Er antwortete mir: „Er sagt: Liebe, komm!" -„Ah! Du hast es erraten. Rate diesmal; er wird etwas Schweres sagen", und ich pfeife... „Was hat er gesagt?" -„Ich sehe meinen Weg umgeben von Dornen". -„Oh! Du errätst es also immer!" -„Nun gut, sagte mein Bruder, nun ist es an mir, dich raten zu lassen; gib mir die Pfeife. Rate, meine liebe Schwester". Er pfeift: „Ich grüße dich an Stelle meiner Brüder, o unbeflecktes Blut des GOTTMenschen, kostbarer Preis des Loskaufes der Sünder." -„Oh! oh!, sagte die Wilde, du hast lange Zeit gepfiffen, und ich kann es nicht erraten - ..Ach: sagte mein süßer Bruder.' dieses Mal werde ich nicht so lange pfeifen", und er pfeift kürzer, aber viel lauter und indem er lacht: „Siehe da, der Bräutigam, stehe fest!"-„Schwester meines Herzens, was hat der Pfiff gesagt?" Die Wölfin sagte zögernd: „Mein Bruder, du hast vielleicht gesagt: „Siehe da JESUS, und du hast nichts Gutes getan." -„Oh! (und von ganzem Herzen lachend): du hast es nur zur Hälfte getroffen, du hast nicht alles erraten: ich bin immer noch an der Reihe zu pfeifen". Und dieses Spiel dauerte fort, bis er verschwand. Cependant mes patrons n'étaient pas rassurés pour l'avenir: ils disaient que je devais être pourvue d'un sifflet; mes patronnes observaient que ce sifflet ne me servirait à rien parce que je ne m'en servirais pas; mais mon patron insistait et me disait que je devais me faire venir un sifflet. Confiant en mon très amoureux JÉSUS je promis, bien que je n'eusse pas un centime. Le lendemain, j'allai tout près du village pour faire paître mes brebis jusqu'à midi seulement. Comme je ramassais des fleurs, au pied d'une plante je trouve un sou que mes patrons dirent être dix centimes; ils me les laissèrent et aussitôt je me fis acheter un sifflet rouge en bois. J'allais donc au champ toujours avec mon sifflet dans ma poche. Une fois que mon aimé, mon tout bon Frère vint me voir, je lui montrai mon sifflet et je sifflai, puis je lui dis: «Voyez, bon Frère, comme je siffle et devinez ce que dit mon sifflet». Il me répondit: «Il a dit: amour, venez!» -- «Ah! vous avez deviné. Devinez cette fois, il va dire une chose difficile», et je siffle... «Qu'est-ce qu'il a dit?» -- «Je vois ma voie entourée d'épines». -- «Ah! vous devinez donc toujours!» -- «Eh! bien, dit mon Frère, c'est à mon tour de vous faire deviner; donnez-moi le sifflet. Devinez, ma chère soeur». Il siffle: «Je te salue pour mes frères, ô sang immaculé de l'Homme-DIEU, monnaie précieuse du rachat des pécheurs.» -- «Oh! oh! dit la Sauvage, vous avez sifflé beaucoup de temps et je ne puis pas deviner». -- «Ah! dit mon doux Frère, cette fois-ci, je sifflerai plus court», et il siffle plus court, mais bien plus fort et en riant: «Voici l'Epoux, tenez-vous debout!» -- «Soeur de mon coeur, qu'a dit le sifflet?» La Louve en hésitant, dit: «Mon Frère, vous avez peut-être dit: «Voici JÉSUS et vous n'avez rien fait de bon.» -- «Oh! (et en riant de tout coeur): vous n'y êtes qu'à moitié, vous n'avez pas tout deviné: c'est encore à moi à siffler.» Et ce jeu continua jusqu'à ce qu'il disparut. 163
Ich hütete noch ein oder zwei Monate meine Schafe, bis die Kühe Nahrung auf den Weiden finden konnten. Wie ich es weiter oben sagte, beobachteten mein Herr und meine Herrinnen das Gesetz GOTTES. Ungefähr einmal jeden Monat ließen sie mich zur hl. Messe am Sonntag, und infolgedessen ersetzte mich eine von ihnen an diesem Vormittag beim Hüten der Tiere. Das Dorf Sainte-Luce hatte nur einmal im Jahr hl. Messe; die Leute mußten die übrigen Sonntage ins Dorf Saint-Jeandes-Vertus gehen, eine gute halbe Stunde Fußmarsches. Man konnte deshalb die Tiere nicht sich selbst überlassen und ohne sie zu weiden. Je continuai un mois ou deux à garder mes brebis jusqu'à ce que les vaches pussent trouver du pâturage dans les champs. Comme je l'ai dit plus haut, mon maître et mes maîtresses observaient la Loi de DIEU. A peu près une fois le mois elles me faisaient entendre la sainte messe le Dimanche, et par conséquent une d'elles allait à ma place, ce matin- là, faire paître les animaux. Le village de Sainte-Luce n'avait la messe qu'une fois à l'année; les gens devaient aller les autres Dimanches au village de Saitnt-Jean-des-Vertus, à une bonne demi-heure de marche. On ne pouvait donc laisser les animaux seuls et sans les faire manger. 164
Eines Tages wurde ich von meinen Herrinnen geschickt, das Unkraut im Garten auszureißen, der sich außerhalb des Dorfes befand. Diese Arbeit trug mich wunderbarerweise hin zu meinem GOTT, und ich konnte ihn in aller Ruhe anbeten, ihn verherrlichen, Akte machen, etc.; dann dankte ich meinem vielgeliebten JESUS, daß meine Herrinnen keinerlei Mißfallen gehabt hatten mit mir meines Wissens. Leider! Vielleicht wollte meine Eigenliebe mich an einen Sieg ohne Kampf glauben machen und die menschliche Vernunft mich weichbetten, mich einlullen auf diesem trügerischen Erfolg, indem sie mich um die Kreuze der Vorsehung bringen wollte. Währenddem ich arbeitete, kam eine gute alte Frau beim Garten vorbei und rief mich und bat mich um der Liebe Gottes willen, ihr zwei Birnen für ihre Suppe zu geben. Schnell, ohne zu überlegen, pflücke ich eine schöne Handvoll vom Birnbaum, die ich ihr gebe. Ich war ganz glücklich und dachte: „Also, mein lieber JESUS, du wirst geliebt in diesem Dorfe; oh! wenn man ihn lieben könnte, so wie er liebenswürdig ist, so wie er es verdiente, geliebt zu werden!" - Am Abend, als ich meine Arbeit verließ und zurückkehrte, erwarteten mich meine Herrinnen; sie hatten meine Dummheit durch eben dieselbe Frau erfahren, die, zweifellos aus Nächstenliebe, meine Herrinnen darauf aufmerksam gemacht hatte, daß ich dazu fähig wäre, sie zu ruinieren, vor allem, wenn es mich nichts kostet als zu nehmen. Sie schalten mich wie ich es verdiente und sandten mich nicht mehr in den Garten. Die Furcht, Denjenigen beleidigt zu haben, den ich liebte, war groß; sogleich bat ich von meinem lieben JESUS Verzeihung, der mich beruhigte, indem er mir sagte, ich müsse mit Vorsicht über mein Herz wachen. Trotz aller meiner Fehler zog mich der Allerhöchste an Sich durch eine wunderbare Vereinigung, die den Geist völlig zur Ruhe bringt, und in dieser Vereinigung macht die Seele Erkenntnisse bald über das unerschaffene Wesen, bald über die Vorsehung, bald über das Geheimnis der Erlösung und über andere Wahrheiten unserer heiligen Religion. Beim Austritt aus diesen Arten der Vereinigung fühlte ich mich gänzlich getragen von der göttlichen Liebe, mit dem ganz glühenden Wunsche, auf alle Weisen zu leiden, denn da ich mich wie betrunken fühlte von der heiligen Liebe GOTTES, sah ich kein Mittel, meine tiefe Dankbarkeit gegenüber meinem liebevollsten und allerliebsten JESUS anders zu bezeugen, als durch die VOLLSTÄNDIGE Zerstörung dessen, was der Sohn Gottes den Alten Menschen nennt; also tot seinem eigenen Willen, seinen Sinnen, tot der Natur als verdorbener Natur, tot den natürlichen Neigungen; in allem und überall ist es das Übernatürliche, welches vorgeht. Dann allgemeine und besondere Losschälung von allen vergänglichen Dingen, Opferung alles dessen, was nicht GOTT ist und nicht von GOTT ist. Dann kommen die körperlichen Kasteiungen (1) ... Schließlich schien es mir, daß ich mich um meine Liebe zu meinem GOTT auszudrücken, geopfert, vernichtet hätte. Un jour je fus envoyée par mes maîtresses pour arracher les mauvaises herbes dans le jardin qui se trouvait hors du village. Cet ouvrage me portait merveilleusement à mon DIEU, et je pouvais tranquillement l'adorer, le glorifier, faire des actes, etc., puis je remerciai mon bien-aimé JÉSUS de ce que mes maîtresses n'avaient point eu du déplaisir que je sue (sic) avec moi. Hélas! peut-être que mon amour-propre voulait me faire croire à une victoire sans combat et la raison humaine me bercer, m'endormir sur ce fallacieux succès tout en me privant des croix de Providence. Pendant que je travaillais, une bonne vieille femme passant à côté du jardin m'appelle et, pour l'amour de Dieu, me demande deux poireaux pour sa soupe. Vite, sans réflexion, je cueille une bonne poignée de poireaux que je lui donne. J'étais tout heureuse et pensais: «Donc, mon cher JÉSUS est aimé dans ce village; oh! si on pouvait l'aimer autant qu'il est aimable, autant qu'il mérite d'être aimé!» -- Le soir, quand je quittai mon ouvrage et rentrai, mes maîtresses m'attendaient; elles avaient su ma sottise par cette même femme qui, sans doute par charité, avait averti mes maîtresses que j'étais capable de les ruiner, surtout quand il ne me coûtait que de prendre. Elles me réprimandèrent comme je le méritais et ne m'envoyèrent plus au jardin. La crainte d'avoir offensé Celui que j'aimais était grande; aussitôt je demandai pardon à mon cher JÉSUS qui me rassura; tout en me disant de veiller avec prudence sur mon coeur. Malgré toutes mes fautes, le Très-Haut m'attirait à Lui par une union admirable qui repose pleinement l'esprit: et dans cette union l'âme s'instruit tantôt sur l'Essence incréée, tantôt sur la Providence, tantôt sur le mystère de la Rédemption et sur d'autres vérités de notre sainte religion. Au sortir de ces sortes d'union, je me sentais toute transportée du divin amour avec le désir très ardent de souffrir de toutes les manières, car me sentant comme ivre du saint amour de DIEU, je ne voyais pas le moyen de témoigner ma profonde reconnaissance à mon amoureux bien cher JÉSUS autrement que par la destruction TOTALE de ce que le Fils de Dieu appelle le vieil homme; donc mort à sa propre volonté, à ses sens, mort à la nature comme nature corrompue, mort à tous plaisirs et satisfactions naturels, mort aux affections naturelles; en tout et partout c'est le surnaturel qui prime. Puis détachement général et particulier de toutes choses transitoires, sacrifice de tout ce qui n'est pas DIEU et de DIEU. Puis viennent les austérités corporelles (i)... Enfin il me semblait que pour exprimer mon amour pour mon DIEU je me serais sacrifiée, détruite. 165
Bis zu diesem Zeitpunkt hatte mir mein Bruder beigestanden, hatte er mich bei der Hand geführt, indem er mich besser als der beste Lehrer unterrichtete, und dies zweifellos, weil er wußte, daß ich das unwissendste Geschöpf GOTTES war. Seine Erscheinungen wurden seltener. Das unermeßliche Licht der großen Gegenwart des Allerhöchsten hörte nicht auf; meine Seele hatte sich mit meinem Vielgeliebten vereinigt, den ich wie bei sich sah im Grunde meines Herzens, wie wenn er da angebunden wäre durch die Bande der Liebe; das Auge meiner Seele war fest auf ihn gerichtet, wie um seine Befehle, sein Wohlgefallen entgegenzunehmen. Diese Vereinigung mit dem wahrhaft in meinem Herzen gegenwärtigen GOTT gab mir eine unvergleichliche Wonne, an der mein Leib machmal auch teilhatte, obwohl in einem geringeren Grade. Ich beeile mich hinzuzufügen, was durchaus wahr ist, daß die Wonne der Vereinigung mit Unserem Herrn nicht allein geht, d.h. daß sie in unserem Herzen nicht wohnen kann, ohne das labende und wohltuende Leiden. Es muß auch gesagt werden, daß die Treue dieses Herzens, welches Gott gegenwärtig hat, über aller Treue sein muß, weil die Regel der Göttlichen Liebe ohne Erbarmen ist: in der Vereinigung der Seele mit dem makellosen GOTT müssen die (menschlichen) Freuden vermieden werden, die Zuneigungen und selbst die unschuldigsten Befriedigungen: nichts, nichts entgeht der Liebe, die ein wahrhaftiger Opferpriester ist; sie will den Tod alles dessen,was nicht von Ihr ist. Jusqu'à cette époque mon cher Frère m'avait assistée, conduite comme par la main, tout en m'instruisant mieux que le meilleur des maîtres et cela sans doute parce qu'il me savait la plus ignorante des créatures de DIEU. Ses apparitions devinrent moins fréquentes. L'immense lumière de la grande présence du Très-Haut ne cessa nullement; mon âme s'était unie à mon bien-aimé que je voyais comme chez lui au fond de mon coeur, comme s'il y était lié par les liens de l'amour; l'oeil de mon âme était fixé sur lui comme pour prendre ses ordres, son bon plaisir. Cette union de DIEU véritablement présent dans mon coeur me donnait une incomparable jouissance à laquelle mon corps aussi parfois participait quoique dans un degré inférieur. Je m'empresse s'ajouter, ce qui est bien vrai, que la jouissance de l'union avec Notre-Seigneur ne marche pas seule, c'est-à-dire qu'elle ne peut résider en notre coeur sans la désaltérante et bienfaisante souffrance. Il faut dire aussi que la fidélité de ce coeur qui a Dieu présent doit être au-dessus de toutes les fidélités, parce que la Règle du Divin Amour est sans miséricorde: en l'union de l'âme avec le DIEU sans tache, il faut éviter les plaisirs (humains), les affections et les satisfactions même les plus innocentes; rien, rien n'échappe à l'amour qui est un véritable sacrificateur; il veut la mort de tout ce qui n'est pas Lui. 166
Das Jahr, welches ich bei meinen Herrschaften verbringen sollte, ging seinem Ende zu; man hatte schon davon gesprochen während den Mahlzeiten; ich mußte also daran denken, zu meinen Eltern zurückzukehren; ich machte wohl den festen Entschluß, meiner lieben Mutter nie wieder Leid zu bereiten; aber meine natürliche Schlechtigkeit zog mich noch oft in meine alten Fehler hinein. L'année que je devais passer chez mes maîtres allait finir; déjà on en avait parlé pendant les repas; je devais donc penser à rentrer chez mes parents; je prenais bien la résolution de ne plus jamais faire de la peine à ma chère mère, mais ma mauvaiseté naturelle m'entraîna souvent encore dans mes anciens défauts. 167
Eines Tages war ich etwas weit gegangen, um meine Kühe zu weiden, als gegen Nachmittag ein großer Sturm ausbrach. Die Donner grollten unaufhörlich, bald auf der einen Seite, bald auf der andern. Der Regen fiel in Strömen. Ich machte mich mit meinen Kühen auf den Weg nach dem Dorfe. Ich hätte ebensoviele Tausende von Millionen Lobes- und Liebesakte für meinen lieben Jesus machen wollen, als Regentropfen fielen. An einer gewissen Stelle angekommen, hielten meine Kühe an und wollten rückwärts kommen. Es war der Bach, der enormes Hochwasser hatte, da er zwischen zwei Bergen durchfloß, die ihm seine Wasser lieferten. In den Zeiten gewöhnlicher Regenfälle konnten die Personen, indem sie große Steine in den Bach rollten, ihn gut durchqueren, von einem Stein zum andern gehend, und die Kühe konnten auch hinüber, ohne große Gefahr zu ertrinken. Aber an diesem Tage war es menschlich unmöglich. Das Wasser war sehr hoch, und es schoß mit Krach talabwärts, und es trug mit sich Steine, Felsen und Bäume, und dieses Wasser war schmutzig. Ich war sehr in Not. Ich sah, daß meine Tiere litten und aufgeschreckt waren. Ich wandte mich an meine Mama, und ich legte ihr meine Angst dar. Tatsächlich, die Kühe gehören nicht mir, und wenn ihnen irgendein Unglück zustieße, war ich es, die meinem lieben Gott Rechenschaft ablegen mußte. In einem Augenblick sehe ich meinen lieben Bruder bei mir, der mir sagt: „Meine Schwester, habe keine Angst, komm." Sogleich lasse ich meine Kühe umkehren zum tosenden Bach; dann gehe ich zum Wasser hin, und mein kleiner Bruder hebt seinen rechten Arm über den Sturzbach. Er machte darüber wie ein großes Kreuzzeichen, und sogleich blieb die Flut auf der Seite, von woher sie kam, abgeschnitten. Mein Bruder sagt mir: „Geh hinüber, meine Schwester." Ich sage ihm: „Warte, mein Bruder, daß ich schnell meine Kühe hinüberlasse; und du, mein Bruder, geh auch du hinüber, laß uns zusammen gehen." Und wir reichten uns die Hände. Wir gingen alle hinüber, und am andern Ufer angekommen, sah ich meinen lieben Bruder nicht mehr. Sobald der Wildbach abgeschnitten war, hielt der Lärm und Krach, den er machte inne, um sogleich wieder zu beginnen, als wir traversiert hatten. Un jour j'étais allée un peu loin pour faire paître mes vaches, quand vers l'après-midi se déchaîna une grande tempête: les tonnerres grondaient incessamment tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, la pluie tombait à torrents; je pris le chemin du village avec mes vaches; j'aurais voulu faire autant de mille millions d'actes de louange et d'amour de mon cher JÉSUS qu'il tombait de gouttes d'eau. Arrivées à un certain endroit, mes vaches s'étaient arrêtées et voulaient revenir en arrière: c'était le ruisseau qui avait eu une crue énorme étant situé entre deux montagnes qui lui donnaient leurs eaux. Dans les temps de pluies ordinaires, en faisant rouler des grosses pierres dans le ruisseau, les personnes pouvaient le passer en allant d'une pierre à une autre; et les vaches aussi pouvaient passer sans grand danger de se noyer; mais ce jour-là, c'était humainement impossible; l'eau était très haute et elle descendait avec fracas, emmenant avec elle des pierres, des rochers et des arbres et cette eau était bourbeuse. J'étais bien dans la peine: je voyais que mes bêtes souffraient et étaient effrayées. Je m'adresse à ma maman, je lui expose ma crainte. De fait mes vaches ne m'appartenaient pas et s'il leur arrivait malheur, c'est moi qui devais en rendre compte à mon bon DIEU. En un instant, je vois mon cher Frère près de moi qui me dit: «Ma soeur, n'ayez pas peur, venez.» Aussitôt je fais retourner mes vaches près du torrent en furie, puis je vais près de l'eau et mon petit Frère lève son bras droit sur le torrent. Il y fit comme un grand signe de croix et aussitôt le torrent resta coupé (du côté d'où il descendait). Mon Frère me dit: «Passez, ma soeur.» Je lui dis: «Attendez, mon Frère, que je fasse vite passer mes vaches; et vous, mon Frère, passez aussi, passons ensemble», et nous nous donnâmes la main; nous sommes tous passés; et arrivés à l'autre bord, je n'ai plus vu mon cher Frère. Dès que le torrent se coupa, le bruit et le fracas qu'il faisait s'arrêta tout à coup, pour recommencer quand nous eûmes traversé. 168
Einige Tage hernach geleitete man mich zu meinen Eltern; sie schlossen den Pakt, daß ich im folgenden Jahre zurückkehren würde in den Dienst des gleichen Herrn und daß, wenn ich zu groß sein sollte, um bloß eine Hirtin zu sein, mein Herr einen meiner kleinen Brüder oder eine meiner Schwestern nehmen würde, seine Kühe zu hüten. Quelques jours après, on me conduisit chez mes parents; ils firent le pacte que l'année d'après je retournerais servir chez le même maître et que, quand je serais trop grande pour n'être qu'une bergère, mon maître prendrait un de mes petits frères ou une de mes sueurs pour garder ses vaches. 169
Meine Mutter glaubte, ich hätte mich zu ihr bekehrt. Ich war damals ungefähr 12jährig; sie glaubte, mir eine Freude zu bereiten, indem sie mir ein hübsches Paar blaue lackierte Schuhe kaufte, und eines abends sagte sie zu mir, daß sie mich zu einem Ball geleiten werde, den man anläßlich einer Hochzeit gab. Am Abend, sobald ich sah, daß man sich zu gehen vorbereitete, da ich (nach meinem Empfinden) meiner Mutter kein Mißfallen geben wollte, verließ ich das Haus, damit sie mich nicht finden konnte. Am folgenden Tag, darüber erbost, daß ich nicht mit ihr gegangen war, setzte sie mich auf die Straße, indem sie mir sagte, ich solle dorthin gehen, wo ich mich am Abend zuvor aufgehalten habe. Ich machte mich auf, die Nacht an der Tür einer kleinen Kapelle von Saint-Roch, einige Minuten von Corps entfernt, zu verbringen. Ich benutzte diese Zeit der Ruhe, um zu lernen. Schon mehrere Male bei meinen Herrschaften, später bei meinen Eltern, wenn man von mir sprach, sagte man: „Diese Kleine ist EITEL". Die ersten Male hatte ich dem keine Aufmerksamkeit geschenkt; weil ich zu der Zeit die Bedeutung dieses Eigenschaftswortes nicht kannte; aber da ich weiterhin hörte, daß ich eitel sei, begann ich, ohne zu wissen, was dies war, mich darob zu betrüben, und da entschloß ich mich, meinen Bruder, sobald er mich besuchen kommen würde, zu fragen, ob dies ein Strafgericht des Allerhöchsten sei, daß ich Eitel sei... Einige Tage gingen vorüber, und trotz des Verlangens, das ich hatte, ihn zu sehen, kam er nicht. Ich vereinigte mich mit dem Willen meines lieben JESUS, und ich sammelte mich in GOTT. Ach! Hier ist er, mein guter, kleiner Bruder, hier ist er! Er sagte zu mir: „Meine Schwester." Ich sagte zu ihm: „Mein Bruder, komm; schon seit langen Tagen wollte ich dich; schau mich an, mein geliebter Bruder, schau mich gut an, um zu sehen, was ich bin." -„Du bist meine vielgeliebte Schwester, meine Schwester Mélanie." - „Aber dann, warum hat man gesagt, daß ich Eitel sei?" -„Meine vielgeliebte Schwester, wenn der allgütige und allmächtige GOTT dein Leben nicht bitter machen würde, würdest du in diesen Fehler fallen." -„Ach! Es ist also kein Tier, Eitel? Es ist ein Fehler, eine Sünde!" Und mein lieber Bruder gab der Wölfin eine gute Belehrung über die Eitelkeit, und wie sehr auch man achtgeben müsse, unseren Nächsten nicht zu verurteilen. In der Tat, oft glauben wir, daß diese oder jene Person eitel sei, und dennoch, mag sie sich auch aufputzen, kann es doch aufgrund eines Aktes der Unterwürfigkeit gegenüber ihrem Gatten und vieler Akte der Demut sein. Im übrigen ist es von der Absicht, vom Herzen her, woraus das Gute oder das Schlechte kommt, das wir tun. Ma mère me crut convertie à elle. J'avais alors environ douze ans, elle crut me faire plaisir en m'achetant une jolie paire de souliers bleus vernis; et un soir elle me dit qu'elle allait me conduire à un bal qui se donnait à l'occasion d'un mariage. Le soir, dès que je vis qu'on se préparait pour partir, ne voulant pas (selon moi) donner du déplaisir à ma mère, je sortis de la maison afin qu'elle ne me trouvât pas. Le lendemain, fâchée de ce que je n'étais allée avec elle, elle me mit dehors en me disant d'aller où j'avais été la veille. Je m'en allai passer la nuit à la porte d'une petite chapelle de Saint-Roch, à quelques minutes de Corps. Je profitai de ce temps de quiétude pour apprendre. Déjà plusieurs fois chez mes maîtres, plus tard chez mes parents, quand on parlait de moi, on disait: «Cette petite est VANITEUSE.» Les premières fois, je n'y avais pas pris garde parce que en ce temps-là, je ne savais pas la signification de cet adjectif; mais en entendant dire encore que j'étais vaniteuse, je commençai, sans savoir ce que c'était, à m'en affliger, puis je résolus de demander à mon cher Frère, dès qu'il viendrait me voir, si c'était un châtiment du Très-Haut que j'étais Vaniteuse... Quelques jours s'écoulèrent, et malgré le désir que j'avais de le voir, il ne venait pas. Je m'uniformais au bon plaisir de mon cher JÉSUS et je me recueillis en DIEU. Ah! le voici, mon bon petit Frère, le voici! Il me dit: «Ma soeur.» Je lui dis: «Mon Frère, venez; il y a bien des jours que je vous voulais; regardez-moi, mon aimé Frère, regardez-moi bien pour voir ce que je suis.» -- «Vous êtes ma bien-aimée soeur, ma soeur Mélanie.» -- «Alors pourquoi a-t-on dit que je suis Vaniteuse?» -- «Ma bien-aimée soeur, si le tout bon et tout puissant DIEU n'amertumait pas votre vie, vous tomberiez dans ce défaut.» -- «Ah! ce n'est donc pas une bête, Vaniteuse? c'est un défaut, un péché!» Et mon cher Frère donna une bonne instruction à la Louve sur la vanité; et combien aussi il faut prendre garde de ne pas juger notre cher prochain. En effet souvent nous croyons que telle personne est vaniteuse et cependant, en se parant, elle fait un acte de soumission à son mari et bien des actes d'humilité. D'ailleurs c'est de l'intention, c'est du coeur que vient le bien ou le mal que nous faisons. 170
Während dieser paar Monate ging ich, so oft ich es konnte, zu hl. Messe, und ich besuchte auch den Katechismusunterricht mit meinen zwei Brüdern; aber ich war nicht eingeschrieben, und deshalb versteckte ich mich hinter einer Säule. Ich hatte großes Verlangen, meine Erstkommunion zu machen wie die übrigen Kinder; meine Eltern sagten mir, daß meine Brüder sie vor mir empfangen müßten. Ich hatte noch keine Beichte beim Stellvertreter GOTTES abgelegt, und ich wußte nicht, was man ihm sagen mußte. Am Beichttage für die Erstkommunionkinder wollte ich auch beichten. Sobald mich der Herr Pfarrer sah, sagte er mir, ich solle meinen Eltern sagen, er möchte sie sprechen. Am Abend sagte mein Vater zu meiner Mutter, daß der Herr Pfarrer ihm gesagt habe, daß die Kinder der Eltern, die ihre Osterpflicht nicht erfüllen, nicht zur Erstkommunion zugelassen würden. GOTT sei Dank, sie beichteten alle beide, und sie fuhren damit fort alle Jahre darnach. Pendant ces quelques mois, autant que je le pouvais, j'allais entendre la sainte messe, et j'allais aussi au catéchisme avec mes deux frères, mais je n'étais pas inscrite et pour cela je me cachais derrière un pilier. J'avais un grand désir de faire ma première communion comme les autres enfants; mes parents me dirent que mes frères devaient la faire avant moi. Je ne m'étais pas encore confessée au Ministre de DIEU et je ne savais pas ce qu'on devait lui dire. Le jour de confession pour les enfants de la première communion étant venu, je voulais aussi me confesser. Dès que Monsieur le Curé me vit, il me dit de dire à mes parents qu'il voulait leur parler. Le soir, mon père dit à ma mère que Monsieur le Curé lui avait dit que les enfants des parents qui ne font pas leur devoir pascal ne seraient pas admis à la première communion. Grâce à DIEU, ils se confessèrent tous les deux, et ils ont continué toutes les années suivantes. 171
Die schönen Tage begannen; meine Herrin von Sainte-Luce kam mich abholen, und ich hütete die Schafe, darauf wartend, bis ich mit den Kühen hinausgehen können würde. Nun, eines Tages, da ich die Schafe hütete, war es sehr kalt, und es schneite; der Gedanke kam mir, ob mein liebwürdiger Erlöser durch die Kälte gelitten habe. Auf diese Frage wurde mir im Geiste durch Jenen gütig geantwortet, der die geheimsten Gedanken kennt: „Der Sohn GOTTES wollte aus Liebe zum Menschengeschlechte unter der Kälte, der Hitze, dem Hunger, dem Durst, dem Schlaf, der Müdigkeit, der Schlaffheit, unter allen Verachtungen und Anschuldigungen von seiten seiner Geschöpfe leiden, wie ich es dir bekanntgemacht habe. Als GOTT-Mensch hatte jeder Schmerz unendliche Verdienste, um die Leiden der Menchen aufzuwerten, die in Vereinigung mit meinen Verdiensten leiden." Darauf sagte ich zu ihm: „Herr, ich bitte Dich, mach Dich allen Menschen bekannt, damit sie Dich lieben, wie Du Dich mir bekannt gemacht hast." Mein sehr liebevoller JESUS sagte mir: „Meine Tochter, es ist nicht deiner Verdienste wegen, daß ich mich dir offenbare; es ist, um meine Barmherzigkeit zu verherrlichen, indem ich das erwähle, was in der Welt für albern gilt. Bin ich nicht Herr darüber, zu tun, was ich will und wem ich will?" Hernach trat ich aus dem Zustand der Sammlung heraus. Les belles journées commençaient, ma maîtresse de Sainte-Luce vint me prendre; et je gardais les brebis en attendant de pouvoir sortir avec les vaches. Or un jour que je gardais les brebis, le temps était très froid et il neigeait; la pensée me vint si mon aimable Sauveur avait souffert du froid. A cette demande il me fut bénignement répondu intellectuellement par celui qui connaît les plus secrètes pensées: «Le Fils de DIEU par amour pour le genre humain a voulu souffrir du froid, du chaud, de la faim, de la soif, de sommeil, de fatigue, de lassitude, et de tous les mépris et accusations de ses créatures, comme je vous les ai fait connaître. Comme Homme-DIEU, chaque peine avait des mérites infinis pour avalorer les souffrances des hommes qui souffrent en union de mes mérites.» Alors je lui dis: «Seigneur, je vous en prie, faites-vous connaître à tous les hommes afin qu'ils vous aiment comme vous vous êtes fait connaître à moi.» Mon très amoureux JÉSUS me dit: «Ma fille ce n'est pas par vos mérites que je me fais connaître à vous; c'est pour glorifier ma miséricorde, en choisissant ce qui est inepte dans le monde. Ne suis-je pas maître de faire ce que je veux et à qui je veux?» Après cela je sortis du recueillement. 172
Wie groß ist die Liebe, die GOTT seinen Geschöpfen erweist! Er hat in seiner heiligen Menschheit alle Übel erleiden wollen, die dem sündigen Menschen gebühren; mehr noch, mittels einer schlauen Intrige hatte die Gottheit die heilige Menschheit JESU CHRISTI viel empfindlicher gegenüber den Schmerzen gebildet, als es diejenigen des Menschen ist, und die Gottheit erhielt das Leben in unserem göttlichen Erlöser und ließ ihn erst sterben, als er alle Peinen ausgestanden und durchlitten hatte, die seine vollkommene menschliche Natur erleiden konnte, d.h. mehr als alles, was das vereinte Menschengeschlecht gelitten hat, leidet und leiden wird. Combien grand l'amour que DIEU porte à ses créatures! Il a voulu souffrir dans son humanité sainte tous les maux dus à l'homme pécheur; bien plus, par une fine intrigue, la Divinité avait formé l'humanité sainte de JÉSUS-CHRIST bien plus sensible aux douleurs que ne l'est celle de l'homme; et la Divinité maintint la vie en notre divin Rédempteur et ne le fit mourir qu'après qu'il eut enduré et consommé toutes les peines que sa nature humaine parfaite était capable de souffrir, c'est-à-dire plus que tout ce que le genre humain réuni a souffert, souffre et souffrira. 173
Daher ist es gewiß, daß ich „die Albernste in der Welt" bin. Mein lieber JESUS, ich preise Dich deswegen! Du bist das ewige Alles, das einzig Notwendige, der alleinige Allmächtige. Oh! Wie sehr liebe ich Dich in allen Deinen Attributen und Deinen ewigen und liebreichsten Eigenschaften! Ich fühle mich so glücklich, nichts zu sein, weil Du, unendlicher GOTT, weil Du mir alles bist, Alles in allem! Ich verlange nur nach einem, Dich zu lieben, so wie Du liebenswürdig bist, Dich zu lieben, so sehr wie Du es verdienst; und da Du es in unendlichem Maße verdienst und meine Fähigkeit begrenzt ist, bedecke ich mich, bekleide ich mich mit all Deinen unendlichen Verdiensten, um Dich unendlich zu lieben, und sollte dieses nicht genügen, gehorche ich Deinen Worten: „Verlangt, und ihr werdet empfangen." Gib mir Deine Liebe, mach, daß Du geliebt werdest von mir! Amen! Donc c'est bien sûr que je suis la plus «inepte dans le monde». Mon cher JÉSUS, je vous en bénis! Vous êtes l'Eternel Tout, le seul nécessaire, le seul Tout-Puissant. Oh! combien je vous aime dans tous vos attributs et vos éternelles et amoureuses qualités! Je me sens si heureuse de n'être rien, parce que Vous, DIEU infini, vous m'êtes tout, tout en tout! Je ne désire qu'une chose, vous aimer autant que vous êtes aimable, vous aimer autant que vous le méritez; et comme vous le méritez infiniment et que ma capacité est limitée, je me couvre, je me revêts de tous vos mérites infinis pour vous aimer infiniment; et si cela ose ne pas suffire, j'obéis à vos paroles: «Demandez et vous recevrez.» Donnez-moi votre amour, faites-vous aimer de moi! Amen! 174
Eines Tages, indem ich meine Kühe weidete, betete ich für die verstorbenen Priester, die während ihres Lebens die größte Liebe zu unserer süßen Mutter MARIA gehabt hatten. Meine Sinne wurden aufgehoben im großen Licht der Gegenwart des Allerhöchsten. Ich sah, daß mein geflügeltes Herz in der Luft schwebte, und trotz allen Anstrengungen, welche es machte, um höher zu fliegen, erwies es sich schwer, drückend. Betrübt darob, es so ermüdet zu sehen, ohne großen Erfolg, verdemütigte ich meinen Geist, und indem ich aufmerksamer hinschaute, erblickte ich, daß von seinen Flügeln zwei oder drei dünne, fast unsichtbare Kettchen herabhingen, deren Enden in Reisig verwickelt waren. Erstaunt und bekümmert, sagte ich: „Was soll das heißen?" Es wurde mir geantwortet: „Dein Herz, das hinneigt zur Liebe der Geschöpfe, hat sich davon noch nicht vollständig losgelöst. Das Geschöpf wird nie bis zur Umarmung des göttlichen Bräutigams auffliegen, wenn es nicht gänzlich wirklich in der Neigung von den Geschöpfen losgelöst ist, deren bildlicher Ausdruck die Sträucher sind." Un jour, tout en faisant paître mes vaches, je récitais des prières pour les prêtres défunts qui, pendant leur vie, avaient eu le plus d'amour pour notre douce mère MARIE. Mes sens furent suspendus dans la grande lumière de la présence du Très-Haut. Je vis que mon coeur ailé flottait dans l'air; et malgré tous les efforts qu'il faisait pour voler plus haut, il se montrait lourd, pesant. Peinée de le voir tant fatiguer sans grand succès, j'humiliais mon esprit et regardant plus attentivement, j'aperçus que de ses ailes pendaient deux ou trois fines chaînettes presque imperceptibles, dont les bouts étaient entortillés à des broutilles. Etonnée et chagrinée, je dis: «Que veut dire cela?» Il me fut répondu: «Votre coeur incliné à l'amour des créatures ne s'en est pas entièrement dégagé. La créature ne volera jamais jusqu'à l'embrassement de l'Epoux divin si elle n'est pas complètement détachée de fait et d'affection des créatures dont les arbustes sont la figure.» 175
GOTT verbietet uns nicht, unseren Nächsten zu lieben, im Gegenteil; er gebietet es uns; wir müssen unseren Nächsten lieben, wer immer er sei, Freund oder Feind, aus reiner Liebe zu GOTT, als sein Abbild. Wir müssen GOTT an erster Stelle lieben, über alles, von ganzem Herzen, mit allen unseren Kräften, und nach dem inneren Kult müssen wir übergehen zum äußeren Kult unserer heiligen Religion: die zehn Gebote befolgen, die Kirche mit Ehrfurcht oft besuchen, mit Demut beten. DIEU ne nous défend pas d'aimer notre prochain, au contraire il nous le commande; nous devons aimer notre prochain, quel qu'il soit, amis ou ennemis, pour le pur amour de DIEU, comme son image. Nous devons aimer DIEU en premier lieu, par-dessus tout, de tout notre coeur, de toutes nos forces; et après le culte intérieur passer au culte extérieur de notre sainte Religion: observer les dix commandements, fréquenter l'église avec respect, prier avec humilité. 176
Da ich mich hingezogen fühlte zu meiner Liebe, und da ich sah, daß ich trotz meiner Bemühungen immer am gleichen Punkte blieb, sagte ich: „Herr, mein GOTT, es ist vergeblich, daß ich mich ermüde, um mich loszulösen und um zur Vereinigung mit meinem Alles zu gelangen; aus Erbarmen, aus Barmherzigkeit, erneuere dieses Herz, welches Dir gehört; ich will Dich lieben mit Deinem Herzen, das allein fähig ist, Dich unendlich zu lieben." Auf diese Worte entnahm mein JESUS seiner heiligen Brust ein vom Feuer gerötetes und ganz flammendes Schwert, indem er sagte: „Dieses Herz ist deformiert, ich werde es neumachen gemäß meinem Geschmack." Mit dem Schwert öffnete er es, nicht auf der Seite, sondern von oben: mein Herz öffnete sich in zwei Teile wie ein Buch, und mit der Spitze des flammenden Schwertes machte er eine gewisse Anzahl Kreuze; hernach reinigte er mit der feinen Spitze des Schwertes gewisse menschliche Dinge, will sagen, nicht übermenschliche, oder vielmehr beim Nahen der großen Hitze unterging der größte Teil des Inhaltes des Herzens eine Veränderung. Während dieser Operation empfand ich eine extreme Hitze in meiner Brust. Dann schaute der göttliche Chirurg mein Herz von nahe an und schien sich darin anzublicken wie in einem Spiegel; dann, nachdem er es wohlriechend gemacht hatte, blies er drei Mal darauf, um seinen Glauben, seine Liebe und seine Hoffnung zu stärken und zu festigen. Me sentant attirée vers mon Amour, et voyant que malgré mes efforts j'étais toujours au même point je dis: «Seigneur, mon DIEU, c'est en vain que je fatigue pour me détacher et pour arriver à l'union avec mon Tout; par pitié, par miséricorde, renouvelez ce coeur qui vous appartient; je veux vous aimer avec votre coeur qui est seul capable de vous aimer infiniment.» A ces paroles, mon JÉSUS sortit de sa sacrée poitrine une épée rougie par le feu et toute flamboyante en disant: «Ce coeur est déformé, je vais le refaire selon mon goût.» Avec l'épée il l'ouvrit, non par le côté, mais par le haut mon coeur s'ouvrit en deux comme un livre, et avec la pointe de l'épée enflammée il y fit un certain nombre de croix; puis avec la fine pointe de son épée il purifia certaines choses humaines, je veux dire pas surhumaines, ou plutôt à l'approche de la vive chaleur, la plupart du contenu du coeur recevait une modification. Pendant cette opération j'éprouvais une extrême chaleur dans ma poitrine. Ensuite le divin chirurgien regarda mon coeur de près et semblait s'y mirer comme dans un miroir; puis l'ayant odoré, il y souffla trois fois pour y confirmer et affermir la foi, l'amour et l'espérance. 177
Während dieser Zeit vertiefte ich mich immer mehr in meine äußerste Nichtigkeit. Menschlicherweise hätte ich nie zu glauben gewagt, daß ich, obwohl so armselig, so verächtlich in allen Belangen und so häßlich, so wunderbar angeschaut und behandelt werden könnte durch den Allerhöchsten. Nach Abschluß der Durchsuchung und der Wiederherstellung entnahm der göttliche Gesetzgeber seiner Brust ein Kreuz und setzte es auf die Spitze meines Herzens. Da ich dies sah, sagte ich zu ihm: „Herr, aus Liebe, pflanze es tiefer ein, damit die Stürme und Orkane, die es heimsuchen werden, es nicht entwurzeln können." Indem er es ein wenig tiefer eindringen ließ, sagte mir mein göttlicher Meister: „Fürchte nicht, meine Tochter, es hat seine Wurzeln in meinem Herzen." Dann zeigte er mir das Herz. Als ich es überprüfte, erblickte ich daran wieder die kleine Kette, jene, die sich in Sträuchern verfangen hatte und die verschwand, währenddem mein Geliebter es in seinen heiligen Händen hielt; aber jetzt war sie um vieles kürzer und schwächer. Ich hatte Furcht vor mir selbst und sagte: „Mein Herr und mein GOTT, ich bitte Dich, wenn es Dein heiliger Wille ist, so mögest Du gefälligst diese kleine Kette gänzlich aus meinem Herzen reißen." -„Ach! Nein, sagte mein liebevoller Erlöser, sonst hättest du das Verdienst nicht weder der Kämpfe noch der Siege. Dieses der Erde zugewandte Kettelchen ist das Bild für den Hang, den alle Abkömmlinge Adams haben, das Glück zu suchen, und die Mehrzahl suchen es da, wo es nicht ist." Pendant ce temps, je me profondais toujours davantage dans mon extrême nullité. Humainement je n'aurais jamais osé croire que si mesquine, si méprisable à tous égards et si vile, je pusse être ainsi regardée et travaillée si merveilleusement par le Très-Haut. La perquisition faite, ainsi que la restauration, le divin Législateur sortit une croix de sa poitrine et la mit à la cime de mon coeur. Voyant cela je lui dis: «Seigneur, par charité, plantez-la plus profond afin que les tempêtes et ouragans qui vont fondre sur elle ne puissent pas la déraciner.» En la faisant entrer un peu plus, mon divin Maître me dit: «Ne craignez pas, ma fille, elle a ses racines dans mon coeur.» Puis il me montra le coeur. En l'examinant j'y revis la chaînette, celle qui s'était attachée à des broutilles et qui avait disparu pendant que mon Amant le tenait dans ses sacrées mains; mais maintenant elle était de beaucoup plus courte et plus subtile. Craignant de moi-même, je dis: «Mon Seigneur et mon DIEU, je vous en prie, si c'est votre sainte volonté, qu'il vous plaise d'arracher entièrement de mon coeur cette chaînette.» -- «Ah! non, dit mon amoureux Sauveur, autrement vous n'auriez pas le mérite des luttes ni des victoires. Cette chaînette tournée vers la terre est la figure de l'inclination qu'ont tous les descendants d'Adam à chercher la félicité; et le plus grand nombre la cherchent où elle n'est pas.» 178
Nach dieser geistigen Schauung fiel ich mit dem Gesicht auf die Erde nieder, um der göttlichen Barmherzigkeit Dank zu sagen für die so zahlreichen und völlig unentgeltlichen Gunsterweise, die sie mir zu gewähren sich herabließ. Dann, glücklich darüber, hernach Gelegenheit zu haben, meinen Feinden zu vergeben, gemäß dem Beispiel meines göttlichen Lehrers, der vom Kreuze herab für seine Henker betete, bat ich meinen geliebten JESUS, all jenen zu verzeihen, die mich verfolgten oder mir Leid bereiten werden, und vor allem dem K. (Klerus). Dann bat ich ihn, mir immer beizustehen alle Tage meiner Verbannung und nie zuzulassen, daß ich ihn in irgend einer Weise beleidige. Dann betete ich fünf Pater und Ave zu Ehren der fünf Wunden unseres erbarmungsreichen Erlösers für meine Seelen des Fegefeuers. Sobald ich diese Gebete verrichtet hatte, sah ich zehn P. (Priester-) Seelen aus dem Fegefeuer hervorgehen, die mir dankten und in den Schoß der Seligkeit flogen. Après cette vision intellectuelle, je tombai la face sur la terre pour rendre grâce à la divine miséricorde des faveurs si nombreuses et toutes gratuites qu'elle daignait me faire. Puis, heureuse d'avoir par la suite occasion de pardonner à mes ennemis, à l'exemple de mon divin Maître qui du haut de sa croix pria pour ses bourreaux, je priai mon Amant JÉSUS de pardonner ceux qui me persécuteront ou me feront souffrir, et surtout le C. (clergé). Puis je le priai de vouloir m'assister tous les jours de mon exil, et de ne jamais permettre que je l'offense en aucune manière. Ensuite je récitai cinq Pater et Ave en l'honneur des cinq plaies de notre miséricordieux Sauveur pour mes âmes du Purgatoire. Dès que j'eus fait ces prières je vis dix âmes S. [sacerdotales] sortir du purgatoire qui me remercièrent et volèrent dans le sein de la béatitude. 179
Unser göttlicher Erlöser sagte mir: „Bete sieben davon, indem du nach jedem Pater und Ave MARIA den Psalm Laudate Dominum omnes Gentes hinzufügst (mein Bruder hatte ihn mir gelehrt„ zu Ehren der sieben Worte, die ich am Kreuze bangend aussprach." -„Wieviele Seelen erlösest Du, Herr?", sagte ich zu ihm. - „Vierzehn", erwiderte er mir. Ich gehorchte, und als ich damit zu Ende war, sah ich zwölf Pr. (Priester) und zwei ledige Laien zum Himmel der Himmel aufsteigen. Ich sagte seiner göttlichen Majestät Dank; dann bat ich unsere süße Mutter MARIA, an meiner Stelle unserem lieben und liebevollen JESUS zu danken und mir die Gnade zu erlangen der Reinheit des Herzens, d.h. einer vollständigen Loslösung von mir selbst und von allen vergänglichen Dingen, einen glühenden Glauben und eine reine Liebe für meine Liebe, ohne Erschütterung in den Prüfungen des Lebens. Notre divin Rédempteur me dit: «Récitez-en sept, en ajoutant après chaque Pater et Ave MARIA le psaume Laudate Dominum omnes Gentes (mon Frère me l'avait appris), en l'honneur des sept paroles que je prononçai étant sur la croix.» -- «Combien d'âmes délivrerez-vous, Seigneur?» lui dis-je. -- «Quatorze», me dit-il. J'obéis et quand j'eus terminé, je vis monter au ciel des cieux douze sacer. [prêtres] et deux célibataires laïques. Je rendis grâces à sa divine Majesté, puis je priai notre douce Mère MARIE de vouloir remercier pour moi notre aimé amoureux JÉSUS et de m'obtenir la grâce de la pureté du coeur, c'est-à-dire un total détachement de moi-même et de toutes les choses transitoires, une foi ardente, et un amour pur pour mon Amour sans ébranlement dans les épreuves de la vie. 180
Es war immer noch während des Jahres 1844 und am 24. Juni; da kam mir der Gedanke, den hl. Johannes den Täufer, dessen Fest an diesem Tage gefeiert wurde, zu bitten, mir zusammen mit der wirklichen Aufrichtigkeit der Absicht die glühende tätige Liebe zu GOTT zu erlangen; dann dankte ich unserer süßen Mutter MARIA für die einzigartigen und überreichlichen Gnaden, deren erste Ursache sie ist durch ihre gesegneten Worte an den Engel Gabriel: „Siehe, ich bin die Magd des Herrn." Während ich die Geheimnisse der Erbarmungen GOTTES gegenüber seinen Geschöpfen erwog, erklangen die Glocken der Pfarrei Saint-Jean und die Prozession trat aus der Kirche. Von der Stelle aus, wo ich meine Kühe weidete, sah man sehr gut die Kirche und ihre Umgebung. Ich kniete mich nieder, um meinen göttlichen Erlöser anzubeten und mich mit den Gläubigen zu vereinen, die sein Lob sangen, und ich beneidete alle Personen, die die unsagbare Gnade haben, dem großartigen Opfer der Altäre beizuwohnen, wo der GOTT-Mensch sich als Schlachtopfer seinem Vater für das Menschengeshlecht aufopfert. Ich dachte: „Diese Gnade verdiene ich nicht, da mein liebevoller JESUS mir sie nicht gewährt, und nichts unter dem Himmelsgewölbe geschieht ohne seine Einwilligung." Obwohl ich gänzlich in sein Wohlgefallen ergeben war, sagte ich mir: „Wie sehr glücklich würde ich mich schätzen, wenn ich, anstatt den Tieren, die keine Vernunft, keine unsterbliche Seele mit dem Bilde des göttlichen Erlösers haben, zu dienen, den praktizierenden Christen diente, die durchdrungen von der heiligen Furcht des Allerhöchsten sind, den sie von ihrem ganzen Herzen lieben würden! Doch, haltet inne, es sind dies doch nur strittige und unnütze Gedanken: ich will nichts begehren, als was zur Ehre meines Geliebtesten beitragen kann." In diesem Moment gewährte mir GOTT, der Herr, eine tiefe Andacht. In dieser Sammlung sah ich (nicht mit den Augen) wie eine unermeßliche weiße leuchtende und durchsichtige Wolke; aus der Mitte der Wolke, oder um es genauer zu sagen, aus der leuchtenden Wolke, aus dem Licht ohne Grenzen, dem unnahbaren und ewigen, erschien die schöne und majestätische Figur des Ewigen Vaters (sein Antlitz, seine Arme und ein Teil seiner Brust nur); er war bekleidet mit seinem eigenen Lichte, er war das Licht, in dessen Gegenwart die Sonne verblich und verschwand. Der Ewige, wie aufrecht auf dem Altare (an der Stelle, wo normalerweise sich das Kreuz befindet), hielt in seiner rechten Hand eine schöne, prächtige grüne Palme, die durchsichtig und mit Edelsteinen verziert war; das Ganze war glänzend. In seiner linken Hand hielt er ein Bündel von Wurfspießen im Zickzack, deren flammende oder von einem schwarzen Rauch verpestete, gegen die Erde gerichtete Spitzen im Begriffe zu sein schienen, auf die bezüglich seines Gesetzes pflichtvergessenen Menschen geschleudert zu werden. Unser huldvoller Erlöser war vor dem Altar, immer noch im unerschaffenen, unbegrenzten und unnahbaren Licht; er war im Gebet und opferte dem Ewigen auf alle abtretbaren unendlichen Verdienste seiner schmerzvollen Passion zugunsten der Sterblichen, die Arme zu seinem Vater erhoben. Der hl. Johannes der Täufer als Beistand hatte ein Rauchgefäß aus Gold in Händen, in welchem die Gebete waren, die Flehrufe der Gerechten der Erde, die Verdienste ihrer Leiden und aller ihrer guten Begierden für die Ehre des Allerhöchsten; er war in Rot gekleidet, von Brillanten übersät. Unser allerliebster JESUS, Derjenige, den ich liebe, war wie der Vater; man hätte gemeint, den Vater zu sehen, und dennoch, er war nicht der Vater, den ich immer noch auf dem Altare sah mit seinem Palmzweig und seinen Geißeln. Seine göttliche Majestät hatte ein weißes Kleid von einem wunderbaren Glanz; man hätte gesagt, daß der Stoff von Lichtstrahlen gewoben war; auf diesem Kleid waren sehr reiche Brillanten gesät; sein Gürtel hatte die Farbe des Regenbogens; zwischen jener sehr lebhaften Farbe war wie ein sehr reines Goldband; auf seinen Schultern hatte er einen königlichen Mantel, ganz aus Gold mit Stickereien aus heraustretenden Blumen von verschiedener Farbe und unterschiedlicher Art, vermischt mit durchsichtigen Edelsteinen; auf seinem Haupt ein prächtiges Dreier-Diadem (aber unteilbar) ganz aus Gold, flammend und durchsetzt mit verschiedenen Brillanten; sein Antlitz war von der Weißheit der schönsten Lilien des Paradieses, rosa und strahlend von Licht; seine ganze Person war majestätisch, seine Stirn hoch und hell, seine Lippen dunkelrosa, graziös und lächelnd, seine Haare, lang, wie aus Gold, sehr fein und leuchtend, halb gelockt, wallten auf seine Schultern herab. Er war in seinem ewigen Licht, welches das Licht selber des Vaters war. C'était encore pendant l'année 1844 et le 24 juin; la pensée me vint de prier saint Jean-Baptiste dont on célébrait la fête ce jour-là, de m'obtenir avec la vraie rectitude d'intention l'ardent amour pratique de DIEU; puis je remerciai notre douce Mère MARIE des grâces singulières et surabondantes dont Elle est la première cause par ses bénies paroles à l'ange Gabriel: «Voici la servante du Seigneur.» Tandis que je considérais les mystères des miséricordes de DIEU pour ses créatures, les cloches de la paroisse Saint-Jean sonnèrent, et la procession sortit de l'église. De l'endroit où je faisais paître mes vaches on voyait très bien l'église et ses environs. Je me mis à genoux pour adorer mon divin Sauveur et m'unir aux fidèles qui chantaient ses louanges, et j'enviais le bonheur de toutes les personnes qui ont l'indicible grâce d'assister au grandissime sacrifice des autels, où l'Homme-DIEU s'offre comme Victime à son Père pour le genre humain. Je pensais: «Cette grâce je ne la mérite pas, puisque mon amoureux JÉSUS m'en prive et que rien n'arrive sous la voûte des cieux sans sa permission.» Tout en étant parfaitement résignée à son bon plaisir je me disais: «Combien je serais contente si, au lieu de servir des animaux qui n'ont pas la raison, pas d'âme immortelle avec l'image du divin Sauveur, je servais les chrétiens pratiquants, imbibés de la sainte crainte du Très-Haut qu'ils aimeraient de tout leur coeur! Mais arrêtez-vous, pensées contestées et inutiles: je ne veux rien désirer que ce qui peut contribuer à la gloire de mon bien-aimé.» En ce moment le Seigneur DIEU me donna un recueillement. Dans ce recueillement je vis (non des yeux), comme un immense nuage blanc, brillant, transparent; du milieu du nuage, ou pour dire plus exact, du nuage lumineux, de la lumière sans limite, inaccessible et sempiternelle apparaissait la belle et majestueuse figure du Père Eternel (sa face, ses bras et une partie de sa poitrine seulement), il était vêtu de sa propre lumière, il était la lumière, en présence de laquelle le soleil pâlissait et disparaissait. L'Eternel comme debout sur l'autel (à la place où d'ordinaire se trouve la croix) tenait dans sa main droite une belle splendide palme verte, transparente, parsemée de pierres précieuses; le tout était brillant. Dans sa main gauche, il tenait un paquet de dards en zigzag dont les pointes enflammées ou empestées d'une fumée noire tournées vers la terre semblaient être sur le point d'être lancées sur les hommes prévaricateurs de sa loi. Notre amoureux Sauveur était devant l'autel, toujours dans la lumière incréée, illimitée et inaccessible; il était en prière et offrait à l'Eternel tous les mérites cessibles infinis de sa douloureuse Passion en faveur des mortels, les bras élevés vers son Père. Saint Jean-Baptiste comme assistant avait en main un encensoir d'or, dans lequel étaient les oraisons, les supplications des justes de la terre, les mérites de leurs souffrances et de tous leurs bons désirs pour la gloire du Très-Haut, il était vêtu de rouge tempesté de brillants. Notre très amoureux JÉSUS, Celui que j'aime, était comme le Père, on aurait dit voir le Père, et cependant il n'était pas le Père que je voyais toujours sur l'autel avec sa palme et ses fléaux. Sa divine Majesté avait une robe blanche d'un éclat merveilleux, on aurait dit que l'étoffe était tissée de rayons de lumière; sur cette robe étaient semés de très riches brillants; sa ceinture avait les couleurs de l'arc-en-ciel; entre chaque couleur très vive il y avait comme un cordon d'or très pur; sur ses épaules il avait un manteau royal tout en or avec des broderies de fleurs relevées de diverses couleurs et variantes, entremêlées de pierres précieuses transparentes; sur sa tête un magnifique diadème en trois (mais indivisibles) tout en or enflammé et tempesté de brillants variés; sa face était de la blancheur des plus beaux lys du paradis, rosée et éclatante de lumière; toute sa personne était majestueuse, son front haut et serein, ses lèvres rose foncé gracieuses et souriantes, ses cheveux longs comme en or très fins et brillants à demi-bouclés, ondulaient sur ses épaules. Il était dans son éternelle lumière qui était la lumière même du Père. 181
Der Vater hatte seine Augen in den Sohn gerichtet und der Sohn hatte die seinen in den Vater gerichtet; das Licht des Vaters war das Licht des Sohnes, und das Licht des Sohnes war das Licht des Vaters. Es war im Lichte des Vaters und des Sohnes eine anmutige, prächtige, leuchtende weiße Taube, durchsichtig wie der reinste Kristall, die aus dem Hauch des einen und des andern hervorging; sie hatte in ihrem Schnabel Lichtstrahlen, die sich gegenseitig ausstrahlten und aussandten vom Vater zum Sohn und vom Sohne zum Vater und mit einer bewundernswerten Weisheit sie miteinander verband (ohne sie zu vermengen) in einer untrennbaren, unauflöslichen Weise, von Ewigkeit der unbegreiflichen Ewigkeit her. Le Père avait ses yeux fixés dans le Fils et le Fils avait les siens fixés dans le Père, la lumière du Père était la lumière du Fils et la lumière du Fils était la lumière du Père. Il y avait dans la lumière du Père et du Fils une gracieuse, magnifique, resplendissante colombe blanche, transparente comme le cristal le plus pur, qui procédait du souffle de l'un et de l'autre; elle avait dans sa bouche les rayons de lumière qui, réciproquement, s'émettaient et s'envoyaient du Père au Fils et du Fils au Père et avec une admirable sapience les liait ensemble (sans les confondre) d'une manière inséparable, indissoluble, dès l'éternité de l'incompréhensible éternité. 182
Nachdem der Sohn seine Verdienste dem Vater dargebracht hatte, empfing sie der Vater mit einer unvergleichlichen Gefälligkeit der Liebe; ich möchte sogar sagen, mit einem sehr lebhaften Dankerweis, wie wenn er die Stunde dieser Aufopferung eines unendlichen Verdienstes für die armen Sünder glühend ersehnt hätte. Dann sah ich, daß von neuem mein Geliebter, JESUS, seinem Vater sich als Schlachtopfer aufopferte. Er ließ seine Arme fallen, senkte sein Haupt ein wenig nach vorn auf seine Brust und zu seiner rechten Schulter geneigt. In diesem Moment hatte der Ewige Vater seine Blitze verloren und geruhte, die Erde zu segnen. Le Fils ayant offert ses mérites au Père, le Père les reçut avec une incomparable complaisance d'amour, je dirai même avec une très vive reconnaissance, comme s'il avait ardemment désiré l'heure de cette offrande d'un infini mérite pour les pauvres pécheurs. Puis je vis que de nouveau mon Amant JÉSUS s'offrit à son Père comme victime immolée. Il laissa tomber ses bras, baissa sa tête un peu en avant sur sa poitrine et penchée sur son épaule droite. En ce moment l'Eternel Père avait perdu ses foudres et voulut bien bénir la terre. 183
In Gegenwart der berauschenden Ewigen Majestät versenkte ich mich mehr und mehr in mein Nichts, bis ich mich aus den Augen verlor. Das Vertrauen in die unendliche Barmherzigkeit Desjenigen, der aus sich selbst existiert und der immerzu sich dazu gedrängt fühlt, seine selbst häßlichsten und undankbarsten Geschöpfe zu lieben, bewirkte, daß ich aus der Tiefe meiner Gebrechlichkeit sagte: „Herr mein GOTT, Du, der Du von meiner Jugend an nicht aufgehört hast, mir beizustehen und mich zu unterweisen in Deinen heiligen Wegen, aus Erbarmen, vergib mir alle meine Sünden und alle meine Treulosigkeiten in deinem heiligen Dienste; mit Deiner mächtigen Gnade, von diesem Augenblick an und für die ganze Ewigkeit, gebe ich mich Dir hin mit allen Kräften meiner Seele; ich will in allem und überall von Dir abhangen; zermalme mich, Herr, wenn dies Dich verherrlichen soll, ich will und suche nur Deine Verherrlichung." Plötzlich sah ich mich als eine junge Person von hoher Statur und bekeidet mit einem schönen weißen Kleid mit verschiedenen goldigen Verzierungen. Der Ewige Vater sagte: „Was machen wir mit diesem kleinen Mädchen und was wünscht sie?" Ich antwortete: „Ich wünsche mit derselben Begier meines liebevollen JESUS den heiligen Willen GOTTES." Ein zweites Mal wurde mir die Frage gestellt: „Was wünscht dieses kleine Mädchen?" Ich antwortete: „Nichts, mein Herr, als Deinen heiligen Willen, bestätigt durch das Siegel Deiner reinen Liebe alle Tage meines Lebens auf Erden und für alle Ewigkeit." Die Taube hielt einen goldigen Ring an ihrem Schnabel aufgehängt; der Sohn steckte ihn mir an den Ringfinger der linken Hand und sagte zu mir: „Heute haben wir uns vereint: Du wirst das lieben, was ich liebe, du wirst das erleiden, was ich erleide." In meinem höchsten Erstaunen sagte ich: „Aber, Herr, was tust Du? Du hast vergessen, wer ich bin!" Er antwortete mir voller Huld: „Der Wohlgeruch deiner Kleinheit hat mich an dich gezogen: nicht du bist es, die zu mir gekommen ist; es ist meine Barmherzigkeit, die dir entgegenkam." Der Vater segnete mich, und alles verschwand (1). En présence de la stupéfiante Eternelle Majesté, je me plongeai de plus en plus dans mon néant jusqu'à me perdre de vue. La confiance dans l'infinie miséricorde de Celui qui existe par lui-même et qui est porté toujours à aimer ses créatures même les plus viles et les plus ingrates fit que du fond de mon infirmité, je dis: «Seigneur mon DIEU, vous qui, dès mon enfance, n'avez cessé de m'assister et de m'instruire dans vos voies saintes, par miséricorde pardonnez-moi tous mes péchés et toutes mes infidélités dans votre saint service; avec votre puissante grâce, dès ce moment et pour toute l'éternité je me donne à vous avec toutes les puissances de mon âme; je veux en tout et partout dépendre de vous; broyez-moi, Seigneur, si cela doit vous glorifier, je ne veux et ne cherche que votre glorification.» Tout à coup je me vis comme une jeune personne de haute stature et vêtue d'un beau vêtement blanc avec divers ornements d'or. L'Eternel Père dit: «Que faisons-nous de cette petite fille et que désire-t-elle?» Je répondis: «Je désire du même désir de mon amoureux JÉSUS la sainte volonté de DIEU.» Une seconde fois me fut demandé: «Que désire cette petite fille?» Je répondis: «Rien, mon Seigneur, que votre sainte volonté confirmée par le sceau de votre pur amour en tous les jours de ma vie sur la terre et pour toute l'éternité.» La Colombe tenait un anneau d'or pendu à son bec; le Fils me le mit au doigt annulaire de la main gauche et me dit: «Aujourd'hui nous nous sommes unis: vous aimerez ce que j'aime, vous éprouverez ce que j'ai éprouvé.» Dans ma stupéfaction je dis: «Mais Seigneur, que faites-vous? vous avez oublié qui je suis!» Il me répondit gracieusement: «La bonne odeur de votre petitesse m'a attiré à vous: ce n'est pas vous qui êtes venue à moi, c'est ma miséricorde qui est venue à vous.» Le Père me bénit et tout disparut (i). 184
Ich fand mich wieder auf den Knien, wie ich vor dieser Vision gewesen war; meine Kühe waren in der Wiese, und ich sah, daß der Landaufseher am Rande der Wiese stehenblieb und mich anblickte. Ich stand auf; er kam gegen mich und fragte nach meinem Namen; dann sagte er zu mir, daß, wenn ein Hirte vom Hüter eingeschlafen angetroffen wird, er ihm den Prozeß erklären müsse; daß er schon seit langem meine Kühe gehütet habe, da er sah, daß ich nicht erwachte. Er verlangte von mir ein Pfand; ich hatte nichts; ich gab ihm das Taschentuch, das ich um den Hals hatte. Er sagte mir noch, daß er meinen Vater kenne als tapferen Mann, pflichtbewußt durch und durch: „Dies wird ihn betrüben, wenn er erfahren wird, daß ich dich erwischt habe. Du hast vielleicht geträumt; was hast du geträumt?" - „Ich habe geträumt, daß unser gütiger GOTT mir sagte, daß es dem tätigen Glauben zuzuschreiben ist, das Verdienst der Seligkeit im Paradies." -„Da du mir sofort Dein Tuch als Pfand gegeben hast, gebe ich es dir zurück; aber sage niemandem, daß ich dich eingeschlafen angetroffen habe." - „Dankeschön, mein Herr, möge unser gütiger GOTT Sie segnen!" Je me trouvais à genoux comme j'étais avant cette vision; mes vaches étaient dans le pré, et je vis que le garde-champêtre stationnait à la limite du pré et me regardait. Je me mis debout; il s'avança vers moi et me demanda mon nom; puis il me dit que quand un berger a été trouvé endormi par le garde, il doit lui déclarer procès-verbal; que depuis longtemps déjà, il gardait mes vaches, voyant que je ne me réveillais pas. Il me demanda un gage, je n'avais rien, je lui donnai le mouchoir que j'avais autour du cou. Il me dit encore qu'il connaissait môn père, brave homme consciencieux tout à fait: «Cela va le fâcher quand il apprendra que je vous ai prise. Vous rêviez peut-être, qu'avez-vous rêvé?» -- «J'ai rêvé que notre bon DIEU me disait que c'est à la foi pratique qu'est dû le mérite et la gloire du paradis.» -- «Puisque vous m'avez donné tout de suite votre fichu pour gage, je vous le rends, mais ne dites à personne que je vous ai trouvée endormie.» -- «Merci, Monsieur, que notre bon DIEU vous bénisse!» 185
Ich beendete dieses Tagewerk mit Danksagungen für alle Wohltalten, die die göttliche Barmherzigkeit nicht aufhörte, über mich zu ergießen, nicht maßvoll, sondern in Fluten. Dann machte ich Gebete für die Seelen des Fegefeuers, damit, wenn sie erlöst sind, sie mir helfen würden, unserem so gütigen GOTT würdigen Dank zu sagen und mir seine wahre reine Liebe erlangen würden. Je terminai cette journée en actions de grâces pour tous les bienfaits que la divine miséricorde ne cessait de verser sur moi, non à mesure, mais par torrents. Puis je fis des prières pour les âmes du purgatoire, afin qu'étant délivrées elles m'aidassent à remercier plus dignement notre si bon DIEU et à m'obtenir son vrai pur amour. 186
Einmal hatte ich um die Erlösung von fünf Seelen aus dem Fegefeuer gebetet, aus der Zahl jener, die während ihres Lebens die große Königin des Himmels und der Erde am meisten geehrt hatten; ich sah unseren allerliebevollsten JESUS, ganz glorreich und leuchtend von seiner eigenen Herrlichkeit. Er war zur gleichen Zeit im höchsten der Himmel und bei mir. Er hatte die Arme ausgebreitet gegen die Erde; seine fünf Wunden waren offen, und wie fünf Sonnen warfen sie Fluten eines lebendigen leuchtenden, funkelnden Wassers, und von seinen Strahlen ging ein angenehmer, vortrefflicher, lieblicher und besänftigender Duft aus. Die Heiligen, zu denen ich gebetet hatte, waren um Ihn herum und schwammen in der Seligkeit und in der ewigen Herrlichkeit. Nun aber vereinte sich das leuchtende Wasser der fünf Quellen mit der Herrlichkeit dieser Heiligen, wie wenn es keinen freien Platz gefunden hätte: die Heiligen fielen auf ihr Angesicht nieder vor die Füße des Göttlichen Erlösers, und sogleich, durch einen Kanal aus leuchtendem Kristall, ergossen sich die Ströme des leuchtenden Wassers in einen unterirdischen Raum, wo die leidenden Seelen, die die Anrechte hatten, gänzlich von ihren Befleckungen gereinigt wurden. Zwölf Seelen wurden aus dem Fegefeuer erlöst: zwei Bischöfe, sieben Priester, eine Jungfrau und zwei Familienväter. Alles sei zur größeren Verherrlichung GOTTES gesagt. Une fois j'avais prié pour la délivrance de cinq âmes, du nombre de celles qui pendant leur vie avaient le plus honoré la grande Reine du ciel et de la terre, je vis notre très amoureux JÉSUS, tout glorieux et resplendissant de sa propre gloire. Il était tout à la fois dans le plus haut des cieux et près de moi. Il avait les bras étendus vers la terre; ses cinq plaies ouvertes et comme cinq soleils jetaient des flots d'une eau vive, brillante, scintillante et de ses rayons s'exhalait un agréable, exquis, suave et reposant parfum. Les saints que j'avais priés étaient autour de Lui et nageaient dans la béatitude et la gloire éternelle. Or l'eau lumineuse des cinq sources se joignit à la gloire de ces saints, comme si elle n'eût pas trouvé de place vacante: les saints se prosternèrent aux pieds du Divin Rédempteur et, immédiatement, par un canal de brillant cristal, les jets d'eau lumineuse furent introduits dans un souterrain où les âmes souffrantes qui avaient les suffrages furent entièrement lavées de leurs taches. Douze âmes furent délivrées du purgatoire: deux évêques, sept prêtres, une vierge et deux pères de famille. Tout soit dit pour la plus grande gloire de DIEU. 187
Indem ich Dank sagte unserem Schöpfer für alle Gnaden, die er seinen Geschöpfen gewährt, sagte ich mir, daß seine Güte, seine Liebe, seine große Liebe nicht bekannt sein müssen; denn er würde geliebt sein von allen Menschen ohne Ausnahme. Das Attribut seiner Gerechtigkeit will sein Recht: jegliche Seele, die, wenn sie diese Welt verläßt, nicht ohne Befleckung ist, ist unfähig, die göttliche Majestät von Angesicht zu Angesicht zu sehen und verlangt selber nach dem Bad der Reinigung, das unmittelbar stattfindet. Diese Seele im Fegefeuer sieht ihren Schutzengel. der sie nicht verläßt. Sie liebt GOTT vollkommen, und da sie vollkommen ergeben, gleichförmig dem göttlichen Willen ist, betet sie an, liebt sie die allergerechteste Gerechtigkeit des Allerhöchsten; sie bittet GOTT weder für sich noch (insofern sie noch im Feuer ist) für die andern; denn sie ist in einem Zustand der Verdemütigung (II). GOTT, dessen Liebe zu den Sterblichen unbegreiflich ist, inspiriert irgend jemand, die göttliche Barmherzigkeit im anbetungswürdigen Namen JESU zu bitten, oder kraft der Verdienste seiner Dornenkrone oder auch durch die Verdienste seiner Geißelung oder seines Fastens, seines Durstes, diese oder jene Seele aus dem Fegefeuer zu befreien! Oh! Liebe unseres GOTTES, wann werde ich dich so lieben, wie du liebenswert bist! Tout en rendant grâce à notre Créateur pour toutes les grâces qu'il accorde à ses créatures, je me disais que sa bonté, sa charité, son grand amour ne devaient pas être connus, car il serait aimé de tous les hommes sans exception. L'attribut de sa justice veut son droit: toute âme qui en sortant de ce monde n'est pas sans tache est incapable de voir face à face la Majesté divine, et demande elle-même le bain de la purification qui a lieu immédiatement. Cette âme dans le purgatoire voit son ange gardien qui ne la quitte point. Elle aime DIEU parfaitement et comme elle est parfaitement résignée, uniformée à la volonté divine, elle adore, elle aime la très juste Justice du Très-Haut; élle ne prie DIEU ni pour elle ni (tant qu'elle est encore dans le feu) pour les autres; car elle est dans un état d'humiliation (i). DIEU dont l'amour est incompréhensible aux mortels inspire à quelque personne de prier la divine miséricorde au Nom adorable de JÉSUS, ou en vertu des mérites de sa couronne d'épines ou encore par les mérites de sa flagellation ou de son jeûne, de sa soif, de délivrer telle âme du purgatoire. Oh! amour de notre DIEU, quand vous aimerai-je autant que vous êtes aimable! 188
Eines Tages, als ich im Begriffe war, meine Schafe hüten zu gehen, nahm ich mir vor, mit der Hilfe des lieben GOTTES, alle heiligen Glieder meines JESUS CHRISTUS zu grüßen, weil alle mitgeholfen, gelitten und sich dafür geopfert hatten, den Menschen das Paradies zu geben, und darauf fünf Abtötungen zu machen für ein jedes seiner Glieder. Auf dem Felde angekommen, beginne ich meine Andachtsübungen. Oh! Der alte Eifersüchtige! Oh! Die alte Schlange!... Bald hernach sehe ich eine Frau kommen, die Waren bei sich trug (Oh! Der Betrüger!). Gegenüber meinem Felde angelangt, verläßt sie den Weg und kommt, um mich zu veranlassen, ihr herrliche Sachen abzukaufen. Ohne Zeit zu verlieren, sage ich ihr, daß ich nichts brauche; jedoch sie besteht darauf, indem sie sagt, daß ich bei diesem kalten Schneewetter GOTT nicht versuchen dürfe, indem ich mich so leicht kleide. Ich antwortete ihr nicht; sie drängte immer noch; dann, nachdem sie sah, daß ich ihr keine Aufmerksamkeit mehr schenkte: „Hättest du nicht, sagte sie, Ohrringe zu tauschen? Ich habe sehr hübsche, und ich habe welche, die eine Kraft haben; sie betören und bewirken, daß man einen guten kleinen Mann findet." -„Ach! Gnädige Frau, Sie sind an der falschen Adresse; ich will nichts von alle dem was Sie haben, und ich begehre nichts, nichts von allem, was es auf Erden gibt." Es ist wohl nicht nötig zu sagen, daß ich aus der ganzen Kraft meines Geistes die göttliche Barmherzigkeit bat, mir beizustehen, mich von dieser Verführerin zu befreien. Ah! Die Teufels-Frau näherte sich noch immer, bis sie mich fast berührte; aber sie hat mich nicht berührt. „Aber, sagte sie, ein hübscher Gatte, der dich sehr lieben würde, und sogar zwei, wenn du willst: sie sind sehr reich, sie wären dein Glück; willst du, daß ich sie kommen lasse?" Ich sagte zu ihr: „Das genügt, Verführerin, und wenn Sie jemanden kommen lassen, rufe ich meine Mutter." - „Werde nicht böse, armes Kind; du kennst die Welt nicht; du hast noch nie die Freuden der Gesellschaft gekostet; aber wenn du auf mich hörtest, würdest du die Freuden kennen, die man hat, wenn man geliebt wird. Vielleicht haben die formmen Frauen und Männer, die das Martyrium ihrer Vereinsamung leiden, dir den Kopf verdreht, arme Kleine; glaube mir, komm mit mir." Kaum hatte ich dies gehört, da mache ich, außer mir und wie ein Blitz, ein Kreuzzeichen über mich und über den Himmel, indem ich sagte: „Kraft des Blutes meines ERLÖSERS, Himmel, öffnet euch und gebt mir meinen Erlöser." Auf der Stelle kommt ein großer Hund, weiß wie der Schnee und die Füße fuchsrot, herbeigelaufen und bellend, wie um die Frau zu verschlingen, die, ohne ein weiteres Wort zu sagen, die Flucht ergriff und in die Erde eintrat, und der Hund, den Weg zurückgehend, von woher er gekommen war, verschwand. Ewige Ehre unserem dreimal heiligen GOTT! Groß ist sein Erbarmen, immerzu bereit ist er, uns zu Hilfe zu eilen in den Gefahren der Seele und des Leibes. Un jour en allant garder mes brebis, je me proposais, avec l'aide de mon bon DIEU, de saluer tous les membres sacrés de mon JÉSUS-CHRIST, puisque tous avaient coopéré, avaient souffert et s'étaient sacrifiés pour donner le paradis aux hommes; et ensuite de faire cinq mortifications pour chacun de ses membres. Arrivés dans le champ je commence mes dévotions. Oh! le vieux jaloux! Oh! le vieux serpent!... Bientôt après je vois venir une femme qui portait des marchandises (Oh! l'imposteur!). Arrivée vis-à vis de mon champ, elle laisse le chemin et vient m'engager de lui acheter des choses magnifiques. Sans perdre de temps, je lui dis que je n'ai besoin de rien; mais elle insiste disant que par ce temps neigeux et rigide je ne devais pas tenter DIEU en restant si légèrement vêtue. Je ne lui répondis pas; elle insistait toujours; puis voyant que je ne faisais plus attention à elle: «Vous n'auriez pas, dit-elle, des boucles d'oreilles à changer? J'en ai de très jolies et j'en ai qui ont une vertu; elles charment et font trouver un bon petit mari.» -- «Ah! Madame, vous vous trompez d'adresse; je ne veux rien de tout ce que vous avez et je ne désire rien, rien de tout ce qu'il y a sur la terre.» Inutile de dire que de toute la force de mon esprit, je priais la miséricorde divine de me secourir, de me délivrer de cette tentatrice. Eh! la femme démone s'approchait toujours, presque à me toucher, mais elle ne m'a pas touchée. «Mais, dit-elle, un joli mari qui vous aimerait beaucoup, et même deux si vous voulez: ils sont très riches, ils feraient vôtre bonheur; voulez-vous que je les fasse venir?» Je lui dis: «C'est bien assez de vous, tentatrice, et si vous faites venir quelqu'un j'appelle ma Mère.» -- «Ne vous fâchez pas, pauvre enfant, vous ne connaissez pas le monde, vous n'avez jamais goûté les joies de la société, mais si vous m'écoutiez vous sauriez les joies qu'il y a d'être aimée. Peut-être que les dévots et les dévotes qui souffrent le martyre de leur isolement vous ont tourné la tête, pauvre petite; croyez-moi, venez avec moi.» A peine eus-je entendu cela que, hors de moi et comme un éclair je fis un signe de croix sur moi et sur le ciel en disant: «En vertu du sang de mon SAUVEUR, Cieux, ouvrez-vous et donnez-moi mon Sauveur.» A l'instant un gros chien, blanc comme la neige et les pieds roux, arrive en courant et en aboyant comme pour dévorer cette femme, qui sans dire un mot de plus prit la fuite et entra dans la terre; et le chien, en retournant par où il était venu, disparut. Gloire éternelle à notre DIEU trois fois saint! Grande est sa miséricorde toujours prompte à nous secourir dans les dangers de l'âme et du corps. 189
Die Zeit, meine Herrschaften zu verlassen, war gekommen, nachdem der Schnee die Weiden wieder bedeckt hatte; man behielt mich noch einige Wochen; dann begleitete mich meine Herrin zu meinen Eltern, damit sie ihr versprächen, daß ich im neuen Jahr wieder zu ihr zurückkehren würde. L'époque de quitter mes maîtres était arrivée puisque la neige avait recouvert les pâturages; on me garda encore quelques semaines, puis ma patronne m'accompagna chez mes parents, afin qu'ils lui promissent qu'à la nouvelle année je reviendrais chez elle. 190
Meine Mutter erwiderte meinen Gruß nicht, noch meine Zeichen der Liebe; darauf fragte ich sie, womit ich mich beschäftigen solle. Mit erboster Mine antwortete sie, daß sie meiner nicht bedürfe. „Ich weiß es, Julie, du brauchst mich nicht; ich kann jedoch nicht immer so bleiben, ohne etwas zu tun: das wäre ein Mißbrauch der Zeit, die uns der liebe GOTT gibt, um das Paradies zu verdienen." -„Oh! Scheinheilige, sagte sie zu mir, siehe da, du kommst immer noch mit deinem GOTT und deinem Paradies; entferne dich aus meinem Angesicht, du machst noch, daß ich den Kopf verliere." Ich beharrte nicht mehr darauf; ich zog mich in mein Zimmer zurück und dachte an meinen allerliebevollsten JESUS: ich bat ihn, mir die Gleichförmigkeit mit seinem Willen zu schenken und die vollkommene Losschälung von allen vergänglichen Dingen, vor allem, vor allem seine wahre Liebe. Ma mère ne répondit pas à mon bonjour ni à mes signes d'affection; alors je lui demandai à quoi elle voulait que je m'occupe. D'un air fâché elle répondit qu'elle n'avait pas besoin de moi. «Je le sais, Julie, vous n'avez pas besoin de moi; je ne puis cependant pas rester toujours sans rien faire: ce serait abuser du temps que le bon DIEU nous donne pour gagner le paradis.» -- «Oh! bigote, me dit-elle, te voilà encore avec ton bon DIEU et ton paradis; ôte-toi de devant mes yeux, tu me fais perdre la tête.» Je n'insistai plus, je me retirai dans ma chambre et pensai à mon très amoureux JÉSUS: je lui demandai de me donner l'uniformité à son bon plaisir et le parfait détachement de toutes les choses transitoires, surtout, surtout son vrai amour. 191
Nach einigen Tagen kam mein Vater an. Sobald ich ihn hörte, war meine erste Bewegung, zu ihm zu laufen und mich in seine Arme zu werfen: ich ließ diese ganz natürliche und ganz menschliche Handlung sich nicht vollziehen. Ich fuhr fort, mich mit seiner göttlichen Majestät zu unterhalten und sehr in mein Nichts mich hinabzuversenken, sehr um Vergebung meinen GOTT zu bitten für diesen Beginn eines Aktes der Treulosigkeit. Tatsächlich, hat mir mein liebvoller JESUS nicht alle Zuneigungen meines Herzens genommen? ... Ja, und ich habe sie ihm alle gegeben, indem ich im Leben und im Tode unter seiner absoluten Abhängigkeit sein wollte. Au bout de quelques jours mon père arriva. Dès que je l'entendis, mon premier mouvement était de courir me jeter dans ses bras: je ne laissai pas achever ce mouvement tout naturel et tout humain. Je continuai à m'entretenir avec sa divine Majesté, et à descendre beaucoup dans ma nullité, à demander beaucoup pardon à mon DIEU pour ce commencement d'acte d'infidélité. En effet mon amoureux JÉSUS ne m'a-t-il pas ravi toutes les affections de mon coeur?... Oui et je les lui ai toutes données, voulant en la vie et en la mort être sous son absolue dépendance. 192
Mein Vater blieb einige Tage in der Familie; denn es scheint mir, daß da zwei Feiertage waren; dann ging er wieder fort zu seiner Arbeit; und ich nahm meine Einsamkeit wieder auf, nachdem der Wille des Allerhöchsten mir diese Ruhe gab. Mon père resta quelques jours en famille, car il me semble qu'il y eut deux jours de fête; puis il repartit pour son travail; et je repris ma solitude, puisque là volonté du Très-Haut me donnait ce loisir. 193
Während dieser mehreren Monate wünschte meine Mutter sehr, daß jemand zu mir käme, um mich zu bitten, ihre Schafe zu hüten; was mich betrifft, so war ich, durch die göttliche Gnade, indifferent geworden. Ich bat nicht mehr um Leiden. Das, was ich von GOTT erbat in jener Zeit, das war seine heilige Liebe, ihm nie bewußt zu mißfallen, von ihm abzuhängen in allen Dingen sowohl innerlich wie äußerlich, mich gänzlich seinen gesegneten Händen zu überlassen für die Seele und für den Leib; den lebendigen, glühenden und durchdringenden Glauben; der hinübersieht; die Abscheu vor der Sünde, wie man sagt; und da ich die Sünden ohne Zahl nicht kenne, die ich begehe und den festen Entschluß nicht haben kann, sie nicht mehr zu begehen, erbat ich die Gnade, mich all dessen zu enthalten, was der Heiligkeit meines GOTTES zuwider ist, und nur das zu lieben, was die mit der Gottheit meines JESUS verbundene Menschheit liebte, als Er auf Erden war. Pendant ces quelques mois, ma mère désirait beaucoup que quelqu'un vînt me demander pour garder ses brebis; quant à moi, j'étais, par la divine grâce, devenue indifférente. Je ne demandais plus des souffrances. Ce que je demandais à DIEU dans ce temps-là, c'était son saint amour, de ne jamais lui déplaire en le sachant, de dépendre de lui en toutes choses tant intérieurement qu'extérieurement, de m'abandonner entièrement entre ses mains bénies pour l'âme et pour le corps; la foi vive, ardente et pénétrante qui voit au delà; l'horreur du péché, comme on dit; et comme je ne connais pas les péchés sans nombre que je commets et ne puis avoir le ferme propos de ne plus les commettre, je demandais la grâce de m'abstenir de tout ce qui est contraire à la sainteté de mon DIEU, et de n'aimer que ce que l'humanité unie à la divinité de mon JÉSUS aimait étant sur la terre. 194
Mein Vater hatte meiner Mutter empfohlen, mich zum Katechismusunterricht zu schicken; ich ging hin, aber als der Herr Vikar mich abfrug, konnte ich nicht antworten; da ich nicht lesen konnte, konnte ich nicht lernen. Jedesmal, wenn wir aus dem Katechismusunterricht kamen, gingen meine Brüder zu meiner Mutter und sagten ihr, daß ich nie die Fragen zu beantworten wüßte und daß ich die dümmste von allen sei. Meine Mutter schalt mich und nannte mich Scheiheilige, Wilde und Stumme, und sagte, daß ich meine Erstkommunion nie machen werde, daß sie mich bei der ersten Gelegenheit in Dienst geben werde. Unterdessen, immer gestärkt von der göttlichen Gnade, war ich ganz gleichförmig mit dem anbetungswürdigen und allerliebevollsten Willen meines GOTTES und göttlichen Arztes. Durch den Glauben sah ich die Hand des Allmächtigen in allem, was ich zu leiden hatte, wie der Verachtung, dem Spott, der Verlassenheit, der Armut, etc. Alle diese Dinge schienen mir vorzüglich, weil sie mich zu meinem liebevollsten JESUS hintrugen, ihn zu bitten, mir zu helfen, damit ich ihn nicht beleidige, und zu bewirken, daß alles in mir ihn lobe und verherrliche. Mon père avait recommandé à ma mère de m'envoyer au catéchisme; j'y allais, mais quand monsieur le Vicaire m'interrogeait, je ne savais pas répondre; ne sachant pas lire je ne pouvais pas apprendre. Chaque fois que nous sortions du Catéchisme, mes frères allaient dire à ma mère que je ne savais jamais répondre aux questions et que j'étais la plus ignorante de toutes. Ma mère me grondait et m'appelait fausse dévote, sauvage et muette, et disait que jamais je ne ferai ma première communion, qu'elle allait me mettre en service à la première occasion. En attendant, toujours corroborée par la divine grâce, j'étais tout uniformée à l'adorable et très aimable volonté de mon DIEU et divin Médecin. Par la foi je voyais la main du Tout-Puissant dans tout ce que j'avais à souffrir, comme les mépris, les moqueries, l'abandon, la pauvreté, etc. Toutes ces choses me paraissaient excellentes, parce qu'elles me portaient à mon très amoureux JÉSUS, à le prier de me secourir afin que je ne l'offense pas, et de faire que tout en moi le loue et le glorifie. 195
Von Zeit zu Zeit erbat ich von meiner Mutter die Erlaubnis, auszugehen. Ich ging zur Kirche, um an meinen GOTT zu denken, mich mit IHM in allen Lagen seines sterblichen Lebens zu vereinen; dann bat ich ihn um die Gnade, ihn zu lieben, nicht einfach, gefühlsmäßig, sondern mit einer aufrichtigen, tiefen Überzeugung, die allein der Glaube geben kann. Plötzlich befand sich mein Geist in einem großen, halbdunkeln Saal. Es war da eine große Anzahl von Herren, von welchen der Großteil in Hefte oder auf rote lose Blätter schrieb. Jene, die Chefs in dieser Versammlung zu sein schienen, schienen vom Teufel umlagert zu sein; sie redeten und gestikulierten wie verrückt und gaben Befehle: ein Kreuz wurde von einer Mauer des Saales abgehängt und unter ihre Füße geworfen und zerbrochen; man rief: Bravo! Dann kamen Telegramme an, Postpakete (Sie sagen, mein hochwürdiger Pater, daß die Postpakete erst seit ungefähr 25 Jahren existieren! Jedoch, ich weiß nicht, ob es zu dieser Zeit auch Telegramme gab und Eisenbahnen, die ich auch sah); diese Pakete wurden (bezeichneten) Apothekern übergeben. In dieser teuflischen Versammlung waren drei Priester, wovon einer ein Fremder. Man las, was man in die Hefte geschrieben hatte. Oh Schreck!... Die roten losen Blätter wurden auch gelesen, dann von einem der Chefs unterzeichnet und in Paketen fünfen unter ihnen gegeben, damit sie zur angegebenen Stunde angeschlagen würden, und all dies verschwand. „Mein Herr und mein GOTT, was ist dies nur, was ich gesehen habe? Mein lieber JESUS, durch deine Passion, durch die Verdienste deines kostbaren Blutes, nimm von meinem Angesichte so viele Bosheiten!" Aus dem Lichte der großen Gegenwart des Allerhöchsten hörte ich in meinem Innern seine sanfte Stimme: „Meine Tochter, die Versammlung, die du gesehen hast, ist zusammengesetzt aus sektiererischen Feinden GOTTES und der Kirche; ihre Zahl wird umso mehr zunehmen, als die Gläubigen den Glauben verlieren und das Gebet vernachlässigen werden. Die Männer, die in Hefte schrieben, bereiteten neue Gesetze und neue Verfassungen vor, die jede Gerechtigkeit ersticken, unterdrücken und die Bosheit krönen werden. Die losen Blätter sind Haftbefehle, Befehle, die in den Straßen und an öffentlichen Plätzen angeschlagen werden. Die Postpakete sind Medikamente: die (ausgewählten) Apotheker werden die notwendigen Dosen (langsam oder sofort wirkenden Giftes) entsprechend dem Fall beigeben." -„Mein Herr und mein GOTT, halte mich fest und mach, daß ich dich liebe; mach, daß ich dich liebe für alle jene, die dich nicht lieben. Herr, mein GOTT, ich habe Angst vor mir: sag mir, daß ich dich liebe!" - .,Ja, du liebst mich; liebe mich noch mehr", sagte mir mein liebreicher Erlöser. ,.Herr, mein GOTT, was muß ich tun, damit ich dich noch mehr liebe? Du weißt es, ich bin nichts, und dann liebe ich dich, durch dich selbst, in dir selbst und für dich allein, der du der Mittelpunkt meiner ganzen Liebe bist." JESUS sagte zu mir: „Gegenwärtig wirst du mich lieben auf deine Kosten: hilf mir, meine in Verfall geratenen Minister zu ertragen und kämpfe, um so viele Beleidigungen gegenüber meiner Liebe und meiner Heiligkeit wiedergutzumachen." Ich nahm alles an, mit seiner göttlichen Gnade, bis ich zermalmt war, zu seiner Ehre und zur Ausdehnung seines Reiches, und alles endete da. De temps en temps, je demandais à ma mère la permission de sortir. J'allais à l'église pour penser à mon DIEU, à m'unir à Lui dans tous les états de sa vie mortelle; puis je lui demandais la grâce de l'aimer non par simple sentiment mais par une sinre, profonde conviction que la foi seule peut donner. Tout d'un coup mon esprit se trouva dans une grande salle à demi obscure. Il y avait un grand nombre de messieurs dont la plupart écrivaient dans des cahiers ou sur des feuilles volantes rouges. Ceux qui paraissaient chefs dans cette assemblée semblaient être obsédés par le démon; ils parlaient et gesticulaient frénétiquement et donnaient des ordres: une croix fut décrochée d'un mur de la salle et jetée SOUS leurs pieds et brisée; on clama: bravo! Puis des dépêches arrivèrent, des colis postaux (vous dites, mon très Révérend Père, que les colis postaux n'existent que depuis vingt-cinq ans environ! mais je ne sais pas s'il y avait aussi des dépêches en ce temps-là et des chemins de fer que je voyais aussi); les colis furent remis à des pharmaciens (désignés). Dans cette diabolique assemblée, il y avait trois prêtres dont un étranger. On lut ce qu'on avait écrit dans les cahiers. Oh! horreur... Les feuilles rouges volantes aussi furent lues, puis signées par un des chefs et données en paquets à cinq d'entre eux pour être affichées à l'heure indiquée et tout cela disparut. «Mon Seigneur et mon DIEU, qu'est-ce donc que j'ai vu? Mon cher JÉSUS, par toute votre passion, par les mérites de votre précieux sang, ôtez de ma vue tant d'iniquités!» De la lumière de la grande présence du Très-Haut, j'entendis dans mon intérieur sa douce voix: «Ma fille, l'assemblée que vous avez vue est composée de sectaires ennemis de DIEU et de l'Eglise; leur nombre augmentera d'autant plus que les fidèles perdront la foi et négligeront la prière. Les hommes qui écrivaient dans les cahiers préparaient de nouvelles lois et de nouveaux codes qui étoufferont, suffoqueront toute justice et couronneront l'iniquité. Les feuilles volantes sont des arrêts, des ordonnances qui seront affichés dans les rues et les places publiques. Les paquets postaux sont des médicaments: les pharmaciens (choisis) mettront les doses nécessaires (poison lent ou expéditif) selon les cas.» -- «Mon Seigneur et mon DIEU, tenez-moi bien et faites que je vous aime; faites que je vous aime pour tous ceux qui ne vous aiment pas. Seigneur mon DIEU, j'ai peur de moi: dites-moi que je vous aime!» -- «Oui, vous m'aimez, aimez-moi davantage», me dit mon aimable Sauveur. «Seigneur, mon DIEU, que faut-il que je fasse pour vous aimer davantage? Vous le savez, je ne suis rien, et alors je vous aime, par vous-même, en vous-même et pour vous seul qui êtes le centre de tout mon amour.» JÉSUS me dit: «A présent vous m'aimerez à vos dépens: aidez-moi à supporter mes ministres déchus, et combattez pour réparer tant d'outrages à mon amour et à ma sainteté.» J'acceptai tout avec sa divine grâce, jusqu'à être broyée pour sa gloire et pour l'extension de son règne, et tout finit là. 196
Wie sehr fühlte und erkannte ich mein Nichts in dem großen, unbegrenzten, unerschaffenen Lichte; und auch wie mangelhaft und unvollkommen erschien mir meine Vergangenheit vor dieser in sich so reinen Heiligkeit! Ich konnte nur mich vertiefen in die Abgründe meiner Erbärmlichkeiten und meiner Unfähigkeit, nur das Geringste zur Ehre des Allerhöchsten beizutragen. Combien je sentais et connaissais mon néant dans la grande, l'illimitée Lumière incréée; et aussi combien défectueux et imparfait me paraissait mon passé devant cette sainteté si pure en elle-même! Je ne savais que m'approfondir dans les bas-fonds de mes misères et de mon impuissance à procurer tant soit peu la gloire du Très-Haut. 197
BEGINN DES GUTEN JAHRES COMMENCEMENT DE LA BONNE ANNÉE 198
Eines Tages, bei meiner Rückkehr aus der Kirche, sagte meine Mutter zu mir: „In einem Augenblick wird eine Frau kommen, um dich zu holen; du bist für ein Jahr vergeben. " Ungefähr eine Stunde darauf ging ich mit meiner neuen Herrin fort. Ich wollte vorher noch meine beiden Schwestern umarmen. Man gewährte mir dies nicht; und obwohl mich (gemäß meiner Natur) dieser Verzicht viel kostete und mir Tränen aus meinen Augen quollen, war ich gänzlich dem liebenswürdigen Willen meines vielgeliebten JESUS gleichförmig ergeben. Nach ungefähr zwei Stunden Marsches kamen wir im Dorfe Saint-Michel an. Die Familie setzte sich zusammen aus dem Ehemann, seiner Frau (die mich holen kam) und einem jungen Mädchen von zwei oder drei Jahren. Der Schnee bedeckte den Boden; infolgedessen konnte man das Vieh nicht auf die Weiden führen. 0! mein guter Gott, wie bist du gut mit mir gewesen, die ich so häßlich bin: du hast mir deine gütigen Kreuze noch nicht entzogen; sei gesegnet dafür auf ewig! Un jour, à mon retour de l'église, ma mère me dit: «Dans un moment une femme viendra te prendre, tu es louée pour un an.» Une heure environ après, je partis avec ma nouvelle maîtresse. Je voulais auparavant embrasser mes deux sueurs. On ne m'en donna pas le loisir; et quoique (selon ma nature) cette privation me coûtait beaucoup et que des larmes roulaient dans mes yeux, j'étais entièrement uniformée à l'aimable volonté de mon bien-aimé JÉSUS. Après environ deux heures de marche nous arrivons au village de Saint-Michel. La famille se composait du mari, de sa femme (qui était venue me prendre) et d'une jeune enfant de deux ou trois ans. La neige couvrait la terre; en conséquence on ne pouvait pas conduire les bestiaux au pâturage. Oh! mon bon Dieu, combien vous avez été bon pour moi si vile: vous ne m'avez jamais privée de vos bonnes croix; soyez-en éternellement béni!  
Meine Herrschaften hatten bloß ihr Bett, in welchem auch das kleine Mädchen schlief; und sie hatten es sich vielleicht ausgedacht, mich mit ihnen in ihrem Bett schlafen zu legen. In dieser Familie verrrichtete man das Gebet nicht gemeinsam, da habe ich eben ein bißchen gebetet, und einen Augenblick nachdem sie im Bett waren, sagten sie zu mir, ich solle mich beeilen und mich ins Bett legen. Ich erhebe mich und ich sage: „Wo muß ich mich schlafen legen, ich bitte euch?"- „Hier, sagten sie zu mir; sieh, ich habe dir den Platz gelassen, das Bett ist groß genug; komm schnell, leg dich schlafen." - „Es ist zwecklos, daß ihr mir sagt, mich in eurem Bette schlafen zu legen", habe ich ihnen mit Kraft und Strenge geantwortet, und ich kniete mich wieder hin, um mein Gebet fortzusetzen. Aber meine Herrschaften beharrten darauf, bald mit Schmeicheleien, bald mit Drohungen. Ich bedufte großer Charakter-Stärke: ich fühlte mich zu gewissen Momenten besiegt wegen des Schmerzes, den ich ihnen verursachte durch meinen Starrsinn, und trotzdem war ich ganz fest entschlossen, eher zu sterben als ihnen zu gehorchen! Es scheint mir ein unglaubliches Ding, und dennoch ist es Wahrheit, daß ich trotz aller Kraft meiner Seele in der Verfassung war, mich neben ihnen schlafen zu legen. Bis spät in die Nacht hinein lud man mich ein, wies man mich an, befahl man mir zu gehorchen und mich ins Bett zu legen. Es war ebenso die zweite und die dritte Nacht. Mes patrons n'avaient que leur lit dans lequel couchait aussi la jeune enfant; et ils avaient peuttre combiné de me faire coucher avec eux dans leur lit. Dans cette famille la prière ne se faisait pas en commun; alors je faisais un peu de prière, et un moment après qu'ils étaient au lit, ils me dirent de me dépêcher de me mettre au lit. Je me relève et je dis: «Où faut-il que je me couche, je vous prie?» «Ici, me dirent-ils; voyez, je vous ai laissé la place, le lit est assez grand; venez vite vous coucher.» «Inutile que vous me disiez de me coucher dans votre lit», leur ai-je répondu avec force et fermeté, et je me remis à genoux pour continuer ma prière. Mais mes patrons insistaient, tantôt par des flatteries, tantôt par des menaces. J'avais besoin de beaucoup de force de caractère: je me sentais par moments vaincue à cause de la peine que je leur causais par mon obstination, et malgré [cela] j'étais bien fermement résolue de mourir plutôt que de leur obéir! Il me semble une chose incroyable, et pourtant la vérité, malgré toute la force de mon âme j'étais dans la disposition de me coucher avec eux. Jusqu'à tard dans la nuit, on m'invita, on m'ordonna, on me commanda d'obéir et de me coucher. Il en fut de même la seconde et la troisième nuit. 199
Jetzt ein Gehorsam, der mir leichter fällt: an einem dieser letzten Tage, mein hochverehrter Hirte und Beichtvater, haben Sie mir ungefähr folgendes gesagt: „Aber schreibe auch deine Fehler, deine Treulosigkeiten!" Ich glaube, mein liebster Pater, daß Sie sie also nicht sehen. Also, während dieser Art Kampf mit meinen Herrschaften, während der Nacht vor allem, hatte ich diesen sehr schlechten Gedanken (den ich in meiner ersten Generalbeicht bekannt habe), daß wenn mein Vater sich in der Familie befunden hätte, als meine Herrin mich in ihren Dienst holen kam, er sich ganz gewiß erkundigt haben würde, in welcher Weise ich bei ihr behandelt werden würde: meine Mutter ist nie im Dienst gewesen; sie weiß nicht, was das heißt, bei Fremden wohnen zu müssen. Es ist wohl wahr, daß ich diese Gedanken meiner Eigenliebe, meines Stolzes verwarf; hier haben Sie allzuviel der Fehler und Treulosigkeiten, schon als ich in meinem vierzehnten Jahre war! Ach! Dies ist noch nicht alles: da ich keine Beleidigung GOTTES darin sah, mich im gleichen Bett schlafen zu legen, beschuldigte ich meinen kleinen Bruder, indem ich es wagte, ihm vorzuwerfen, daß ER die Ursache sei des Verdrusses, den ich meinen Herrschaften bereitete, da er mir gesagt hatte, ich dürfe mich nicht mit andern Menschen schlafen legen, weil es mein lieber GOTT nicht wolle; und daß indes er mir vorher den Gehorsam gegenüber meinen Herrschaften einschärfte, wenn sie mir nicht befehlen, das heilige Gesetz GOTTES oder der Kirche zu verletzen. Also, ich hatte auch den Fehler des Murrens, und dieser Fehler zieht nach sich den Stolz (oder vielmehr, ist eine Folge des Stolzes) in seiner ganzen Kraft; weil, es wagen zu murren, bedeutete, daß ich eine Achtung meines eigenen Urteils hatte und mich weiser dünkte, als die anderen, und daß ich nicht blind mich der Meinung und den Ratschlägen unterwarf, die ich erhalten hatte, etc. etc. Ich habe immer festgestellt, daß wenn ich einen Fehler begehe, und dies geschieht leider oft, er von vielen anderen gefolgt ist. Ach! Wenn die Barmherzigkeit nicht unendlich wäre, wäre ich schon lange in der Hölle; und wenn sie meine Tage verlängert, so weil sie meine Bekehrung und eine aufrichtige Buße erwartet. 0! mein liebster und hochwürdigster Pater, haben Sie Erbarmen mit meiner armen Seele, beten Sie, ja, beten Sie für mich, ich bitte Sie darum durch die Liebe; beten Sie für mich, ich bin so unglücklich, weil ich meinen lieben GOTT nicht so liebe, wie ich ihn lieben möchte! Am vierten Tage hatte ich ein Bett für mich alleine! Mein hochwürdigster Pater, wird mir der liebe GOTT nicht grollen, weil ich auf dieses Papier den geringsten Nadelstich schreibe, den ich erlitten habe? ... Mein GOTT, was kostet mich dieser Gehorsam! Maintenant une obéissance qui m'est plus facile: un de ces jours derniers, mon très vénéré Pasteur et Confesseur, vous m'avez dit à peu près ceci: «Mais écrivez aussi vos fautes, vos infidélités!» Je crois, mon très cher Père, que vous ne les voyez pas alors. Ainsi, durant cette espèce de lutte avec mes patrons, pendant la nuit surtout, j'avais cette pensée très mauvaise (que j'ai confessée dans ma première confession générale) que si mon père s'était trouvé en famille quand ma patronne vint pour me louer, bien sûr qu'il se serait enquis de la manière que je serais traitée chez elle: ma mère n'a jamais été en service, elle ne sait pas ce que c'est que d'être logée chez des étrangers. Il est bien vrai que je rejetais ces pensées de mon amour-propre, de mon orgueil; en voilà trop de fautes et d'infidélités, lorsque déjà j'étais dans ma quatorzième année! Eh! ce n'est pas tout encore : ne voyant pas d'offense de DIEU à coucher dans le même lit, je m'en prenais à mon petit Frère, osant lui reprocher d'être cause, Lui, du chagrin que je donnais à mes patrons, en m'ayant dit de ne pas coucher avec d'autres personnes parce que mon bon DIEU ne le voulait pas; et que cependant auparavant il m'inculquait l'obéissance à mes patrons quand ils ne m'ordonnaient pas de transgresser la sainte loi de DIEU ou de l'Eglise. Donc j'avais aussi la faute de la murmuration; et cette faute porte avec elle (ou plutôt est portée par) l'orgueil dans toute sa force; puisque oser murmurer c'était avoir une estime pour mon propre jugement, puis me croire plus sage que les autres, et n'être pas soumise aveuglément aux avis et conseils que j'avais reçus, etc., etc. J'ai toujours remarqué que quand je fais une faute et cela, malheureusement, m'arrive souvent, elle est suivie de plusieurs autres. Ah! si la miséricorde n'était pas infinie, il y a longtemps que je serais dans l'enfer; et si elle prolonge mes jours, c'est qu'elle attend ma conversion et une sincère pénitence. Oh! mon très cher et très Révérend Père, ayez pitié de ma pauvre âme, priez, oui, priez pour moi, je vous le demande par charité; priez pour moi, je suis si malheureuse de ne pas aimer mon bon DIEU comme je voudrais l'aimer! Le quatrième jour, j'eus un lit pour moi seule! Mon très Révérend Père, est-ce que le bon DIEU ne me grondera pas de mettre sur ce papier la moindre piqûre que j'ai soufferte?... Mon DIEU, que cette obéissance me coûte! 200
Am Abend sagte man zu mir, daß ich nun ein Bett habe für mich; ich dankte meinen Herrschaften. Als die Stunde gekommen war, fragte ich, wo man mein Bett hingestellt habe; man ließ es mich sehen, es war zu Füßen des Ihren, außerhalb natürlich. Als sie sich zu Bett gelegt hatten und die Lampe ausgelöscht war, legte ich mich schlafen... wie soll ich sagen? Es war erst am Morgen, daß ich dieses Bett anschaute und betrachtete: es war ein kleines Holz-Bassin (Trog), welches dazu gedient hatte, einem ganz kleinen Schwein zu essen und zu trinken zu geben, welches meine Herrschaften aufziehen wollten und das starb. Dieser in einen Baumstamm ausgehöhlte Trog war weder genug lang noch genug breit, daß ich mich hätte darin schlafen legen können; mit zwei Nägeln war er am Ende des Bettes festgemacht, und darunter, in der Mitte, war er an einem oder zwei tönernen Füßen durch einen Stock unterstützt. Kein Kissen, keine Bettwäsche und keine Decke; darin war ein Paket trockener Disteln. Mein Bett war also geziert mit diesen stechenden Pflanzen. Die erste Nacht legte ich mich hinein, ohne mich auszuziehen, dann die anderen Nächte zog ich mich nur teilweise aus. Es schien mir sehr tröstlich, nichts weiter mehr zu tun zu haben, als meine Arme zu kreuzen: der Göttliche Meister machte seine Geschäfte mit den meinen; ich war sicher, seinen heiligen Willen zu vollbringen; es blieb mir nurmehr, ihm Dank zu sagen für die Gunst, die er mir erwies, indem er mir einen kleinen Anteil gab an den Demütigungen, an den Verächtlichkeiten und an der Geißelung des Sohnes GOTTES. Es schien mir, daß ich hätte mehr leiden wollen, aber ich wagte es nicht, ihn darum zu bitten, da ich in allem in Abhängigkeit seines Wohlgefallens sein wollte, um nichts als seine Verherrlichung zu suchen. Le soir on me dit que maintenant j'avais un lit pour moi; je remerciai mes patrons. L'heure venue, je demandai où l'on avait mis mon lit, on me le fit voir. Il était au pied du leur en dehors bien entendu. Quand ils furent couchés et que la lampe fut éteinte, je me couchai... comment faut-il dire? Ce ne fut que le matin que je regardai et contemplai ce lit: c'était un petit bassin en bois qui avait servi.pour donner à manger et à boire à un tout petit cochon que mes patrons voulaient élever et qui mourut. Ce bassin reusé dans un arbre n'était ni assez long ni assez large pour que je me couche dedans; avec deux clous il était fixé au fond du lit et par-dessous, au milieu, il était soutenu à un ou deux pieds de terre par un bâton. Pas de coussin, pas de draps de lit et pas de couverture; dedans il y avait un paquet de chardons secs. Mon lit était donc garni avec ces plantes piquantes. La première nuit je m'y couchai sans me dévêtir, puis les autres nuits je me dévêtissais en partie seulement. Il me semblait bien consolant de n'avoir plus qu'à me croiser les bras: le Divin Maître faisait ses affaires avec les miennes; j'étais sûre de faire sa sainte volonté; il ne me restait qu'à lui rendre grâce de la faveur qu'il me faisait en me donnant une petite part aux humiliations, aux mépris et à la flagellation du Fils de DIEU. Il me semblait qu'avec sa divine grâce, j'aurais voulu souffrir davantage, mais je n'osais le lui demander, voulant en tout être sous la dépendance de son bon plaisir pour ne chercher que sa gloire. 201
Ich erinnere mich nicht, wieviele Monate nur ich in dieser Familie verblieben bin. Ich weiß, daß ich ungefähr nach einem oder zwei Monaten, die ich dort verbrachte, durch meine Herrschaften erfuhr, daß in diesem Dorf nunmehr drei Kinder von Corps wären. Ungefähr ein Monat nachher kam frühmorgens eines dieser Kinder zu meinen Herrschaften, daß sie mich nach Corps gehen ließen, um meine Eltern zu sehen; mein Herr sagte ihm: „Aber ich weiß nicht, ob sie nach Corps gehen will; sie redet nie; frag sie, ob sie hingehen möchte". -„Und wo ist sie?", fragte dieses Kind, indem es sich ihrem Bette näherte. „Schau unten an meinem Bett". Es nähert sich, schaut stille, dann sagt es zu mir: „Willst du, daß wir unsere Eltern besuchen gehen in Corps?" Ich antwortete: „Ich werde tun, wie meine Herrschaften wünschen." Mein Herr sagte: „Laß sie, wir haben gerade heute viel Arbeit; sie wird an einem anderen Tag gehen." Je ne me rappelle pas combien de mois seulement je suis restée dans cette famille. Je sais qu'après environ un mois ou deux que j'y étais, j'entendis dire par mes maîtres que, dans ce village, maintenant, il y avait trois enfants de Corps. Un mois environ après, un de ces enfants de Corps vint de grand matin demander à mes patrons de me laisser aller à Corps voir mes parents; mon patron lui dit: «Mais je ne sais pas si elle veut aller à Corps; elle ne parle jamais; demandez-lui si elle veut y aller». -- «Et où est-elle?» demanda cet enfant en s'approchant de leur lit. «Regardez après mon lit.» Il s'avoisine, regarde en silence, puis il me dit: «Voulez-vous que nous allions voir nos parents à Corps?» Je répondis: «Je ferais comme veulent mes maîtres.» Mon patron dit: «Laissez-la, nous avons justement aujourd'hui beaucoup d'ouvrage, elle ira un autre jour. 202
In Corps angekommen, machte dieses Kind meinen Eltern und den Einwohnern des Ortes die Beschreibung meines lieben Bettes; und Personen gingen zu meiner Mutter, um ihr zu sagen, daß es eine Grausamkeit sei, mich bei diesen Herrschaften zu lassen; und vielleicht übertrieb man auch. Wie dem auch sei, dieser kleine Bube kehrte zu spät zu seinen Herrschaften zurück, um noch zu den meinen zu kommen; es war erst vier oder fünf Tage nachher, daß er kam und ihnen sagte, daß meine Mutter nach mir verlange, da sie krank sei; daß sie mich gehen lassen müßten. Da sagten meine Herrschaften zu mir: „Hast du dieses Kind gehört? Das ist aber sehr dumm, daß deine Mutter krank ist, es schien uns, daß du gerade für uns gemacht warst; versprich uns, sofort zurückzukommen, wenn deine Mutter wieder in besserer Gesundheit ist." Und ich ging fort, indem ich von Zeit zu Zeit nach dem Weg nach Corps fragte. Arrivé à Corps, cet enfant fit à ses parents et aux habitants du bourg la description de mon cher lit; et des personnes allaient à ma mère lui dire que c'était cruauté de me laisser chez ces patrons; et peut-être aussi exagérait-on. Quoi qu'il en soit ce petit garçon rentra trop tard chez ses patrons pour venir chez les miens; ce ne fut que quatre ou cinq jours après qu'il vint et leur dit que ma mère étant malade avait besoin de moi; qu'il fallait qu'on me laissât partir. Mes patrons alors me dirent: «Vous avez entendu cet enfant? C'est bien fâcheux que votre mère soit malade, il semblait que vous êtes faite pour nous; promettez-nous de revenir aussitôt que votre mère sera mieux.» Et je partis en demandant de temps en temps le chemin pour Corps. 203
Ich hatte, da ich alleine war, Zeit, meine Gewissenserforschung zu machen: ich war nicht zufrieden: ich sagte mir, da ich mich vielleicht nicht genug vernichtet hatte innerlich, für die Gnaden, die mir der Allmächtige gegeben hatte, indem er mich zu diesen so guten Herrschaften verbrachte, und wo ich ohne Lärm mich hätte heiligen und gänzlich hinopfern können, um die Ehre wiederherzustellen, die die Freunde meines JESUS ihm nicht geben wollen. Ich bat ihn um Verzeihung und versprach ihm, mit seiner mächtigen Gnade treuer zu sein. J'avais le temps, étant seule, de faire mon examen. Je n'étais pas contente: je me disais que peut-être je ne m'étais pas assez anéantie intérieurement, pour les grâces que le Tout-Puissant m'avait faites de m'avoir mise chez des maîtres si bons, et où j'aurais pu sans bruit me sanctifier et me sacrifier tout entière, pour réparer la gloire que les amis de mon JÉSUS refusent de lui donner. Je lui demandais pardon et lui promettais d'être plus fidèle avec sa puissante grâce. 204
Ich fand meine Mutter in vollkommener Gesundheit, und am Donnerstag hatte sie mich einer anderen Familie gegeben im Dorfe Quet-enBeaumont. Am Sonntag kam meine neue Herrin mich abholen. Ehre sei der großen Barmherzigkeit des GOTTES der Liebe! Ich hatte beim Wechseln nichts verloren. Je trouvai ma chère mère en parfaite santé et le jeudi elle m'avait donnée à une autre famille du village de Quet-en-Beaumont. Le dimanche ma nouvelle patronne vint me prendre. Gloire à la grande miséricorde du DIEU d'amour! Je n'avais rien perdu au change. 205

DAS GUTE JAHR

LA BONNE ANNÉE

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Diese Familie setzte sich zusammen aus dem Vater, der Mutter, der ungefähr 25jährigen Tochter und dem etwa 23 oder 24jährigen Sohn. Cette famille se composait du père, de la mère, le la fille âgée d'environ vingt-cinq ans et du fils d'environ vingt-trois ou vingt-quatre ans.  
Nachdem ich meine Herrschaften begrüßt und mich zu ihrer Verfügung gestellt hatte, begab ich mich zum Stall, um meine kleine Herde kennenzulernen: sie bestand aus 3 Kühen (wenige Tage hernach erfuhr ich, daß 2 von ihnen, die ich Kühe nannte, Stiere waren) und aus drei oder vier Ziegen. Après avoir salué mes patrons et m'être mise à leur disposition, je me rendis à l'étable pour faire la connaissance de mon petit troupeau: il se composait de trois vaches (peu de jours après on m'apprit que deux que j'appelais vaches étaient deux taureaux) et de trois ou quatre chèvres. 207
Mein Eindruck, als ich bei diesen neuen Herrschaften eintrat, war schwarz, bedrückend und anwidernd: ich wußte diese Bangnis nicht auszudrücken, diese Angst, dieses innerliche Unwohlsein, welches ich wider Willen verspürte, da ich mir Gewalt antat, mich zu überwinden. Diese Leute schauten einem nie ins Angesicht; immer war ihr Blick abgewendet; es schien als wuschen sie nie die Hände noch das Gesicht; man hätte sie für Schornsteinfeger gehalten. Ich war menschlicherweise angewidert von ihren Personen und ihren Blicken. Ich erlitt deswegen sehr große Peinen: mein Geist war wie gekreuzigt. Mehr und mehr hielt ich mein Herz geeint mit meinem gütigsten und liebreichsten JESUS, indem ich alles wollte, umfaßte, was er mir gegenüber zuließ; ich vereinigte meine Empfindungen mit jenen, die das Wort Gottes, mein allerliebster JESUS CHRISTUS, gehabt hatte. Mon impression, en entrant chez ces nouveaux patrons, était noire, affligeante et répugnante: je ne savais pas définir cette angoisse, cette peur, ce malaise intérieur que j'éprouvais involontairement, me faisant violence pour me surmonter. Ces personnes ne regardaient jamais en face; toujours leurs regards étaient tordus; il semblait qu'ils ne se lavaient jamais les mains ni la figure; on aurait dit des ramoneurs. J'étais humainement dégoûtée de leurs personnes et de leurs regards. Je souffrais pour cela des peines très grandes: mon esprit était comme crucifié. De plus en plus je tenais mon coeur dans l'unité de mon tout bon et tout aimant JÉSUS, voulant, embrassant tout ce qu'il daignait permettre à mon égard; j'unissais mes sentiments à ceux qu'avait eus le Verbe de Dieu, mon très amoureux JÉSUS-CHRIST.

 

208
An diesem Abend, im Moment, da sie sich zu Bett legten (ich muß zuerst sagen, daß es da nur ein Zimmer mit zwei Betten für die vier, die sie waren, gab) sagte die Tochter beim Auskleiden zu mir: „Du weißt, daß wir im gleichen Bett schlafen." Ich antwortete ihr: „Wenn es GOTT gefällt", und ich setzte mein Gebet fort. Einen Augenblick nachher sagte mein Herr: „Oh Kleine, du mußt dich ins Bett legen, sonst lösche ich die Lampe aus." Es war das erste Mal, daß ich die Stimme dieses Alten hörte. Ich schaute das Bett seiner Tochter an: ihr Bruder war mit ihr im gleichen Bett; da fragte ich, wo ich mich hinlegen müsse. Die alte Mutter erhob den Kopfvon ihrem Kisssen und sagte zu mir: „In diesem Bett mit meinen zwei Kindern. Und beeile dich, weil das Öl der Lampe ausgeht." Ich antwortete mit Festigkeit, indem ich alle Kraft zusammennahm, die ich trotz der Angst hatte, die mir diese Familie einflößte, daß ich mich nie im Leben mit ihren beiden Kindern schlafen legen würde, daß es meine Religion verbiete und daß ich eher sterben würde als meinem GOTT nicht zu gehorchen. Ihr Gatte schrie: „Leg dich ins Bett, sonst töte ich dich" und er begann, Gotteslästerungen auszustoßen wie ein Dämon. Ich zitterte an allen meinen Gliedern, und ich empfahl mich von ganzem Herzen meinem gekreuzigten lieben und liebenswerten JESUS und meiner liebreichsten Mama. Gewiß hätte ich ohne die mächtige Gnade von oben meinem geliebten Bruder in diesem zeimlich langen bis gegen Weihnachten täglichen Kampfe nicht gehorcht. Es ist wahr, daß es eine relative Ruhezeit von zwei oder drei Wochen gab, und die war während der Erntezeit. Schließlich sagte der Vater, da er erbost war, von neuem zu mir: „Wenn du in vier Minuten nicht im Bett bist, wird dir ein Unglück geschehen." Le soir, au moment de se mettre au lit (il faut dire d'abord qu'il n'y avait qu'une chambre dans laquelle deux lits pour quatre qu'ils étaient), la fille en quittant ses habits me dit: «Vous savez que nous couchons dans le même lit». Je lui répondis: «S'il plaît à DIEU» et je continuai ma prière. Un moment après, mon patron dit: «Oh! petite, il faut vous mettre au lit; autrement, j'éteins la lampe». C'était la première fois que j'entendais la voix de ce vieillard. Je regarde le lit de sa fille: son frère était couché avec elle; alors je demande où je devais me coucher. La vieille mère releva la tête de dessus son coussin et me dit: «Dans ce lit, avec mes deux enfants. Et dépêchez-vous, parce que l'huile de la lampe se consume.» Je répondis avec fermeté, en réunissant toutes les forces que j'avais malgré la peur que m'inspirait cette famille, que jamais de la vie je ne coucherais avec ses deux enfants, que ma religion me le défendait et que je mourrais plutôt que de désobéir à mon DIEU. Son mari cria: «Couchez-vous, sinon je vous tue» et il se mit à blasphémer comme un démon. Je tremblais de tous mes membres et je me recommandais de tout coeur à mon crucifié cher et aimable JÉSUS et à ma douce Maman. Bien sûr que sans la puissante grâce d'en haut, j'aurais désobéi à mon très aimé Frère, dans cette lutte assez longue de chaque jour jusque vers la Noël. Il est vrai qu'il y eut deux ou trois semaines d'une trêve relative et c'était pendant les moissons. Enfin le père irrité me dit de nouveau: «Si dans quatre minutes vous n'êtes pas au lit, un malheur t vous arrive.» 209
Mehr denn je rief ich die göttliche Gnade an, da ich um meine Schwäche wußte; aber mit wie vielen Ängsten wurde ich gepeinigt! Dieser Mann lästerte Gott immer noch, und ich war es, die dies verursachte! Man machte sich lustig über unsere heilige Religion, und ich war es allein, die davon die Ursache war! Mein GOTT, ja, verherrliche Dich in meinen Peinen, aber gestatte niemals, daß ich Dich beleidige in was immer es auch sei. Plus que jamais j'implorais la Divine Grâce, connaissant ma faiblesse; mais de combien de craintes j'étais torturée! Cet homme blasphémait toujours, et c'était moi qui occasionnais cela! On se moquait de notre sainte religion et c'était moi, moi seule qui en étais cause! Mon DIEU, oui, glorifiez-vous dans mes peines, mais ne permettez jamais que je vous offense en quoi que ce soit. 210
Mein Herr löschte die Lampe aus und frägt mich, ob ich im Bett sei. Auf meine verneinende Antwort - Gott lästernd - springt er aus dem Bett und sagt: „Wo bist du?" -„Hier bin ich, beim Bett Eurer Kinder", sage ich ihm. Er findet mich, gibt mir Schläge, dann, indem er mich bei meiner Haube packt, schleppt er mich umher. Darauf, nachdem die Kinnbinde der Haube riß, nahm er mich bei den Haaren und schleppte mich mehrere Male um das Zimmer herum, ließ mich am Boden liegen und kehrte in sein Bett zurück. Ich vermag hier nicht zu sagen, was ich fühlte; ich weiß nur, daß ich einige Minuten nachdem mich mein Herr liegen gelassen hatte, mich dabei fand, der Barmherzigkeit GOTTES zu danken; ich lobpries die gerechten und heiligen Härten seiner Gerechtigkeit; dies bewirkte in mir die Empfindung einer großen Abscheu gegenüber den Beleidigungen, die dem Allerhöchsten angetan werden, vor allen Dingen, wenn sie ihm von seinen nächsten Freunden kommen. Schließlich fühlte ich mich glücklich und überaus frohgemut darüber, daß mein göttlicher Erlöser in seinem Erbarmen - obwohl ich ein Nichts war - sich herabgelassen hatte, mich seiner Leiden zu würdigen. Bis dahin liebte ich . meinen vielgeliebten JESUS CHRISTUS sehr tief, und ich verlangte darnach, ihn mehr zu lieben, ohne jedoch zu wissen, wie und worin ich ihn mehr lieben könnte. Diese Nacht hier war mir wertvoll, und ich bewies es ihm wohl, daß ich ihn mit seiner Gnade mehr liebte als mich selbst; ja, ja, ja, ich liebte ihn, meinen allergütigsten JESUS. Mon patron éteint la lampe et me demande si je suis au lit. A ma réponse négative, tout en blasphémant, il saute du lit et dit: «Où êtes-vous?» -- «Je suis ici, près du lit de vos enfants lui dis-je. Il me trouve, me donne des coups, puis me saisissant par ma coiffure, il me traîne. Alors les mentonnières s'étant cassées, il me prit par les cheveux et me traîna plusieurs fois autour de la chambre, me laissa à terre et retourna dans son lit. Je ne sais dire ici ce que je sentais; je sais seulement que quelques minutes après avoir été laissée par mon patron je me trouvais remerciant la miséricorde de DIEU, j'exaltais les justes et saintes rigueurs de sa justice; cela me fit concevoir une grande horreur des offenses faites au Très-Haut, surtout quand elles lui viennent de ses amis intimes. Enfin, je me sentais heureuse et grandement joyeuse de ce que mon divin Rédempteur dans sa miséricorde, quoique je ne fusse rien, eût daigné m'honorer de ses pâtiments. Jusqu'alors je l'aimais très-beaucoup mon bien-aimé JÉSUS-CHRIST et je désirais l'aimer davantage, sans cependant savoir comment et en quoi je pouvais l'aimer davantage. Cette nuit-là me fut bonne, et je lui prouvai bien qu'avec sa grâce je l'aimais plus que moi-même; oui, oui, oui, je l'aimais mon tout bon JÉSUS. 211
Am Morgen, sobald der Tag anbrach, versuchte ich, mich vom Boden zu erheben; alle meine Glieder schmerzten; nur nach und nach konnte ich mit meinem Speichel das Blut von meinen Augenwimpern wischen: ebenso war mein Kopf am Fußboden angeklebt. Sobald ich mich erheben konnte, ging ich hinkend aber leise, um meine lieben Herrschaften nicht zu wecken, jedoch sie hörten noch die Tür beim Öffnen, und meine Herrin sagte: „Wohin gehst du, Kleine? Du weißt, daß du das Vieh sogleich zur Weide führen mußt." Ich sagte ihr, daß ich zum Brunnen gehe und daß, wenn es GOTT gefalle, ich sehr bald wieder zurück sein würde. Ich trete hinaus - einen Brunnen suchend; da ich einen solchen weder zur Rechten noch zur Linken finde, gehe ich in die an die Wohnstatt grenzende Wiese in der Absicht, mich ein wenig mit dem Morgentau zu waschen, als die innere Stimme zu mir sagte: „Geh nach rechts, hinter das Haus, dort wirst du Wasser finden". Ich gehorchte und fand ein wenig Wasser, das durch einen kleinen Holzkennel floß. Sobald ich damit fertig war und mich auf den Weg zurück zu meinen Herrschaften machte, begegne ich zwei Frauen, die mich fragen, von wo ich sei und ob meine Eltern zuviele Kinder hätten: „Du weißt nicht, armes Kind, daß der Mönch nie weder Hirt noch Hirtin behalten konnte; der letzte Hirt, den er hatte, ist am Samstag fortgegangen: man gab ihm nichts zu essen und man ließ ihn arbeiten wie einen Neger; der arme Kleine ist nur 3 Tage geblieben und das ist noch ein Wunder; die andern sind bloß einen Tag geblieben." Le matin, dès que le jour parut, j'essayai de me relever de terre; tous mes membres étaient endoloris; ce ne fut que peu à peu que je pus avec ma salive, détacher le sang de mes paupières; de même ma tête était collée sur le pavé. Dès que je pus me lever, je marchai en boitant, mais doucement afin de ne pas réveiller mes chers maîtres, mais ils m'entendirent ouvrir la porte et ma patronne dit: «Où allez-vous, petite? Vous savez que vous devez mener paître les bêtes tout à l'heure.» Je lui dis que j'allais à la fontaine et que s'il plaisait à DIEU, je serais bien vite de retour. Je sors cherchant une fontaine; n'en trouvant ni à droite, ni à gauche j'entre dans la prairie attenante à l'habitation pensant me laver un peu avec la rosée du matin, quand la voix intérieure me dit: «Marchez à votre droite, derrière la maison, là vous trouverez de l'eau». J'obéis et trouvai un peu de l'eau qui coulait par un petit canal en bois. Dès que j'eus terminé, comme je prenais le chemin pour rentrer chez mes patrons, je rencontre deux femmes qui me demandent d'où j'étais et si mes parents avaient trop d'enfants: «Vous ne savez pas, pauvre enfant, que le Moine n'a jamais pu garder ni berger, ni bergère; le dernier berger qu'ils avaient est parti samedi: on ne lui donnait pas à manger et on le faisait travailler comme un nègre; le pauvre petit n'est resté que trois jours et c'est merveille; les autres ne sont restés qu'un jour.» 212
Als ich zurück war, waren meine Herrschaften aufgestanden; die Tochter hieß mich das Vieh nehmen, um es zur Weide zu treiben. Ich antwortete, daß ich ihre Besitztümer nicht kännte, daß sie die Güte haben möchte, sie mir zu zeigen. Mein Herr sagte zu mir, daß er mich nicht genommen habe, um mich zu begleiten, ich solle mich beeilen und mich fortmachen von hier! Die Kühe, nein, die Stiere (so nannte man sie) schäumten, stampften mit den Füßen und sträubten sich in dem Maße, wie ich mich ihnen näherte. Dann beginne ich damit, die Ziegen hinauszuführen, auf daß mein Herr nicht böse würde, indem er sähe, daß ich so langsam vorwärts machte; aber die Kühe!... Schließlich kam die Tochter meines Herrn und sagte zu mir: „Mach schnell, gewöhne dir dein ungelenkes Wesen ab", und sie nahm einen Stekken und stellte sich zwischen die Kühe, um sie von ihren Ketten loszubinden, und alsbald machte sie sich davon. Dieses Mädchen sagte zu mir: „Habe immer diesen Stab in Händen, sonst werden dich die Stiere in Stücke reißen." Als ich das Dorf durchquerte, war ich der Gegenstand der Neugierde: die Leute riefen sich zu: „Kommt, schaut die neue Hirtin des Mönches". Die einen sagten: „Morgen werden wir noch ein anderes Gesicht sehen"; andere: „Aber fragen denn die Eltern dieser armen Kinder nicht um Auskunft?" Personen sagten mir: „Arme Kleine, du wirst sehr unter Hunger leiden. Siehst du diesen Obstgarten; er gehört mir, und er trägt viele Früchte; ich erlaube dir, alles zu nehmen, was du essen kannst. Wenn der Hüter dir etwas sagt, wirst du ihm antworten, daß du die Erlaubnis dazu habest." En rentrant, je trouvai mes patrons levés; la fille me dit de prendre les bêtes pour les conduire au pâturage. Je réponds que je ne connaissais pas leurs propriétés, qu'ils eussent la bonté de me les montrer. Mon patron me dit qu'il ne m'avait pas prise pour me faire accompagner, de me dépêcher de m'ôter de là. Je vais à l'étable; mon DIEU que j'avais peur! les vaches, non, les taureaux (c'est ainsi qu'on les appelait) mugissaient, frappaient des pieds et se débattaient à mesure que je m'en approchais. Alors je commence par faire sortir les chèvres afin que mon patron ne se fâche pas en voyant que j'allais trop lentement; mais les vaches!... Enfin la fille de mon maître vint et me dit: «Allons, vite, dégourdissez-vous», et elle prit un bâton et s'entremit entre les vaches pour leur enlever leur chaîne; et aussitôt elles prirent la course. Cette fille me dit: «Ayez toujours ce bâton à la main, autrement les taureaux vous mettraient en morceaux.» En traversant le village, j'étais l'objet de la curiosité; les gens s'appelaient: «Venez voir la nouvelle bergère du Moine». Les uns disaient: «Demain nous verrons encore une nouvelle figure»; d'autres: «Mais les parents de ces pauvres enfants ne demandent donc pas d'information?» Des personnes me dirent: «Pauvre petite, vous allez bien souffrir de la faim. Vous voyez ce verger; il est à moi et il a beaucoup de fruits: je vous permets de prendre tout ce que vous pourrez manger. Si le garde vous dit quelque chose, vous lui répondrez que vous avez la permission.» 213
Ich ging immer noch mit meinen bösen Tieren, ohne zu wissen, wohin ich gehen sollte. Als ich bei einem Hause angelangt war, fragte ich die Person, die sich vorstellte, wo die Gemeinde-Weideplätze wären. Diese Frau macht einige Schritte mit mir, um sie mir zu zeigen und sagt mir: „Du mußt bei dem Mönch sein, diesem Dieb, diesem Mörder, diesem Geizhals; er ist der einzige der auf die Gemeinde-Weideplätze geht; aber du wirst nicht lange bei ihm bleiben." Je marchais toujours avec mes méchantes bêtes sans savoir où je devais aller. Arrivée vers une maison je demande à la personne qui se présente où sont les pâturages communaux. Cette femme fait quelques pas avec moi pour me les indiquer et me dit: «Vous devez être chez Le Moine, ce voleur, cet assassin, cet avare; il n'y a que lui qui aille dans les terres communales; mais Vous ne resterez pas longtemps chez lui.» 214
Ich war in ständiger Aufruhr beim Hüten dieses Viehs und immer in Angst, daß irgend ein Unfall einer Person zustoßen könnte, weil meine Stiere, sobald sie jemanden erblickten, auf und davon liefen und in die Ährenfelder sprangen und die Ernte beschädigten. Und dieser Zustand der Dinge war ungefähr derselbe dieses ganze Jahr 1845 hindurch. Nur an diesem ersten Tag, im Augenblick meiner Heimkehr, dachte ich mit Schrecken, wie ich mich diesen Kühen nähern könnte, um sie in ihrem Stall anzubinden. Da dachte ich an jene Weisung meines lieben und vielgeliebten Bruders: daß der Mensch vor seinem Sündenfall den Tieren gebot, daß er der König alles Geschaffenen war und daß die wildesten Tiere ihm kraft ihrer Natur gehorchten, und so sagte ich mir: „Nachdem mein liebevollster JESUS mich durch die heilige Taufe zum Kinde GOTTES gemacht hat und er, durch sein unfehlbares Wort, durch sein Blut alle meine Sünden getilgt hat, ich doch im Namen der Verdienste seines kostbaren Blutes meinen Kühen befehlen könne, ruhig zu bleiben, wenn ich sie an- oder losbinde". Beim Stalle angekommen band ich sie mühelos an. Ehre GOTT und seiner Barmherzigkeit! Ich wünschte mit großer Innigkeit diese selbe herrliche Vereinigung mit meinem lieben gekreuzigten JESUS und die wirksame Gleichförmigkeit mit seinem anbetungswürdigen und stets liebenswerten Willen. J'étais dans une continuelle agitation en gardant ce bétail et toujours dans la crainte de quelque accident de personne, parce que dès que mes taureaux voyaient quelqu'un, ils partaient en courant, passaient dans les blés et gâtaient les récoltes. Et cet état de choses fut à peu près le même toute cette année 1845. Seulement ce premier jour, au moment de m'en retourner, je pensais avec frayeur comment je pourrais m'approcher de ces vaches pour les attacher dans leur étable. Alors me rappelant cette instruction de mon cher et bien aimé Frère: que l'homme avant sa déchéance commandait aux animaux, qu'il était le roi de tout le créé, et que les bêtes les plus féroces par leur nature lui obéissaient, je me dis: «Puisque mon très amoureux JÉSUS, par le saint Baptême m'a faite enfant de DIEU, et que, par sa parole infaillible, par son sang il a effacé tous mes péchés, je puis donc au nom des mérites de son sang précieux, ordonner à mes vaches de rester tranquilles quand je les attache ou détache». Arrivée à l'écurie, je les attachai sans peine. Gloire à DIEU et à sa miséricorde! Je désirai d'un grand désir cette même belle union avec mon crucifié cher JÉSUS et l'uniformité effective à son adorable et toujours aimable volonté. 215
Da die Stunde, sich zu Bett zu legen, gekommen war, sagte mein Meister zu mir: „Wer nicht im Bett ist in drei Minuten, dem breche ich die Knochen!" Nach einem Augenblick sagte die Tochter zu mir: „Du wirst dein Gebet morgen sagen: komm leg dich ins Bett; hier, sieh wie du ganz getrennt bist von mir, ich habe ein Brett hingemacht." Ich schaue: ein schmales Brett von ungefähr einer Handbreite war auf das Bett gelegt. Ich sagte: Wisset, daß ich mich nicht ins Bett lege, ich muß meinem GOTT gehorchen." Es herrschte Stille für einen Moment. L'heure de se mettre au lit étant venue, mon patron dit: «Qui ne sera pas au lit dans trois minutes, je lui brise les os!» Après un instant la fille me dit: «Vous ferez votre prière demain: venez vous mettre au lit: tenez, voyez, comme vous serez bien séparée, j'ai mis une planche.» Je regarde une étroite planche d'environ un palme de largeur était posée sur le lit. Je dis: «Sachez que je ne me mets pas au lit, je dois obéir à mon DIEU.» On fit un moment de silence. 216
..Oh. mein liebevollster JESUS. mache, daß ich Dich wirklich liebe! Ja, ja, ich fühle, daß ich Dich liebe; und gerade jetzt ist es, da Du mir all meine Liebe, alle meine Zuneigungen an Dich gefesselt hast und da Du mich in Deine heilige Passion mithineingenommen hast; es ist wahrhaftig jetzt, daß Du Dich lieben läßt von mir, Erdenwurm; laß mich nicht, vervollkommne Dein Bild zur Verherrlichung Deines heiligen Namens und zur Heiligung Deiner Diener; und wenn ich, durch meine Vernichtung, Deine Ehre vermehren kann, nimm mein Leben hin, da ich Dir gehöre: ich werfe mich in Deine Arme tot oder lebendig." «Oh! Mon très amoureux JÉSUS, faites que je vous aime effectivement! Oui, oui, je sens que je vous aime; et c'est à présent que vous vous êtes ravi tous mes amours, toutes mes affections et que vous m'avez associée à votre sainte Passion; c'est véritablement à présent que vous vous faites aimer de moi, ver de terre; ne me laissez pas, perfectionnez votre image pour la glorification de votre saint Nom et pour la sanctification de vos Ministres; et si, par ma destruction je puis augmenter votre gloire, prenez ma vie puisque je vous appartiens: je m'abandonne à vous morte ou vivante.» 217
Mein Herr fragte mich, ob ich im Bett sei; ich antwortete nein und daß ich mich nicht hineinlegen dürfe. Rasend erhebt er sich und tut wie am Abend zuvor. GOTT sei gepriesen! Mon patron demanda si j'étais au lit; je répondis que non, et que je ne devais pas m'y mettre. Furieux il se lève et fait comme la veille. DIEU soit béni! 218
Am folgenden Tag ging ich meine Herde hüten, aber im Besitztum meiner Herrschaften, welches mir von einer Frau gezeigt wurde. Gegen Mittag kam der Landaufseher zu mir, fragte mich, woher ich komme und nach dem Namen meiner Eltern: erkannte meinen Vater. Dann sagte er mir, daß alle Leute der drei Dörfer von Quet ihn beauftragt hätten, über die Handlungen des Mönches und über sein Vieh zu wachen, um ihm den Prozeß zu machen; und daß er mich warne, weil er Hochachtung habe vor meinem Vater. Dann sagte er mir, daß ich nicht beim Mönch bleiben solle, usf., usf. Le lendemain, je fus garder mon troupeau, mais dans la propriété de mes maîtres qu'une femme m'avait fait connaître. Vers midi, le garde champêtre vint près de moi, me demanda d'où j'étais et le nom de mes parents: il connaissait mon père. Puis il me dit que tous les gens des trois villages de Quet l'avaient chargé de veiller sur les agissements du Moine et sur son bétail afin de lui faire des procès; et qu'il m'avertissait à cause de l'estime qu'il avait pour mon père. Puis il me dit que je ne devais pas rester chez le Moine, etc., etc. 219
Am Abend, damit ich ins Bett hineingehe, versuchte mein Herr das gleiche Vorgehen wie die zwei vorhergegangenen Tage: nur sagte er, daß er diesmal mit mir Schluß machen würde: er war wütend wie seine Kühe: ich hatte fast keine Haare mehr auf dem Kopf. Er hatte mich geschlagen, herumgezogen, getreten, und er fuhr fort. mich unter seinen Füßen zu zerdrücken, indem er sagte, daß er mich aus dieser Welt schaffen wolle. Und da ich so sterben wollte als Christin, nahm ich alle meine Kräfte zusammen, um ganz laut mein Glaubensbekenntnis zu sagen und zu wiederholen, daß ich nicht mit seinen Kindern im gleichen Bett schlafen wolle. Noch wütender geworden sagte er: „Wo ist meine Hakke, wo ist meine Hacke? Ich werde ihr den Hals durchhauen!" Er hatte noch nicht fertig gesprochen, da hörte ich eine harmonische Musik, und ich hört nicht mehr die Gotteslästerungen. Ein leuchtendes Licht, Jungfrauen gekleidet in silbernem Weiß, umgaben Unseren liebevollen JESUS, diesen guten JESUS, den ich liebe; Sie wissen es, den ich liebe, er ist mein JESUS vom Kalvarienberg, gestorben, um uns zu erlösen. Die Worte, ich verstand sie nicht, es wurde mir gesagt, daß ich sie verstehen werde, wenn ich die Hülle meiner Seele verlassen haben werde. Also verstand ich nicht die gesungenen Worte, aber schon allein die Musik ließ alle meine Schmerzen einschlafen, richtete meine ausgerenkten Glieder und heilte meine Wunden. Unser sehr, sehr liebevolle JESUS tat so, als ob er mich nicht anblickte; er war in der Mitte eines unzugänglichen Lichtes, er war selber dieses Licht und war mit seinem eigenen unvergleichlichen Lichte bekleidet; auf seinem Haupt hatte er drei unterschiedliche Kronen, die jedoch nicht getrennt waren. Die Jungfrauen hielten alle eine andere Blume in der rechten Hand, wie eine Margerite, eine Rose, ein Veilchen, eine Lilie usf.; jede Blume hatte in der Mitte das lebendige, vollkommene Bild unseres süßen und vielgeliebten JESUS CHRISTUS. Ich begriff, daß dies die Aufrichtigkeit der Absicht in der Anwendung der durch diese unterschiedlichen Blumen auf einem Stiel sybolisierten Tugenden bedeute. Und MARIA, die große, unvergleichliche Königin, das Meisterwerk der Hlst. Dreifaltigkeit! Und sie ist unsere Mutter! Ihre Schönheit, ihr Glanz, die Macht, die sie von ihrem göttlichen Sohne erhalten hat, alles in ihr ist so sublim, so groß, daß sie die Freude, die Bewunderung der Engel und aller Seligen ausmacht. Ich würde ihrer Schönheit Eintrag tun, wenn ich, unwissend wie ich bin, versuchen würde, ihre Eigenschaften herzustammeln. Ich liebe sie, das ist alles... Le soir, pour que j'aille au lit, mon maître essaya du même procédé que les deux jours précédents; seulement il dit que, cette fois-ci, il voulait en finir avec moi: il était furieux comme ses vaches: je n'avais presque plus de cheveux sur la tête. Il m'avait battue, traînée, piétinée, et il continuait à me fouler sous ses pieds disant qu'il voulait m'enlever de ce monde. Alors voulant mourir en chrétienne, je ramassai mes forces pour dire haut ma profession de foi et répéter que je ne voulais pas coucher avec ses enfants. Devenu plus furieux, il dit: «Où est ma hache, où est ma hache? que je lui tranche le cou!» Il n'avait pas achevé de parler qu'une harmonieuse musique se fit entendre, et je n'entendis plus blasphémer. Une lumière éclatante, des Vierges vêtues de blanc argenté entouraient Notre amoureux JÉSUS, ce bon JÉSUS que j'aime; vous le savez, celui que j'aime, c'est mon JÉSUS du Calvaire, mort pour nous sauver. Les paroles, je ne les comprenais pas; il me fut dit que je les comprendrais quand j'aurais quitté l'enveloppe de mon âme. Donc je ne compris pas les paroles chantées, mais la seule musique endormit toutes mes douleurs, redressa mes membres disloqués et guérit mes plaies. Notre très et très amoureux JÉSUS feignait de ne pas me regarder; il était au milieu d'une lumière inaccessible, il était lui-même cette lumière et était vêtu de sa propre Lumière incomparable; sur sa tête, il avait trois couronnes distinctes mais non séparées. Les Vierges tenaient chacune une fleur différente à la main droite, comme une marguerite, une rose, une violette, un lys, etc.; chaque fleur avait dans le milieu l'image vivante, parfaite de notre doux et bien-aimé JÉSUS-CHRIST. Je compris que cela signifiait la rectitude d'intention dans la pratique des vertus symbolisées par ces fleurs multiples sur une seule tige. Et MARIE, la grande Reine incomparable, le chef-dœuvre de la très sainte Trinité! Et elle est notre Mère! Sa beauté, sa splendeur, la puissance qu'elle a reçue de son divin Fils, tout en elle est si sublime, si grand, qu'elle fait la joie, l'admiration des anges et de tous les bienheureux. Je gâterais sa beauté si, ignorante que je suis, j'essayais de balbutier ses qualités. Je l'aime, voilà tout... 220
Nach der schönen Musik kamen die Jungfrauen, um mir den Blumenstiel zu überreichen, den sie trugen; ich nahm sie nicht entgegen; ich sagte zu ihnen, daß ich mir nicht zutraue, sie aufzubewahren; daß unsere gute und glorreiche Königin meine Schatzmeisterin sei, daß sie sie doch ihr überreichen möchten und immer unter den selben Bedingungen, d.h. daß mein Göttlicher Bräutigam zu seiner Ehre und zur Heiligung seiner Diener aus diesem Schatz schöpfen möge, dessen Hervorbringer Er gewesen ist. Unsere süße Mutter und große Königin legte diese Blumen mit einer Anmut und einem ganz himmlischen Lächeln auf ihre Brust und bedeckte sie mit einer Falte ihres Kleides. Unser süßer Erlöser blickte mich darauf lieblich an mit seinen schönen durchdringenden Augen und redete in Stille. Er hatte, indem er mir das menschliche Leben beließ, meinen Tod angenommen. Das ist die Bedeutung des Palmzweiges, den er in seiner rechten Hand hielt. Dann verschwand alles. Après la belle musique, les Vierges venaient pour me remettre la tige de fleurs qu'elles portaient; je ne les reçus pas; je leur dis que je ne me fiais pas de les conserver; que notre bonne et glorieuse Reine était ma, trésorière, qu'elles voulussent bien les lui remettre et toujours avec les mêmes conditions, c'est-à-dire que mon Divin Epoux, pour sa gloire et la sanctification de ses Ministres, puisera dans le trésor dont il a été le producteur. Notre douce Mère grande Reine, avec une grâce et un sourire tout célestes, mit ces fleurs sur sa poitrine et les couvrit d'un pli de sa robe. Notre doux Sauveur me regarda alors aimablement avec ses beaux yeux pénétrants et parlant dans le silence. Il avait, en me laissant la vie humaine, accepté ma mort. Voilà la signification de la palme qu'il tenait dans sa main droite. Puis tout disparut. 221
Ich finde mich wieder auf dem Boden sitzend, neben einem zertrümmerten Stuhl. Meine Herrschaften waren noch im Bett. Ich ging hinaus, um ein wenig zu beten im Stall. Nach ungefähr einer Stunde hörte ich, daß meine Herrschaften redeten und unter sich diskutierten; ich gehe zurück, um zu fragen, wohin ich die Tiere führen müsse, und alle sagten mir weiß ich nicht was. Schließlich schimpften sie mit mir und nannten mich verrückter Geist oder Verrückte, ich weiß nicht, und fragten mich, wo ich mich versteckt hätte, da sie mich mit einer Lampe überall gesucht hätten und ich sicher nicht im Hause gewesen wäre, und daß ich, um hinauszugehen, durch das Schlüsselloch hätte hindurchgehen müssen. Dann sagte der Herr zu mir, ich solle mich von seinem Blicke entfernen, weil ich ihn zum Wahnsinn triebe. Je me retrouve assise à terre, à côté d'une chaise en débris. Mes patrons étaient encore au lit. Je sortis pour prier un peu dans l'étable. Après environ une heure, j'entendis que mes maîtres parlaient et discutaient entre eux; je rentre pour demander où je devais mener les animaux, et tous me disaient je ne sais quoi. Enfin ils me grondaient et m'appelaient esprit follet ou follette, je ne sais, et me demandaient où je m'étais cachée, puisque avec une lampe ils m'avaient cherchée partout, et que je n'étais sûrement pas dans la maison, et que pour sortir j'avais dû passer par le trou de la serrure. Puis le patron me dit de me lever de devant ses yeux parce que je le faisais devenir fou. 222
Ich ging die Kühe und die Ziegen holen, und ich ging fort. Mein Leben war wirklich aktiv dieses Jahr; ich lief keine Gefahr einzuschlafen. Zwischen den Kühen und den Ziegen mußte ich immer hin- und herlaufen; aber was mich betrübte, war dies, daß die Kühe Schaden anrichteten, wenn sie die Erntefelder durchquerten, und daß ich manchmal selber auch in die Kornfelder treten mußte, um sie zurückzuholen, da ich es nicht anders tun konnte. Ich bat sehr um Verzeihung bei meinem lieben JESUS CHRISTUS und bei den Personen, denen die Felder gehörten, aber vielfach wußte ich nicht, wer die Besitzer des betreffenden Feldes waren, so daß mein Geist stets gefoltert war, sei es in der Furcht, meinem teuersten Vielgeliebten zu mißfallen, sei es in der Angst, daß meine Kühe irgendjemandem ein Leid antun könnten, und ich hatte noch dazu den Schmerz zu sehen, daß ich meine Herrschaften betrübte, indem ich ihnen nicht gehorchte. J'allai prendre les vaches et les chèvres et je partis. Ma vie était vraiment active cette année; je ne risquais pas de m'endormir. Entre les vaches et les chèvres, je devais toujours être en course; mais ce qui m'affligeait, c'était lorsque les vaches causaient du préjudice, en traversant les champs de récoltes; et que je devais, parfois, pour les faire retourner, passer, moi aussi, dans les blés, ne pouvant faire autrement. Je demandais bien pardon à mon cher JÉSUS-CHRIST et aux personnes à qui les champs appartenaient; mais bien des fois j'ignorais qui étaient les propriétaires de tel champ; de sorte que mon esprit était toujours torturé, soit dans la crainte de déplaire à mon bien cher bien-aimé, soit dans la crainte que mes vaches fissent du mal à quelque personne, et j'avais encore la peine de voir que j'affligeais mes patrons en ne leur obéissant pas. 223
Gegen den Nachmittag, ich weiß nicht was die beiden bösen Kühe in der Ferne erblickten, ob es ein Hase oder ein Hund war, nahmen sie Reißaus und liefen zur Seite des Drac hin. Ich mußte sie mit den Augen verfolgen, um sie nachher zu holen; aber es war so weit... und wie die dritte Kuh allein lassen und die Ziegen? „Mein lieber guter GOTT, hilf mir, rate mir, und mach, daß ich Dich nie beleidige." Ich hatte keine Zeit zu verlieren; schnell nehme ich meinen Stab, auf den ich, vom ersten Tag an, das Kreuz meines über alles geliebten JESUS CHRISTUS gezeichnet hatte; ich pflanzte ihn auf als Begrenzung, dann in größter Eile führe ich die Tiere zum äußeren Rande des Feldes bei der anderen Begrenzung; ich stellte diese Tiere gegenüber dem Kreuz auf und sagte zu ihnen, daß ich ihnen in der Kraft des Kreuzes meines Heilandes verbiete, von der Stelle, wo sie seien, rückwärts zu gehen und das Kreuz, das ihnen gegenüber war, zu überschreiten. Dies gesagt, ging ich fort, um die beiden Stier-Kühe zu suchen. Nachdem ich die Ebene überquert hatte, suchte ich eine Stelle, wo ich meinen Blick nach unten ausweiten konnte, denn ich sah die Kühe nicht mehr. Ich gehe nach rechts, ich marschierte gegen einen Abgrund (in unseren Landen nennt man diese „ruines"). Ich schaue und sehe diese beiden Tiere inmitten dieses Abgrundes; sie mußten wohl hineingefallen sein. „Mein GOTT, ich werde sie nie holen können; und wenn ich mich anschicke, in diesen Trümmerhaufen von Schutt und Fels hinabzusteigen, werde ich nicht wieder hinaufkommen, auch nicht die Kühe übrigens, und meine Herrschaften werden bekümmert sein. Jetzt bin ich ganz unglücklich." Kaum hatte ich gesagt, daß ich unglücklich sei, fiel ich auf die Knie, um gegen meine Aussage zu protestieren und um Vergebung zu bitten bei meinem geliebtsten JESUS. Nein, nein, ich war nicht unglücklich, da ich den Willen meines liebvollsten Heilandes in seinen erbarmungsvollen Absichten ausführte, den ich anbetete und den ich liebte über alle Dinge. Möge der Geist JESU CHRISTI auf immer der Geist meines Geistes sein! Vers l'après-midi, je ne sais ce que les deux vaches méchantes virent dans le lointain, si ce fut un lièvre ou un chien, elles prirent la course et se dirigèrent du côté du Drac. Je devais les suivre des yeux pour ensuite aller les chercher; mais c'était si loin... et comment laisser seules la troisième vache et les chèvres? «Mon cher bon DIEU, aidez-moi, conseillez-moi, et faites que je ne vous offense jamais.» Je n'avais pas de temps à perdre; vite, je prends mon bâton, sur lequel, dès le premier jour, j'avais tracé la croix de mon tout aimé JÉSUS-CHRIST; je la plante sur une limite; puis, en toute hâte, je conduis les bêtes à l'extrémité du champ près de l'autre limite; je fis mettre ces animaux en face de la croix en leur disant qu'en vertu de la croix de mon Sauveur, je leur défendais d'aller en arrière de l'endroit où elles étaient et de dépasser la croix qui était en face d'eux. Cela dit je partis pour chercher les deux vaches taureaux. Après avoir traversé la plaine, je cherchai un endroit pour pouvoir étendre ma vue en dessous, car je ne voyais plus les vaches. Je tourne à droite, je marchais vers un précipice (dans nos pays on appelle cela ruine). Je regarde et je vois ces deux animaux au milieu de ce précipice: ils ont dû y tomber. «Mon DIEU, je ne pourrai jamais aller les chercher; et si je me mets à descendre dans ces décombres de terre et de rochers, je ne pourrai plus remonter ni les vaches d'ailleurs et mes maîtres vont être affligés. A présent je suis malheureuse.» A peine eus-je dit que j'étais malheureuse, que je tombai à genoux pour protester contre mon dire et demander pardon à mon bien-aimé JÉSUS. Non, non, je n'étais pas malheureuse, puisque j'exécutais le bon plaisir de mon amoureux Sauveur dans ses desseins miséricordieux que j'adorais et que j'aimais par-dessus toutes choses. Que l'esprit de JÉSUS-CHRIST soit à jamais l'esprit de mon esprit! 224
Schließlich erhebe ich mich wieder: ich schaute die Tiefe des Abgrundes und suchte, an welcher Stelle ich die Kühe hinaufführen könnte. Ich machte einige Schritte, um zu einer Stelle hinabzusteigen, wo einige Sträucher hingen, die aus dem Boden gerissen waren.. Und! Siehe da, meine beiden Kühe waren im Begriffe hinaufzuklettern, angeführt von meinem Schutzengel, der ihnen den zurückzulegenden Weg zeigte; und sie kamen in gutem Zustande an. Ich dankte ihm, indem ich der großen Barmherzigkeit des Allerhöchsten, meines GOTTES dankte; dann reichte er mir zu trinken in einer Art Kelch wie ein herrliches Glas mit Fuß ganz aus Silber, hell, glitzernd, und das Innere aus getriebenem Gold; dann gab er mir eine rote Blume, die man, wie ich glaube, Nelke heißt, indem er zu mir sagte, ich solle sie im Inhalte des Glases benetzen und sie essen. Ich leistete im ersten Augenblick ein wenig Widerstand. Die Wölfin sagte zu ihm: ,;Darf ich, trotz meiner Treulosigkeiten, dich meinen Freund nennen?" -„Ja, meine liebe Freundin, nenne mich immer Freund, weil ich dein Freund bin, Diener JESU CHRISTI wie du." Die Wölfin: „Alles was auf Erden geschieht, wird bewegt und zugelassen durch die Allmacht des Allerhöchsten zu unserer Heiligung. Nun hat aber unser liebevollster Heiland aus Mitleid und Erbarmen gestattet, damit ich Hilfen hätte, die mich den königlichen Weg zu begehen lehren, den er uns offenbart hat, daß ich in den Dienst von Herrschaften gestellt wurde, die gut zu tun glauben, indem sie mir nie zu essen noch zu trinken geben. Ihre eigene Bosheit, falls sie existiert, beiseitegestellt, ist es GOTT, der dies zuläßt zum Wohle meiner Seele; es ist wirklich Er, der will, daß ich durch den Hunger und den Durst den Luxus und die Liebe der Reichtümer einer großen Zahl der Glieder des Klerus sühne. Ich liebe unseren lieben JESUS, ich liebe Ihn um Seiner selbst willen und weil er gut ist, und ich möchte ihn in alle Herzen tragen, die ihn nicht lieben. Richte du selber über meinen Fall, mein lieber Freund; sind meine Herrschaften nicht für mich Kreuze der Vorsehung? Und muß ich nicht bis zum Tode den heiligen Absichten der Majestät des Allerhöchsten gehorchen? Aber, damit ich nicht durch den Feind alles Guten, durch den gefallenen Engel getäuscht werde, welches Zeichen kannst du mir geben, daß du der Gesandte Unseres Herrn JESUS CHRISTUS bist?..." Er entnahm seiner Brust das Kreuz unseres göttlichen Erlösers und, indem er sich niederwarf, betete er das glorreiche Kreuz an und küßte seine fünf herrlichen und leuchtenden Wunden. „Das ist gut. Mache jetzt einen Akt der Liebe zu GOTT, unseres unerschaffenen GOTTES, des ewigen, der aus Sich selber existiert." Er tat es. Ich werde nicht versuchen, ihn nachzumachen; ich würde diese englische Sprache beschmutzen. Gemäß meinem damaligen Verständnis glaubte ich wohl, daß er ein treuer Engel war und keineswegs ein Engel der Finsternis, verflucht von GOTT, der sich nicht aufrichtig verdemütigen noch ihm Dank sagen könnte für die Wohltat seiner Erschaffung, noch ihn loben könnte für die Gerechtigkeit, die er über die Rebellen-Engel, die stolzen, ausübt. Im Gegenteil, wenn der Engel GOTTES keine Demutsakte macht wie die sterblichen Pilger, so bekennt er doch, geschaffen und in seinem Zustand des Geschöpfes erhalten zu sein durch die Güte GOTTES, daß er seine Verdienste und seine Herrlichkeit den unendlichen Verdiensten des Blutes JESU CHRISTI verdankt, die ihm im voraus zugute kamen und ihn auf ewig jeder Sünde unfähig machten; er gibt GOTT Dank, er betet ihn an und liebt ihn. Enfin je me relève: je regardais la profondeur du précipice et cherchais par quel endroit je pourrais faire monter les vaches. Je fais quelques pas pour descendre à un endroit où étaient arrêtés quelques petits arbrisseaux qui avaient été détachés du terrain... Eh! voilà que mes deux vaches étaient en train de monter, précédées de mon ange gardien qui leur traçait la voie à parcourir; et elles arrivèrent en bon état. Je le remerciai en remerciant la grande miséricorde du Très-Haut mon DIEU; puis il me présenta à boire dans une sorte de calice comme un magnifique verre à pied tout en argent, vif, étincelant, et l'intérieur en or travaillé; puis il me donna une fleur rouge qu'on appelle, je crois, oeillet, me disant de le tremper dans le contenu du verre et de le manger. Je fis au premier instant un peu de résistance. La Louve lui dit: «Est-ce que je puis, malgré mes infidélités vous appelez mon ami?» -- «Oui, ma chère amie, appelez-moi toujours ami, parce que je suis votre ami, serviteur de JÉSUS-CHRIST comme vous.» La Louve: «Tout ce qui arrive sur la terre est mu et permis par la toute-puissance du Très-Haut pour notre sanctification. Or, notre très aimant Rédempteur afin que j'aie des aides pour me faire marcher dans la voie royale qu'il nous a enseignée, a permis par compassion et miséricorde que je sois mise au service de maîtres qui croient bien faire en ne me donnant jamais à manger ni à boire. Mettant à part leur malice propre si elle existe, c'est DIEU qui permet cela pour le bien de mon âme; c'est bien Lui qui veut que j'expie par la faim et la soif, le luxe et l'amour des richesses d'un grand nombre de membres du Clergé. J'aime notre cher sus, je l'aime pour Lui-même et parce qu'il est bon et je voudrais le porter dans tous les coeurs qui ne l'aiment pas. Jugez vous-même mon cas, mon cher ami; mes patrons ne sont-ils pas pour moi des croix de providence? et ne dois-je pas obéir jusqu'à la mort aux sacrés desseins de la Majesté du Très-Haut? Mais pour que je ne sois pas trompée par l'ennemi de tout bien, par l'ange déchu, quel signe avez-vous à me donner que vous êtes l'ambassadeur de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST?...» Il sortit de sa poitrine la Croix de notre divin Rédempteur et se prosternant il adora le crucifix glorieux et baisa ses cinq plaies glorieuses et resplendissantes. «C'est bien. Faites à présent un acte d'amour de DIEU, de notre DIEU incréé, éternel, subsistant par Lui-même.» Il le fit. Je n'essaierai pas de le reproduire: je gâterais ce langage angélique. Selon ma compréhension d'alors, je crus bien qu'il était un ange fidèle et nullement l'ange des ténèbres, maudit de DIEU qui ne peut ni s'humilier sincèrement ni lui rendre grâce pour le bienfait de sa création, ni le louer pour la justice qu'il exerce sur les anges rebelles et orgueilleux. Au contraire, si l'Ange de DIEU ne fait pas des actes d'humilité comme les mortels voyageurs, il reconnaît avoir été créé et conservé dans son état de créature par la bonté de DIEU, qu'il doit ses mérites et sa gloire aux mérites infinis du sang de JÉSUS-CHRIST qui lui ont été appliqués par anticipation et l'ont rendu éternellement impeccable; il rend grâce à DIEU, il l'adore et l'aime. 225
Das Kruzifix verschwand; der Engel erhob sich wieder, machte das Kreuzzeichen und sagte mir, indem er mir das Getränk mit der roten Blume reichte: „Liebe Freundin, den Beweis, daß ich der Engel des Herrn unseres GOTTES bin, habe ich dir gegeben im Heiligen Namen JESU. Nimm aus Liebe zu ihm diese Nahrung, die er dir sendet." Die Wölfin nahm diesen Becher: „Oh! Welch guter Geruch! Er betört mich, bevor ich noch davon trinke!... Aber, sag mir, treuer Freund, wann werde ich ihn lieben? Sag mir was er liebt, damit ich es tue, oder was es in mir gibt, das ihn davon zurückhält zu kommen..." -„Die Erde, liebe Freundin, ist nicht ein Ort der Ruhe noch des Genusses; die vollkommene Liebe hat ihre vollständige Entfaltung einzig in dem Aufenthaltsort der Seligen, weil sie die Göttliche Majestät von Angesicht zu Angsicht und unverhüllt schauen. Du bist noch Pilgerin und in einem vergänglichen Körper: ahme Unseren Herrn JESUS CHRISTUS nach. Von der Vereinigung seiner Gottheit mit seiner heiligen Menschheit bis zu seinem Tode am Kreuze hat er keinen Augenblick aufgehört, in seiner Seele, in seinem Herzen und in seinem Körper zu leiden. Ahme ihn nach im Glauben an seine unendlichen Verdienste." Er verschwand. Schnell führte ich diese Kühe auf die Weide, wo ich die andere und die Ziegen gelassen hatte, um alle zurückzubringen. Le crucifix disparut; l'ange se releva, fit le signe de la croix et me dit en me présentant le breuvage avec la fleur rouge: «Chère amie, la preuve que je suis l'ange du Seigneur notre DIEU, je vous l'ai donnée au Saint Nom de JÉSUS. Prenez pour son amour cette nourriture qu'il vous envoie.» La Louve prit cette coupe: «Oh! quelle bonne odeur! Elle m'enivre avant que je boive!... Mais, dites-moi, ami fidèle, quand est-ce que je l'aimerai? Dites-moi ce qu'il aime afin que je le fasse, ou ce qu'il y a en moi qui l'empêche de venir...» -- «La terre, chère amie, n'est pas un lieu de repos ni de jouissance; l'amour consommé n'a son parfait épanouissement que dans le séjour des bienheureux, parce qu'ils voient la Majesté Divine face à face et à découvert. Vous êtes encore voyageuse et dans un corps corruptible: imitez Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. Depuis l'union de sa Divinité à son humanité sainte jusqu'à sa mort sur la croix, il n'a cessé un instant de souffrir dans son âme, dans son coeur et dans son corps. Imitez-le par la foi en ses mérites infinis.» Il disparut. Vite je conduisis ces vaches dans le pâturage où j'avais laissé l'autre et les chèvres pour ramener toutes mes bêtes chez mes patrons. 226
Nachdem die Stunde des Schlafengehens gekommen war, sagte das Mädchen zu mir: „Wenn es nicht aus Eigensinn ist, daß du es ablehntest, dich ins Bett zu legen, als mein Bruder darin war, so komm und leg dich jetzt ins Bett, da er heute nacht nicht hier ist." Ich antwortete nichts; ich betete ein wenig. In Wirklichkeit hatte ich dennoch einen großen Abscheu, mich in dieses Bett zu begeben; ich zögerte sehr, ich dachte an das, was mir mein vielgeliebter Bruder gesagt hatte. Schließlich befahl mir mein Dienstherr mit rauher Stimme, mich ins Bett zu legen: ich gehorchte unter Zittern, und der junge Bursche kam nicht oder kam nicht mehr. Obwohl ich nur mit diesem Mädchen war, konnte ich nicht schlafen; ich fühlte mich nicht wohl, ohne davon den Grund zu kennen; ich war jedoch niedergedrückt vom Schlaf, ich schlief stehend und manchmal fiel ich wie Blei. Ich betrachtete dann die fürchterlichen Leiden der heiligen Märtyrer, die man dadurch zum Sterben brachte, daß man sie daran hinderte zu schlafen. Mein vielgeliebter Bruder hat mir diese Dinge erzählt, er hatte mir gesagt, daß diese Heiligen sich Tag und Nacht aufrechtstehend halten mußten, und daß, wenn sie schwankten wegen der Schwere ihres Schlafes, man sie mit im Feuer geröteten Klingen schnitt und so sie zwang, stehen zu bleiben. Ich hatte nichts von solchen Torturen, und dennoch bildete ich mir ein, viel zu leiden. Daran kann man meinen Mangel an Liebe, an Großmut und Eifer in der Wiedergutmachung meiner Fehler und jener der Weltlichen in der übertriebenen Sucht nach Bequemlichkeiten ersehen. L'heure de se mettre au lit étant venue, la fille me dit: «Si ce n'est pas par caprice que vous refusiez de vous coucher quand il y avait mon frère, il n'y est pas ce soir, venez vous mettre au lit.» Je ne répondis rien; je faisais un peu de prière. En vérité j'avais quand même une grande répugnance à me mettre dans ce lit; j'hésitais beaucoup, je pensais à ce que m'avait dit mon très-aimé Frère. Enfin mon patron d'une voix rauque m'ordonna de me mettre au lit: j'obéis avec tremblement; et le jeune homme ne vint pas ou ne vint plus. Quoique je ne fusse qu'avec cette fille, je ne pouvais dormir; je me sentais mal à mon aise sans en savoir la raison; j'étais pourtant accablée de sommeil, je dormais debout et parfois je tombais comme un plomb. Je considérai alors les affreuses souffrances des saints martyrs qu'on a fait mourir en les empêchant de dormir. Mon Frère bien-aimé m'avait raconté ces choses, il m'avait dit que ces saints devaient se tenir debout jour et nuit, et que lorsqu'ils chancelaient par la lourdeur du sommeil on les piquait avec des lames rougies au feu et on les obligeait à se tenir debout. A moi il n'y avait rien de ces tortures, et cependant je m'imaginais souffrir presque beaucoup. Par là on peut juger de mon peu d'amour, de mon peu de générosité et de zèle à réparer mes fautes et celles des mondains dans l'excessive recherche des commodités. 227
Eines Sonntags, als ich nach meinen Kühen heraustrat, um sie zur Weide zu führen, begegne ich meinem Vater, der mich besuchen kam. Es scheint, daß die Bewohner dieser Dörfer zu meinen Eltern gegangen waren und sie baten, mich vom Mönch wegzuholen, wenn sie mein Leben erhalten wollten, und daß sie ihnen unangenehme Sachen und vielleicht übertriebene gesagt hatten. Nun, mein Vater fragte mich, ob ich am Mittag die Weide wieder verlassen würde. Auf meine verneinende Antwort sagte er zu mir: „Du hast also etwas zu essen bei dir?" -„Ja", sagte ich ihm. -„Zeig es mir". -„Es ist in meiner Tasche, Papa". -„Ich will es sehen". Ich entnahm meiner Tasche das Stück Brot; mein Vater nahm es, betrachtete es und warf es auf den Boden mit den Worten: „Treib deine Kühe wieder in ihren Stall: ich muß mit deinen Herrschaften reden." Ich hole die Tiere zurück, und mein Vater sagt zu mir: „Schau, weder die Kühe noch die Ziegen haben von deinem zweifach schimmeligen Brot gewollt. Und diesen Morgen, was hast du gegessen, bevor du fortgingst?" - „Papa, hier sind Früchte und ich darf davon überall essen, man hat es mir bewilligt (I)."-„Das ist nicht, was ich dich frage. Was gibt man dir jeden Morgen vor deinem Weggehen, und was gibt man dir zu essen für Mittag? Antworte mir." -„Papa, meine Herrschaften sind sehr beschäftigt, sie wissen, daß ich die Erlaubnis habe, überall, wohin ich gehe, Früchte zu essen, und dann vergessen sie, mir etwas zu geben. Diesen Morgen haben sie es nicht vergessen." - „Und haben sie dir immer von diesem Brot gegeben, wenn sie es nicht vergassen?" -"Oh nein, Papa, heute ist es das erste Mal, daß sie mir Brot gegeben haben." Und mein Vater, sehr erbost, geht zu meinen Herrschaften, und es gab einen großen Spektakel. Mein Vater wollte mich mitnehmen nach Corps; meine Herrschaften, alle vier, stemmten sich dagegen und versprachen, Sorge zu mir zu tragen. Mein Vater glaubte ihnen und ging fort. Un dimanche, en sortant après mes vaches pour les conduire au pâturage, je rencontre mon père qui venait me voir. Il paraît que les habitants de ces villages étaient allés prier mes parents de me retirer de chez le Moine, s'ils voulaient me conserver la vie, et leur avaient dit des choses bien pénibles et peut-être exagérées. Enfin mon père me demanda si à midi je quittais le pâturage. A ma réponse négative il me dit: «Tu portes donc de quoi manger à midi? -- «Oui,» lui dis-je. -- «Fais-le moi voir.» -- «C'est dans ma poche, papa.» -- «Je veux le voir.» Je sortis de ma poche le morceau de pain, mon père le prit, l'examina et le lança par terre en me disant: «Fais rentrer tes bêtes dans leur écurie: j'ai à parler avec tes maîtres.» Je fais revenir les bêtes et mon père me dit: «Regarde, ni les vaches ni les chèvres n'ont voulu de ton pain doublement moisi. Et ce matin, qu'as-tu mangé avant de partir? -- «Papa, ici, il y a des fruits et je puis en manger partout; on me l'a permis (i).» -- «Ce n'est pas ce que je te demande. Qu'est-ce qu'on te donne tous les matins avant ton départ, et qu'est-ce qu'on te donne pour manger à midi? réponds-moi.» -- «Papa, mes maîtres sont très occupés; ils savent que j'ai la permission de manger des fruits partout où je vais, et alors ils oublient de me donner quelque chose. Ce matin ils ne l'ont pas oublié». -- «Et c'est toujours de ce pain qu'ils t'ont donné quand ils ne l'oubliaient pas?» -- «Oh! non, papa, c'est aujourd'hui la première fois qu'ils m'ont donné du pain.» Et mon père très fâché va chez mes patrons et il y eut grand tapage. Mon père voulait m'emmener à Corps, mes patrons, tous quatre, s'y opposaient et promettaient d'avoir soin de moi. Mon père les crut et s'en alla. 228
Da die Zeit der Ernte gekommen war, hatten meine Herrschaften mit gedroschenen Korngarben eine Art Hütte auf ihrem Feld gemacht, um sich darin aufzuhalten bei der Bewachung ihrer Ernte gegen die Diebe. Als nun aber die Nacht hereinbrach, legten sich alle vier auf dem Stroh in dieser Hütte schlafen. Sie wollten natürlich, daß ich mit ihnen schlafe, und da ich es ablehnte, lästerte mein Herr Gott so sehr, daß ich zitterte; und da ich darauf beharrte, nicht einmal in diese Hütte einzutreten, sagte er mir, daß ich, da ich mich nicht ausruhen wolle, arbeiten müsse und Ähren lesen gehen solle. Ich gehorchte. Sobald es wieder Tag wurde, kam er zu sehen, wieviele Ähren ich gesammelt hatte in ihrem Ährenfeld. Er erwiderte, daß dies nicht genügend seien und daß ich in die andern Felder gehen müsse, um Ähren von den Garben zu nehmen. Auf dies hin antwortete ich, daß ich nicht das Gut meines Nächsten stehlen könne. Er wurde zornig und befahl mir, ganze Garben zu holen und sie zu den seinen zu legen. Ich rührte mich nicht; er nahm mich beim Arm und stieß mich vorwärts, indem er mir Worte sagte, die ich nicht verstand. Damit er mich nicht mehr berühre, entfernte ich mich und las Ähren in seinem Feld. Oh, wie diese Leute mir Angst machten! Ich fürchtete sie mehr als den Teufel, und wenn sie mich berührten, hätte ich eine brennende Fackel oder ein glühendes Eisen haben wollen, um sofort die Stelle auszubrennen, an der sie mich berührt hatten. Ich dachte, daß diese Personen, die mich so anekelten, wohl dennoch eine Seele hatten und eine Seele, die zu retten war durch den werktätigen Glauben, und sie beteten nicht, oder wenigstens habe ich sie nie beten gesehen. Das Gebet ist notwendig für uns, es ist ein Gebot. „Vielleicht kannten sie unseren lieben GOTT nicht! Aber warum bin ich so klein? So absolut nichts? Sonst würde ich ihnen unseren lieben GOTT bekanntmachen, ich würde ihnen sagen, wie sehr er gut ist, wie sehr er uns alle liebt." Le temps des moissons étant venu, mes patrons avaient fait avec des gerbes de blé battu, une espèce de cabane dans leur champ, afin de s'y tenir pour garder leur récolte contre les voleurs. Or quand venait la nuit, tous quatre couchaient sur la paille dans cette cabane. Ils voulaient naturellement que je dorme avec eux, et comme je refusais, mon patron blasphémait à me faire trembler; et comme je persistais à ne pas même entrer dans cette cabane, il me dit que puisque je ne voulais pas me reposer, je devais travailler, et d'aller glaner. J'obéis. Dès que le jour commença à paraître, il vint voir combien j'avais recueilli d'épis; je lui dis que j'avais ramassé tous les épis de leur champ de blé. Il répliqua que ça ne suffisait pas, que je devais aller dans les autres champs et prendre des épis aux gerbes. A cela je répondis que je ne pouvais pas voler le bien de mon prochain. Il se rendit furieux et m'ordonna d'aller prendre des gerbes entières et de les mettre avec les siennes. Je ne bougeais pas; il me prenait par le bras et me poussait en avant en me disant des paroles que je ne comprenais pas. Afin qu'il ne me touchât plus, je m'éloignai en glanant dans son champ. Oh! que ces gens-là me faisaient donc peur! Je les craignais plus que le démon et quand ils me touchaient j'aurais voulu avoir une torche enflammée ou un fer rouge pour vite brûler l'endroit touché par eux. Je pensais que tout de même ces personnes qui me répugnaient tant avaient une âme et une âme à sauver par la foi pratique, et ils ne priaient pas, ou du moins je ne les ai jamais vus prier. La prière nous est nécessaire, elle est de précepte. «Peut-être qu'ils ne connaissent pas notre bon DIEU! Mais pourquoi suis-je si petite? si rien du tout? Autrement je leur ferais connaître notre bon DIEU, je leur dirais combien il est bon, combien il nous aime tous.» 229
Als ich es nicht erwartete, fühlte und sah ich, daß man mir Steine nachwarf. Ich schaute. Es war mein Herr, der Steine auflas und sie mir ohne Barmherzigkeit zuwarf; einer traf mich auf den Mund und spaltete mir die obere Lippe, welche lange Zeit nicht heilte (II); schließlich betäubte mich ein Stein auf den Kopf, und ich fiel; aber dies verminderte nicht die Hitze meines Herrn, der wollte, daß ich ihm gehorche, und vielleicht hätte er fortgefahren, wenn in der Ferne nicht jemand gerufen hätte: „Oh, Mörder. Oh, Mörder! Du würdest es verdienen, daß dich die Justiz hängte." Am Abend sagte man mir, ich solle das Vieh in den Stall führen, und daß ich sie nachher immer weiden lassen müsse an dem und dem Ort. Nach ungefähr 14 Tagen kamen sie am Abend nach Hause zurück. Lorsque je ne m'y attendais pas, je sentis et je vis que des pierres m'étaient lancées. Je regardai. C'était mon patron qui ramassait des pierres et me les envoyait sans miséricorde; l'une vint me frapper sur la bouche et me fendit la lèvre supérieure qui mit longtemps à guérir (i); enfin une pierre à la tête m'étourdit et je tombai; mais cela ne ralentit pas l'ardeur de mon patron qui voulait que je lui obéisse, et peut-être aurait-il continué si dans le loin, quelqu'un n'eût pas crié: «Oh! assassin. Oh! assassin, vous méritez que la justice vous pende.» Le soir on me dit de mener les bêtes à l'étable, et qu'après je devais toujours les faire paître à tel endroit. Après environ quinze jours ils revinrent le soir à la maison. 230
Eines Tages, an welchem ich wie gewohnt mit den Kühen weggegangen war, als ich am Abend heimkehrte und ich sie angebunden hatte, fand ich die Türe der Wohnung mit dem Schlüssel abgeschlossen. Ich warete. Während ich wartete, kam ein Unwetter; es begann zu regnen, es blitzte und donnerte. Es war ungefähr Mitternacht; ich wartete immer noch auf meine Herrschaften. Um nicht im Regen zu sein, hätte ich in den Stall gehen können; aber ich hatte so sehr Angst vor diesen Kühen. Und dann machte mir auch die Dunkelheit Angst. Ich setze mich auf die Stiege des Hauses und ich verbringe meine Nacht so unter einem Regen, der bis zum Morgen andauerte. Ich fand die Nacht nicht lange; ich dachte nach, und hatte nicht damit beendet nachzudenken, als es Tag wurde. Es versteht sich, daß es GOTT und an seine Wunder war, an was ich dachte. Am Morgen, zu meiner gewohnten Stunde, waren meine Herrschaften noch nicht gekommen, und so führte ich das Vieh auf die Weide. Ich war indes in Sorge wegen meiner Herrschaften, da ich nicht wußte, ob ihnen irgendein Unfall zugestoßen sei; ich verlangte darnach, sie wiederzusehen, und darum, am Abend, zog ich mich ein wenig früher zurück. Das Haus war immer noch verschlossen... Wie am Vorabend regnete es, und die Kleider, die ich anhatte, waren noch nicht trocken. Eine Nachbarin geht vorüber und sagt zu mir: „Man würde nicht einmal einen Hund auf die Straße lassen und du bleibst draußen? Ist der Mönch vielleicht nicht zuhause?" - „Ich weiß nicht, ich warte", sagte ich ihr, und sie ging in ihr Haus. Gegen elf Uhr kam sie mir sagen: „Wenn der Mönch nicht zurückgekehrt ist, so deshalb, weil er nicht kommt; armes Kind, komm mit mir: ich habe ein Bett für dich." -„Ich danke Ihnen! sagte ich ihr. Es ist gut, daß ich meine Herrschaften abwarte." - „Deine Herrschaften, sagte sie mir, werden für sieben oder acht Tage nicht kommen: sie sind auf Raubzug gegangen, die Schurken." -„Ist es weit bis „la mauraude" (Raubzug)?", fragte ich. - „Aber, la maraude ist kein Dorf; sie gehen stehlen, wenn du das dem andern Wort vorziehst. Der Mönch und seine Familie sind Diebe; komm mit mir." Ich folgte dieser Frau und verbrachte drei oder vier Nächte bei ihr; dann eines Abends finde ich die Türe meiner Dienstherrschaften offen; sie waren zurückgekehrt; ich war glücklich, sie alle wohlauf anzutreffen. Es dauerte aber nicht lange. Nach einem Tag gingen sie wieder fort, und am Abend, als ich vom Hüten der Tiere zurückkam, war die Türe von neuem abgeschlossen und blieb es für mehr als zwei Wochen. Während dieser Zeit ließ es der Allerhöchste zu, daß ich von Tumoren im Gesicht, am Halse und auf den Schultern bedeckt wurde; die Leute nannten dies bösartige Forunkeln; andere sagten, daß es die Blattern oder die Pocken war; andere, daß ich eine Vergiftung hatte. Ich ging jeden Tag auf die Weide mit den Kühen, aber eines Abends, als ich mich zurückzog, kam ein Mann aus der Nachbarschaft mir sagen: „Aber du setzest dich dem Tode aus! Du hast ein sehr hohes Fieber, du mußt dich ins Bett legen." Alsbald traten mehrere Frauen näher und sagten zu diesem Mann: „Aber die Räuber haben den Schlüssel mitgenommen! Wohin willst du, daß sich dieses Kind begebe?" Der Mann sprach: „Sie muß fortgehen, sonst benachrichtige ich ihre Eltern in Corps." Nach ungefähr einer Woche kam einer meiner Brüder, mich abzulösen. Oh, wie schmerzte mich das! Ich hätte tausendmal vorgezogen, beim Mönch zu sterben und daß mein Bruder Heinrich, der zwei Jahre jünger war als ich, nicht so viel Mangel ertragen müßte und schlechte Behandlung; und ich war sehr böse mit mir, mit den Treulosigkeiten, Ursache aller dieser Unbill. Das Herz voller Traurigkeit begab ich mich nach Corps; mein Vater war nicht da. Der Austausch, das versteht sich, konnte meiner Mutter nicht gefallen, die mich alsbald als unbeständig und delikat behandelte. Ich erachtete dies für nichts, ich dachte an die Leiden meines lieben Heinrichs. Nach zwei Tagen sagte ich zu meiner Mutter, daß es mir besser gehe; ich fragte sie, ob sie mich gehen lassen wolle, weil meine Herrschaften für einige Tage abwesend seien und Heinrich ihre Weideplätze nicht kännte und so in Kummer sei. Sie gestattete es mir. Ich nahm Verpflegung mit, um sie Heinrich zu geben, und die ganze Strecke des Weges ging ich nicht, sondern lief ich. Un jour que j'étais allée comme à l'ordinaire avec les vaches, lorsque je rentrai le soir et que les eus attachées, je trouvai la porte de l'habitation fermée à clef. J'attendis. Pendant que j'attendais le temps se mettait à l'orage; il commençait à pleuvoir, il faisait des éclairs et des tonnerres. Il était à peu près minuit, j'attendais toujours mes patrons. Pour n'être pas à la pluie, j'aurais pu aller à l'étable; mais j'avais si peur de ces vaches! et puis l'obscurité aussi me fait peur. Je m'assieds sur l'escalier de la maison et je passe ma nuit ainsi, sous une pluie qui dura jusqu'au matin. Je ne trouvai pas la nuit longue; je pensais, et n'avais pas terminé de penser quand le jour parut. Il est bien entendu que c'est à DIEU et à ses merveilles que je pensais. Le matin, à mon heure ordinaire, mes patrons n'étant pas venus, je conduisis les bêtes au pâturage. J'étais cependant en peine au sujet de mes patrons, ne sachant s'il ne leur était pas arrivé quelque accident; il me tardait de les revoir, et pour cela, le soir, je me retirai un peu plus tôt. La maison était encore fermée... Le temps, comme la veille, s'était mis à la pluie et les habits que j'avais sur moi n'étaient pas encore secs. Une voisine passe et me dit: «On ne mettrait pas un chien à la rue et vous restez dehors? Le Moine n'y est pas peut-être.» -- «Je ne sais pas, j'attends», lui dis-je, et elle entra chez elle. Vers onze heures elle vint me dire: «Si le Moine n'est pas rentré, c'est qu'il ne vient pas; pauvre enfant, venez avec moi: j'ai un lit pour vous». -- «Je vous remercie, lui dis-je! il est bon que j'attende mes patrons.» -- «Vos patrons, me dit-elle, ne viendront pas de sept ou huit jours: ils sont allés à la maraude, les brigands.» -- «Est-ce loin la maraude?» demandai-je. -- «Mais la maraude n'est pas un village; ils vont voler si vous aimez mieux ça que non pas maraude. Le Moine est une famille de voleurs; venez chez moi». Je suivis cette femme et passai trois ou quatre nuits chez elle; puis un soir je trouve la porte de mes patrons ouverte; ils étaient de retour; j'étais heureuse de les voir tous bien portants. Ce ne fut pas pour longtemps. Après un jour, ils repartirent, et le soir, quand je revins de faire paître les bestiaux, la porte était de nouveau fermée et le fut plus de quinze jours. Pendant ce temps, le Très-Haut permit que je fusse couverte de tumeurs à la face, au cou et aux épaules; les gens appelaient cela des furoncles malins; d'autres disaient que c'était la vérole ou variole; d'autres que j'avais été empoisonnée. J'allais tous les jours faire paître les vaches, mais un soir, quand je me retirais, un homme du voisinage vint me dire: «Mais vous vous exposez à la mort Vous avez une très forte fièvre, vous devez vous mettre au lit.» Aussitôt plusieurs femmes s'approchèrent et dirent à cet homme: «Mais les brigands ont emporté la clef! où voulez-vous que cette enfant aille?» L'homme reprit: «Elle doit s'en aller, sinon j'aviserai ses parents à Corps.» Au bout d'une semaine environ, un de mes frères vint me remplacer. Oh! quelle peine j'en eus! J'aurais mille fois préféré de mourir chez le Moine et que mon frère Henri, âgé de deux ans de moins que moi, ne vînt pas souffrir tant de privations et de mauvais traitements; et j'étais très fâchée contre moi, contre les infidélités, cause de tous ces troubles. Le coeur rempli de tristesse, je fus à Corps; mon père n'y était pas. L'échange, cela se comprend, ne pouvait pas plaire à ma mère qui aussitôt me traita d'inconstante et de délicate. Je comptais cela comme rien, je pensais aux souffrances de mon cher Henri. Après deux jours je dis à ma mère que j'étais mieux; je lui demandai si elle voulait me laisser partir, parce que mes patrons étant absents pour quelques jours, Henri ne connaissant pas leurs pâturages sera dans l'ennui. Elle me le permit. Je pris des provisions pour les donner à Henri, et tout le long de la route, je ne marchais pas, je courais. 231
Ich nahm meine Stelle wieder ein und mein Bruder kehrte nach Corps zurück; GOTT sei gepriesen! Meine Herrschaften ließen noch einige Tage auf sich warten; ich fuhr damit fort, die Kühe und die Ziegen jeden Tag auf die Weide zu führen. Eines Morgens fühlte ich einen großen Hunger, und ich hatte nichts. Gewiß, ich hätte von den Früchten essen können, aber es schien mir, daß die Früchte mich nicht nährten, und meine Kräfte verließen mich. Indes, da ich mich kaum mehr aufrecht halten konnte und da ich befürchtete, daß ich die Tiere nicht bewachen könne, versuchte ich eines Tages, Nüsse zu essen; ich las welche unter Nußbäumen auf und aß fünf davon. Einen Augenblick nachher überfiel mich ein Unwohlsein, das Öl stieß mir auf in den Mund, mein Kopf drehte sich und ich sah wirr, ich hatte nicht einmal mehr die Kraft, mich sitzend zu halten; ich legte mich auf die Wiese, indem ich meinen Schutzengel bat, sich meiner Tiere anzunehmen; dann bedeckte ein kalter Schweiß meine Stirn; ich wurde ohnmächtig. Je repris ma place et mon frère s'en retourna à Corps; DIEU soit béni! Mes patrons tardèrent encore quelques jours; je continuai de mener les vaches et les chèvres au pâturage chaque jour. Un matin je sentis une grande faim, et je n'avais rien. Bien sûr j'aurais pu manger des fruits, mais il me semblait que les fruits ne me nourrissaient pas, et mes forces m'abandonnaient. Cependant ne pouvant plus à peine me tenir debout et craignant de ne pouvoir surveiller les animaux, un jour j'essayai de manger des noix: j'en ramassai sous des noyers et en mangeai cinq. Un instant après je fus prise d'un mal au coeur, l'huile me revenait à la bouche, la tête me tournait et je voyais trouble, je n'avais plus même la force de me tenir assise; je me couchai sur l'herbe, priant mon ange gardien d'avoir soin de mes bêtes; puis une sueur froide couvrit mon front, je m'évanouis. 232
Als ich gegen Nachmittag mich wieder daran zu erinnern begann, wo ich mich befand, hörte ich die Schritte eines Mannes, der kam; ich wollte mich schnell erheben, aber ich konnte kaum meinen Kopf ein bißchen heben und alsbald fiel er wieder zurück. Dann hörte ich die Stimme des Mannes, der, indem er zu mir hintrat, zu mir sagte: „Ach! Freundin, du bist leidend?" Ich öffne die Augen und setze mich auf; erschrokken antworte ich, daß ich den Kopf ein wenig wirr hatte, daß, wenn es GOTT gefalle, dies wenigstens genügend vorübergehen würde, damit ich meine Pflicht erfüllen könne. „Sieh hier", sprach der Mann zu mir, indem er mir drei kleine runde, weiche und im Munde fast verschmelzende Brot-Biscuits entgegenhielt. Auf jedem dieser Brote, und aus derselben Substanz, war ein Kruzifix. Ich wollte seine Gabe nicht annehmen (im allgemeinen nahm ich nichts und von niemandem etwas an); er beharrte darauf und sagte mir: „Ich bitte dich darum, gute Freundin, im Namen GOTTES, nimm, du liegst im Sterben; die göttliche Vorsehung kommt dich durch meine Hände stärken: iß gleich jetzt eines dieser kleinen Brote". Ich machte das Kreuzzeichen und küßte das Kruzifix, dann brach ich mit meinen Fingern ein wenig von diesem kleinen Biscuit ab und aß es. Sobald dieses anscheinend Wenige in meinen Magen hinuntergelangt war, fühlte ich mich wie durch Zauber gestärkt. Ich legte die beiden kleinen Brote, die mir übrigblieben, in meine Tasche; diese kraftvollen Brote waren ungefähr so groß wie ein Fünf-Franc-Stück, aber um einiges dicker. Ich fuhr fort, rund herum von meinem kleinen Brot Brosamen abzubrechen, ohne das Kruzifix zu beschädigen, welches ich am Schluß als Ganzes essen wollte, was ich auch tat. Meine Kräfte waren zurückgekehrt; ich dankte dem Manne, der sein Klafter wieder aufhob, um sich zurückzuziehen (denn er war hierher gekommen als ein Mann, der Fallholz aufliest), und ich sagte zu ihm: „Mein Freund, wenn du meinen guten Bruder antriffst, oh, sage ihm, daß ich mich darnach sehne, ihn zu sehen, daß er sofort kommen möge, weil ich Sehnsucht habe, ihn zu sehen, meine Augen suchen ihn überall." -„Und wo ist er, dein Bruder?" fragte mich der Mann. „Mein Bruder, sagte ich ihm, ist bei seiner Mama." -„Und wie ist er?" -„Oh, mein Bruder, sagte ich ihm, ist nicht größer als ich, aber Sie würden ihn sofort erkennen: er ist schöner als alle anderen Kinder, er ist schöner als die Sonne, sein hübsches kleines Gesichtchen ist ein Paradies, es ist weiß wie die schönste Lilie, seine Wangen sind rosa wie die schönsten Rosen im Mai, seine Augen sind hell, milde und durchdringend wie zwei Sonnen, seine süße Stimme klangvoll und lieblich, pflanzt die Liebe in alle Herzen, die sie hören. Gehen Sie, gehen Sie, damit Sie, wenn Sie ihn sehen, sofort erkennen." Und der Mann machte sich davon... Ach!... mein Bruder, mein vielgeliebter Bruder kam nicht. Ich dachte: „Vielleicht hat er Angst gehabt vor diesen häßlichen Kühen? Aber ich hätte ihn beschützt, ich hätte mich töten lassen, um ihn zu verteidigen. Es kann auch sein, daß unser lieber GOTT ihm einige meiner Treulosigkeiten kundgemacht hatte, oder daß irgend eine zu menschlich verrichtete Tat ihm Kummer bereitet hätte! Oh! Lieber und geliebtester Bruder, komm, komm und sage mir meine Unterlassungen und bring mir das wirksame und heiligende Heilmittel. Ich bin böse, ja, aber unser lieber GOTT ist die Güte selbst; er ist ganz aus Liebe geformt und erfüllt zu seinen Geschöpfen, selbst den unwürdigsten, wie mir; komm Bruder meines Herzens, komm, ich verzehre mich in Liebeskummer, dich zu sehen, dich zu hören, wie du zu mir sprichst von meinem liebevollsten JESUS CHRISTUS, den ich aus meinem ganzen Herzen, aus allen meinen Kräften und mehr als mein Leben liebe, komm, wenn es dir unsere Mama gestattet..." Dann brachte ich Danksagungen dar an die göttliche Vorsehung für die Hilfe, die sie mir durch die Hände dieses Mannes gegeben hatte, der mir ein Engel der Güte, gleichzeitig der Größe, der Bescheidenheit, der Vorsicht und der Weisheit zu sein schien. Dann dachte ich: „Ach! Mein Schuß ging nicht ins Ziel! Um die Beleidigungen, die Ungerechtigkeiten wiedergutzumachen, die meinem gütigsten, liebsten JESUS CHRISTUS angetan wurden, hatte ich von meinem ganzen Herzen diese Leiden angenommen, diese Verächtlichkeiten und all die Vernichtungen, die mir gebühren. Ich hätte so gerne vernichtet werden wollen, damit mein geliebtester JESUS geehrt, gekannt und geliebt werde von allen Menschen." Darauf hin antwortete mir eine süße und durchdringende Stimme, die aus der Mitte des großen Lichtes kam: „Das, was du tun wolltest, ist angenommen als geschehen in den Augen des unerschaffenen Seins, des Allmächtigen. Du hast dein Herz von den vergänglichen Dingen geleert, GOTT hat es befähigt Seiner Selbst." Nach diesen intellektuellen Worten konzentrierte ich mich in meine Nichtigkeit; ich hatte weit über die gehörten Worte hinaus begriffen; ich werde davon nur sehr wenig sagen und indem ich das auslasse, was einer Predigt gliche. Der heilige Joseph, Nährvater des Gott-Menschen, Bräutigam der Jungfrau MARIA, ist, nach der Mutter GOTTES, der in der Glorie im Himmel der Himmel erhöhteste Heilige. Seit seiner Jugend, durch den Anstoß des Heiligen Geistes, hatte er die schöne Blume seiner Jungfräulichkeit Gott geweiht. Von mildem, liebenswürdigem, anziehendem, gelehrigem Charakter, war er vor allem demütig von Herzen und im Geiste. Er hatte die Gabe der Reinheit in einem so sublimen Grade, daß er die Reinheit der Engel überbot; er wurde von GOTT geliebt. Sein heroischer Glaube kann nicht verglichen werden, und da dem Glauben das Verdienst und die Ehre zugehört (III), hatte er auch die Glorie des Martyriums. Sein eigentliches Martyrium beginnt mit dem Tag der Reinigung, an welchem er die Prophetie hörte, die sich an unsere süße Mutter MARIA richtete; denn er begriff das Mysterium der Schmerzen seines Adoptivsohnes und MARIENS durch und durch, die so gerechterweise Königin der Martyrer genannt wird. Nun aber liebte der heilige Joseph glühend das göttliche GOTTKind, und er dachte unaufhörlich an die Passion, das es erleiden müßte zur Erlösung des Menschengeschlechts; was aber seinen Schmerz erhöhte, und ihn zahlreiche Tränen vergießen ließ, war, daß er als Kind Adams mit dem Blut seines göttlichen Erlösers erkauft werden sollte. Sein Gebet war ein andauerndes und sein Schweigen fast ungebrochenes. Lorsque vers l'après-midi je commençais à me rappeler où je me trouvais, j'entendis les pas d'un homme qui venait; je voulus vite me lever, mais c'est à peine si je pus un peu relever ma tête qui retomba aussitôt. Alors j'entendis la voix de l'homme qui en avançant près de moi, me dit: «Eh! amie, vous êtes souffrante?» J'ouvre les yeux et m'assieds, effrayée je réponds que j'avais la tête un peu étourdie, que, s'il plaît à DIEU, cela passera du moins assez pour que je puisse faire mon devoir. «Voici», me dit l'homme, en me présentant trois petits pains biscuits, ronds, tendres et presque fondants dans la bouche. Sur chacun de ces pains, et de la même substance, il y avait un crucifix. Je ne voulais pas accepter son don (en général, je n'acceptais rien de personne); il insistait et me dit: «Je vous en prie, bonne amie, au Nom de DIEU, prenez, vous êtes mourante; la divine Providence par mes mains, vient vous corroborer: mangez à présent un de ces petits pains». Je fis le signe de la croix et baisai le crucifix, puis avec mes doigts, je rompis un peu de ce petit biscuit que je mangeai. Dès que ce peu apparent descendit dans mon estomac, je me sentis fortifiée comme par enchantement. Je mis les deux petits pains qui me restaient dans ma poche; ces pains vigoureux étaient à peu près grands comme une pièce de cinq francs, mais tant soit peu plus épais. Je continuai à prendre des miettes tout autour de mon petit pain sans gâter le crucifix que je voulais, à la fin, manger tout entier, ce que je fis. Mes forces étaient revenues; je remerciai l'homme qui reprit sa corde pour se retirer (car il était venu là comme un homme qui va ramasser du menu bois), et je lui dis: «Mon ami, si vous rencontrez mon bon Frère, oh! dites-lui que je languis de le voir, que je suis ici, qu'il vienne, qu'il vienne vite, parce que je languis de le voir, mes yeux le cherchent partout.» -- «Et où est-il votre Frère?» me demanda l'homme. «Mon Frère, lui dis-je, est avec sa Maman.» -- «Et comment est-il?» -- «Oh! mon Frère, lui dis-je, n'est pas plus grand que moi, mais vous le reconnaîtrez vite: il est plus beau que tous les autres enfants, il est plus beau que le Soleil, sa jolie petite figure est un paradis, elle est blanche comme le plus beau lys, ses joues sont rosées comme les plus belles roses de mai, ses yeux sont clairs, doux et pénétrants comme deux soleils, sa douce voix sonore et amoureuse, plante l'amour dans tous les coeurs qui l'entendent. Allez, allez, que si vous le voyez vous le reconnaîtrez aussitôt.» Et l'homme s'en alla... Eh !... mon Frère, mon bienaimé Frère ne vint pas. Je pensais: «Peut-être a-t-il eu peur de ces vilaines vaches? mais je l'aurais protégé, je me serais laissée tuer pour le défendre. Il peut se faire aussi que notre bon DIEU lui ait manifesté quelques-unes de mes infidélités, ou que quelque action faite trop humainement l'aura peiné! Oh! cher et bien-aimé Frère, venez, venez me dire mes manquances et m'apporter le remède efficace et sanctifiant. Je suis méchante, oui, mais notre bon DIEU est la bonté même; il est tout formé et tout rempli d'amour pour ses créatures, même les plus indignes, telles que moi; venez frère de mon coeur, venez, je languis d'amour de vous voir, de vous écouter me parler de mon très amoureux JÉSUS-CHRIST que j'aime de tout mon coeur, de toutes mes forces et plus que ma vie, venez si notre Maman vous le permet...» Ensuite je rendis des actions de grâce à la divine Providence pour le secours qu'elle m'avait donné par les mains de cet homme qui me paraissait un ange de bonté, de grandeur en même temps, de modestie, de prudence et de sagesse. Puis je pensai: «Eh! mon coup a raté! pour réparer les injures, les injustices faites à mon tout bon, tout aimable JÉSUS-CHRIST, j'avais accepté de tout mon coeur ces souffrances, ces mépris et tous les anéantissements qui me sont dus. J'aurais aimé, voulu être détruite, afin que mon tout aimé JÉSUS fût honoré, connu et aimé de tous les hommes.» A cela une douce et pénétrante voix venant du milieu de la grande lumière me répondit: «Ce que vous avez voulu faire est reçu comme fait aux yeux de l'Etre incréé, Tout Puissant. Vous avez vidé votre coeur des choses corruptibles, DIEU l'a rendu capable de Lui-même.» Après ces paroles intellectuelles, je me concentrai dans ma nullité; j'avais compris bien au delà des paroles entendues; je n'en dirai que très peu et en omettant ce qui semblerait prêcher. Saint Joseph, père nourricier de l'Homme-Dieu, époux de la Vierge MARIE, est, après la Mère de DIEU, le saint le plus élevé en gloire dans le ciel des cieux. Dès sa jeunesse, par l'impulsion de l'Esprit-Saint il avait consacré à Dieu la belle fleur de sa virginité. D'un caractère doux, aimable, avenant, docile, il était surtout humble de coeur et d'esprit. Il avait le don de pure en un degré si sublime qu'il surpassa la pureté des anges; il était aimé de DIEU. Sa foi héroïque ne peut se comparer, et comme à la foi est dû le mérite et la gloire (i), il eut aussi la gloire du martyre. Son martyre proprement dit commence le jour de la Purification, en entendant la prophétie faite à notre douce Mère MARIE; car il pénétra le mystère des douleurs de son Fils adoptif et de MARIE si justement appelée Reine des martyrs. Or, saint Joseph aimait ardemment le divin Enfant-DIEU, et il pensait continuellement à la passion qu'il devait endurer pour la rédemption du genre humain; mais ce qui augmentait sa douleur et lui faisait verser d'abondantes larmes c'était que comme enfant d'Adam, il devait être racheté au prix du sang de son divin Rédempteur. Son oraison était continuelle et son silence presque absolu. 233
Der heilige Joseph entschlief in den Armen seines Herrn drei Jahre vor der Kreuzigung; er begab sich in die Vorhölle, um die Frohbotschaft der nahebevorstehenden Erlösung anzukündigen. Beim Tode am Kreuz unseres liebevollsten Retters, erstand der heilige Joseph mit seinem Leibe, aber unsichtbar für das Volk, und, am Tage der Himmelfahrt, trat er ein in die Herrlichkeit der Seligen mit unserem Sieger JESUS-CHRISTUS. Es ist nicht nötig, daß ich sage, daß alle Seelen, die in der Vorhölle waren und daraus befreitwurden, auf der Erde blieben und unserem Herrn das Geleit machten während den vierzig Tagen, die er noch auf Erden verbachte, um den Glauben der Apostel, der Jünger und der kleinen Zahl der Gläubigen zu festigen; jedermann weiß dies. Ich habe vergessen zu sagen, daß der heilige Joseph alle Tugenden in heroischem Grad geübt hat; daß er der Patron des guten Todes ist und daß er immer erhört wird von JENEM, der sein SOHN war. Saint Joseph s'endormit dans les bras de son Seigneur trois ans avant le crucifiement; il fut aux Limbes annoncer la salutaire nouvelle de la Rédemption prochaine. A la mort sur la croix de notre très amoureux Sauveur, saint Joseph ressuscita avec son corps, mais invisible au public, et, le jour de l'Ascension, il entra dans la gloire des bienheureux avec notre Vainqueur JÉSUS-CHRIST. Il n'est pas nécessaire que je dise que toutes les âmes qui étaient aux Limbes, en étant sorties, restèrent sur la terre, faisant cortège à Notre-Seigneur pendant les quarante jours qu'il passa encore sur la terre pour affermir la foi chez les Apôtres, les disciples et le petit nombre des croyants; tout le monde sait cela. J'ai oublié de dire que saint Joseph a pratiqué toutes les vertus dans leur héroïsme; qu'il est le patron de la bonne mort et qu'il est joujours exaucé par CELUI qui fut son FILS. 234
Nachdem ich noch mehrere Tage in der Einsamkeit zugebracht hatte und meine lieben Herrschaften zurückgekehrt waren, erboste ich jeden Abend meinen Herrn, weil ich ihm nicht gehorchen wollte. Am Sonntag, der auf ihre Rückkehr folgte, ließ mein Vater, der durch die Nachbarn und durch Heinrich erfahren hatte, was sich zutrug, mich zurückrufen. Meine Herrschaften widersetzten sich, daß ich sie verlasse vor dem Ende des Jahres, d.h. Allerheiligen. Die Nachbarn drängten darauf, daß ich gehen sollte. Schließlich hieß mich mein Herr gehen und wiederzukehren; ich ging fort. Als ich zuhause ankam, war mein Vater gerade daran, sich an seine Arbeit fortzubegeben: er hatte nur mehr Zeit, meiner Mutter zu sagen, daß er nicht wolle, daß ich zum Mönch zurückkehre, noch zu andern Personen in diesem Land. Après être restée plusieurs jours encore dans la solitude, mes chers maîtres étant revenus, tous les soirs je faisais fâcher mon patron parce que je ne voulais pas lui obéir. Le dimanche qui suivit leur retour, mon père qui avait su par les voisins et par Henri ce qui se passait, me fit dire de revenir. Mes patrons s'opposaient à ce que je les quittasse avant la fin de l'année, c'est-à-dire la Toussaint. Les voisins insistaient pour que je parte. Enfin mon patron me dit d'aller voir et de retourner; je partis. Quand j'arrivai à la maison, mon père était sur son départ pour se rendre à son travail: il n'eut que le temps de dire à ma mère qu'il ne voulait pas que je retourne chez le Moine ni chez d'autres personnes dans ce pays. 235

ENDE DES GUTEN JAHRES 1845

FIN DE LA BONNE ANNÉE 1845.

236
Ich war froh, in der Familie zu sein, meine Brüder und meine Schwestern zu sehen; aber meine Schlechtigkeiten gewährten mir diesen Genuß nicht; alle hatten das Verbot erhalten, mit mir zu reden, weil ich - sagte meine Mutter - eine Eigensinnige sei: zuhause würde ich nicht reden, ich würde suchen, allein zu sein, und dann, wenn man mich in den Dienst einer Familie gebe, die meines Charakters sei, würde ich mich langweilen, und ich bleibe nicht dort. Dann fügte sie hinzu: „Ich habe gedacht, sie in ein Land zu geben, das... Meinetwegen, sie wird davon nicht zurückkehren. La Salette ist ein Land von Wölfen, der Schnee schmilzt nie auf seinen Bergen, und wenn es regnet, schwellen die Sturzbäche an, und sie, die ohne Vorsicht einhergeht, wird vom Wasser fortgerissen werden. Meinetwegen, sie wird nicht zurückkehren von diesen Bergen." Meine liebe Mutter redete so sehr laut zu meinen Brüdern, damit ich es höre, so daß ich Angst haben und mich bessern würde von meinem traurigen und wilden Naturell. Unglücklicherweise war diese Falte der Wildheit schon alt in mir; sie zu entwurzeln war schwierig. J'étais contente d'être en famille, de voir mes frères et mes sceurs, mais mes mauvaisetés ne m'en laissaient pas jouir; tous avaient eu la défense de me parler, parce que, disait ma chère mère, j'étais une capricieuse: à la maison je ne parlais pas, je cherchais d'être seule; et puis quand on me mettait au service d'une famille qui était de mon caractère, je m'ennuyais et n'y restais pas. Puis elle ajoutait: «J'ai pensé de la mettre dans un pays que... Va, elle n'en reviendra pas. La Salette est un pays de loups, la neige ne fond jamais sur ses montagnes, et quand il pleut les ravins grossissent, et elle qui marche sans précaution se fera emporter par l'eau. Va, elle n'en reviendra pas de ces montagnes.» Ma chère mère parlait ainsi à mes frères assez haut pour que je l'entende, afin que la peur me fît me corriger de mon naturel triste et sauvage. Malheureusement ce pli de sauvagerie, était déjà vieux en moi; pour le déraciner s'était difficile.  
Einmal gab meine Mutter, als sie umgeben war von ihren Kindern, in leiser Stimme Ratschläge für sie; dann sprach sie ganz laut: „Kinder, geht alle spielen im Freien, ich will alleine bleiben im Hause; geht nach Saint-Roch'. Einer meiner Brüder sagte zu mir: „Komm auch, du", und ich ging mit ihnen bis zur Kapelle des Heiligen. Dann sagten sie zu mir: „Willst du dich tollen?" Ich antwortete, daß ich mich darin nicht verstehe. Da gingen sie zu den Abhängen des kleinen Hügels hinunter, auf dem sich die Kapelle des hl. Rochus befindet, um sich zu belustigen, und ich blieb allein. Ich unterhielt mich mit dem Betrachten der Statue des hl. Rochus durch die zwei kleinen Fenster hindurch; ich bat diesen guten Heiligen, mir vom lieben GOTT die Genesung meiner Seele zu erlangen, damit ich nie wieder meinem vielgeliebten JESUS CHRISTUS, noch meiner Mutter ein Leid tun würde: „Ich sehe sie immer erbost gegen mich, und dies tut mir weh." Und ich betete fünf Gloria Patri zu Unserem Herrn für die Gnaden, die er diesem Heiligen gegeben hatte. Und siehe da, ich hörte die süße, die sanfte, die tröstliche Stimme meines geliebtesten gütigen Bruders, der mich rief: „Meine liebe Schwester, Schwester meines Herzens, ich bin dein." Schnell drehe ich mich um: Oh! Seligkeit, mein Herz sprang vor Freude! Es war tatsächlich mein lieber Bruder, mein so ersehnter Bruder mit seinem engelsanften Antlitz und seinen schönen, paradiesischen Augen. Ich sagte zu ihm: „Oh! mein lieber Bruder, ich schmachtete darnach, dich zu sehen, und manchmal dachte ich, daß wenn du nicht kämest, es vielleicht deshalb wäre, weil ich in irgend etwas unseren JESUS CHRISTUS beleidigt hätte, der die Heiligkeit selbst ist und der ganz Liebe ist für uns; ich bin so elend durch mich selbst!" - „Gleich als der Allerhöchste mir gesagt hatte, mich mit dir erholen zu gehen, Schwester meines Herzens, bin ich gekommen, nach deinem Siege." - „Oh! mein vielgeliebter Bruder, ich habe keine Schwester, die Sieg heißt: eine heißt Maria und die andere Julia, aber keine Sieg (= Victoire). Und mein süßester Bruder, mit einer bewunderungswürdigen Geduld, erklärt mir, lehrt mich und verkündet mir Widersprüche, Kämpfe (einer neuen Art) für die Wahrheit. Mein liebevollster Bruder erklärte mir also, daß Victoire weder der Name einer Person, noch einer Sache sei: daß den Sieg errungen haben oder gesiegt haben das Selbe sei und daß ich bei Sankt Michael und in Quet siegreich gewesen sei!... „Oh! Oh!!.. aber, mein süßer Bruder, erinnerst du dich denn nicht mehr? Du bist es, du selbst, der mir gesagt hattte, was ich tun müsse, deshalb war es, daß ich es vorzog zu sterben als dir nicht zu gehorchen; siehe da, die erste Tatsache ist erhellt. Kommen wir zur zweiten: abgesehen davon, daß viele Male unser gütigster, liebevollster, allmächtiger und ganz barmherziger JESUS CHRISTUS mir einerseits beibrachte, daß der Mensch aus sich nicht fähig ist, die geringste Tat von Wert für das ewige Leben zu vollbringen und andererseits, daß wenn der Mensch den ihm umsonst gewährten Gnaden entspricht, es immer unser barmherziger JESUS CHRIST ist, der, mit seiner doppelten Gnade, ihn stärkt. Unser JESUS CHRIST macht es wie eine gute Mutter, die ihr ganz kleines Kind sehr liebt, welchem sie das Gehen beibringen möchte: sie stellt es ab auf den Boden und sagt zu ihm: „So, nun gehe", und gleichzeitig hält sie es gesichert am Gängelband, ohne daß der kleine Unschuldige es merkt, und ergeht; angelangt am vorgesehenen Ziel ruft man dem Kinde zu: „Sieg, Sieg!!!", während doch, wenn es nicht gefallen ist, dies dank der Mutter und dem Gängelband war, welches sie führte. Wohlan! mein vielgeliebter Bruder, da siehst du, wie mein armer Sieg so sehr dahingeschwunden ist, daß ich davon nicht einmal mehr das kleinste Bißchen sehe." Mein gütigster Bruder mit seinem sanften und himmlischen Antlitz, auf dem die Liebe eingeprägt war, überzeugte mich in seiner Erklärung, daß er recht hatte. Ich sage seine Worte nicht, ich würde sie verderben; hier der Sinn davon: Die Barmherzigkeit GOTTES ist größer als seine Gerechtigkeit, GOTT will das ewige Heil aller Menschen, und allen gibt er die notwendigen Gnaden. Mit diesen jedem Menschen angemessenen Gnaden, entsprechend seinem Stand, seiner Verfassung, seiner mehr oder weniger erhabenen Berufung, seiner Lage und seiner Fähigkeit, alle können sich retten durch die treue Mitarbeit mit diesen Gnaden. Die Gnaden sind die Talente, die der mit der gesunden Vernunft begabte Mensch zum Fruchttragen bringen muß. Was das ganz kleine Kind betrifft, geben wir ihm für einen Augenblick die Vernunft; die Mutter stellt es auf den Boden und sagt ihm: „Geh", und das Kind, ergeben, vertrauend und schlicht, geht; es sieht nicht die Hand der Vorsehung, es fühlt nicht oder fast nicht das Gängelband, das es sichert, aber es hat die Stimme seiner Mutter gehört, welche ihm gesagt hat, es solle gehen; und da es die Vernunft hat, weiß es auswendig, daß der große GOTT, der alles lenkt und ohne den nichts (außer der Sünde) geschieht, es unterstützen und beschützen wird. Das Kind ist also angelangt dank der Gnade, die es unterstützte und begleitete. Bis dahin ist seine Tätigkeit fast ausschließlich von GOTT; aber das kleine Kind hätte es ausschlagen können, auf den Boden gestellt zu werden von seiner Mutter, der göttlichen Vorsehung, es hat sich dem Willen seiner Mutter ergeben; es hat dem Befehl seiner Mutter entsprochen, indem es seinen eigenen Willen verleugnete; als es sich stolpern sah und beinahe fiel, hätte es sich fürchten und verdrießen können und nicht mehr alleine weiter gehen wollen. Es hat sich selbst bezwungen und ist an dem von der göttlichen Vorsehung vorbestimmten Punkt angekommen: kann man nicht sagen, daß dieses ganz kleine Kind siegreich gewesen ist? Ja, es war es, und in hohem Maße. Une fois, ma mère entourée de ses enfants leur donnait des conseils à demi-voix ; puis tout haut elle dit: «Enfants, allez tous vous amuser dehors, je veux rester seule à la maison; allez à Saint-Roch.» Un de mes frères me dit: «Viens aussi, toi», et je fus avec eux jusqu'à la chapelle du Saint. Puis ils me dirent: «Veux-tu t'amuser?» Je répondis que je ne savais pas faire cela. Alors ils descendirent sur les pentes du petit monticule sur lequel se trouve la Chapelle de Saint-Roch pour s'amuser et je restai seule. Je m'amusais à regarder la statue de Saint Roch par les deux petites fenêtres; je priais ce bon Saint de m'obtenir de mon bon DIEU la guérison de mon âme pour que je ne fasse jamais plus de la peine à mon bien-aimé JÉSUS-CHRIST, ni à ma mère: «Je la vois toujours fâchée contre moi et cela me fait souffrir.» Et je dis cinq Gloria Patri à Notre-Seigneur pour les grâces qu'il avait faites à ce Saint. Et voici que j'entendis la douce, la suave, la consolante voix de mon très aimé petit bon Frère m'appelant «Ma chère soeur, soeur de mon coeur, je suis à vous.» Vite je me retourne : Oh! bonheur, mon coeur a sauté de joie! C'était bien mon cher Frère, mon si désiré Frère avec son angélique douce figure et ses beaux yeux emparadisés. Je lui dis: «Oh! mon cher Frère, je languissais de vous voir, et parfois je pensais que si vous ne veniez pas, c'est que peut-être en quelque chose j'aurais offensé notre JÉSUS-CHRIST qui est la sainteté même et qui est tout amour pour nous; je suis si misérable par moi-même!» -- «Aussitôt que le Très-Haut m'a dit de venir me récréer avec vous,. soeur de mon coeur, je suis venu, après votre victoire.» -- «Oh! mon bien-aimé Frère, je n'ai pas de soeur qui s'appelle Victoire: une s'appelle Marie et l'autre Julie, mais pas de Victoire.» Et mon très doux Frère, avec une admirable patience m'explique, m'enseigne et m'annonce des contradictions, des combats (d'un nouveau genre) pour la vérité. Mon très amoureux Frère m'expliqua donc que victoire était ni le nom d'une personne, ni le nom d'un objet, que victoire gagnée ou avoir vaincu c'était la même chose et qu'à Saint-Michel et à Quet j'avais été victorieuse!... «Oh!! Oh!!... mais, mon doux Frère, vous n'avez donc plus de mémoire? C'est vous, vous-même qui m'aviez dit ce que je devais faire, c'est pourquoi je préférais mourir que de vous désobéir; voilà éclairé le premier fait. Venons au second: outre que bien des fois notre très bon, très amoureux, tout-puissant et tout miséricordieux JÉSUS-CHRIST m'avait fait connaître d'une part que l'homme n'est pas capable par lui-même de faire la moindre action de valeur pour la vie éternelle; d'autre part que si l'homme correspond aux grâces à lui faites gratuitement, c'est toujours notre miséricordieux JÉSUS-CHRIST qui, avec sa double grâce, le corrobore. Notre JÉSUS-CHRIST fait comme une bonne mère qui aime beaucoup son tout petit enfant à qui elle veut apprendre à marcher: elle le met à terre et lui dit: «Allons, marche», en même temps elle le soutient par la lisière sans que le petit innocent y prenne garde, et il marche; de temps en temps il chancelle et vite, la mère, par le moyen de la lisière le retient; arrivé au point déterminé on crie à l'enfant: «Victoire, victoire!!!» tandis que s'il n'est pas tombé c'est grâce à la mère et à la lisière dirigée par elle. Eh bien! mon très aimé Frère, voilà que ma pauvre victoire a tellement disparu que je n'en vois pas le plus petit bout.» Mon très bon Frère avec son doux et céleste visage empreint d'amour me persuada dans son explication qu'il avait raison. Je ne dis pas ses paroles, je les gâterais; en voici le sens. La miséricorde de DIEU est plus grande que sa justice, DIEU veut le salut éternel de tous les hommes et à tous il donne les grâces nécessaires. Avec ces grâces adaptées à chaque homme suivant son état, sa condition, sa vocation plus ou moins sublimes, sa position et sa capacité, tous peuvent se sauver par la fidèle coopération à ces grâces. Les Grâces sont les Talents que l'homme doué de la saine raison doit faire fructifier. Quand au tout petit enfant, donnons-lui pour un instant la raison; la mère le met à terre et lui dit: «Marche», et l'enfant soumis, confiant et simple marche; il ne voit pas la main de la Providence, il ne sent pas ou presque pas la lisière qui le soutient, mais il a entendu la voix de sa mère qui lui a dit de marcher; et comme il a la raison il sait par coeur que le grand DIEU qui dirige tout et sans qui rien (hors le péché) n'arrive, le soutiendra et le protégera. L'enfant est donc arrivé grâce à la grâce qui l'a soutenu et suivi. Jusqu'ici son action est presque toute de DIEU; mais le petit enfant aurait pu refuser d'être mis à terre par sa mère la divine Providence, il s'est résigné à la volonté de sa mère; il aurait pu refuser de marcher, il a correspondu à l'ordre de sa mère, faisant abnégation de sa propre volonté; quand il se voyait trébucher et sur le point de tomber, il aurait pu craindre et s'ennuyer et ne pas vouloir aller plus loin seul. Il a fait des efforts sur lui-même et est arrivé au point fixé par la divine Providence: ne peut-on pas dire que ce tout petit enfant a été victorieux? Oui, il l'a été et très largement. 237
Hernach dankte ich meinem liebevollsten Bruder und bat ihn um sein Gebet für mich elendes Geschöpf; ich erinnerte ihn an sein Versprechen, daß wenn die Stunde gekommen sei, ich ihn küssen dürfe. Mit einem zärtlichen Lächeln sagte er mir, daß nicht ich es sein würde, die ihn küßt, sondern daß Er es sein werde. „Oh! schnell, sagte ich ihm, beeilen wir uns, mein lieber Bruder; aus Liebe zu unserem geliebtesten JESUS CHRIST." Er küßt mich auf die Stirn, auf die Lippen und auf die Brust; er segnete mich mit einem Kreuzzeichen und ging fort. Après cela, je remerciai mon tout amoureux bon Frère et lui demandai ses prières pour moi, chétive créature; je lui rappelai sa promesse que quand il serait l'heure je pourrais le baiser. Avec un doux sourire, il me dit que ce n'était pas moi qui le baiserai, mais que ce sera Lui. «Oh! vite, lui dis-je, dépêchons-nous, mon bon Frère; pour l'amour de notre bien-aimé JÉSUS-CHRIST.» Il me baisa sur le front, sur les lèvres et sur la poitrine, il me bénit par un signe de croix et s'en alla. 238
Meine Brüder und meine Schwestern kamen mich holen, und wir zogen uns zurück nach Hause. Natürlich fragte meine liebe Mutter ihre Kinder, ob ich mich amüsiert hätte; auf ihre verneinende Antwort wurde sie sehr böse. Ich war bekümmert, meiner armen und lieben Mutter soviel Sorge zubereiten; ich nahm mir ganz ehrlich vor, ihr ergebener zu sein mit der Hilfe GOTTES. Ich dachte sehr oft, daß wenn es meinem liebevollsten JESUS CHRIST gefiele, es besser für mich und für die Glieder meiner Familie wäre, daß ich stürbe, da ich ja meiner guten und lieben Mutter nur Leid bereitete, und da ich ein Gegenstand des Ärgernisses war für alle meine Brüder und Schwestern und da ich nicht wußte, mich zu bessern von meiner Verstocktheit, welche meinen Eltern so mißfiel. Ich konzentrierte mich in meine Niedrigkeit, ich bat um Verzeihung meinen göttlichen Meister, ich beteuerte, ihm nie mißfallen zu wollen in was immer es sei, aber immer mit Hilfe seiner mächtige Gnade. Mes frères et mes soeurs vinrent me prendre et nous nous retirâmes à la maison. Naturellement ma chère mère demanda à ses enfants si je m'étais amusée; à leur réponse négative elle se fâcha beaucoup. J'étais peinée de donner tant de chagrin à ma pauvre et chère mère; je prenais bien sincèrement la résolution de lui être plus soumise avec l'aide de DIEU. Je pensais bien souvent que s'il plaisait à mon amoureux JÉSUS-CHRIST, il vaudrait mieux pour moi et pour les membres de ma famille que je mourusse, puisque je ne faisais que faire souffrir ma bonne et chère mère, et que j'étais un sujet de scandale à tous mes frères et soeurs et que je ne savais pas me corriger de mon mutisme si désagréable à mes parents. Je me concentrais dans ma bassesse, je demandais pardon à mon divin Maître, je protestais de ne jamais vouloir lui déplaire en quoi que ce fût, mais toujours avec l'aide de sa puissante grâce. 239
Da mein Vater zurückgekehrt war von seiner Arbeit, sagte er mir, daß ich zum Katechismusunterricht gehen müsse, um mich auf die Erste Heilige Kommunion vorzubereiten. Oh! wie ich darnach verlangte, sie zu empfangen! Ich ging also in den Katechismusunterricht jedesmal, wenn meine Mutter es mir sagte; aber, manchmal, zur Stunde, da es schlug, wurde ich geschickt, Kleinholz suchen zu gehen, um den Stubenofen anzufeuern. Mein Bruder Heinrich, der zwei Jahre jünger war als ich, ging regelmäßig zum Katechismusunterricht. Nun aber, nach einem oder zwei Monaten, nachdem der Herr Vikar wie immer Appell gemacht hatte, sagte er zu meinem Bruder: „Deine Schwester kommt nicht in den Katechismusunterricht: sie wird ihre Erste Kommunion dieses Jahr nicht machen; sie ist indes in ihrem 15. Altersjahr, warum kommt sie nicht?" Heinrich wiederholte diese Worte meiner Mutter, die vor Wut stieg gegen den Vikar und gegen mich. Sie sagte mir, daß ich den Katechismusunterricht nicht versäumen dürfe, aber daß ich ihr Holz herbeischaffen müsse für ihren Ofen. Ich tat alles, was meine liebe Mutter wollte. Ich darf nicht vergessen zu sagen, daß meine Eigenliebe unter diesen Widersprüchen und Widerwärtigkeiten litt, aber durch die göttliche Gnade war ich ergeben in den Händen Desjenigen, der alles lenkt zu unserem Besten. Oh! der Glaube, wie kostbar ist er in allen Lagen des Lebens, in allen Ereignissen! Nein, seien wir nicht wie die vernunftlosen Tiere, wie die Hunde, die rasend den Stein beißen, der sie getroffen hat; beten wir an, lieben wir, segnen wir und danken wir (für) die immer barmherzige Hand, die ihn gesandt hat, um uns von unserem Winterschlaf über dem Heile unserer Seele zu wecken. Am frühen Morgen, was immer für ein Wetter herrschte und obwohl manchmal der Boden von Schnee bedeckt war, ging ich auf die Suche nach Kleinholz. Dann schimpfte meine liebe Mutter mit mir, daß das Holz naß sei. Um elf Uhr war ich frei, um mich zum Katechismusunterricht zu begeben: ich antwortete auf den Appell, aber weil ich oft abwesend war, mußte ich mich inmitten der Kirche hinknien. Wenn ich abgefragt wurde, wußte ich nie zu antworten gemäß dem Buchstaben des Katechismus: und, zurecht, hatte ich immer schlechte Noten. Zuhause angekommen, hatten Kinder meiner Mutter gesagt, daß ich gestraft wurde; sie schalt mich, indem sie mir sagte, daß selbst der Herr Vikar mich nicht ausstehen könne, so sehr sei ich verächtlich, und sie schickte mich, Holz sammeln zu gehen. Ich machte mich davon, traurig, bekümmert; ich erkannte sehr wohl, daß ich verächtlich war und durch und durch häßlich, aber ich hätte nicht gewollt, daß dies Kümmernis, Beunruhigung hervorrufen würde bei den guten Geschöpfen meines teuren und vielgeliebten JESUS CHRIST, den ich so sehr liebte, ja, ich liebte ihn, ich liebte ihn. Der traurig stimmende Gedanke, daß ich dieses Jahr 1846 meine Erste Kommunion nicht empfangen würde, betrübte mich: „Da es der Leutnant des lieben GOTTES gesagt hatte, er ist das Echo meines Vielgeliebten, so ist es eben mein gütigster Heiland, der sich nicht mir hingeben will! Er hat recht, aber ich habe auch ein bißchen recht, nach ihm zu verlangen, da ich krank bin und es erkenne, daß ich krank bin an der Seele, die ich von allen geistigen Krankheiten geheilt haben möchte; es gibt nur Ihn, der mich heilen kann und machen kann, daß ich ihn nicht mehr beleidige." Nach dem, was mir das große Licht beigebracht hatte, betete ich die ganze Zeit; ich betete für viele Personen, ich wünschte, daß alle Menschen von der Liebe meines gütigsten, liebwertesten liebevollsten JESUS entflammt wären, als ich aus dem großen Licht der Gegenwart der Göttlichen Majestät die Stimme des Ewigen vernahm: „Wenn du meine Gnade willst und meine Liebe, entspreche ihr mit Treue und bete." Ich betete zu meinem GOTT, daß er Erbarmen haben möchte mit mir, daß er mir alle meine Fehler durch die Verdienste meines liebevollsten JESUS CHRIST verzeihen möchte, daß er allen armen Sündern und meiner Nation vergeben möchte, von der er mir gezeigt hat, daß sie sehr schuldig sei und den Glauben verliere."Ich flehe dich darum an, oh! meine Liebe, Leben meines Lebens, Mitte meiner Ruhe, sei nicht böse über irgend ein Geschöpf, das du gemacht hast gemäß deinem Bilde; und wenn ich es bin, die schuld daran ist wegen meiner Sünden und wegen der Skandale, die ich gebe, mache mich dem Erdboden gleich, vernichte mich, damit ich von der Erde verschwinde; es genügt mir, daß deine Barmherzigkeit mir deine Liebe gibt und daß du verherrlicht werdest." Daraufhin wurde mir geantwortet: „Opfere auf meine Verdienste mit deinen Leiden zur Genugtuung dessen, was ihr meiner Gerechtigkeit schuldig seid, und der Friede sei mit dir." -„Aber, sagte ich, wie kann ich wissen, daß du mir verziehen hast?" Die gleiche Stimme sagte zu mir, indem der göttliche Meister sich inmitten eines weiten und leuchtenden Lichtes zeigte: „Wohlan! siehe wie ich dir einmal mehr verzeihe." Gleichzeitig kamen aus dem Munde seiner Majestät zwei Lichtstrahlen, die mich trafen, der eine auf die Stirne, der andere auf das Herz, und sogleich fühlte ich mich gereinigt, jegliche Furcht war verschwunden, um einer köstlichen und hinreißenden Freude Platz zu machen. Ich danke von ganzem Herzen für die große Barmherzigkeit meines gütigen JESUS, ich bat ihn um seine reine und heilige Liebe und um die Gnade, in allem und immer seinen heiligen Willen zu vollbringen. Mon père étant revenu de son travail dit que je devais aller au catéchisme pour me préparer à faire ma première communion. Oh! comme je désirais la faire! J'allais donc au catéchisme chaque fois que ma mère me le disait; mais, parfois, à l'heure où il sonnait, j'étais envoyée ramasser du menu bois pour allumer le poêle. Mon frère Henri qui avait deux ans de moins que moi allait régulièrement au catéchisme. Or après un mois ou deux, M. le Vicaire ayant fait l'appel comme toujours, dit à mon frère: «Votre soeur ne vient pas au catéchisme: elle ne fera pas sa première communion cette année; elle est cependant dans sa quinzième année, pourquoi ne vient-elle pas?» Henri répéta ces paroles à ma mère qui monta en furie contre le Vicaire et contre moi. Elle me dit que je ne devais pas manquer le catéchisme, mais que je devais lui tenir du bois pour son poêle. Je fis tout ce que ma chère mère voulait. Je ne dois pas oublier de dire que mon amour-propre souffrait dans ces petites contradictions ou contrariétés, mais par la divine grâce j'étais abandonnée dans les mains de Celui qui dirige tout pour notre plus grand bien. Oh! la foi, combien elle est précieuse en toutes les circonstances de la vie, en tous les événements! Non, ne soyons pas comme les bêtes sans raison, comme les chiens qui mordent avec rage la pierre qui les a frappés; adorons, aimons, bénissons et remercions la main toujours miséricordieuse qui l'a envoyée pour nous réveiller de notre engourdissement sur le salut en notre âme. De grand matin, quelque temps qu'il fit, et malgré que parfois les terrains fussent couverts de neige, j'allais à la recherche du menu bois. Alors ma mère me grondait de ce que le bois était mouillé. A onze heures, j'étais libre pour me rendre au catéchisme: je répondis à l'appel, mais parce que bien des fois, j'avais manqué, je fus mise à genoux au milieu de l'église. Quand j'étais interrogée je ne savais jamais répondre à la lettre du catéchisme: et, comme de juste, j'avais toujours des mauvais points. Arrivée à la maison, des enfants avaient dit à ma mère que j'avais été punie, elle me grondait, me disant que même monsieur le Vicaire ne pouvait pas me supporter tant je suis détestable et elle m'envoyait ramasser du bois. Je m'en allais triste, affligée, je reconnaissais bien que j'étais méprisable et grandement haïssable, mais je n'aurais pas voulu que cela donnât de l'affliction, de l'inquiétude aux bonnes créatures de mon cher et bien-aimé JÉSUS-CHRIST que j'aimais tant, oui je l'aimais, je l'aime. La pensée attristante que je ne ferai pas ma première communion cette année 1846, m'affligeait: «Puisque le Lieutenant du bon DIEU l'avait dit, il est l'écho de mon bien-aimé c'est donc mon tout bon Sauveur qui ne veut pas se donner à moi! Il a raison, mais j'ai aussi un peu raison de le désirer puisque je suis et me reconnais malade dans l'âme, que je veux être guérie de toutes mes maladies spirituelles; il n'y a que Lui qui puisse me guérir et faire que je ne l'offense plus.» D'après ce que la grande lumière m'avait fait comprendre, je priais tout le temps; je priais pour beaucoup de personnes, je désirais que tous les hommes fussent embrasés de l'amour de mon tout bon, tout aimable amoureux JÉSUS, quand de la grande lumière de la présence de la Divine Majesté, j'entendis la voix de l'Eternel: «Si vous voulez ma grâce et mon amour, correspondez avec fidélité et priez.» Je priais mon DIEU d'avoir pitié de moi, de me pardonner toutes mes fautes par les mérites ne mon amoureux JÉSUS-CHRIST, de pardonner à tous les pauvres pécheurs et à ma nation qu'il m'avait montrée très coupable et déclinant dans la foi: «Je vous en supplie, oh! mon amour, vie de ma vie, centre de mon repos, ne soyez fâché avec aucune des créatures que vous avez faites à votre image; et si c'est moi qui en suis cause par mes péchés et par les scandales que je donne, terrassez-moi, anéantissez-moi, que je disparaisse de la terre; il me suffit que votre miséricorde me donne votre amour et que vous soyez glorifié.» A cela il me fut répondu: «Offrez mes mérites avec vos souffrances en satisfaction de ce que vous devez à ma justice et soyez en paix.» -- «Mais, dis-je, comment puis-je savoir que vous m'avez pardonné?» La même voix me dit, le divin Maître se montrant au milieu d'une vaste et brillante lumière: «Eh bien! voyez que je vous pardonne une autre fois.» En même temps de la bouche de sa majesté, deux rayons de lumière vinrent me frapper, l'un au front, l'autre au coeur, et aussitôt je me sentis purifiée, toutes craintes avaient disparu pour faire place à une tranquillité délicieuse et ravissante joie. Je remerciai de tout coeur la grande miséricorde de mon bon JÉSUS, je lui demandai son pur et saint amour et la grâce de faire en tout et toujours sa sainte volonté. 240
Ich begriff und ich sah in diesem Lichte ohne Grenzen die Erschaffung der unzählbaren Engel, ihre Prüfungen, die Rebellion einer großen Zahl in den neun Chören, die ErschaffungAdams und Evas und ihr Fall. Je compris et je vis dans cette lumière sans fin la création des anges innombrables, leurs épreuves, la rébellion d'un grand nombre dans les neuf choeurs, la création d'Adam et d'Eve et leur chute. 241
Am ersten Tag, als er Himmel und Erde erschuf, erschuf GOTT das Licht und gleichzeitig die Engel, das heißt, daß GOTT das Licht erschuf an einem einzigen Punkt, und aus diesem Licht traten die Scharen der Engel hervor, die erfüllt waren mit erhabener eingegossener Wissenschaft und mit übernatürlichen Gaben, die der Sendung und der übernatürlichen Größe eines jeden Chores entsprach. Alle liebten GOTT aus allen ihren Kräften gemäß ihrer Fähigkeit und schwammen im vollkommensten Glück; die Glorie, die sie hatten, selbst bevor sie die Anschauung des Göttlichen Wesens genossen, ist den Sterblichen unverständlich; solcherart, daß die Herrlichkeit des Geringsten unter ihnen, sein Licht, sein Glanz den Schein unserer Sonne verdunkelt hätte. Le premier jour, en créant le ciel et la terre, DIEU créa la lumière et du même coup les Anges, c'est-à-dire que DIEU créa la lumière en un seul point, et de cette lumière sortirent des multitudes d'Anges remplis de science infuse très élevée et de dons surnaturels proportionnés à la mission et à la grandeur surnaturelle de chaque choeur. Tous aimaient DIEU de tout leur pouvoir selon leur capacité et nageaient dans le bonheur le plus parfait; la gloire qu'ils avaient, même avant de jouir de la vue de l'Essence Divine, est incompréhensible aux mortels; de sorte que la gloire du moindre d'entre eux, sa lumière, sa splendeur aurait obscurci l'éclat de notre Soleil. 242
Nachdem GOTT sie geschaffen hatte, ließ er sie hören, daß er sie dafür bestimmte, daß sie sein Hof im Himmel der Himmel sein sollten. Jedoch, der Allerhöchste, in seiner geheimnisvollen Weisheit, hatte beschlossen, seine ewige Herrlichkeit keinem Geschöpf mit Vernunft zu geben, wenn es nicht vorher seine Unterwerfung und seine Treue im Gehorsam ihm gegenüber gezeigt hat; er gestattete es also nicht, daß die Engel seine Göttliche Wesenheit schauten, sonst würden sie nicht fähig gewesen sein zu sündigen. Da also GOTT sich den Engeln nicht vollständig in seiner Herrlichkeit geoffenbart hat (wie er es nach dem glänzenden Siege der guten Engel gatan hat), kannten alle Engel vollkommen die hohe Majestät des einen einzigen GOTTES, des Unerschaffenen, Ewigen und alle seine unnahbaren und ewigen Attribute, weil alle aus dem Ewigen Allmächtigen hervorgehen. Alle hatten die klare Kenntnis der zukünftigen hypostatischen Union des Wortes GOTTES mit der menschlichen (nicht gefallenen) Natur. Die Prüfung: GOTT ließ die Engel einen Augenblick allein mit ihrem freien Willen in der Dunkelheit des GLAUBENS (des Glaubens betreffend die hypostatische Union), nachher erklärte er ihnen dieses und gab ihnen diesen Befehl: „Ein Tag wird kommen, an welchem mein Wort einen menschlichen Leib annehmen wird (schon hatten sie den Leib Adams gesehen, gebildet aus Lehm, obwohl er noch nicht erschaffen war) und unter dieser Natur werdet ihr ihn alle anbeten müssen." Auf diesen Befehl des Allmächtigen gab es eine große Zahl Engel aus allen Hierarchien, die ihrem Schöpfer den Gehorsam versagten; und der erste, der sich revoltierte und das Signal zur Rebellion gab, war Luzifer, der schönste und erhabenste in der Herrlichkeit und Autorität, der unter sich sämtliche Chöre der Engel hatte. In seinem Stolz sagte er: „Werde ICH das Wort unter der menschlichen Natur anbeten, ich, der ich meinen Thron über allen Geistern habe, die aus der Hand des Allmächtigen hervorgegangen sind? Ach! Dies werde ich nie tun, ich werde meine hohe Würde nie beschmutzen!" Es herrschte eine Minute Schweigen, bestürztes Schweigen... Luzifer, in geistiger Sprache, zeigte seine feste Entschlossenheit, die wohlüberlegt war, und richtete seine gotteslästerlichen Gedanken an alle heiligen Engel. Seinerseits sprach Michael von Gott mit einer göttlichen Beredsamkeit, indem er die himmlischen Geister einlud, sich zu verdemütigen vor dem unerschaffenen Sein, seine Oberhoheit anzuerkennen, usf., usw. Alsbald bildeten sich die beiden Heere und der abscheuliche Krieg zwischen Geistern und Geistern. Ihre Waffen waren die Verschiedenheit ihrer Gefühle: die verderbten und die heiligen - Der verwegenen und rebellischen Antwort des stolzen Luzifer hatten viele Engel beigepflichtet. Da sagte ihnen der Souveräne Herr, der gerecht ist in seinen Urteilen: „Um eure Ehre, euer Ansehen und eure Herrlichkeit zu wahren, habt ihr eurem GOTT nicht gehorcht, eurem Schöpfer. Ihr werdet alles verlieren und ich werde IN EUCH EIN FEUER anzünden, welches euch lebend verbrennt in alle Ewigkeit." Après les avoir créés DIEU leur fit entendre qu'il les destinait à être sa cour dans le ciel des cieux. Mais le Très-Haut, dans sa sagesse mystérieuse, avait résolu de ne donner sa gloire éternelle à aucune créature intelligente si, auparavant, elle n'avait montré sa soumission et sa fidélité en lui obéissant; il ne permit donc pas que les Anges vissent son Essence Divine, autrement ils eussent été impeccables. Donc DIEU ne s'étant pas manifesté aux Anges dans toute la plénitude de sa gloire (comme il le fit après la Victoire éclatante des bons Anges), tous les Anges connaissaient parfaitement la haute Majesté du seul unique DIEU, incréé, éternel et tous ses attributs inaccessibles et éternels parce que tous procèdent de l'Eternel Très-Haut. Tous avaient la connaissance claire de la future union hypostatique du Verbe de DIEU avec la nature humaine (non déchue). L'épreuve: DIEU laissa les anges quelques instants avec leur libre arbitre dans l'obscurité de la Foi (la foi sur l'union hypostatique), ensuite il leur déclara ceci et leur donna ce commandement: «Un jour viendra que mon Verbe prendra un corps humain (déjà ils avaient vu le corps d'Adam formé avec du limon, quoiqu'il ne fût pas encore créé) et sous cette nature vous devrez tous l'adorer.» A ce commandement du Tout-Puissant, il y eut un grand nombre d'Anges de toutes les Hiérarchies qui refusèrent l'obéissance à leur Créateur; et le premier à se révolter et à donner le signal de la rébellion fut Lucifer, le plus beau et le plus élevé en gloire et en autorité, ayant sous lui tous les choeurs angéliques. Dans son orgueil il dit: «Est-ce que MOI j'adorerai le Verbe sous la nature humaine, moi qui ai mon trône au-dessus de tous les esprits sortis des mains du Tout-Puissant? Ah! cela je ne le ferai jamais, je n'avilirai jamais ma haute dignité!» Il y eut une minute de silence, silence de stupéfaction... Lucifer, dans le langage intellectuel, manifesta sa ferme résolution bien réfléchie et dirigea ses pensées de blasphème vers tous les saints Anges. De son côté Michel parla de Dieu avec une divine éloquence, invitant les célestes intelligences à s'humilier devant l'Etre incréé; à reconnaître sa suprématie, etc., etc. Aussitôt se formèrent les deux camps et la guerre épouvantable entre esprits et esprits. Leurs armes étaient la diversité de leurs sentiments: les pervers et les saints. A l'audacieuse et rebelle réponse de l'orgueilleux Lucifer avaient acquiescé beaucoup d'Anges. Alors le Souverain Seigneur, juste dans ses jugements, leur dit : «Pour conserver votre honneur, votre dignité et votre gloire, vous avez désobéi à votre DIEU, votre créateur. Vous perdrez tout et j'allumerai DANS VOUS UN FEU qui vous brûlera vifs éternellement.» 243
Der heilige Michael hatte noch nicht damit aufgehört, als erster die gerechte Weisheit des Allmächtigen und den gegebenen Befehl gutzuheißen, indem er sagte: „Wer ist wie GOTT?" und schon wiederholten die treuen Engel im Chor: „Wer ist wie GOTT?" Um die Liebe, die Treue, den Eifer und den Gehorsam des Erzengels Michael zu belohnen, gab ihm GOTT den Ehrenplatz des Luzifer, machte ihn noch viel schöner und herrlicher als es der Revoltierte war, der erste Revolutionär, und setzte ihn ein als Chef der englischen Armee des Himmels. Saint Michel n'avait cessé le premier d'acclamer la juste sagesse du Tout-Puissant et l'ordre donné en disant: «Qui est comme DIEU?» et tous les anges fidèles répétaient en choeur: «Qui est comme DIEU?» Pour récompenser l'amour, la fidélité, le zèle et l'obéissance de l'Archange Saint Michel, DIEU lui donna la place honorifique de Lucifer, le fit plus beau encore et plus glorieux que n'était le révolté, le premier révolutionnaire, et l'établit chef de l'armée angélique du ciel. 244
Inzwischen blieb Luzifer und die Anhänger seines blinden Stolzes und seiner Rebellion wie versteinert, erzürnt, voller Haß und erfüllt mit der Verzweiflung, die sie nie mehr verlassen sollte; sie verloren in einem Augenblick die Attribute der Engel, wurden der Gnade beraubt, aller ihrer Vorrechte und konnten nicht einmal mehr das Licht der Majestät des Allerhöchsten schauen. Entre temps Lucifer et les adhérents de son aveugle orgueil et de sa rébellion étaient restés comme pétrifiés, enragés, haineux et remplis du désespoir qui ne devait plus les quitter; ils perdirent en un instant les attributs des Anges, furent dépouillés de la grâce, de tous leurs privilèges et ne purent plus contempler, voir même la lumière de la. Majesté du Très-Haut. 245
Auf Befehl GOTTES verhängte der heilige Erzengel Michael den Aufständischen die Strafe, die jeder verdient hatte. Der treue und herrliche Kapitän verurteilte Luzifer mit einer großen Zahl von Engeln zu den Tiefen der Abgründe (sie sind es, die, aus Rache, auf tausend Weisen die Seelen, die sich verdammen, quälen), andere auf die Erde, wo sie die Menschen versuchen; die andern in die Lüfte, wo sie die Stürme verursachen, die Meere in Unruhe bringen, die Infektionen, die Pestkrankheiten und oft die Gebrechen säen, usf. Die Verschiedenheit der Schmerzen der rebellischen Engel entspricht den verschiedenen Kenntnissen, die jeder hatte, obwohl alle von Herrlichkeit erfüllt waren und ausgestattet mit einer hohen Intelligenz und tiefen Erkenntnis der höchsten Geheimnisse, aber jeder gemäß seiner Fähigkeit. Luzifer, der der schönste und der mit der höchsten Erkenntnis ausgerüstete, war der schuldigste und als Folge davon der am strengsten bestrafte. Sur l'ordre de DIEU, l'Archange Saint Michel infligea aux révoltés la peine que chacun avait méritée. Le fidèle et glorieux capitaine condamna Lucifer avec un grand nombre d'Anges dans les profondeurs des abîmes (ce sont eux qui, par vengeance, tourmentent en mille manières les âmes qui se damnent), d'autres sur la terre où ils tentent les hommes; les autres dans les airs où ils excitent les tempêtes, soulèvent les mers, sèment les infections, les pestes et souvent les maladies, etc. La diversité des peines des Anges rebelles répond aux connaissances diverses que chacun avait, bien que tous fussent comblés de gloire et d'une haute intelligence et profonde connaissance des plus hauts mystères, mais chacun selon sa capacité. Lucifer ayant été le plus beau et le plus éclairé fut le plus coupable et en conséquence le plus sévèrement puni. 246
Nachdem GOTT den sehr vollkommenen Leib Adams gebildet hatte, blies er ihm ins Gesicht und dieser leuchtende Atem der Allmächtigkeit des Allerhöchsten gab ihm das Leben, das war seine Seele. Adam wurde erschaffen mit eingenossener Wissenschaft, er war gut und geziert mit allen Vorrechten der Pracht in seiner Seele und in seinem Leibe; er war unschuldig und vollkommen in allem. GOTT hatte ihn zum König und Herrscher über alle lebendigen Geschöpfe, die unter ihm waren, gemacht. Er hatte ihm seine verschiedenen Attribute gezeigt, sein unsterbliches Sein, seine Ewigkeit, Allmacht, die alles lenkt mit seiner ewigen Weisheit, seine oberste Herrschaft über alles Geschaffene, und viele andere Geheimnisse; schließlich, wie er überall ist und wie alle Dinge in Ihm sind. Und er hat ihn wissen lassen, daß sein Wort seine Natur annehmen würde und unter dieser menschlichen Form als sein Herr, sein Meister, kommen würde, um den Menschen die Praxis des Kultes, der Hochachtung und des Gehorsams, die GOTT, ihrem Schöpfer, gebühren, zu lehren. Après que DIEU eut formé le corps très parfait d'Adam, il lui souffla sur le visage et ce souffle lumineux de la toute-puissance du Très-Haut lui donna la vie, c'était son âme. Adam fut créé avec la science infuse, il était bon et orné de tous les privilèges de la magnificence dans son âme et dans son corps; il était innocent et parfait en tout. DIEU l'avait établi roi et dominateur sur toutes les créatures animées inférieures à lui. Il lui avait manifesté ses divers attributs, son Etre immortel, éternel, tout-puissant, gouvernant tout par son éternelle sagesse, sa suprême domination sur tout le créé, et bien d'autres mystères; enfin comment il est partout et que toutes choses sont en Lui. Et lui avait fait connaître que son Verbe prendrait sa nature et viendrait sous cette forme humaine comme son Seigneur, son Maître, pour enseigner aux hommes la pratique du culte, du respect et de l'obéissance dus à DIEU leur créateur. 247

ENDE

FIN

 

1) Es ist vielleicht nützlich, darauf aufmerksam zu machen, daß diese Erzählung des Hirtenmädchens getreulich wiedergegeben wurde, mit all ihren Fehlerhaftigkeiten und Dunkelheiten der Sprache.

2) genannt Mathieu. Melanie wurde sogar unter dem Namen Mathieu im Büro des Zivilstandsamtes und in der Kirche von Corps eingetragen.

3) Das Register des Zivilstandsamtes der Gemeinde Corps lautet: "Geboren in dieser Gemeinde am Siebten November Achtzehnhunderteinunddreißig, um sechs Uhr morgens und eingetragen am gleichen Tage im Bürgermeisteramt besagter Gemeinde, Nr. 46."

Sie wurde getauft am darauffolgenden Tage. Das Register der Kirche irrt daher, wenn es das Datum der Taufe von jenem der Geburt nicht unterscheidet:

"Am Achten November Achtzehnhunderteinunddreißig wurde geboren und getauft Melanie Françoise, Tochter des Pierre Mathieu und der Julie Barnaud.

Der Pate ist J. Turc und die Patin Françoise Chusin.

Es haben unterzeichnet: J. Turc, Françoise Chusin und Veyret, Vikar von Corps."

 

(1) Il est peut-être utile d'avertir que ce récit de la Bergère a été reproduit fidèlement avec toutes ses incorrections ou obscurités de langage.

(2) Dit Mathieu. C'est même sous le nom de Mathieu que Mélanie fut enregistrée au Bureau de l'Etat civil et à l'Eglise de Corps.

(3) Le Registre de l'Etat civil de la commune de Corps porte « née en cette commune le sept Novembre mil huit cent trente-un à six heures du matin et enregistrée le même jour en la Mairie de la dite commune, No 46 ».

Elle fut baptisée le lendemain. Le Registre de l'Eglise fait donc erreur en ne distinguant pas la date du baptême de celle de la naissance

« Le huit Novembre mil huit cent trente et un est née et a été baptisée Mélanie François, fille à Pierre Mathieu et à Julie Barnaud.

« Le parrain est J. Turc et la marraine Françoise Chusin.

« Ont signé : J. Turc, Françoise Chusin et Veyret vicaire de Corps. »

Pour extrait certifié conforme aux registres de catholicité de la paroisse de Corps.

Corps, ce 23 septembre 1907. E. DEUIL, c. a.

 
4) Diese Zeilen wurden von Melanie in sehr großen Buchstaben geschrieben. (4) Ces lignes ont été écrites par Mélanie en très gros caractères.  
5) Was folgt, ist in großen Buchstaben im Manuskript. (5) Ce qui suit est en gros caractères dans le manuscrit.  
6) Weiter hinten werden wir dieses sehr wichtige Dokument sehen, an seinem Datum. Es trägt keinerlei Titel. Es waren die Ordensschwestern, die auf die Kopien, von welchen Melanie sprechen wird, den obenerwähnten Titel gesetzt haben. (6) On verra plus loin ce document très important par sa date. Il ne porte aucun titre. Ce sont les religieuses qui mirent, aux copies dont Mélanie va parler, le titre ci-dessus.  
  (7) Ces lignes entre guillemets sont écrites très fin, comme lorsqu'il lui en coûtait d'écrire quelque chose.  
  (8) Elle avait pour tout vêtement une robe d'indienne et un fichu.  
  (9) Tous ceux qui ont connu Mélanie ont remarqué que dans sa pauvreté, elle était très propre. Plus loin sa mère l'accusera de vanité.  
10) Wo hatte dieses sich selber überlassene Kind gelernt, die Wäsche zu besorgen? - Man könnte die Fragen dieser Art vermehren. Wo lernte sie plötzlich lesen? Wer lehrte sie ITALIENISCH, das sie fließend und mit einer vollkommenen Richtigkeit spricht, als sie in Zephalonien ausschifft, um ein Waisenheim zu leiten? Darum, weil ihr die verschiedenen Kenntnisse unerläßlich waren, hatte sie einen besonderen Lehrmeister, um sie ihr beizubringen. Hingegen wußte sie viele Dinge nicht: die Kunst des Zählens, die Notwendigkeit, ihr Testament zu unterzeichnen, damit es gültig sei..., etc. (10) Où cette enfant abandonnée avait-elle fait son apprentissage de lingère? -- On pourrait multiplier les questions de ce genre. Où apprit-elle instantanément à lire? Qui lui apprit l'ITALIEN qu'elle parle couramment et avec une correction parfaite en débarquant à Céphalonie pour diriger un orphelinat? C'est que les connaissances diverses qui lui étaient indispensables, elle avait un Maître spécial pour les lui enseigner. Par contre, elle ignorait beaucoup de choses: l'art de compter, la nécessité de signer son testament pour qu'il fût valide..., etc.  
  (11) «Vous n'aviez que onze ans et demi... citez-moi une de ces austérités. -- Je me baissais à terre pour sentir longtemps un oiseau pourri que j'avais trouvé... -- Votre frère ne vous l'a pas défendu?... -- Il m'a fait connaître le danger...»
«On regrettera peut-être que je n'aie pas demandé d'autres faits; mais on en lira un deuxième, encore plus héroïque, dans une note de l'écrit italien de Messine.»
C'est le confesseur de Mélanie qui parle. Le récit en italien n'a pu être reproduit ici.
 

12) „Sie hat mir wörtlich gesagt, daß die Heilige Jungfrau und eine große Anzahl Jungfrauen und Engel gegenwärig waren und daß die Zeugen ihrer geheimnisvollen Heirat der hl. Johannes der Täufer und der hl. Erzengel Michael waren: `Ich konnte nicht alles sagen!', fügte sie hinzu." (Zeugenaussage des Beichtvaters.)

(12) « Elle m'a dit de vive voix que la Sainte Vierge et un grand nombre de vierges et d'anges étaient présents et que les témoins de son mariage mystérieux furent S. Jean-Baptiste et S. Michel Archange : « Je ne pouvais pas tout dire ! » ajouta-t-elle. » Témoignage du confesseur.  

13) „Indes, erhält man Gnaden durch Vermittlung der verlassensten Seelen? - Mein Pater, bevor nicht ihre Feuerpein aufhört, ist die Seele im Fegfeuer nicht in der Lage zu beten. Aber ihr Schutzengel betet für jene, die ihr Erleichterung verschaffen."

(13) «Cependant on obient des grâces par l'intercession des âmes les plus délaissées? -- Mon Père, avant que cesse SA PEINE DE FEU, l'âme du purgatoire n'est pas en état de prier. Mais son ange gardien prie pour ceux qui la soulagent.»  
  (14) Mais elle n'en mangeait presque pas. On a vu, cinq pages plus haut, sa conversation avec son ange gardien sur cette « croix de providence » de souffrir la faim.  
  (15) Ses incisives supérieures furent brisées par ce coup de pierre.  
  (16) 18 janvier 1901: «Pourquoi n'avez-vous pas écrit que c'est à la charité que sont dus le mérite et la gloire?
-- Il me semble, et dans bien des circonstances je crois avoir compris, qu'avec la foi marchent toujours les oeuvres. Si je dis que j'ai la foi et ne pratique pas, c'est que ma foi est morte.
»